PARLEMENT DE
Le parlement se réunissait dans des circonstances difficiles qui devaient s'aggraver encore, et, par suite, rendre fort épineuse l'œuvre de restauration
et de conciliation tout ensemble entreprise par 1 chancelier. L'expédition d'Ecosse, la soumission d la Flandre étaient deux choses dommageables à l'An gleterre, et cette fois ce n'était plus au parlement, mais au roi et à son conseil d'en répondre. Toutefois, la campagne d'Ecosse, bien que tant d'efforts n'eussent amené aucun résultat, n'avait point les apparences d'un échec : on avait envahi le pays, occupé la capitale; si l'on s'était retiré, c'est que l'ennemi avait fui devant l'invasion, et qu'on ne pouvait le poursuivre plus loin sans imprudence. Quant à la soumission de la Flandre^ ce n'était pas encore chose consommée lorsque s'ouvrit le parlement (20 octobre 1385).
Le chancelier n'éprouvait donc nul embarras de ce côté en se présentant devant les lords et les communes. Son discours, étranger aux lieux communs d'usage, exposa avec la netteté d'un homme formé de longue main à la pratique des affaires, l'état du pays et les mesures qu'il lui semblait appeler. Il s'agissait, disait-ii, de pourvoir au bon gouvernement du royaume, et de le défendre contre les ennemis dont il était enveloppé. Et il réduisait méthodiquement ces questions à quatre articles : deux qui regardaient l'intérieur, et les deux autres le dehors. A l'intérieur, l'étaple et la monnaie ; à l'extérieur, le mode de la guerre et les moyens d'y subvenir.
Sur le premier point, il proposait de iixer l'étaple en Angleterre : c'était répondre au vœu des com-
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inunes. H montrait quo les intérêts du commerce anglais n'étaient point ici en contradiction avec ceux du trésor; que l'étaple avait toujours enrichi les pays où on l'avait établie, témoin Bruges, Calais; et il ne craignait point de sacrifier la fortune de Calais à celle des villes anglaises : le jour où les Anglais eussent pu comprendre que Calais leur était [)lus nuisible qu'utile, la paix devenait possible. Il faisait voir en outre que le subside des laines avait rapporté 1000 marcs de plus par année, quand les marchands avaient été dispensés de porter ou d'aller prendre les laines à Calais. Pour la monnaie, Taltération presque générale qu'elle avait subie sur le continent, faisait qu'on recherchait l'argent d'Angleterre : de telle sorte que le royaume perdait de jour en jour son numéraire sans compensation possible; le fait avait déjà été signalé dans un précédent parlement. Le chancelier proposa un moyen qu'il croyait décisif: c'était, non d'altérer la monnaie anglaise à la manière des autres États, mais d'en élever la valeur. Quant à la défense du pays, son avis était de porter la guerre au dehors, au lieu de l'attendre; et sur ce point, il ne s'explique pas alors plus au long : avant de rien décider, il fallait de l'argent. C'était son quatrième article. Il detnandait au parlement un subside, disant que le roi était prêt à marcher de sa personne partout où on le jugerait le meilleur'.