‹ Richard II (volume 2)Chapitre 80 sur 92 · Rot. Pari. t. III, p · texte numérisé non relu

Rot. Pari. t. III, p

les juges avaient donné réponse, questions en vertu desquelles les lords appelants devaient être accusés de trahison; le second, d'avoir accepté le rôle de sousshériff de Middlesex (Londres) afin de les arrêter. Ils répondirent qu'ils n'avaient rien fait que par le commandement du roi, à qui ils devaient obéissance. Mais on leur répondit qu'ils étaient d'autant plus coupables : car ils devaient savoir que le roi n'avait pas le libre usage de son pouvoir, et que son commandement était celui des personnes récemment appelées et condamnées. Les lords remirent la sentence au lendemain . Les accusés n'y gagnèren t que le sursis : il furent condamnés comme traîtres et ennemis du roi el du royaume; et le jour même traînés àTyburn, pen dus et décapités. Par une décision spéciale des juges, la tête de Uske fut exposée sur la porte de Newgate, à l'opprobre de sa famille qui demeurait aux environs ^ i Une autre sentence avait été ajournée auparavant^ et n'avait pas été rendue encore : celle des juges consultés à Nottingham. Le 6 mars on les îit venir dans la salle Blanche, où siégeaient les lords, et ils furent condamnés aussi à être traînés sur la claie, pendus et dépossédés de tous leurs bfens, conformément à la requête des communes. Mais le clergé, qui s'abste-

1. /. Blake et Th. Uske. Rot. Pari., t. III, p. 240.. Fannant, après avoir raconté leur condamnation, ajoute : <t Mais Uske obtint cette faveur, que sa tête fût coupée et dressée en l'air à Newgate, pour servir de pâture aux oiseaux du ciel. » (P. 30.)

nait pour obéir aux canons et ne point condamner, intervint cette fois pour demander grâce. L'archevêque de Canterbury, les prélats hauts dignitaires (chancelier, trésorier), et tous les évêques des deux provinces (Canterbury et York) entrèrent donc dans la salle d'oii ils s'étaient volontairement exclus, et prièrent les lords temporels de surseoir à l'exécution des condamnés, jusqu'à ce qu'on leur eût obtenu du roi grâce de la vie. Déjà la reine avait profité du sursis apporté au jugement, pour faire qu'après avoir frappé, les lords fussent moins éloignés de mitiger leur sentence. Les lords appelants, radoucis d'ailleurs par des déclarations qui, en ôtant à la consultation de Nottingham toute valeur, chargeaient d'autant les cinq appelés, s'unirent à ces prières, se donnant à bon marché les dehors de la miséricorde. Le roi, comme on le pense bien, ne devait pas être difficile à persuader. L'arrêt de mort fut révoqué ; mais on maintint la peine pour le reste, et on y ajouta la prison ^

Les poursuites atteignirent le même jour un personnage en qui le clergé devait se sentir frappé luimême : Tévêque de Ghichester, confesseur du roi. On l'accusait d'avoir été présent à la consultation de Nottingham, d'avoir usé de menaces envers les juges,

1. Condamnation de Belknap, etc.; Intervention du clergé. Rut. Parl.^ t. III, p. 241 ; — Intervention delà reine. Knighton, p. 2726; — Les lords appelants. Fannant, p. 31. L'auteur de Vllistoire parlementaire avance à tort que les juges avaient été condamnés le l" février.

et, ce qui était plus certain, d'avoir connu le complol et de ne l'avoir pas révélé. Il nia les menaces derrière lesquelles s'étaient abritées les personnes consultées^ et ne craignit point d'affirmer qu'on ne leur avait rien demandé autre chose que de répondre selon la loi. Quant au secret, il le devait tenir. Il déclina seulement la part qu'on lui voulait donner dans les résolutions du roi. Il dit que ce n'était pas lui qui avait autorité dans ses conseils, et que s'il avait agi, c'était pour empêcher qu'il en arrivât aucun mal. Les communes répondirent que s'il n'en était point arrivé mal^ ce n'était pas sa faute; et qu'en reconnaissant qu'il avait su le complot il s'avouait coupable. Elles demandèrent qu'il fût condamné. Les lord^ ajournèrent leur décision ^

On avait frappé tous les coupables de Nottinghamj les conseillers, les juges, les exécuteurs en soui ordre. On descendit d'un degré pour arriver à ceux" qui, la consultation publiée, devaient, en raison de leur attachement à la personne du prince, être des premiers à la faire exécuter. Le 12 mars, Simon Burley, capitaine de Douvres, J. Beauchamp, sénéchal de l'hôtel, J. Salisbury et J. Berners, tous quatre chevaliers, furent traduits devant le parlement. Les griefs que l'on avait contre eux, déjà signalés dans le grand acte des cinq lords appelants, étaient repris, exposés et amplifiés dans un acte particulier en seize

1. Le confesseur. Rot. Pari., t. III, p. 241. L'auteur de l'Histoire parlementaire a mal traduit sa réponse.

articles. « Ils avaient, disait raccusatioii, tellement abusé de rinriocence du roi, qu'attirant à eux toutes ses affections ils lui avaient fait prendre en haine ses liquides naturels, l'assujettissant à eux non-seulement par leur ascendant, mais par un serment d'obéissance^ et le réduisant en servage au détriment de ses droits et de son honneur (art. 1"). Ils n'avaient usé de ce pouvoir usurpé que pour violer les lois , suspendre le cours de la justice (art. 15), entretenir la division entre le roi et les bons seigneurs et la bonne communauté du royaume (art. 13). C'étaient eux qui, par leur crédit, avaient maintenu si longtemps le comte de Suffolk en son office : de telle sorte que le royaume a failli être perdu (art. 9). Ils ont pris part à tous les complots (art. 2) : d'abord au dernier parlement, quand le maire et les bonnes gens de Londres se furent refusés à mettre à mort les seigneurs et les communes (on a vu ailleurs cette absurde calomnie), ils ont fait que le roi s'est éloigné de l'assemblée, jurant de n'y revenir pour nulle chose au monde, tant qu'elle n'aurait pas pris l'engagement de ne rien tenter contre les accusés (art. 3). Après la chute de Suffolk et l'établissement de la commission de gouvernement, ils ont formé le projet de détruire tous ceux qui y avaient travaillé. Voulant entraver l'exécution du statut, ils ont emmené le roi dans le nord, levé des archers et des gens d'armes, pour faire périr les membres du conseil et leurs adhérents. Enfin, ils ont connu toutes les machinations

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