‹ Richard II (volume 2)Chapitre 82 sur 92 · Rot. Pari, t. m, p. 2iil · texte numérisé non relu

Rot. Pari, t. m, p. 2iil

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position du roi pour la même fin. Le roi étant à son manoir de Shene , il lui présenta le maire de Douvres, et lui dit que ce maire lui amènerait, s*il en avait besoin, une troupe de mille hommes des gens des Cinq Ports (art. 11). Gouverneur de Douvres et gardien des Cinq Ports, il ne pouvait pas manquer d'avoir son rôle dans cette fameuse conspiration de Richard offrant au roi de France Calais et toute la marche de Picardie, pour qu'il l'aidât à détruire ses adversaires du conseil et du parlement. L'acte officiel accusait Burley d'avoir voulu livrer Calais aux Français; etlebruit public allait bien plus loin. On disait qu'il lui avait vendu Douvres : l'acte de vente avait été signé par le roi ! Les mesures mêmes qu'il avait prises pour sauver de l'invasion française les premières choses qui en eussent été la proie, si elle s'était accomplie, étaient rattachées à cette grande trahison. Il avait conseillé aux moines de Canterbury de transporter à Douvres la châsse de saint Thomas : on cria qu'il la voulait prendre pour lui-même. Il avait enjoint à l'abbé de ce riche monastère de rentrer dans Sandwich avec tout ce qu'il avait dans l'île de Thanet, selon l'ordre du roi prescrivant de renfermer dans cette place tout ce qui ne pourrait être défendu dans les campagnes environnantes : on dit que c'était lui qui avait suggéré au roi cet ordre, afin de livrer Thanet au roi de France. L'abbé n'avait point obéi; et il triompha tout à son aise, les Français n'étant pas venus (a).

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C'est contre ces accusations appuyées desrumeui populaires, que Burley et ses compagnons avaient à se défendre. Ils nièrent tout, offrant de prouver leur innocence à la manière des chevaliers : cette manière de défense aurait bien pu tromper l'espoir des communes. Mais, d'autre part, la preuve manquait à, l'accusation sur les points capitaux. Nul ne songeait à rechercher le contrat par lequel Burley eût vendu Douvres; et Ton n'avait à lui opposer ni à lui ni à ses compagnons, comme on avait fait aux autres, l'acte de Nottingham. Ils n'avaient été ni consultants ni consultés dans cette affaire : leur rôle ne devait commencer qu'à un moment qui n'était pas venu^, et dans des circonstances qui ne s'étaient point réali^ sées. — Les lords étaient fort partagés ; les apj lants eux-mêmes se divisaient en ce qui concernj le plus important des quatre accusés, Simon Burley.' Glocester, Arundel et Warwick, les trois premiers appelants, demandaient sa condamnation avec les communes. Les comtes de Nottingham et de Derby, et avec eux la reine (c'était Burley qui avait été le négociateur de son mariage), et Ton peut dire la msHj jeure partie des membres voulaient plus ou moins ouvertement le sauver. L'affaire traîna. Pâques était proche. On remit le jugement jusqu'à la reprise des séances, dont la fête allait forcément interrompre le

1. Wals., p. 334; M. Evesh., p. 102; Rot. Pari , t. III, p. 243.

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Les derniers jours de la session avaient été pris par des affaires qui n'intéressaient pas moins que le procès, les communes et les lords appelants euxmêmes. Le gouvernement (Gloceater maintenant y avait part plus que personne) avait besoin d'argent pour équiper une flotte et mettre le royaume en défense; et la coutume était que le subside ne fût voté qu'à la fin du parlement. Or, le parlement était loin de finir : occupé du procès, il avait à peine eu le temps de traiter d'autre chose. Il accorda néanmoins un demi-dixième et un demi-quinzième à lever à la ([uinzaine de Pâques (le terme si proche montre comme la nécessité était urgente), en y mettant cette condition, qu'on l'employât à Texpédition maritime dont on parlait. Il stipulait que ce vote, rendu avant la fin du parlement, ne tirerait pas à conséquence pour lavenir; que le parlement ne laisserait pas de durer tant que le demanderaient les affaires (1 0 mars); et le vendredi qui précédait la semaine sainte f20 mars), avant de s'ajourner, il acheva son œuvre (Ml prorogeant, sous les mêmes réserves, jusqu'à la Pentecôte, la taxe du vin et des marchandises, et le subside des laines, dans les mêmes conditions qu'au dernier parlement*.

Les communes s'étaient fait donner une garantie en votant ces subsides. Les lords appelants en exigèrent une autre. Ce vendredi, avant que le parle-

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