‹ Richard de Middleton, sa vie, ses œuvres, sa doctrineChapitre 80 sur 228 · PROPAGATION · texte numérisé non relu

PROPAGATION

tuus non dirigatur ad superficiem ipsius corporis sed tantummodo ad ipsum aerem qui est inter ostium et illud corpus opacum super quod cadit lumen, tunc non apprehendet ipsum lumen quamvisin rei veritate ibi sit, quia non potest attingere illud corpus opacum, nisi mediante aere intermedio !.»

La lumière est-elle colorée ? ou pour parler avec Richard, la lumière est-elle de l’essence de la couleur ? Il rejette l’opinion de ceux qui affirmaient que la lumière elle-même, lux, la lumière élémentaire, est de l’essence de la couleur. Mais entre l’opinion d’Aristote et celle d’Avicenne, il ne se prononce pas. La couleur n'est-elle que la lumière rayonnée diffuse sur la superficie d’un corps, à tout le moins la couleur est-elle une qualité qui n’existe dans le corps qu’à la présence de la lumière, comme le veut Avicenne; ou bien la couleur est-elle une qualité du corps qui imite la lumière et participe de quelques-unes de ses propriétés comme l'entend Aristote? Cette dernière manière de voir est plus commune, nous dit Richard, mais j'ignore si elle est vraie : « nescio utrum verior ©.»

Le mode de propagation de la lumière suit nécessairement des principes posés. Ce ne sera donc pas par ébranlement de l’air, comme c’est le cas pour le son #, ni par émanation, ni par mouvement local, mais par voie d’information du milieu : à la présence du corps lumineux la forme accidentelle jaillit de la puissance de la matière et modifie le milieu :

« Responsio multorum et magnorum ad istam quaestionem est quod lux producit lumen in medio. multiplicando se ipsam ita quod lux dicit quamdam formam accidentalem existentem in corpore luminoso, lumen autem dicit quamdam formam a luce per multiplicationem causatam existentem in corpore diaphano…. Lux secundum istam opinionem generat lumen de essentia sua. Aliis autem videtur, quibus magis consentio, quod lux producit lumen in medio ipsum educendo de potentia medii. Restat quod lux lumen de potentia medii educit, reducendo unam partem medii ad actum luminis alia mediante.

« Ad primum... Unde immutatio visus spiritualis est non simpliciter sed in respectu immutationis aliorum sensuum : alii enim sensus non

1 Quodl. I, q. 11: p.17, cC. 1.

3II1 Sent., d. XIII, a. 2, q. 4; p. 164.

311 Sent., d. XIII, a. 2, q. 1, ad 1%: p. 160, c. 2.

imutantur quin ipsorum spiritualem immutationem concomitetur transmutatio naturalis vel ex parte obiecti vel organi. Sonus enim.….. causatur ex percussione et multiplicatur ad auditum cum quadam aeris commotione..…… Ad tertium dicendum... in productione luminis non fit motus localis .»

Cette propagation se fait selon la ligne droite : « radius curvari non potest ?.» Est-elle instantanée ? Saint Thomas comme saint Bonaventure, mais pour des raisons différentes, l’affirment sans hésiter. Entre cette opinion et celle qui tient qu’un temps très court est requis à la diffusion de la lumière, Richard ne se prononce pas avec la même fermeté : il penche cependant pour la première : «quae mihi magis placet 8.»

1 II Sent., d. XIII, a. 2, q. 1; p. 160, c. 2. 3 II Sent., d. XIII, a. 2, q. 1, ad 2%; p. 161. 9 Il Sent., d. XIII, a. 2, q. 2; p. 161-163.

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