‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 27 sur 228 · VI. LA DATE DU COMMENTAIRE DES SENTENCES · texte numérisé non relu

VI. LA DATE DU COMMENTAIRE DES SENTENCES

L’authenticité de cet écrit fut mise hors de doute par Sbaralea !, et la comparaison des quatre livres des Sentences avec les Quodlibets confirme, comme on le verra, cette conclusion 3. La tâche qui nous incombe maintenant est d’établir la date de la composition de cet ouvrage.

Nous devons aborder ce problème par la comparaison des Commentaires avec les autres œuvres de Richard; ensuite nous examinerons les conclusions que nous fournit un passage du quatrième livre se rapportant à la querelle des Mendiants avec l’Université.

Il est manifeste que les Commentaires sont postérieurs aux

1 SBARALEA, D. 634.

3 Voir l’appendice v, p. 434.

Quaestiones disputatae, auxquelles ils renvoient à plusieurs reprises !. Mais quel rapport existe-t-il entre les Quodlibeta et les Commentaires ?

Une première constatation s’impose : si les Quodlibeta citent à plusieurs reprises les Quaestiones disputatae, ils ne font aucune allusion aux Commentaires. D'autre part, ceux-ci renvoient également aux Quaestiones, comme il a été dit; mais je n’ai trouvé aucune mention des Quodlibets. Ce n’est donc que par une minutieuse comparaison des deux œuvres que l'on peut arriver à quelque conclusion. Le lecteur que la question intéresse en trouvera le détail à l’appendice v; ici nous résumons les résultats qu’on trouvera établis là-bas :

1. — D'abord il est évident que les deux écrits ne sont pas indépendants l’un de l’autre. Les similitudes, parfois verbales, sont si nombreuses que nous devons supposer que l’auteur en composant l’un avait l’autre sous la main, et qu’il l’a consulté parfois ?, Mais quel est l’ordre de priorité ?

2. — Les Quodlibeta sont, en général, car il y a des exceptions, plus développés, mieux ordonnés que les questions correspondantes du livre sur les Sentences; les conclusions sont généralement plus fermes. Mais ces différences peuvent tenir au genre même de chacune de ces œuvres, autant et plus qu’à une évolution de la pensée. Ces indices sont donc incertains.

3. — Il y a quelques raisons qui inclineraient à placer le premier livre sur les Sentences avant le second Quodlibet et peut-être même avant le huitième Quodlibet de Henri de Gand (1286). Car la première question du deuxième Quodlibet : « Utrum in Deo sit intellectus practicus % », beaucoup plus développée et plus affirmative que le passage correspondant des Sentences 4, réfute la position particulière soutenue par Henri de Gand dans son huitième Quodlibet 5, tandis que le Commentaire n’y fait aucune allusion.

1 Voir plus haut, p. 20.

3 Voir l’appendice v, p. 438 et 440.

3 Quodl. II, q. 1; p. 31.

4 I Sent., d. XXXV, a. 1, q. 5; p. 304.

5 GANDAVENSIS, Quodl. VIII, q. 1; fol. ccxcIx".

Page 1