‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 179 sur 228 · QUODLIBET III · texte numérisé non relu

QUODLIBET III

Huitième question.

« Utrum bona fortuna possit alicui homini esse naturalis.» Question qui avait déjà été longuement développée par Henri de Gand (Quodl. VI, q. 10). Mais la comparaison des deux questions n'offre aucun indice sérieux de priorité pour l’un ou pour l’autre des deux auteurs.

Seiztème question.

« Utrum sacramentum paenitentiae respectu eorundem peccatorum in numero habeat efficaciam ex vi sacramenti quotiescumque fuerit receptum a paenitente » se retrouve dans Henri de Gand (Quodl. VII, q. 22). Celui-ci se prononce nettement : le sacrement a un effet principal, et celui-ci ne peut se produire qu’une fois par rapport aux mêmes péchés : mais ses effets secondaires, comme la remise des peines temporelles, rien n’empêche qu’il les produise une seconde fois. Richard n'ose pas se prononcer : il se contente d’affirmer les points de doctrine communément reçus : et quant au point controversé, de signaler les deux opinions contradictoires, avec leurs arguments. Rien ne prouve qu’il vise particulièrement Henri de Gand : il ne signale pas formellement sa distinction entre l'effet principal et l’effet secondaire, mais incidemment il use d’une distinction analogue. Par conséquent ici encore la comparaison ne nous avance guère.

Si nous étudions Gilles de Rome (Quodl. II, q. 28), nous ne trouvons pas d'indices suffisants pour la classification des œuvres. Gilles se prononce en faveur de l’efficacité du sacrement par rapport aux mêmes péchés. Plusieurs de ses arguments se retrouvent quoad substantiam dans Richard, mais rien ne nous permet de conclure au sujet du rapport existant entre les deux questions.

Vingt-deuxième question.

« Utrum magistri teneantur recipere quaestionem pro qua incurrent malevolentiam, quam quaestionem utile est scire.» Cette question a son équivalent chez Henri de Gand (Quodl. X, q. 16) et chez Godefroid (Quodl. IV, q. 13).

Chez ce dernier elle prend cette forme : « Utrum magister theologiae quaestionem cuius veritatem scire est necessarium ad salutem, debeani reputare esse litigiosam et ob hoc eam repellere et nolle determinare.» Elle pourrait sembler une réponse à Richard, qui disait : « Si... hoc faceret pro conservanda caritate et pro vitanda turbatione et scandalo.. sic dico quod mereretur.» Mais, comme d’autres ont pu parler de la même manière : « Et sic forte intendebant magistri, dicentes qu quaestio litigiosa non est admittenda », nous dit Godefroid, ce rapprochement n’est pas concluant. Quoi qu’il en soit, cette question, comme la précédente, se rattache à la controverse soulevée entre les séculiers et les mendiants à propos du privilège des confessions, dont nous avons parlé plus haut.

QUODLIBETS ET ONTROVERSES CONTEMPORAINES 419:

Mettant ensemble les certitudes et les probabilités que nous a données la comparaison des différentes œuvres, nous constatons que :

a) le Ier Ouodhbet de Richard doit se placer entre le VII et le IX® de Henri de Gand, avant le Ier de Gilles de Rome, et avant le IIIe de Godefroid de Fontaines.

b) le II® Quodlibet se range entre le VIIIE et le IXE Quodhbet de Henri, avant le IIIe Ouodlibet de Gilles de Rome et, sans doute, avant le IVe Quodlibet de Godefroid de Fontaines.

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