VI PRÉFACE
Gela ne veut pas dire que les monuments anglais doivent être mis à l'écart : il s'en faut de beaucoup! Le^ Registres du parlement , les iftatuts du royaume, les traités et les actes publics sont toujours le fondement indispensable du récit; et les chroniques les plus dévouées aux ennemis de Richard nous offrent^ jusque dans leurs violences, des enseignements précieux. Même quand elles mentent sur le roi, elles nous révèlent le véritable esprit de leur époque ; elles sont les organes ou les échos des passions de leur temps : on 4e peut s'en étonner. Ce qui est plus étrange^ c'est que les auteurs ujodernes, tout en reconnaissant leur partialité, ne laissent pas que d'accepter leurs jugements * ; mais cela même n'a pas le droit de nous surprendre. Les hommes qui ont leur place dans l'histoire des révolutions, trouvent difficilement un âge qui soit à leur égard celui de l'équitable postérité. Le temps passe sur eux sans éteindre les ressentiments qu'ils ont fait naître ; car les passions parmi lesquelles ils ont vécu leur survivent, et la cause
1. Témoin le sage Hallam lui-même, l'Europe au moyen fîqe, t. III, p. 224, de la traduction française, et passim.