SITUATION INTERIEURE ET EXTERIEURE
Quand la fiancée de Ricliard débarqua en Angleterre, il y eut une chose qui fit dans le peuple une vive impression. A peine avait-elle mis le pied sur la plage qu'une tempête^ s'élevant tout à coup, dissipa la flotte et mit en pièces le vaisseau qui l'avait apportée. En ces rencontres, tout devient un signe, et les Anglais, renommés au moyen âge pour leur esprit superstitieux, nepouvaientmanquerde relevercelui-là. Les uns virent un témoignage de la faveur du Ciel dans riieureuse fortune qui avait sauvé la reine el tous les siens avant que le vaisseau pérît; d'autres, un présage funeste dans cet orage éclatant à son arrivée. Mais la vue de la noble jeune fdlc et du jeune roi, si
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henii dans ses quinze ans, beau comme sa mère, bra\'l comme son père (il en avait donné la preuve), d( vait dissiper ces nuages et faire luire l'espérance dai les cœurs. La suite pourtant devait donner raison ceux qui avaient pressenti les orages*.
Une grande agitation n'avait pas cessé de régni dans le pays.
Wicleff prêchait toujours, et même après ces r( pressions violentes dont J. Bail, qui s'avouait soi disciple, avait été victime, il prêchait sans péril : prêchait contre les traîtres. Prenait-il donc parti lui même contre les insurgés? Les traîtres, dans toute" les proclamations royales, c'étaient ceux qui avaient trempé dans la révolte. Mais Wicleff, tout en parlant comme les gens du roi, songeait à d'autres traîtres : il les voyait à Rome et dans les amis de Rome. Sa doctrine n'était pas moins dangereuse à l'État qu'à l'Église, mais sa politique était de ruiner l'Église par l'État; et quelles qu'aient pu être ses vues ultérieures sur la constitution de la société, provisoirement il s'efforçait de mettre roi, seigneurs et communes de son côté, en flattant tout à la fois en eux les sentiments de cupidité, d'indépendance et de domination à l'égard de l'Église. Il adressait ses propositions sur cette matière aux lords du parlement; et, mêlant toujours aux maximes les plus radicales des réserves qui lui assuraient auprès des politiques un