‹ Richard IIChapitre 15 sur 80 · Froissart, IV, k · texte numérisé non relu

Froissart, IV, k

ainsi comme au devant ils l'avoient fait; et qu'il leur convenoit laisser et eux mettre à Tusage d'Angleterre, car de ce faire j'en étois chargé, et me l'avoit le roi et son conseil baillé par ordonnance*. »

Une autre chose qui scandalisait le chevalier et à quoi il chercha aussi remède, c'est qu'ils ne portaient nulles brayes (culottes). 11 leur en fît faire, ainsi que houppelandes et vêtements de toutes sortes, qu'il leur distribua à eux et à leurs gens; mais le difficile était de les en revêtir, eux qui se trouvaient suffisamment parés d'un grossier manteau, « et chevauchoient sur bâts dont on fait sommiers, sans nuls étriers. — A grand dur (peine), ajoutait Crystède, je les fis chevaucher sur selles à notre usage ^ »

Ils étaient donc loin de pouvoir faire des chevaliers accomplis; mais quand on leur parla de le devenir, ils répondirent qu'ils l'étaient déjà ; que tout roi d'Irlande fait son fils chevalier dès l'âge de sept ans; qu'à cet âge l'enfant est armé de lances faites pour sa taille, et qu'il doit s'essayer à les rompre contre un écu attaché à un pieu dans la prairie : « Et comme plus il brisera de lances, tant sera-t-il plus honoré. » Mais on leur fit comprendre que la chevalerie s'entendait en Angleterre d'autre façon ; qu'elle se conférait dans l'Église (le chevalier-précepteur s'était enquis de leur foi, et les avait trouvés sur la Trinité et sur le pape aussi forts que lui-même); et le

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