CHAPITRE VIII
SOMMAIRE. — I. L’extrême-onction. Ses effets. — II. L'ordre; le caractère sacramentel. La matière du sacrement. L’épiscopat. Inamissibilité du pouvoir d’ordre. La Papauté. — III. Le mariage. Institution naturelle; sacrement. La grâce sacramentelle. Les parties du sacrement. Le consentement matrimonial. Son indissolubilité: le cas paulin. Son unité. Les biens du mariage. La virginité.
L’extrême-onction est un sacrement (IV Sent., d. XXIII, a. 1, q. 15 P. 355), et malgré l'autorité de saint Bonaventure, un sacrement institué immédiatement par Jésus-Christ (2brd., q- 2; p. 356).
Dans ce sacrement, l’onction extérieure signifie et produit l'onction intérieure de la grâce (Zbid., q. 3; p. 356). Sa quasimatière est donc l’huile bénite par l’évêque et sa quasi-forme est constituée par les paroles (Zbid., q. 4; p. 357).
Son effet principal n’est pas, comme le veut saint Thomas, d'effacer les restes du péché (/bid., q. 5; p. 357), mais, comme l'enseigne saint Bonaventure, de remettre les péchés véniels, obstacles à l'entrée immédiate au ciel :
« Effectus principalis huius sacramenti est peccatorum venialium
Curatio, immediate introducens, nisi aliud obstat, ad supereminentem
sanitatem vitae aeternae, ad cuius ingressum sufficit conscientia pura » ([V Sent., d. XXII, a. 1, q. 3; p. 356).
Dans ce sacrement, le « sacramentum tantum» est l’onction extérieure, la «res et sacramentum» est l’alacrité spirituelle, signifiée et causée par l’onction et qui, à son tour, signifie
principalement et cause la rémission des péchés : par conséquent cette rémission est la «res » du sacrement (/bid., a. 5; P. 357).
Notre docteur applique à la rémission des péchés véniels dans l’extrême-onction, sa théorie de la rémission des péchés dans la pénitence :
« Sicut per sacramentum paenitentiae, ex vi sacramenti, forxranatur attritio prius informis, sic, ex vi huius sacramenti, confortatur anens ad habendam sufficientiam paenitentiae venialia delentis, quae qq uardoque ante sacramenti susceptionem tam debilis est ut non su fficiat ad plenam venialium remissionem. Per huius etiam sacraments susceptionem pars paenae pro venialibus debitae remittitur, si «<äigne suscipiatur À. »
L'effet secondaire de ce sacrement est le soulagement <lans les infirmités corporelles, effet toujours produit, mais seule æanent dans la mesure utile pour la fin principale qui est la rémi=sion des péchés véniels (Jbid., q. 6; p. 358). Ce n’est donc pzas h: pleine guérison corporelle qui est l'effet secondaire du sacre ment, mais seulement un soulagement. Cet effet est la <=01séquence naturelle de l’alacrité spirituelle, et en outre sR est produit par une opération surnaturelle :
« Non est cuiuslibet infirmitatis totalis amotio sed alleviatio uan dupliciter causat : uno modo mediante natura, in quantum maentis alacritas interior naturaliter per quamdam redundantiam operatuzr 4 corporis meliorem dispositionem...; alio modo supernaturaliter, €
hunc effectum semper consequitur respectu cuiuscumque infirmitatis, quando expedit effectui principali ?, »
Le ministre du sacrement est le prêtre (IV Sent., d. XXII, a. 2,q.1etq.2;p. 358-359) : seuls les malades en danger de mort peuvent recevoir ce sacrement (J/bid., q. 3; p. 359)-
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Par le mot ordre, nous pouvons signifier soit l’ordination, Soit le pouvoir conféré par celle-ci. Dans le premier sens, L’ordre,
1IV Sent., d. XXII, a. 1, q. 5, ad 1%; p. 357. 3 Jbid., q. 6, ad rm,