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L'ORDRE

c’est à dire l’ordination, est un sacrement; dans le second sens, il est la «res et sacramentum» (IV Sent., d. XXIV, a. 3, q. 2):

« Res, scilicet respectu signi praedicti, et sacramentum rei, id est gratiae gratum facientis 1. »

11 y a sept ordres, ni plus ni moins, dans l'Église, et Richard, comme saint Thomas, l’explique en montrant les relations de l’ordre avec l’Eucharistie : les trois ordres majeurs se rapportent à la confection du sacrifice, les ordres mineurs à la préparation des fidèles et à la réception de l’Eucharistie (Zbid., q. 3; p. 370).

La grâce est conférée par l’ordination, non pas que la grâce soit nécessaire pour que le prêtre puisse exercer validement ses pouvoirs : cette opinion est fausse; encore moins que ce soit la grâce sanctifiante elle-même qui soit le pouvoir : c’est une hérésie de dire que le laïc juste a le même pouvoir que le prêtre; mais parce que la grâce sanctifiante est nécessaire au prêtre pour exercer dignement ses fonctions (IV Sent., d. XXIV, a. 4,q.1;P. 371).

Le pouvoir d'ordre découle immédiatement du caractère sacramentel, ou est identique à lui, comme il a été dit à propos de l’Eucharistie et de la pénitence. Aussi Richard soutient que chacune des sept ordinations imprime, dans l’âme du récipiendaire, le caractère correspondant (Jbid., q. 2; p. 372): chacun de ces caractères est spécifiquement différent (/bid., ad 2). Ni la pluralité des ordres ni celle des caractères ne nuit cependant à l’unité du sacrement; car on doit tenir qu’il n’y a que sept sacrements. Et en effet, le sacrement de l’ordre n’est un que comme tout composé de parties intégrantes peut être vraiment un :

« Est unum sacramentum, unitate integra ex pluribus partibus ordinatis ad unum, quia sex alii ordines ordinantur ad ordinem praesbyteratus qui est potestas conficiendi corpus Christi verum, et sic patet quod quamvis ordo sit sacramentum, non propter hoc sequitur quod plures ordines plura sint sacramenta À. »

Par conséquent, bien que la matière du sacrement soit diffé- 11IV Sent., d. XXIV, a. 3, q. 2; p. 370.

21V Sent., d. XXIV, a. 3, q. 2, ad 3%; p. 370.

rente pour chaque ordre particulier, cependant ces différentes matières constituent ensemble la matière complète du sacrement :

« Ordinis determinata est materia, non tamen una communis , sed in diversis ordinibus diversa : et sicut omnes ordines unum sunt

sacramentum, sic materiae singulorum ordinum unam complæetam materiam huius sacramenti constituunt 1, »

De même encore les divers caractères imprimés à chzaque ordination s'unissent pour former une unité d'intégration : « Quamvis ex differentibus specie non possit constitui unum per

essentiam, potest tamen ex illis integrari unum, unitate qua hoc sacramentum dictum est superius unum ?. »

L'ordre, comme tout sacrement, a une matière détermimée, « ordinis determinata est materia » (IV Sent., d. XXIV, a. 3 Œ'2 ad 2%; p. 370). Richard n’a discuté la question que brièverment et occasionnellement en examinant à quel moment chaque ordination imprime le caractère.

Il se rallie d'emblée à la thèse, commune alors parmi les théologiens, que la matière du sacrement est la porrection des instruments 5. Il pose au début le principe suivant : le signe le plus expressif de la collation du pouvoir principal dans chaque ordre est la matière de cette ordination :

«Pro generali regula habendum est quod in susceptione illius exter-10ris signi imprimitur caracter in quolibet ordine, in quo signo priracipalis potestas, quam respicit ille ordo, significatur expressius, ad quam <xpressionem concurrunt, alicuius instrumenti traditio et verbi expressio, quo verbo expressius determinatur instrumenti significatio #. »

Ce principe posé, Richard expédie rapidement les ordrts mineurs et le sous-diaconat, en suivant Pierre Lombard. À

LIV Sent., d. XXIV, a. 3, q. 2, ad 2%; p. 370.

21V Sent., d. XXIV, a. 4, q. 2, ad 2%; p. 373. ,

# Voir cardinal G. M. Van RossuM, C.SS. R., De essentia sacramenti ordirÆt; Fribourg, 1914, p. 11-14. Sur les sources de Pierre Lombard et l’opinion Œ ts canonistes, voir DE GHELLINCK, Le Traité de Pierre Lombard sur les sept order” ecclésiastiques, ses sources, ses copistes, dans la Revue d'histoire ecclésiastiqææt; t. X (1909), p. 290-302, 720-728; t. XI (1910), p. 28-46.

4IV Sent., d. XXIV, a. 4, q. 3; p. 373.

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