‹ Richard II (volume 2)Chapitre 52 sur 92 · Rot. Pari. t. m, p · texte numérisé non relu

Rot. Pari. t. m, p

2. Elmhani, 2000 francs, pour le château de Buurbourg; le môme,

J. de Dry ton avait été mis hors de cause, comme n'ayant rien eu que de l'aveu du roi; les autres entreprirent de se défendre. Les 2000 fr. reçus à Bourbourg étaient le prix des vivres et la rançon des prisonniers laissés dans la place. La ville n'avait été rendue que par force : elle était la proie des flammes, et la garnison se voyait perdue, si l'on ne capitulait. Faringdon prétendit que certaines personnes lui devaient de l'argent en France, qu'on n'avait fait que lui payer sa dette, et qu'il avait laissé aux Français de bons chevaux d'une valeur égale à ce qu'il avait touché; quant aux 5000 fr. qu'on lui reprochait de n'avoir point rendus aux Français^ il répondit, comme le trésorier de l'évêque de Norwich, qu'il lui semblait que mieux eût valu jeter tout cet or à la mer. Henri Ferriers confessa sans détour avoir reçu les cinq autres mille francs, avec les 1000 fr. que les Français lui donnèrent, dit-il, « franchement pour son travail\ »

Le chancelier répondit avec vigueur à ces raisons, n'acceptant à aucun prix des prétextes dont les traîtres se pourraient si facilement couvrir; et au nom du roi, il annonça qu'il avait été résolu en parlement

Trivet et Faringdon, 3000 francs, pour Gravelines; les mêmes et les trois autres, Ferriers, Drjton, et Fitz-Rauf, 2000 francs en pmdon. EliTiham était encore accusé d'avoir fait marché de sauf-conduits, laissant ainsi nombre de gens pénétrer parmi les Anglais, au grand dommage du toi. {Rot. Pari., III, 156, § 24.)

1. Ibid.^ip. 167. Faringdon convenait bien d'avoir reçu un peu d'argent; mais c'était peu de chose, et c'était du duc de Bretagne. Le duc de Bretagne, on le voit, quoique dans l'armée de Charles VI, n'était point tenu pour un ennemi en Angleterre.

que les accusés apportassent au trésor toutes les somijies qu'ils avaient reçues de l'ennemi. Elmliam, Trivet, Ferriers et Fi tz-Rauf devaient être tenus en prison jusqu'à ce qu'ils eussent payé une amende proportionnée à leur faute ; Faringdon, qui reconnaissait avoir touché diverses sommes d'or et donné des chevaux sans permission, était mis à la merci du roi corps et biens (a).

Le gouvernement, par ce procès, avait habilement rejeté sur qui de droit la charge des derniers événements. Il s'était montré sévère à l'égard de l'évêque de Norwich. 11 s'était montré rigoureux à l'égard des capitaines. Faringdon n'avait que ce qu'il méritait, sans doute; mais les autres n'auraient-ils pas eu quelque droit de se plaindre? Les héroïques défenseurs de Bourbourg n'avaient point failli à la bravoure anglaise : ils n'auraient pu faire davantage, à moins de périr tous; et si, dans la capitulation, ils avaient obtenu de la folle libéralité de Charles VI plus que ne le comportait une situation véritablement désespérée, pouvait-on leur en faire un crime? C'eût été à la France d'en demander raison à Charles VI, si en France il y avait eu encore un contrôle du pouvoir. Toutefois de pareilles choses ne pouvaient pas non plus passer sans blâme en Angleterre, et le chancelier avait justement réprouvé ces transactions privées, et, en quelque sorte, clandestines, où pouvaient, en d'autres circonstances, se cacher de véritables trahisons. Quant aux communes, elles s'étaient d'autant

plus volontiers associées à ces mesures de sévérité, qu'elles y trouvaient une sorte de satisfaction pour l'amour-propre national. Que si l'honneur des chevaliers en devait souffrir, au fond pourtant la sentence n'impliquait pas qu'ils eussent vraiment trahi : verser au trésor de l'argent indûment reçu, ce n'était point en Angleterre la peine des traîtres.

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