‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 52 sur 228 · WILLOT, P · texte numérisé non relu

WILLOT, P

“Pirs, p. 385.

5 Scriptores, p. 305.

* A. Woon, Historia, et Antiquitates Universitatis Oxoniensis, Oxford, 1674, . 1, p. 128.

* Ibid., p. 86.

#® Woop's City of Oxford, Oxford, 1890, t. II, p. 376 (dans l’Oxford Historical Society, t. XVII).

* ExrLe, Die Ehrentitel der Scholastischen Lehrer des Mittelalters, dans Sit-

æungsberichte der Bayerischen Akademie der Wissenschaften, Philos.-Philolog. und histor. Klasse, 1919, Abhandl. 9, Munich, 1919, p. 18.

La d

le xive siècle ne sont attestés en particulier que les suivants : saint Thomas : doctor communis, sanctus; Scot, doctor subtilis; Henri de Gand, doctor solemnis ; Pierre d’Auriol, doctor facundus; Thomas Bradwardine, doctor profundus; Jacques de Viterbe, doctor inventivus; Grégoire de Rimini, doctor authenticus. »

Dans chacune des sept listes des xv® et xvi® siècles que le savant cardinal publie, Richard se trouve mentionné, six fois avec le titre de « solidus »1. Dans la septième liste, tirée de sources imprimées, Richard figure avec le titre de « copiosus » ?. Dans une des listes du commencement du xvi® siècle (1514), qu’on trouve dans un manuscrit provenant d’un couvent des Franciscains de l’Observance à Ingolstadt, on lit : « Solidus vel communis » 3. Dans la liste du manuscrit de Rubenow, nous relevons ces mots : « Doctor solidus Richardus de Media Villa, scripsit super quartum sententiarum principaliter eximie in Anglhica legitur.» En note, l’éminent éditeur propose de lire : « Oxonie in Anglia legitur » car, ajoute-t-il, « Exonte se trouve souvent pour Oxonie #. » La conjecture ne manque pas de probabilité, mais elle ne s’impose pas. On pourrait comprendre le passage en ce sens : que parmi les écrits de notre docteur le quatrième livre du Commentaire a une valeur spéciale : « principaliter, eximie », écho de la tradition. Déjà saint Antonin, comme nous l’avons dit, relevait le mérite particulier du quatrième livre; et le Firmamentum déclarait : « Dicitur autem omnes alios doctores excellere in quarto scripto. » À la fin du xvi® siècle, la tradition était encore vivace, comme Île montrent les mots de Ange de Rocca de Camerino :

«In primum excellit Scotus; in secundum Aegidius, in tertium Bonaventura, in quartum Richardus de Media Villa 5. »

1 EHRLE, Die Ehrentitel, p. 37, 41, 44, 47, 52, 54.

3 Jbid., p. 55.

8 Jbid., p. 52.

4 Jbid., p. 47.

® Cité par DE MARTIGKÉ, p. 153. — Dans l'édition de Venise, au livie IVe,

nous lisons ces vets :

« Quod bene ut excellat cunctos hoc codice quarto Excedit veluti sidera cuncta pean. »

Quoi qu’il en soit, ces mots in « Anglia legitur » laisseraient à penser qu’en Angleterre, à cette époque, on se servait de notre auteur.

Dans un manuscrit anglais du x1v® siècle, nous lisons, sinon un titre proprement dit, du moins une appellation honorifique :

«Scriptum super primum Sententiarum, secundum venerabilem doctorem fratrem RicARDUM DE MEepiA VILLA de ordine minorum 1. »

Ces lignes sont, il est vrai, d’une écriture moins ancienne que le manuscrit lui-même.

Nous pouvons conclure que le titre propre de Richard : doctor solidus, qui n’est d’ailleurs pas mentionné par saint Antonin, ne remonte pas au delà du xv® siècle.

Les titres de fundatissimus et authoratus, que lui assigne Pits, se retrouvent non pas dans Willot, comme semblerait l’insinuer le texte de Pits, mais dans l'édition des Quodlibeta imprimée à Venise en 1509 :

« Authorati theologi Richardi de Media Villa minoritanae familiae ornamenti, tria recognita reconcinnataque Quodlhbeta; nunc primo ut sacrae paginae cultoribus ferant opem in lucem prodeunt…. »

Dans la petite préface des « Comminores gemini observantes ad pios lectores », nous lisons aussi ces lignes :

«.Qua propter quum inter antiquorum theologorum dogmata quaestiones quodlibetales authorati doctoris Ricardi de Media Villa, minoritae familiae, speciminis haec duo praecipue conducant.… ? »

1 Oxford, Merton College, Ms. 98; voir H. Coxe, Catalogus codicum Mss., Oxford, 1852, t. I, p. 50.

3 Dans la même édition, le livre premier du Commentaire des Sentences est intitulé : « Sacratissimi Theologi RicHARDI DE MEDIA VILLA ordinis seraphici minorum conventualium, In primum Sententiarum quaestiones persubtilissimae. » L'entête du II® livre : « Sacrae Theologiae doctoris eximit RICHARDI DE MEDIA VILLA seraphici ordinis minorum professoris, in secundum Sententiarum quaestiones solidissimae.» Le titre du III® livre est le même. Le titre du IV® livre revient à l'en-tête des Quodlibeta : « Authorati doctoris RICHARDI DE MEDIA VILLA, sacri ordinis seraphici Francisci in quartum Sententiarum resolutae quaestiones. »

L'édition de 1591 porte un en-tête uniforme pour les quatre livres : « Clarissimi Theologi Magistri Ricarpr pe MepiA VILLA, seraphici ordinis minorum conventualium super quatuor libros Sententiarum..» Les Quodlibeta s’intitulent en 1591 : “Quodlibeta Doctoris eximii RICARDI DE MEDIA VILLA ordinis minorum. »

124 GLOIRE POSTHUME A la fin du troisième Quodlibet, les éditeurs écrivirent :

« Expliciunt omnes quaestiones quodlibetales fundatissimi doctoris Ricardi de Media Villa minoritanaeque familiae iubar. »

Dans la dédicace du livre troisième, dans la même édition (1509), nous lisons encore :

«a Quamobrem quum ego agens huiuscemodi nunc primo tertium Sententiarum authorati doctoris Ricardi… »

L’épître dédicatoire du quatrième livre s’exprime en ces termes :

« In hoc accommodato quarto authorati doctoris Ricardi de Media Villa, minoritae familiae splendoris.… »

Les éditeurs de 1591 se contentent du titre plus vague mais plus ronflant de docteur «très excellent » (eximius) ; il reste cependant une trace des anciennes dénominations, que nous relevons à la fin des Quodhbets :

« Expliciunt omnes quaestiones fundatissimi doctoris Richardi de Media Villa minoritanaeque familiae iubar. »

Peut-on remonter plus haut pour ces deux titres fundatissimi, authorati, que le commencement du xvI® siècle? Représentent-ils une tradition plus ancienne? C’est probable : car lPinsistance avec laquelle les éditeurs de 1509 prodiguent le « authoratus » semble l’insinuer.

Le titre de profundus se rencontre dans le discours de Jean de Raguse, O. P., au concile de Bâle (1432) :

a Item Richardus de Media Villa doctor profundus et magnae aucto-

ritatis in scholis…. »

Il est cité ainsi honorablement après Albert le Grand (Albertus Magnus), saint Thomas (Beatus Thomas... qui fuit excellentissimi ingenti, imo polius angelict quam humani), saint Bonaventure (doctorum utique devotissimus), Pierre de Tarentaise (doctor excellentissimus), et avant Nicolas de Lyre, Pierre de la Palu (doctor utique magni ingeni et profundae scientiae), Thomas d’Agrigente (doctor valde profondus et magnae auctoritatis in

scholis) et Richard Fitsacre, O.P. (doctor anglicus solemnis et valde profundus) 1.

On pourrait cependant se demander si nous sommes vraiment en présence d’un titre proprement dit, ou bien d’une simple épithète. Ce qui augmente le doute c’est que l’orateur semble ajouter à chaque nom de docteur une qualification qui le recommande : et si on peut reconnaître un jeu de mots sur le titre de Docteur Angélique, et l’épithète habituelle de saint Bonaventure, pour les autres docteurs il n’en est plus de même. Quoi qu’il en soit, il est probable que c’est de ce discours que le titre de profundus a passé chez certains biographes. Little fait remarquer qu’il n’a pas rencontré pour Richard la mention d’un titre quelconque avant cette date à.

La signification des titres, nous dit Ehrle, n’est pas toujours facile à trouver. Pour Richard, l’épithète de solidus, qui semble bien son titre caractéristique, est fort expressive de la sûreté de sa doctrine : elle est donc fort bien choisie. Le titre d’authoratus s’explique par l’autorité dont jouit son œuvre, comme nous le verrons bientôt, et surtout son quatrième livre sur les Sentences. Le titre de communis, que nous ne trouvons qu’une fois d’ailleurs, ne semble pas avoir été courant : dans quel sens fut-il donné ? Je l’ignore. Le titre de profundus ne fut je crois qu’une épithète de hasard. Quant au titre de copiosus, il peut parfaitement se justifier : car, dans ses explications, sans être prolixe, Richard ne brille pas cependant par la concision : il se répète volontiers.

Toutes les citations que nous avons faites jusqu'ici montrent déjà la place honorable qu'occupait Richard parmi les grands docteurs scolastiques. Le discours de Jean de Raguse est en particulier très suggestif : pour lui Richard compte parmi les sommités. Les préfaces des premiers éditeurs en 1509 nous renseignent exactement sur le prestige dont jouissait notre docteur dans l’Ordre franciscain. Le Fr. Ange Lucidus Firmanus,

3 Maxsi, t. XXIX, c. 753-761.

2 LITTLE, p. 214, note. — ÆEHmLE, Die Ehrentitel der scholastichen Lehrer

dans son épître dédicatoire du second livre des Sentences, est plus expressif encore : « Ricardum qui et ingenio et facundia facile, post Scotum, secundus habetur.» Le Fr. Jacques Faba, dans son prologue au quatrième livre, n’est pas moins élogieux :

« Interpretamenta in hoc accommodato quarto authorati doctoris Ricardi de Media Villa, minoritanae familiae splendoris, inter alia non minus faecundiora et uberiora quam solidiora (commun sententia) perhibeantur. »

On peut encore citer ce témoignage en vers, que rapportent la plupart des biographes, depuis Willot qui en transcrivit déjà le premier distique :

« Sacra refert celeber Ricardus dogmata, quondam Quem tenuit Media Villa, decora virum;

Hauserunt veteres claro de fonte Ricardi Doctoresque novi qui meliora docent. »

On ne s’étonnera donc pas de voir notre docteur cité par les théologiens du xv® siècle, tel, par exemple !, Guillaume Vorillong (1464). Cependant Richard n’est pas pour ce dernier une des premières lumières qui l’ont éclairé. Dans le curieux chapitre final, à la fois prière, hymne et dithyrambe, Guillaume entonne l'éloge de Pierre Lombard, puis de saint Thomas, de saint Bonaventure et de Scot, qui ont chacun leur petit couplet. Ensuite il nomme: François de Mayron, « doctoris subtilis validior imitator qui multa praemissa ingeniositate super caeteros obtinet », Henri de Gand et Gilles de Rome ?. Richard est donc perdu dans la foule des docteurs.

Nicolas de Orbellis renvoie également et très souvent à Middleton $. Et cette constatation est d’autant plus intéressante que, comme le précédent, et plus encore que lui, il est un scotiste convaincu.

1 Super quatuor libris sententiarum, Venise, 1496, fol. 313 v. Richard n’a pas de titre, tandis que Scot est désigné comme « doctor subtilis ».

8 Ibid., fol. 316.

3 Eximis doctoris Magistri DE ORBELLIS ordinis minorum Super sententias compendium singulare elegantiora doctoris subtilis dicta summatim complectens… Paris, 1500; par exemple : IV, d. IV, q. 2; d. V, q.2,q. 3; d. VII, q. 1; d. VIII, q. 3, etc. (sans pagination). j

Les sermons savants de l’époque invoquent également l’autorité de Richard. Tels ceux du carme Ambroise de Spiera ! et, au témoignage de Sbaralea, de Robert de Lecce, évêque d’Aquis ?.

L'importance de Richard dans la scolastique ressort surtout clairement des écrits de Denys le chartreux. Prosper de Martigné note justement : « Dans aucun ouvrage de théologie les opinions de Richard n'occupent une place aussi considérable que dans le célèbre commentaire de Denys le chartreux. Seul il aurait suffi à sauver de l'oubli la mémoire du grand docteur franciscain, quand bien même ses ouvrages seraient restés inédits, comme ceux d’Ulric de Strasbourg 5. »

L’attestation de Denys est particulièrement intéressante. Dans sa préface, il déclare ne vouloir composer son livre qu’en résurmant les travaux des commentateurs les plus célèbres :

« Hinc intentio mea est in opere isto, ex commentariis et scriptis doctorum magis authenticorum, famosiorum et excellentiorum, quamdam facere extractionem et collectionem atque doctorum illorum mentem in unum volumen redigere,.… ita ut opus istud ex doctrinis et scriptis praetactorum super librum sententiarum scribentium adunentur. Verum tamen operi huic intendo inserere et miscere quaedam ex libris doctissimorum virorum, qui, etsi super Sententias non scripserunt, tamen scripta eorum. libro respondent Sententiarum, ut sunt scripta Guilelmi Parisiensis, Uldarici de Argentina, Henrici Gandavi {.»

Ce qui est plus important encore pour nous, c’est l’appréciation que le savant chartreux porte sur Richard et la place qu’il lui assigne :

« Placet hoc modo procedere. Mota quaestione et argumentis aliquibus brevissime tactis, ponam responsionem in primis alicuius famosi doctoris, ut S. Thomae, Alberti, Alexandri de Hales, Bona-

1 MAGISTRI AMBROSII SPIERA TARVISINI, ordinis carmelitarum.… Liber sermonum quadragesimalium de floribus sapientiae, Bâle, 1510, sermon 7, in fine, fol. 52"; il l'appelle « dfus Richardus », sermon 8, fol. 60".

# SBARALEA, p. 634.

# DE MARTIGNÉ, p. 174. Richard occupe cependant une place beaucoup plus considérable encore dans la Summa Astensis, dont nous parlerons plus loin.

* Denys Le CHARTREUX, Opera ommia, t. XIX, In IV libros sententiarum, Tournai, 1902, prooemium, p. 36. — Voir K. WERNER, Die Scholastik des späâteren Mittelalters, Vienne, 1887, t. IV, p. 210.

venturae aut Henrici. Deinde responsioni illi adiciam ea quae sequaces: eminentiores doctoris illius addunt ultra ea quae doctor ille induxit. et scripsit : sicut praeclariores S. Thomae sequaces videntur esse Petrus de Tarantasia et Richardus de Media Villa, qui tamen in aliquibus recedunt a S.Thoma. Deinde ponam aliorum maiorum responsa et sequacium illorum.. : »

On pourrait s'étonner de ne pas trouver mentionné Scot.. En réalité Denys en fait le plus grand éloge dans sa lettre dédicatoire : |

« Et Ioannes ille Scotus, cognomento Subtilis, cuius corpus in choro fratrum franciscanorum conditum quiescit, anno 1300 in iisdem gymnasiis theologiam cum admirabili quodam acumine docebat ?.»

La pensée du Chartreux est donc bien claire: parmi les théologiens de second rang, Richard est un des principaux. Son appréciation concorde donc avec celle du dominicain Jean de Raguse rapportée plus haut. D’autre part il est significatif qu’il le considère comme un «suivant » de saint Thomas.

Signalons également la compilation de Jean Picard #. En tête de l’édition, l’auteur a placé une liste des auteurs cités : Richard y figure en bonne place :

« Sequuntur nomina magistrorum in sacra pagina professorum et quorum decisionibus resolutivis opus quod thesaurus theologorum, compositum est. De ordine Minorum: Sanctus Bonaventura, Petrus de Aquila, Guilhelmus Ocham, Landulphus, Richardus de Media Villa, Guilhelmus Guarau, Petrus Aureoli, Franciscus Maronis, Antonius de Valentia, Nicolaus Dorbelli, Guilhelmus Vorilon, Scotus,, Stephanus Brulefer, Ioannes Rondichon, Petrus de Candia, Hugo de Castro, Alexander de Halis. — De ordine Praedicatorum : sanctus Thomas, Petrus de Tarentasia, Iohannes Capreoli, Robertus Holkot, Petrus de Palude — De ordine Heremitarum: Ægidius romanus, Bernardus de Senis, Alphonsus, Gregorius de Arimino. — De ordine Carmelitarum : Iohannes Bachonis, Hugo. — Magistrorum non regularium : Guilhelmus Gorris, Petrus de Ayliaco, Henricus Gandavensis. »

1 DENYS, Opera, t. XIX, p. 37.

8 Jbid., p. 11.

3 Thesaurus theologorum, pars prima, primo libro Sententiarum correspondens,, doctorum et magistrorum in sacra pagina professorum decisiones complectens, resolutive, Milan, 1506. |

En tête de la seconde partie, est dressée une nouvelle liste, plus courte, des auteurs cités à propos du second livre du Lombard. L'ordre des Mineurs est réduit à six représentants, Richard a disparu :

« Sanctus Bonaventura, Guilhelmus Vorilon, Stephanus Brulefer, Scotus, Landulphus et Alexander de Hales. »

Mais il reprend sa place dans les listes des troisième et quatrième livres, avec Pierre d’Aquila et Nicolas des Orbeaux.

Au concile de Trente, l’autorité de Richard fut invoquée : ainsi, dans son votum sur la question de la juridiction épiscopale, Jean Baptiste Castaneus, archevêque de Rossano, le cite immédiatement après saint Thomas !; l’archevêque de Palerme déclare n'avoir pas osé se prononcer contre les mariages clandestins, à cause de l’autorité de saint Thomas, de saint Bonaventure et de Richard ?.

Après le concile de Trente la situation se modifie : l’attention des théologiens, entraînés par le mouvement historique issu de la Renaissance et aussi forcés par la polémique protestante, se porte plus volontiers sur l’exégèse scripturaire et l’antiquité patristique que sur l’ancienne scolastique. Les grands noms surnagent : parmi les anciens, ceux qui attirent surtout l’attention sont saint Thomas, — celui-ci gagne de plus en plus, — Duns Scot et Ockam. Les auteurs de second ordre se perdent un peu dans la foule des théologiens modernes, et sont cités, souvent plus par souci d’érudition, que comme autorité proprement dite; encore n’est-on pas toujours sûr que les auteurs ne copient pas les uns les autres leurs listes de théologiens, sans avoir pris la peine de recourir aux originaux. Richard suivit le sort commun; au moins ne fut-il pas ignoré, et resta-t-il considéré comme un théologien de marque. Quelques exemples pris chez les principaux théologiens suffiront.

Il ne faut pas feuilleter longtemps Vazquez avant de ren-

? Concilium Tridentinum, Nova Collectio, edidit Societas Goerreseniana, t. IX, Fribourg, 1924, p. 118.

contrer le nom de Richard. Dès les premières pages, son autorité est invoquée !. Il en va de même chez Suarez : Richard est encore considéré comme faisant argument ?.

Bellarmin au contraire s’intéresse beaucoup moins à notre docteur. Même dans son traité des sacrements, Richard figure rarement : il le cite cependant ?. On le comprend aisément d’ailleurs, puisque le bienheureux compose une théologie polémique contre les protestants. On sait que Bellarmin ne dédaignait nullement le moyen âge, par le traité qu’il composa sur les écrivains ecclésiastiques, dans lequel il loue notre docteur :

« De Richardo de Media Villa (1290). Richardus de Media Villa, natione anglus, Ordinis S. Francisci, scripsit in libros IV Sententiarum dilucida commentaria in quibus S. Thomae doctrinam imitari visus est. »

Il semble même avoir fait quelques recherches personnelles puisqu’après avoir relaté les écrits de Richard sur les quatre évangiles, sur la règle des Frères Mineurs, et sur Olivi, il ajoute :

« Dicitur etiam scripsisse de Conceptione B. Virginis et in Epistulas S. Pauli et de ordine iudiciorum : quod an ita sit, mihi non constat €. »

En guise d’exemple de ces cours de théologie, où notre auteur figure un peu perdu, comme un nom parmi beaucoup d’autres, je me contenterai de citer le célèbre travail des Carmes de Salamanque 5, et ceux de Laurent Brancati de Laureaf, Domi-

1 Commentariorum ac disputationum in primam partem S. Thomae, tomus primus, Ingolstadt, 1609, Quaest. I, disp. I, c. 3; p. 6.

? Opera omnia, édit. Vivès, 1856, t. I, De divina substantia, 1. 1, ©. 1, n. 17, P. 4; De praedestinatione, 1. 1, c. 8, n. 32, p. 268. — Voir aussi K. WERNER : Franz Suarez und die Scholastik der letsten Jahrhunderte, Ratisbonne, 1861, t. 1, p. 202, 203, 231, 246, 409.

3 Disputationum de Controuersits christianae fidei… opus, t. III, Ingolstadt, 1601, p. 81.

* De scriptoribus ecclesiasticis… Cologne, 1684, p. 212.

# Collegit Salmanticensis Cursus theologicus, Venise, 1718,t. IX, tract. XXII, disp. 1, dub. x, $ 5, p. 16; dub. 3; p. 29, etc.

$ Commentaria in IV librum Sententiarum, Rome, 1665, t. IV, disp. XXV, a. 2, $ 3; p. 278.

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