‹ Richard II (volume 2)Chapitre 35 sur 92 · Froissart, II · texte numérisé non relu

Froissart, II

vrais en même temps, Raffet, dans une de ces rapides esquisses consacrées au souvenir de nos grandes guerres, représente une compagnie de grenadiers de la République, derrière un pli de terrain, dans Teau jusqu'à mi-jambe, et le capitair>e disant : « L ennemi ne se doute pas que nous sommes-là ! Il est sept heures : nous le surprendrons demain à quatre heures du matin*. »

Celte scène, et ces paroles mêmes semblent inspirées du récit qui va suivre.

Ici le terrain ne permettait pas aux hommes de se dérober à la vue de l'ennemi. Quand Pierre Dubois, du haut de la chaussée, les aperçut dans cette plaine basse : « Par quels diables de lieux^ s'écria-t-il, sont venus ces gens, et où ont-ils passé la rivière? » Car il savait qu'il n'y avait point de pont jusqu'à Courtrai. Plusieurs les voulaient aller attaquer sans plus attendre. « Non, dit Dubois, laissons-les venir, et demeurons en notre force et en notre place : ils sont bas et nous sommes haut sur la chaussée. S'ils nous viennent assaillir, nous aurons avantage. Attendons la nuit, et alors nous prendrons conseil ^ »

Olivier Clisson n'était pas sans inquiétude sur cette petite troupe ainsi aventurée en face de l'armée flamande. Il fit travailler à reconstruire le pont, mais la nuit suspendit le travail. Cependant nos jeunes seigneurs, contents d'avoir été vus des Flamands, s'étaient

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