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LA « QUESTIO DISPUTATA » XXXIX

rum.» C'était l’argument favori de Peckham ?. Dans ses lettres il revient plusieurs fois sur cette idée et en 1286 fit condamner cette « septième hérésie * », comme il dit.

Les raisons philosophiques sont plus intéressantes :

La 1re (Com., « 2° ratio principalis ») est tirée de la permanence des accidents : « Nullum accidens, ordine naturae, praecedit omnem formam substantialem in materia : unde quodcumque accidens fundatur in materia mediante aliqua substantiali forma, completa vel incompleta. Sed post separationem intellectivae a corpore remanent aliqua accidentia, eadem numero quae prius inerant. Ergo remanet aliqua forma substantialis eadem numero quae prius erat in eadem materia. Hoc autem non esset etc... » (fol. 149", c. 2).

La majeure est prouvée par Aristote (Com., « refutatio 2%° opinionis »). Et prévenant une objection : « Si dicis quod istae auctoritates intelliguntur de accidentibus terminatis quia dimensiones interminatae, ordine naturae, praecedunt omnem formam... Contra hoc arguo », et il réfute la position de Gilles de Rome, III, 12.

La mineure est démontrée par Aristote (Com., « refutatio 22° opinionis ») et il ajoute à l’adresse de Gilles de Lessines, III, 4 : « Et quia forte diceres quod non intelligit de iisdem numero; idcirco probabo per rationes quod aliqua accidentia numero remaneant.» Cette permanence est longuement démontrée ; notre auteur développe largement les arguments énoncés, sous une forme plus brève, dans le Commenlaire, à l’occasion de la réfutation de la première opinion (raisons 5°, 6e et 7°; p. 219). Remarquons encore : « Quia ut tu dicis, causa istius determinationis erat unio animae ad illam materiam in ratione formae »; c’est l'explication de Gilles de Lessines (III, 1; p. 59). — Plus loin : « Si dicis quod naturalis ordo postulat ut post separationem intellectivae introducatur in materia talis forma quam consequitur similis quantitas et consimilis figura. » C’est encore Gilles de Lessines (III, 1; p. 59). — Enfin : « Si autem fugiendo velles dicere quod posset remanere eadem quantitas et eadem figura numero, quamvis non remaneret aliqua forma substantialis eadem numero »; nous sommes en présence de Gilles de Rome. Nous pouvons conclure déjà, semble-t-il, que le premier argument vise principalement deux adversaires : les deux Gilles.

Le second argument principal (fol. 151") rappelle celui de Henri. Il y a dans l’homme d’abord une forme tirée de la puissance de la matière, et en outre l’âme créée par Dieu : or, la première n’est pas corrompue par l’arrivée de la seconde. La majeure est prouvée par un argument qui se retrouve dans le Commentaire (le 1°T « contra primam opinionem »). La mineure est soutenue par la 2€ et 8° des raisons que nous trouvons dans le Commentaire, contra primam opinionem. Remarquons : «Si autem diceres quod per accidens corrumpatur »; c’est Gilles de Lessines, III, 1, qui est pris à partie. — « Si autem dicas quod non frustra in-

1 EHRLE, Zur Geschichte der Scholastik, dans Zeitschrift für Katholische Theologie, t. XIII, 1889, p. 174, 181.

3 MARTIN, Registrum epistularum loannis Peckham, dans Rerum Britanicarum medii aevi Scriptores, Londres, 1885, t. III, p. 922.

troducitur quia qui vult ire ad aliquem terminum non frustra transit per viam quae est inter ipsum et terminum »; c’est encore le même Gilles de Lessines, III, 1 et 4, où se retrouve le même exemple. Gilles de Rome, III, 13, a la même explication.

Richard ajoute une autre preuve, absente de son Commentaire : « Certum est quod perfecte leprosus generat leprosum semper vel frequenter. Hoc autem non esset verum, si in adventu intellectivae fieret resolutio usque ad essentiam materiae primae, sicut probabo. » Suit un long développement (fol. 151Y).

Cette seconde preuve est confirmée par trois impossibilités « ducendo ad tria impossibilia. » La première est la suivante : « Si in eodem instanti introduceretur forma asini in materiam suam quo anima intellectiva infunditur a Deo materiae ipsius hominis, in illo eodem instanti materia 1psius asini sequeretur esset apta ad recipiendum animam intellectivam sicut materia ipsius hominis, quia dispositio ipsius materiae ad hoc quod sit nata recipere formam est denudatio ab omni alia forma.» C’est la 4® raison contra primam opinionem du Commentaire. — La seconde absurdité : « Si illa opinio esset vera, non posset dici quod in homine sit aliquod esse generatum » (= la 3° raison principale du Commentaire). Remarquons ici: «Si autem dicas. quod generans disposuit materiam ad recipindum illud esse quod habet per animam intellectivam », ce qui semble être dirigé contre Gilles de Lessines, IIT, 1 P.59; 2,p. 63; 5,p. 82. On peut cependant faire une difficulté contre ce rapprochement; en effet, une ligne plus loin Richard écrit : « Dicis quod generans disposuit materiam ad recipiendum illud esse, quod, secundum te, essentia materiae, considerata praeter omnem formam, est in maxima aptitudine ad recipendum animam intellectivam, quod patet per hoc quod dicis quod in adventu intellectivae oportet fieri resolutionem usque ad essentiam materiae primae.» Or, cette façon de parler est étrangère à Gilles de Lessines. — La troisième absurdité est que l'enfant n'aurait rien de son père (fol. 152"). Cette impossibilité est remplacée dans le Commentaire par la « 4° ratio principalis » (p. 221).

Le troisième argument philosophique principal est la « 5" ratio» du Commentaire (p. 221). La majeure est longuement démontrée par l'autorité des médecins, elle n’est pas démontrée dans le Commentaire. La mineure est devenue dans le Commentaire la « ratio 5%». Une instance: « Si forte diceres quod illa acidentia. agunt ad illam corruptionem indirecte », vise peut-être Gilles de Lessines, III, 1; p. 58-59. Ce rapprochement n’est pas certain; en tout cas, l’explication combattue est certainement ad mentem de Gilles.

Le quatrième argument philosophique est la « ratio 6 principalis » du Commentaire (p. 222), mais plus développée (fol. 152*).

La première raison théologique (fol. 153") est prise au dogme du péché originel. Elle se trouve dans le Commentaire (p.222), mais sous une forme plus succincte et proposée différemment. La première instance : «Si forte dices quod animam contrahere peccatum nihil aliud est quam ipsam relinqui naturalibus suis, auxilio debitae iustitiae destitutam, cum debito habendi eam», combat Gilles de Rome, II, 9, où le texte se trouve presque ad litteram, et III, 4. De même: « Etiam evadere non potest. Negare non potest quin in homine genito

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