Froissart, III
2. La ville de bois : « Quand on se délogeroit de une place et on
[1386] l'invasion FRANÇAISE. 283
Partout, et principalement à TÉcluse, on déployait une activité prodigieuse. « Qui eût été en ce tempslà à Bruges^ au Dam et à l'Écluse, dit Froissart tout émerveillé, et eût vu comment on était soigneux d'emplir nefs et vaisseaux, de mettre foin par torches en tonneaux, de mettre biscuits en sacs, de mettre oignons, aulx, pois, fèves et oliètes, orges, avoines, seigles, blés, chandelles^ »> et toutes choses dont on peut songer à se pourvoir : « sachez que l'oubliance du voir et la plaisance du considérer y étoit si grande, que qui eût eu les fièvres ou le mal de dents, il eût perdu la maladie pour aller de l'un à l'autre. Et comptoient ces compagnons de France, qui les oyoit parler l'un à l'autre, Angleterre pour perdue et exillée (détruite) sans recouvrer, tous les hommes morts, et femmes et enfants dessous âge amenés en France et tenus en servitude ^ »
L'émotion fut vive en Angleterre à la nouvelle de ces préparatifs. Les Français, pour cette fois, de-
en iroit en autre, celle ville étoit tellement ouvrée et ordonnée et charpentée, que on la pouvoit défaire par charnières, ainsi que une couronne, et rasseoir membre à membre > (Froissart, III, 35); — Clisson : a Cui par non erat in Angliae sive in Franciae regnis. » (Wals., p. 315.)
1. Froissart, JII, 36. Il continue : « Chandelles de cire, housseaulx, souliers, chausses-à-housser, bottines, éperons, couteaux, haches, coignées, pics, haveaulx, claies de bois, boîtes à mettre oijj^nement, étouppes, bandeaux, ccntrepointes pour dormir sus, fers et clous pour ferrer les chevaux, bouteilles à verjus et h vinaif,Te, hannaps, godets, écuclles de bois et d'étain, chandelliers, haoins, pots, grils, ostils de cuisine, ostils de boutcillerie, oslils pour autres offices. »