‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 50 sur 228 · DATE DE LA MORT · texte numérisé non relu

DATE DE LA MORT

IT

On peut conjecturer de ce testament que Richard n’était plus dans la famille du saint prélat, en 1297 !. L’avait-il quitté depuis 1295, date de la libération de Louis ? ou plus tôt ? nous lignorons.

Si nous en croyons Sixte de Sienne ?, il aurait édité ses Postilles vers 1290 :

« Scripsit sermone scolastico in quatuor evangelia libros quatuor, singulos in singula, anno Domini 1290. »

C’est en tout cas, nous l’avons vu #, après 1294 que fut écrit le quatrième livre de ses Commentaires sur les Sentences.

À partir de l’année 1295 on perd complètement la trace de Richard. Cave est le premier écrivain qui lui fasse repasser la mer :

« Richardus noster in patriam reversus, reliquum vitae suae Oxonii in publico docendi munere, non sine summa eruditionis fama transegit “.»

Malheureusement nous ne savons pas où Cave a puisé ce renseignement. Nous avons dit plus haut, combien il était peu probable que Richard ait jamais enseigné à Oxford 5.

Pour la date de sa mort nous restons également dans l’incertitude. Prosper de Martigné et Daunou résument ainsi les divers sentiments des historiens : « On ignore les circonstances et la date du décès de Richard : les uns le font vivre jusqu’aux premières années du xIv® siècle; ils le placent entre Gautier, évêque de Poitiers, décédé en 1307, et Jean Scot, mort en 1308. Moreri dit 1304; d’autres, comme Wadding, ne prolongent sa carrière que jusqu’en 1302; et Dempster la ferme en 1300. Nous indiquons approximativement la fin du xrr1® siècle 6. »

La fin du xr11® siècle ou le commencement du XxIv®, c’est tout ce qu’on peut dire. En effet, les plus anciens biographes

1 AA. SS., p. 787.

3 SIXTUS, P. 299.

# Voir plus haut, p. 55.

“CAVE, Scriptorum ecclesiasticorum historia litteraria, Oxford, 1743, t. Il, P. 334.

5 Voir plus haut, p. 69.

* DAUNOU, p. 129; DE MARTIGNÉ, p. 170.

de Richard, dont se sont inspirés tous les autres, sont fort mal renseignés sur la mort de notre docteur. Saint Antonin ne dit rien. Le Firmamentum se contente de dire : « Claruit.… Panrisius circa annum Domini millesimum ducentesimum octogesimum . » Trithème : « Claruit temporibus Adolphi imperatoris et Nicolai papae IV, anno Domini 1290 ?. » Leland se réfère à Trithème #?. Bale, qui s’inspire généralement de Leland, s’écarte de lui pour la date : « Claruit anno, a salutifero Virginis partu, 1300 sub Eduardo primo, apud suos tandem non infimo loco sepultus #. » Malheureusement il ne dit pas où se trouve cette sépulture. Willot se contente de parler de sa célébrité vers 1290, suivant, sur ce point, Trithème 5. Pits copie Bale en le résumant :

« Tandem inter suos mortuus et sepultus est circa annum partus Virginei 1300, cum esset in Anglia summa rerum penes Eduardum primum 6. »

Wadding, pour une raison purement conjecturale et qui se fonde sur la fausse attribution à Richard d’un traité sur l’Immaculée Conception, prolonge sa vie jusqu’en 1302. À cette année, en effet, il écrit dans ses Annales :

« Circa annum 1300 obiisse affirmat Pitsaeus, hoc vero tempore superstitem iudicaverim et ad illud pervenisse quo acriter disceptatum est de Conceptione B. Virginis, paulo ante Scoti obitum : monet

enim Henricus Willotus, iam senem de hac controversia peculiarem edidisse tractatum 7.»

La conjecture de Sbaralea est plus fondée. Voici son raisonnement : dans la liste chronologique des docteurs de son Ordre, Astexanus de Asti® place Richard entre Gautier, évêque de Poitiers, mort en 1307, et Scot, décédé en 1308. D'où il semble

1 Firmamentum, fol. xLuIY.

Page 1