DERNIÈRES ANNÉES. GLOIRE POSTHUME
SOMMAIRE. — I. Richard précepteur de saint Louis de Toulouse. L'édition du Commentaire sur les Sentences. — II. La date de sa mort. — III. Gloire posthume. Ses titres : « Doctor solidus, copiosus, fundatissimus, etc. » Son autorité à la fin du xv® siècle et spécialement chez Denys le Chartreux, puis au concile de Trente et après le concile. Premières affirmations de cette autorité dès le début du xiv® siècle.
A la fin de l’année scolaire 1286-1287, Richard cessa de professer au couvent franciscain de Paris. Il ne paraît plus s’être occupé des écrits de Pierre Jean Olivi, du moins son nom n’est plus cité.
Vers cette époque il fut chargé, avec le frère Guillaume de Falgar et Ponce Carbonel, de l’éducation du second fils du Roi Charles II de Sicile, saint Louis de Toulouse. Le fait est certain, mais les détails nous manquent. Tout ce que nous savons se réduit aux quelques lignes de l’auteur anonyme de la Vie du saint. Vers l’année 1288 le jeune Louis, âgé de 14 ans, et ses frères puînés, furent emprisonnés en Catalogne, à titre d’otages. Pendant sept ans, ces trois princes restèrent enfermés, soit au fort de Montcathan, à Barcelone, soit au château de Sura. Enfin le traité de 1295 leur rendit la liberté. Nous lisons donc dans la vie du saint par Jean de Orta :
« Adhibebat in consilium familiariter Iacobum de Osa, iuris civilis
clarissimum professorem, qui... nunc gerit sanctissimum et summum pontificatum, dictus Ioannes XXII. Magna quoque illi consuetudo
cum venerabilibus Fratribus, F. Guillelmo de Falgaria, et F. Richardo a Media Villa, ordinis Minorum, s. theologiae doctoribus et eximiis professoribus et plerisque aliis spectata pietate et eruditione clarissimis viris.. Îllo dumtaxat septennio suae captivitatis, quo perpetua consuetudine fratrum minorum utebatur, qui illum in disciplinam acceperant, tantos fecit progressus, nedum in litteris humanioribus, verum etiam in sacris, ut in corona etiam doctissimorum virorum prudenter respondere posset (ut ipse vidi Barcinone), et argute disputare 1.»
Ces détails sont encore précisés par Bartholomée de Pise :
« Studio scientiarum cum fratribus suis tali in tempore sic se dedit, habendo magistros in scientiis fratres minores, scilicet fratrem Pontium Carbonelli, hominem sufficientem et sanctum et alios fratres minores, quod infra septennium quod ibi fuit, in grammatica, logica, scientia naturali, metaphysica et morali, et sacra theologia, adeo fuit instructus, quod disputare de praedictis sciret, docere ac praedicare clero et populo et Dei verba proponere, ut scientia magis sibi infusa putaretur divinitus, quam humanitus acquisita ?. »
Ces lignes ne sont malheureusement pas suffisantes pour nous permettre de préciser la part personnelle de notre docteur dans l'éducation du jeune saint, ni l’époque exacte où il fut appelé à ses côtés.
Le P. Prosper de Martigné, se basant je ne sais sur quels documents, écrit : « Cette éducation commencée à Naples devait se continuer à Barcelone... Ces deux enfants dont l'aîné avait à peine 12 ans, dirent adieu à leur, mère, et furent conduits à Barcelone en compagnie des Pères Richard de Middletown et Guillaume Fauger. Le père Ponce Carbonel leur fut adjoint, croyons-nous, dans cette dernière ville. Pendant deux ans, Louis et Robert se livrèrent à l’étude près de la prison de leur père et contribuèrent à lui rendre moins pénibles les rigueurs de l’exil et de la captivité. En 1288, un traité rendit la liberté au roi de Naples, mais à des conditions très onéreuses. Pour en assurer l'exécution, le roi d'Aragon exigea la remise de
1 AA.SS, Augusti, t. III, Anvers, 1737, p. 809: Vita S. Ludovici Tolosani, auctore anonymo synchrono, cap. 2, n. 14 et 15. L'édition meilleure donnée dans Anal. Boll., t. IX, 1890, p. 292, 295, n'est pas plus précise.
3 Analecta, t. IV, p. 310.