‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 73 sur 228 · ASTRONOMIE · texte numérisé non relu

ASTRONOMIE

En astronomie, Richard contrairement à saint Bonaventure, s’est rallié à la théorie des épicycles, non sans reconnaître une probabilité à la théorie opposée !. Il nie absolument que les corps célestes soient animés 3. A l'astrologie, il concède l’influence des corps célestes sur les choses terrestres et même des effets spécifiquement distincts. La principale raison invoquée est l'expérience et les exigences de l’ordre de l'univers. Mais il nie absolument que les astres puissent influencer le libre arbitre; tout au plus peuvent-ils, en agissant sur le corps, disposer et incliner la volonté à agir dans tel ou tel sens ®.

Voici la description du monde d’après notre auteur. La terre est ronde et entourée, sauf un quart de sa surface, d’une sphère d’eau : la dimension de la suface émergée est plus étendue dans le sens est-ouest que dans le sens nord-sud; et cette partie est destinée à l’habitation des hommes. Dieu a ordonné les vertus des corps célestes et leur proportion de telle sorte que par leur influence la terre libre et l’eau gardent cette disposition. Ce qu’il ne faut pas comprendre d’une façon mathématique, car tantôt la mer gagne sur la terre ferme en un endroit, tantôt la terre gagne sur la mer en un autre. La terre et la mer sont entourées de toutes parts d’une sphère d’air, celle-ci d’une sphère de feu, celle-ci de la sphère lunaire, celle-ci de la sphère de Mercure, celle-ci de la sphère de Vénus, celle-ci de la sphère solaire. Au delà se rencontrent les sphères de Mars, de Jupiter, de Saturne. Chacune de ces sept sphères ne possède qu'une étoile. La sphère de Saturne est entourée de la huitième sphère qui contient la multitude des étoiles et par conséquent importe plus à la vie inférieure que les orbes planétaires. Cette huitième sphère est la première qui nous soit visible; elle est entourée de la sphère crystalline, celle-ci du ciel empyrée, au delà duquel il n’y a plus aucune créature et, par conséquent, ni plein ni vide.

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2 II Sent., d. XIV, a. 3, q. 1, et 2; p. 183-185. — Voir DUHEM, Le Système du Monde, Paris, t. III, p. 487-488.

? II Sent., d. XIV, a. 3, q. 4; p. 187.

# IL Sent., d. XIV, a. 3, q. 5; p. 188-189: cfr a. 2, q. 6; p. 182.

Ainsi la machine du monde, en y comprenant les quatre sphères des éléments, le ciel empyrée et le ciel crystallin, compte quatorze sphères et entre chaque sphère il n’y a pas

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1 II Sent., d. XIV, circa litteram, p. 192.

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