‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 40 sur 228 · LES CONTROVERSES UNIVERSITAIRES · texte numérisé non relu

LES CONTROVERSES UNIVERSITAIRES

nous avons parlé: en même temps, en Angleterre, Peckham poussait à fond la lutte contre l’unité de la forme. Richard crut devoir intervenir à Paris; il le fit successivement par son opuscaule De gràdu formarum et dans ses Quaestiones disputatae 1.

Oratre ces questions plus brûlantes, Richard, dans ses Quaesliores , en traita plusieurs autres, toutes vivement. discutées et divisent les écoles rivales. En champion de l’école de saint Bonaventure il aborda les questions de la distinction des puissances ?, du primat de la volonté ?, de la nature de la connaissance angélique ‘, du péché des anges 5, de la distinction entre la grâce et la gloire‘, du mode de la vision béatifique 7. Dans Sa th éorie sur l’illumination divine, il incline vers saint Thomas ®.

On peut donc le constater, tous les sujets abordés dans cette œuvre de Richard, étaient des sujets d’actualité.

En 1285, probablement vers Pâques, Richard célébra son Premier Quodlibet. Ici encore, il eut l’occasion de prendre position dans les controverses du moment. Comme on peut le voir en Parcourant son œuvre imprimée, parmi les questions examinées bon nombre sont des sujets à l’ordre du jour : tel le problème QUI passionna les esprits: Dieu connaît-il les singuliers dans leur singularité °? Henri l’avait déjà abordé deux fois, dans SON second et son septième Quodlibet. Godefroid de Fontaines l’examina un peu plus tard dans son quatrième Quodlibet (1288).

: On ne s’intéressait pas moins à la question de la multilocaon 10 dont s’occupèrent, les années suivantes, Gilles de Rome (Premier et troisième Quodhbet), Henri de Gand (neuvième Qaodiber) et Godefroid de Fontaines (quatrième Quodlibet). La

liation du Christ examinée par Richard !1 fut traitée la même |

% Ibid., 1, q. 2; p. 2 U Jbid., I, q. 5: p. 8

année par Godefroid (premier Quodhbet); les relations de Dieu et de la créature ! intéressèrent Henri dans son neuvième Ouodhbet. Enfin Richard eut à se prononcer dans la célèbre controverse sur la distinction réelle entre l'essence et l'existence à.

Le second Quodlibet, célébré en 1285-1286, n’est pas moins instructif. Nous y voyons Richard prendre à partie l’idée singulière de Henri qui refusait à Dieu un «intellectus practicus 3 ». Gilles de Rome l’année suivante se prononcera en faveur de Richard contre Henri.

C’est encore Henri que combat Middieton lorsqu’au nom de l’infinité de Dieu, il affirme qu’il est possible à Dieu de faire une créature plus noble que la plus noble de celles qui existent #. Godefroid prendra, dans la suite, parti pour Henri (quatrième Quodlibet), mais Gilles de Rome (troisième Quodlibet) envisage la question comme notre docteur.

La même année Henri et Richard combattirent ensemble l'erreur de ceux qui disaient que la matière demeure dans le sacrement de l’autel 5, Le problème de la localisation des corps et de la multilocation fut de nouveau posé $; examiné la même année par Henri (neuvième Quodhbet), il fut repris l’année suivante par Godefroid.

Dans sa vingt-troisième question, Richard montra, contre Henri de Gand, la licéité des rentes viagères 7, C'était une question très agitée et très pratique; car, comme on l’objectait à Henri, couramment ces transactions étarent faites ou approuvées par des prêtres et des évêques. Gilles de Lessines consacra à la même question son traité De Usuris.

Le troisième Quodlibet (1286-1287) contient moins de questions controversées : citons cependant la huitième, sur les biens de la fortune $, dont avait parlé jadis Henri dans son sixième

* Quodl. II, q. 3, 15; p. 35, 53.

7 Quodl. II, q. 23; p. 65.

8 Quodl. III, q. 8; p. 97.

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