‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 56 sur 228 · CONCEPTION DE LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

CONCEPTION DE LA PHILOSOPHIE

sique de Middleton a retenu l'attention de M. Duhem, dans ses remarquables études sur les théories scientifiques au moyen âge.

Assurément, Richard est avant tout un théologien. Sauf son De gradu formarum, — et encore la question qu’il y traite était devenue théologique !, — il n’a laissé aucun traité de philosophie. C’est à l’occasion des problèmes théologiques dans son Commentaire sur les Sentences, ou dans ses Quodlibeta, au hasard des joutes scolastiques où les questions philosophiques sont mêlées aux questions théologiques, que Middleton fut amené à déclarer ses positions philosophiques. Assurément encore, sa trempe d'esprit, comme sa méthode, est plus positive que métaphysique #, mais il serait exagéré de dire que Richard n’est pas philosophe.

Il est péripatéticien à la façon de saint Bonaventure et de l’ancienne école franciscaine dont il est un des derniers représentants 5. Chez lui «les tendances authentiques et profondes de la pensée de saint Bonaventure arrivent parfois à une conscience plus claire et trouvent une expression plus précise que chez le maître lui-même {.» L'école franciscaine préscotiste 5, attachée à la tradition augustinienne, adopta un certain nombre de thèses aristotéliciennes qui lui semblaient compatibles avec les positions jusque-là traditionnelles, mais sans prendre l'esprit du Stagirite: elle fut essentiellement éclectique. Dans un certain sens, il est vrai, Middleton est plus proche d’Aristote que ne l'avait été saint Bonaventure. Assurément, il ne craint pas, à l’occasion, de s’écarter d’Aristote,

pe 387-388. — HaurÉAU, Histoire de la philosophie scolastique, Paris, 1880, t. II, P. 109-114. — UEBERWEG, est plus complet, p. 435, 457, 161%, et passim. — SEEBERC, Scholastik, dans la Realencyclopädie für protestantische Theologie und Küïrche, Leipzig, 1906, t. XVII, p. 719.

1 Voir l’appendice vit, p. 474, et GILSON, Études sur la philosophie médiévale, Strasbourg, 1921, p. 120-122.

3 Voir plus haut, Livre I, chapitre Il, p. 99.

3 EHRLE, Studien der Handschriften, p. 47.

4 GiLsON, La philosophie au moyen âge, Paris, 1922, p. 158.

5 LÉONARD DE CARVALHO E CASTRO, Saint Bonaventure, Paris, 1923. — FELDER, p. 447-490. — E. GILSON, Bonaventure, p. 14, p. 89 et suiv. — Voir aussi plus haut, Livre I, chapitre II, p. 104, note.

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