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en tant qu'ils y étaient impliqués. En conséquence,' à la requête des cinq lords appelants, ils furent jugés dûment atteints et convaincus du crime de haute trahison, et condamnés, le duc d'Irlande, Suffolk et Trési-j lian à être traînés sur la claie et pendus, avec confiscation de tous leurs biens. Quant à l'archevêque d'York, la peine de mort ne le pouvait atteindre, en raisoi de son caractère : on le frappa de la confiscation d( tous ses biens, et il fut décidé que son temporel serait saisi et sa personne mise à la disposition di roi, afin qu'il agît à son égard pour l'honneur d( Dieu et de l'Église et le maintien des lois du royaume. Le roi écrivit donc à Rome., et à sa prière le pap( transféra l'archevêque du siège d'York au siège di Saint- André, en Ecosse : siège qui n'était pas plusdi l'obédience du pape que de la domination du roi; cai l'Ecosse, ainsi que la France, reconnaissait Clément VU et non Urbain VI. C'était, au su de tout 1( monde, une manière de le destituer. L'archevêque, après bien des traverses, gagna la Flandre où, ei échange du siège qu'on lui ôtait et de celui qu'on n( lui donnait pas, il fut heureux de trouver une petiu cure à desservir (a).
Une première satisfaction était donnée aux lordi appelants. Avant d'aller plus loin, et par un sentimeni peut-être des représailles que les révolutions peuvent amener dans les jugements politiques, ils voulurent protester hautement de la loyauté de leurs actes et en obtenir pleine approbation du roi, en présence e1
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SOUS la garantie du parlement. Le duc de Glocester, en sou nom et au nom de tous les autres, affirma donc que la prise d'armes du 13 novembre dernier (à Haringhay-Park) avait été pour l'honneur de Dieu, riionneur et le profit du roi et de tout le royaume, pour confondre k malice des traîtres appelés (accusés), sauver le roi et se sauver eux-mêmes : et le roi, sur leur requête, déclara, de Tassentiment de tous, qu'il acceptait leurs explications et les approuvait*.
Ils demandèrent alors qu'on amenât devant le parlement celui des cinq appelés que l'on avait à la Tour, Nicolas Brambré, ancien maire de Londres.
Ce n était point le principal des accusés, mais il n'était pas de ceux que Ton redoutait le moins. On se rappelle de combien de pétitions les corps de métiers de Londres le poursuivaient déjà au parlement de 1386; et il avait, dans les dernières affaires, montré une énergie et une vigueur qui devaient surexciter tous les ressentiments. Aussi l'accusation s'était-elle tout spécialement attaquée à sa personne. Outre les charges qui pesaient sur lui comme sur }es autres, on l'accusait en particulier d'avoir tiré de la prison de Newgate et emmené dans le comté de jKent vingt-deux prisonniers qu'il avait fait décapiter (art. 12); d'avoir été de ceux qui devaient saisir non-seulement Glocester et les appelants, mais aussi Lancastre dès son retour (art. 26); d'avoir contraint
l. Rut. Pari., t. 111, p. 237 et p. 24^, g H.
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par serment ceux qui venaient à Londres à soutenii la cause du roi contre les appelants (art. 33). A ces griefs la rumeur publique en ajoutait bien d'autres : on disait qu'étantmaire de Londres il avait voulu fain donner à la ville le nom de « Troie nouvelle, » poui se faire créer duc de Troie; qu'il avait dressé l( rôle de tous les opposants afin de les mettre à mort, fait fabriquer à ce dessein un billot et une hache; ef que huit mille des principaux de Londres devaienj livrer leur tête à cette hache, sur ce billot (a).
Il fut amené au parlement le lundi 17. On lui luj les articles, et on le requit d'y répondre. Il demandî un conseil et quelque temps pour préparer sa déi fense; mais il demandait, dit l'historien de 1641, uni chose qui n'était conforme ni à l'usage ni à la loi] une chose que la rigueur du droit devait repousse! dans un cas de cette nature. Sommé de répondre, rheure même, sur chaque article : « Je suis innocent] dit-il, et quiconque m'a flétri de cette accusatioi infamante, je suis prêt, pour maintenir mon innocence, à le combattre en champ clos, partout où U roi le déterminera. » « Et, dit le même auteur, i| parlait avec une telle furie que ses yeux étincelaient de rage, et il soufflait comme s'il eût renfermé l'Etni dans son sein : aimant mieux mourir glorieusemen) les armes à la main, qu'ignominieusement sur ui gibet. Les appelants acceptèrent le défi et Jetèrenl leur gage de bataille devant le roi, et de même touj les lords. Les gants tombaient comme la neige ei
hiver. « Nous aussi, criaient-ils, nous acceptons le combat et nous voulons prouver cette damnable trahison. M Ils oubliaient qu'ils étaient juges ! Cette scène, dont le pamphlétaire Fannant n'a pas nommé l'auteur, n'a point de place au procès-verbal. Ils y répondent au contraire qu'il ne s'agit point de bataille, qu'ils examineront les articles et prendront les moyens d'information les plus sûrs pour rendre un jugement à l'honneur de Dieu et à l'avantage du roi et du royaume*.
On ajourna; et le surlendemain, pour fortifier Taccusalion et affaiblir l'impression qu'avait laissée cette énergique défense, on produisit divers témoins de la cité : ils se plaignaient de ce qu'ils avaient souffert de Brambré pendant qa'il était maire, et des extorsions dont il les accablait. Mais un incident suspendit hî jugement : Trésilian venait d'être trouvé. Il s'était caché dans la maison d'un apothicaire tout proche de Westminster, d'où il pouvait voir les lords et savoir plus tut ce qui se passait au parlement. Pour qu'on ne le reconnût pas, il avait pris des vêtements en lambeaux, une barbe longue et touffue à la mode de Paris. Mais sa curiosité le perdit et ses précautions furent inutiles. Comme il se glissait dans une gouttière pour regarder, on l'aperçut, on le devina; on envahit la maison, et l'on finit par le trouver caché sous une table. On l'en tira par les pieds, et, sans lui