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RAYONNEMENT

cette luminosité du foyer est un accident du corps lumineux. Le mot lumen, ou lumière rayonnée, signifie l’effet produit par la source lumineuse: la luminosité du corps diaphane est produite par la lumière du foyer en se multipliant elle-même : et ainsi on doit dire que la lumière, lux, engendre la lumière, lumen, de sa propre essence. Aussi cette théorie représente mieux la génération éternelle du Verbe de la substance du Père. On appelle enfin rayon, la lumière rayonnée dans le sens perpendiculaire; et splendeur, splendor, la lumière réfléchie par un corps opaque éclairé.

La difficulté que présente cette théorie, c’est, d’après notre docteur, qu’elle ne peut donner une explication complète de la lumière rayonnée. Celle-ci, en effet, dans cette hypothèse ne pourrait se définir ni par son principe matériel, puisqu’elle n'en a pas, ni par sa forme, puisqu'elle n’est ni une forme substantielle, ni une forme accidentelle, mais seulement par son principe originel. Et si les tenants de cette opinion répliquent qu’il n’en peut être autrement, vu que la lumière rayonnée n'est pas une forme réelle mais une simple forme intentionnelle, semblable aux espèces sensibles dont tout l’être consiste à représenter l’objet et à concourir de la sorte à la vision, Richard nie catégoriquement cette assertion : « dico quod falsum est 1», Il consacre même toute la question onzième de son premier Quodlibet à réfuter cette affirmation à.

Pour ces raisons Middleton se rallie à la seconde opinion. La lumière rayonnée est une forme réelle, une modification du milieu diaphane. Assurément cette forme est moins matérielle que les autres formes corporelles, sa réalité est moindre que la réalité de la lumière rayonnante, debiliorem realitatem, forma quaedam debilioris essentiae, puisqu'elle est une similitude et une participation de la lumière du foyer; cependant elle est une vraie réalité, res realis, ut ita loquar. Et la preuve en est qu’elle produit des effets réels; c’est par la lumière que nous

1 II Sent., d. XIII, a. 2, q. 1; p. 160.

3 Quodl. 1, q. 11; p. 16.

voyons les objets que nous ne pouvons voir sans lumière !.

Dès lors, il faut affirmer, avec la seconde opinion, que cette forme accidentelle, le foyer lumineux la produit dans le corps diaphane en l’extrayant de sa puissance : « educendo de potentia

medii ». Car il faut poser en principe qu’un agent créé ne peut produire sa similitude sans le concours d’une cause matérielle : sinon son action équivaudrait à une production créatrice ex nthilo ?.

Bien que la lumière soit une modification du milieu, elle n’est pas visible dans un milieu parfaitement diaphane; cette constatation n’infirme en rien sa réalité, puisqu'elle est cause de vision : ainsi la similitude de l’objet qui informe l’œil n'est pas perçue elle-même, et cependant elle est une réalité. Pour que la lumière rayonnée devienne visible, elle doit être concentrée « aggregatum », ou bien réfléchie par un corps opaque, et ici notre docteur propose une expérience intéressante :

a Item per similitudinem refulgentiae luminis in superficie corporis opaci informantem oculum videtur ipsa refulgentia luminis in superficie corporis opaci et tamen ipsa similitudo informans oculum non videtur ; similiter lumen cum fuerit aggregatum in transparenti, sicut videmus in radiis intrantibus per fenestras, per sui similitudinem informantem oculum videtur, quamvis ipsa similitudo informans oculum non videatur, lumen autem in transparenti non aggregativo non videtur, maxime in transparenti quod est aer vel ignis in sphera sua, eo quod non est illud quod aggregatum : ergo cum in aere puro et tenui bene sequestrato, ut possibile est, a vaporibus fuerit lumen non aggregatum; dico quod tunc non videtur quamvis sit ratio videndi aliquid; sed quamvis non videatur, nihilominus res aliqua est. Sicut similitudo informans oculum vel similitudo coloris existens in medio non videatur, haec tamen res aliquae sunt.

« Quod in aere autem multum lumen non aggregatum non videatur, quamvis videatur in superficie corporis opaci, expediri potest sic. Si in nocte ponas unam candelam in tali dispositione in domo quod dirigatur lumen suum ita ut cadat super superficie alicuius corporis extra ostium, et visus tuus in tali dispositione quod non possis videre lucem in candela : si dirigas oculos tuos ad superficiem illius corporis opaci super quod cadit lumen, videbis ipsum lumen. Si autem visus

1 Quodl. I, q. 11; p. 16.

? II Sent., d. XIIT :; a. 2, q. 1; p. 160.

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