Il est certain que B n’a pas copié C
a) Les remarques précédentes sur les omissions volontaires de € le montrent déjà.
b) De plus la latinité de C est meilleure, comme le lecteur s'en rendra compte, en parcourant les variantes.
c) Dans le même ordre de considérations, nous notons aussi les corrections ‘, On ne conçoit pas que B, lisant un texte plus latin, ait songé à le gâter, pour le plaisir.
d) Nous lisons dans B (fol. 73" 2€ col.) un passage assez embrouillé et peu clair : ce même passage est plus coulant, bien qu'il soit plus court, dans C (fol. 18or 2e col.). On ne voit pas pourquoi un copiste l'aurait embrouillé.
e) Autres indices qui inclinent vers la même conclusion :
Dans B (fol. 2or 1€ col.), les mots « cum preponitur », plus expressifs et mieux à leur place, sont remplacés, dans C (fol. 144Y 2€ col.), par un vague « cum dicitur.» C'est probablement parce que les mots « cum dicitur » sont plusieurs fois répétés à cet endroit. Le lecteur pourra relever plusieurs exemples de ce genre.
Pour ne pas allonger indéfiniment ces remarques, notons enfin que nous lisons dans C (fol. 145" 2€ col.) deux fois quinquaginta, d’abord en chiffre romain, puis en toutes lettres : or, B (fol. 217 2e col.) s'était contenté d'écrire le nombre en chiffres romains.
f) Enfin, la faute de chronologie pour le 25° dimanche après la Pentecôte dont nous avons parlé plus haut. B (fol. 189) avait d’abord écrit : « Dominica post festum B. Andree », puis corrigé en : « Dominica post festum B. Catherine.» Or, c’est cette indication fautive que nous lisons dans C (fol. 94".)
11. — St B n'a pas copié C, faut-il conclure que C a copié B?
Les remarques précédentes inclinent vers cette solution. Mais il y a, à cette hypothèse, quelques difficultés.
a) On lit dans C quelques mots qui ne se trouvent pas dans B. En effet, bien que C ait l’habitude d’abréger, il donne cependant un peu plus au complet les formules finales. Ce sont d’ailleurs les seuls exemples.
b) Quatre fois on relève de fausses attributions de Passages scripturaires, dans les deux manuscrits. Or, ils ont été corrigés, supra lineam, dans le ms. B seulement, — Il est malheureusement difficile d'affirmer avec certitude si ces corrections du manuscrit B sont dues à la même main. J'inclinerai à croire le contraire, mais je n’ose pas me prononcer. En tous cas l’écriture des corrections est de la même époque. Il est à noter aussi que trois fois la référence scripturaire a été complétée, supra lineam, dans B : tandis que dans C on lit la réfèrence incomplète « apostolus ».
Quoi qu’il en soit, que C ait copié directement B, ou que tous
1 Voir, par exemple, B, fol. 190", col. 2 : nos insidiatur, dans C, fol. 94", col 2 : nobis insidiatur; et ailleurs, tam magnam curialitatem, qui devient dans C tantam curitalitatem.
deux soient dépendants d’un prototype commun, il est certain que le texte de B reproduit plus fidèlement l'original que C.
Pour ces motifs, nous reproduisons le manuscrit 14947, comme donnant plus de garanties et comme étant plus complet :. Nous avons suivi fidèlement B, sauf le cas où C a corrigé une faute évidente.
Dans B on lit au haut des pages le résumé bref du contenu de la colonne, par ex. : cogitare de peccato tria (fol. 190"); de même dans les marges les citations sont signalées. Nous avons omis ces notes, peu intéressantes.
Pour plus de clarté, j’ai écrit en petites capitales les grandes divisions des sermons : PRIMO, etc. Le copiste se contente de mettre un signe indiquant le paragraphe : encore l’omet-il parfois. Les citations sont en caractères espacés. Habituellement, lorsque le même texte revient paraphrasé, nous n’avons espacé les mots que lorsqu'ils étaient soulignés par B.
Le lecteur remarquera que souvent les citations faites par Richard et Henri sont par à peu près : ce qui est naturel quand on cite de mémoire.
1 Dans les deux manuscrits, le ? ne se distingue pas toujours clairement du c : parfois, en effet, la distinction est nette; d’autres fois, l’écriture étant trop rapide peut-être, et toujours petite et serrée, le t ressemble à s'y méprendre au c, et parfois il n’y a que le mot même qui puisse donner la lecture. Ainsi le mot virtutem s'écrit évidemment avec deux t, et cependant on les prendrait pour deux c. Il en va de même des abréviations ce et te, cere et tere. Heureusement nous avons pu noter un bon nombre de cas où la lecture n'était pas douteuse pour les finales rio, ou tium etc. : comme spatium, et uitium, potentia, dispositio, conscientia, degustatio. Ailleurs ces mêmes mots pourraient se lire aussi bien avec la finale cio ou cium. Nous avons cru pouvoir, dans les cas douteux, trancher d’après les cas clairs. — L’orthographe de Catherine varie : tantôt on lit Katerina, tantôt Katarina ou Catherina.
Le KR. P. Willibrord Lampen, ©. F. M., vient de publier, dans La France Franciscaine, t. VIII, 1925, un sermon inédit sur l’Ascension: Sermo in die Ascensionis Domini, fratris Richardi de Media Villa, Ordinis Fratrum Minorum. Incip. « Ascensiones incorde… Ista verba.… Desin. Ad quam nos perducat.….», tiré du manuscrit n. 280 de la bibliothèque d’Erlangen (J. C. IRMISCHER, Handschriften Katalog der K. Universität Bibliothek zu Erlangen, 1852, p. 77).Ilcroit pouvoir l'attribuer à Richard.