‹ Richard II (volume 2)Chapitre 84 sur 92 · Rot. Pari, t. III, p. 2^3; Wals.,p · texte numérisé non relu

Rot. Pari, t. III, p. 2^3; Wals.,p

[1388] l'admirable PARLEMENT. 369

Chichester^ confesseur du roi. Il fut condamné; mais, tout en perdant et son temporel et tous ses biens, il eut la Yie sauve en raison de sa dignité ecclésiastique (a).

Les délais, sinon la conclusion du procès de Burley, prouvaient que l'on commençait à se lasser d'une telle effusion de sang. Quelques autres personnes, comprises encore dans les poursuites, eurent ordre de donner caution et d'aller habiter certaines places où on les immatricula. Les juges eux-mêmes furent tirés de prison^ et relégués avec l'évêque de Chichester en diverses villes d'Irlande, à la condition de ne s'en pas éloigner de plus de deux ou trois milles^ sous peine de mort, et de ne plus s'occuper de lois ; « Exemple, dit Fannant, pour les hommes qui ne craignent pas Dieu, et qui^ ayant des lois, les violent. » Leurs biens étant confisqués, on souffrit que le roi leur allouât bénévolement une modique pension pour vivre (b).

Le parlement durait depuis quatre mois, chose inouïe jusqu'alors et qui aurait pu, en ce temps-là déjà, lui faire donner le nom de Long Parlement. On l'appela V Admirable, car ce sont les amis de Glocester qui le nommèrent et qui en firent l'histoire. Le 2 juin, près de se séparer, il vota pour l'année le droit sur les marchandises et sur le vin, et le subside des laines qu'il n'avait, par son vote précédent, accordé que pour un terme fort court et déjà expiré. C'était le subside consacré à la défense du royaume;

mais il était bien juste qu'il couvrît les frais c campagne faite à l'intérieur! Aussi les lords et les communes y mettaient-ils, pour condition, qu'on y prélèverait 20000 livres, pour indemniser les cinq lords appelants de ce qu'ils avaient dépensé à l'honneur et au profit du roi et du royaume (a). «

Ce vote rendu et ce compte réglé, le parleme™ pouvait se dissoudre ; mais auparavant les communes avaient pris soin, par le long rôle de leurs pétitions, acceptées du roi en tous les points essentiels, de donner des garanties à leur ouvrage et de régler tout le gouvernement pour l'avenir.

D'abord elles demandaient qu'un nouveau parlement fût réuni à la quinzaine de la Saint-Michel, (( pour amendement du royaume en confort de sa commune ; » et le roi promit d'aviser. Pour aviser, le roi avait près de lui le conseil permanent et les grands officiers nommés par le parlement. Les communes se préoccupèrent surtout d'éloigner de lui toute autre influence. Elles demandèrent que nul, s'il n'était du* conseil, n'eût le droit de conseiller le roi, ou de s'occuper des affaires du royaume; et que le conseil eût pouvoir de révoquer et de remplacer dans l'hôtel toute personne jugée insuffisante : ce que le roi dut accepter encore, faisant seulement cette réserve^ que l'insuffisance fût prouvée. Quant au conseil lui-même, afin de le lier plus étroitement à lei œuvre, les communes demandèrent qu'il s'obligeâj par un serment spécial, à maintenir tous les jug(

ments, statuts et ordonnances rendus dans le présent parlement ^

La réforme de Thôtel devait avoir surtout pour objet de ménager les ressources de la couronne, au grand soulagement des communes. Les condamnations prononcées, par les confiscations qu'elles entraînaient, avaient singulièrement enrichi le domaine. Les communes demandaient qu'on ne l'appauvrît plus ; que tous ces biens et ceux qui pourraient lui échoir encore, y fussent retenus tant que la guerre : durerait et qu'il y aurait des dettes à satisfaire. Elles demandaient plus encore : dans la crainte non avouée qu'ils n'en sortissent comme ils y étaient venus, elles ! voulaient qu'on les dénaturât; qu'on les échangeât ) contre d'autres terres, ou bien qu'on les vendît par ! parcelles et que ces ventes fussent inattaquables. 1 Elles demandaient en outre qu'on annulât toutes ': les pensions accordées à titre révocable sous ce règne ]> 'ou le précédent, quand les personnes avaient reçu d'autres faveurs du roi; qu'on fît sortir du royaume ces Bohémiens introduits parla reine à la cour, nouveaux venus, dont le crédit avait offusqué lords, ■ prélats et communes : ils devaient, avant la Saint- Jean (dans le délai d'un mois), avoir quitté l'Angleterre, sous peine d'être placés hors de la protection du roi. La reine elle-même n'était maintenue dans l'hôtel du roi qu'à la charge d'y payer sa dé-

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