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RICHARD PRÉCEPTEUR DE S. LOUIS

nombreux otages, parmi lesquels on voit figurer les princes Louis et Robert... Pendant sept ans, ces trois princes restèrent enfermés... 1» D’après ces affirmations, Richard aurait été attaché pendant neuf ans au service de Louis de Toulouse, et par conséquent dès 1286. Mais ceci est absolument impossible : en 1287 Richard était encore à Paris, comme nous l’avons établi plus haut; et d’ailleurs tant la vie de Orta que Bartholomée de Pise n’assignent que sept ans aux études du futur évêque. La bulle de canonisation de Jean XXII, l’ancien conseiller de Louis, ne parle pas autrement : |

«Sanctus iste, sicut probatum est testimoniis fide dignis, in aetate existens tenera, sub magistri religiosi diligentia cum suis fratribus tenebatur... Ductus autem cum duobus e suis fratribus datus est obses pro liberatione antedicti Regis, tam ferventer dedicavit se studio, quod infra septennium, quo inibi obses fuit, sub institutione fratrum minorum, quos secum habebat in socios, in primitivis scientiis et sacra pagina sic profecit, quod vir Dei pollens ingenio, de praedictis scientiis non solum publice et private subtiliter disputare valeret, sed et solemniter clero et populo proponere verbum Dei, ut putaretur scientia haec infusa sibi magis divinitus, quam humanitus acquisita ?, »

Nous croyons donc pouvoir conclure que Richard ne s’attacha au prince qu’en l’an 1288.

Richard et ses confrères inspirèrent au jeune saint la plus grande confiance. Celui-ci vivait avec eux dans la plus entière familiarité. Ajoutons aux paroles que nous avons déjà citées et qui sont toutes à l’éloge de ces trois frères mineurs, quelques autres citations, sans que nous puissions d’ailleurs préciser la part qui revient à chacun de ces franciscains :

« Subterfugiens etiam, iam tum obses, vanorum hominum consuetudinem, iungebat se fratribus minoribus, claros viros et sapientes sequens.… Illi, inquit, mecum semper volunt garrire de rebus frivolis et inutilibus...; divina et salutaria audire iuvat, unde mihi haurienda sapientia. Non vulgi istius et levium hominum, sed piorum, quamvis eos mundus iste spernat, grata est familiaritas : quia ab illis eruditio et pietas, ut ab aromatibus bonus odor #. »

? DE MARTIGNÉ, p. 167; VERLAQUE, Saint Louis, Paris, 1885, p. 21-40: ? WADDING, Annales, a. 1317, n. 47, t. VI, p. 292. * Vita, n. 12 (AA. SS., p. 809; Anal. Boll., t. IX, p. 304).

Parlant de sa piété, Jean de Orta nous dit :

«ltem laudes de S. Cruce Domino recitabat quotidie una cum socio, fratre ex Ordine Minorum, clauso conclavi ab aliis seiunctus 1,»

Pour autant qu’on peut le conjecturer d’après cette vie, qui ne suit pas rigoureusement l’ordre chronologique, ce dernier trait aussi se rapporte à sa captivité.

L’amour que saint Louis porta à l'Ordre des Mineurs, le vœu qu'il fit d’y entrer, l’énergie avec laquelle il exécuta son projet, malgré l’opposition de son père et la volonté du pape de lui imposer l’évêché de Toulouse, montrent l’estime que les leçons et les exemples de ses maîtres lui avaient inspirée. D'ailleurs,comme on a pu le voir, Jean X XII, qui avait contribué, avec les Mineurs, à la formation de Louis, et de Orta, l’auteur de sa vie, qui les avait aussi connus personnellement, furent pleins de vénération pour les trois maîtres franciscains. L’influence principale cependant ne semble pas avoir appartenu à Richard. Car Jean de Orta nomme d’abord Guillaume de Falgar; Bartholomée de Pise ne mentionne que Ponce Carbonel, laissant les autres dans l’anonymat. Wadding déclare que c’est ce dernier qui dirigea saint Louis : « Magister et rector ?.»

Richard n’est pas mentionné dans le testament de Louis de Toulouse. Quatre frères mineurs sont cités comme témoins : Guillaume de Corneliano, François Bruni, Pierre Scarrerii, Barthélemy Vitale. Outre les legs faits aux couvents, nous voyons un legs d’une bible au premier « Guilhelmo de Corneliano, socio et familiart meo »; d’une autre bible au frère Bérenger « Berengario de Bosco, familiart meo»; au frère Pierre « fratri Petro de Cocardo, familiari meo »; enfin frère Pierre Scarrerii et frère François reçoivent le reste de la bibliothèque « fratribus Petro Scarreri et Francisco Bruni, soctis et familiaribus meis. »

1 AA. SS., n. 9, p. 808; Anal. Boll., p. 288. 3 WADDING, Scriptores, p. 290.

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