‹ Richard II (volume 2)Chapitre 64 sur 92 · rai'L, t. IJl, p. 203, ;"5 1-b · texte numérisé non relu

rai'L, t. IJl, p. 203, ;"5 1-b

Le parlement ne fit aucune opposition à ces demandes. Il vota l'établissement définitif de Tétaple des laines en Angleterre, sauf à sanctionner plus tard les mesures d'exécution qu'aurait à prendre le conseil. Il prorogea le subside des laines, avec cette clause néanmoins^ qu'il cesserait à la Saint-Jean (24 juin), pour reprendre à la fête de Saint-Pierre aux Liens (l-^'août)^ et de là durer une année pleine : interruption qu'il voulait faire passer en habitude, comme le subside lui-même, de peur que la taxe librement octroyée ne devînt un droit de coutume, et ne s'inféodât au domaine comme par une sorte de prescription. Il accorda en outre un quinzième et un demi-quinzième, à lever, le quinzième à la Purification (2 février 1386) ; le demi -quinzième, à la Saint- Jean qui suivrait. Il était stipulé que les receveurs n'en payeraient rien que pour la guerre à venir; et on les désigna en parlement, ainsi que les deux lords chargés de la surveillance. A ce vote les communes avaient mis une autre condition, c'est que le clergé accordât pour sa part un dixième et un demi-dixième ; condition qui déjà avait été introduite en pareil cas aux parlements d'octobre 1 383 et d'avril 1 384. Mais cette fois, soit que le chiffre exprimé parût un empiétement sur le libre vote du clergé, soit que la condition elle-même ainsi renouvelée semblât de nature à enchaîner ses résolutions à celles des communes, Tarchevêque de Canterbury protesta : il dit que l'Église était libre; qu'elle ne pouvait être impo-

sée par les laïques, et qu'il donnerait plutôt sa tête que de laisser asservir ainsi l'Église d'Afigleterre. Cette protestation souleva des tempêtes : les idées de Wicleff n'étaient point tellement proscrites, qu'elles n'eussent, en ce qui touchait les biens de l'Église, de nombreux soutiens dans le parlement. Les communes, des lords même, demandaient qu'on enlevât au clergé son temporel; il était, disaient-ils, devenu trop orgueilleux, et ce serait acte de charité que de le ramener à des sentiments plus humbles par la reprise de ces biens. Ce ne fut pas seulement un cri de menace. Ils en firent une pétition en forme, et ils ne désespéraient pas de la faire accueillir. Walsingham entendit lui-même un chevalier qui se promettait déjà, de l'abbaye de Saint- Alban, un revenu de 1000 marcs. Mais le roi s'opposa à ces violences, disant bien haut qu'il maintiendrait l'Église d'Angleterre dans l'état où il l'avait trouvée. C'en était assez pour le clergé, qui, en revendiquant le droit de libre vote, n'avait point prétendu se soustraire à ses charges ordinaires. Les laïques ayant accordé un quinzième et demi, il vota, selon la proportion d'usage, un dixième et demi; et le roi se déclara plus satisfait de ce don, qu'il ne l'eût été d'une somme quadruple obtenue par la force (a).

Restait à déterminer à quelles guerres seraient employées ces ressources. On les destina en premier Heu à la défense de la frontière d'Ecosse et à la garde de la mer; puis au secours de Gand, qui n'avait point

encore succombé, et à l'expédition du duc de Lancastre en Espagne'.

Secourir Gand eût été sans doute de bonne politique; mais au fond on n'en pouvait plus rien espérer. La Flandre était lasse de la guerre ruineuse où l'avait entraînée cette révolte; elle en voulait sortir, bien loin de s'y replonger plus avant, et d'appeler de nouvelles armées dans ses campagnes; ce qui fût infailliblement arrivé, si, à l'exemple de Gand, elle s'était! donnée au roi d'Angleterre. D'ailleurs^ il était trop* tard ; le parti de la paix avait triomphé à Gand même ; il ne demandait que des conditions honorables, et le duc de Bourgogne était prêt à accorder toute anmistie, à reconnaître toute liberté. L'accord, on l'a vu, se fit en ce temps même. Quant à l'expédition d'Espagne, la résolution du roi et du parlement sur ce point avait assurément de quoi surprendre. Pour avoir, selon la maxime du chancelier, la guerre au dehors plutôt que chez soi, les Anglais, au milieu de tant de périls, n'avaient-ils rien de mieux à faire que d'aller envahir un pays qui, abandonné à lui-même, eût été heureux de renoncer de son côté à toute attaque contre l'Angleterre? Mais ceci tenait aux embarras de la situation et aux raisons impérieuses que l'on avait de donner satisfaction au duc de Lancastre. Aussi, bien que le chancelier n'en eût rien dit dans son discours d'ouverture, on peut croire que le

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