liot. Pari, t. III, p. 153, S
sèrent d'y rester; il ne retint que cinq personnes en tout : force lui avait donc été de capituler pour se sauver lui et ses gens. Il affirmait n'avoir rien reçu de l'ennemi, ni par don ni en nulle autre manière, et ne croyait avoir mérité aucun reproche. Son excuse ne fut point jugée suffisante, et il fut envoyé en prison pour y demeurer à la volonté du roi^
Cette sentence prouvait combien on était décidé à sévir contre tous ceux qui avaient trahi ou simplement trompé les espérances de l'Angleterre en cette campagne. Le premier de tous était leur généi-al, l'évêque de Norwich. Disculpé du chef de concussion, il avait cet autre compte à rendre : et ce n'était pas la chose la plus facile en présence des dispositions du parlement. Le chancelier lui reprochait tout à la fois les engagements qu'il avait pris sans les tenir, et les concessions qu'il avait, en quelque sorte, arrachées au respect du roi pour son caractère. L'acte d'accusation se résumait en quatre points : T II s'était engagé à servir le roi dans ses guerres de France avec deux mille cinq cents hommes d'armes et autant d'archers, pendant un an entier : et avant que six mois fussent écoulés, il était revenu et avait dissous son armée , au déshonneur et au dommage du roi et du royaume; 2° 11 n'avait pas eu le nombre de soldats auquel il s'était obligé, et n'en avait point passé la revue à Calais devant les commissaires du roi;
1. Les capitaines renvoyés devant le chancelier. Rot. Pari., t. III, p. 153, § 16. —Pierre deCressingham et Th. de Sinkesivorth. lb.,$ 17.,
3° Gomme on était d'accord au dernier parlement pour mettre à la tête de l'expédition de France le duc de Lancastre ou un autre des oncles du roi, il avait, par ses promesses, si bien gagné l'esprit du roi et des communes, qu'il en avait obtenu la charge; 4** Le roi voulait se donner pour lieutenant près de lui un des seigneurs du royaume; mais l'évêque avait tant fait, que ces pouvoirs mêmes lui avaient été abandonnés. Or c'est par défaut de lieutenant et de bons capitaines que tout le mal était arrivé'.
L'évêque, sans réclamer ni délai ni conseil, voulut répondre sur-le-champ. L'accusation s'attaquait tout d abord à l'exécution de son contrat et aux résultats de sa croisade. Il soutint qu'il avait rempli son engagement, et, autant qu'il était en lui, ses promesses. Par son contrat il s'était surtout obligé à secourir la ville de Gand : il y allait, et c'est en passant qu'il avait pris Gravelines et Dunkerque. C'est à la demande des Gantois qu'il avait été porter le siège devant Ypres : les Gantois lui avaient affirmé que la ville n'avait ni assez de gens ni assez de vivres pour tenir contre les forces de l'Angleterre jointes aux leurs, et que la prise d'Ypres déciderait du sort de la Flandre; les capitaines anglais avaient appuyé ces raisons, et c'est ainsi que le siège commença. Les maladies, Tindiscipline, et enfin le départ des Gantois réduisirent l'armée anglaise à l'impuissance et ne lui permirent