‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 158 sur 228 · ORDRE ET ÉPISCOPAT · texte numérisé non relu

ORDRE ET ÉPISCOPAT

qu’ils ont agi en vertu d’une inspiration spéciale; ce fait ne prouve pas qu’il en est ainsi de nos jours (/bid., ad 4; p. 374).

L'’épiscopat est supérieur au sacerdoce, non pas relativement à l’acte principal qui est de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ, mais seulement par rapport aux actes secondaires qui sont de lier et de délier. Jusqu’ici Richard s’accorde entièrement avec saint Thomas. Mais dans sa façon de parler, notre docteur semble diminuer singulièrement le pouvoir épiscopal, au point que, si on s’en tenait à la lettre, on pourrait conclure de son texte que la distinction entre évêques et prêtres est de droit ecclésiastique :

« Respectu actus sui secundarii, qui est ligando et solvendo disponere fideles ad dignam corporis Christi susceptionem est potestas episcopi superior, indirecte tamen, quia secundum dispositionem vicarii Christi, mediante quo, a Christo, derivatur ad alios iurisdictionis potestas, sic ordinatum est, ut pauciores et in paucioribus casibus sint sub iurisdictione sacerdotum, tum in foro exteriori tum in foro paenitentiae, quam sub iurisdictione episcoporum 1. »

Et plus expressément encore dans une réponse :

« Potestatem ligandi et solvendi in foro paenitentiae acceperunt tam apostoli quam alii discipuli a Christo immediate. Unde potestas absolvendi in foro paenitentiae quantum ex parte habentis eam, non potest episcopus minuere quia sic aequalis est in omni sacerdote… Ex parte tamen materiae supra quam maiorem habet potestatem episcopus quam simplex sacerdos, potuit rationabiliter actus illius potestatis, quantum ad simplices sacerdotes restringi et quantum ad episcopos ampliari ?. »

Cependant ces textes ne signifient pas autre chose, semble-t-il, sinon que le pape peut restreindre l’exercice du pouvoir épiscopal #. Car un peu plus loin notre docteur concède que l’évêque représente le Christ d’une façon plus complète :

« Ille est superior qui secundum maiorem perfectionem repraesentat Christum; sacerdos autem Christum repraesentat in hoc quod per

LIV Sent., d. XXIV,a.s,q.1; p. 375.

? Ibid., ad 10, 3 Cfr IV Sent., d. XXIV, a. 5, q. 3, ad 44m: p. 377.

seipsum aliquod ministerium impleverit : episcopus etiam in hoc quod alios ministros instituit et ecclesiam fundavit. Unde ad episcopum pertinet alios ordinare ad divinum cultum : qua propter sponsus ecclesiae dicitur, ad similitudinem Christi L »

L'épiscopat n’est pas un ordre proprement dit, mais plutôt une dignité; la consécration épiscopale n’est pas un sacrement, mais un sacramental, elle n’imprime pas de caractère (IV Sent., d. XXIV, a. 5, q. 2; p. 376). Ici encore, l’accord est complet avec saint Thomas. Mais Richard n'ose réprouver l'opinion de ceux qui disent que le pape peut enlever à un évêque son pouvoir épiscopal et en particulier le pouvoir de confirmer validement À :

« Vicarius Christi potest ab episcopo auferre potestatem episcopalem 8,»

Cependant il croit l’opinion contraire plus raisonnable :

« Cum potestas confirmandi fundetur super dignitatem quae ep 1scopo acquiritur ex sua consecratione et illa dignitas ab eo auferri non possit per hominem, quia dignitatem apostolatus omnes apostoli, quiorum episcopi sunt successores, immediate acceperunt a Christo 4... Qui tenent opinionem (hanc)….. quae videtur rationabikor, dicunt quod episcopus degradatus, est episcopus, sed prohibitus est sibi potrestatis usus pro semper 5, »

Seul l’évêque est le ministre ordinaire du sacremer2t de l’ordre, bien que de simples prêtres puissent conférer les ordres mineurs par commission spéciale du pape. Ce pouvoir exclusif est d'institution divine (IV Sent., d. XXV, a. 1,q. 1; p. & #&): dès lors, les ordinations faites par les évêques hérétiques °Ÿ dégradés « Sub debita forma et intentione » sont valides, au que illicites (Zbid., q. 2 et q. 3; p. 381).

Au-dessus des évêques est constitué le pape, afin d’ass ur l’unité de l’Église. Le pape peut juger toutes les personnes ‘! toutes les causes : mais lui-même ne peut être jugé par pers © M6

IV Sent., d. XXIV, a. 5, q. 1, ad 20%; p. 375.

? Voir SALTET, Les réordinations, Paris, Lecoffre, 1907, p. 296-316. 32IV Sent., d. VII, a. 3, q. 2; p. 89.

# Jbid.

8 Jbid., ad 2vn,

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