‹ Richard IIChapitre 20 sur 80 · Froissart, IV · texte numérisé non relu

Froissart, IV

n'étoit bonne paix entre lui et le roi d'Angleterre, leurs royaumes, leurs conjoints et leurs adhérents à la guerre. A quoi sera-ce bon que le roi d'Angleterre ait à femme la fille du roi de France, si eux et leurs royaumes, les trêves passées, qui n'ont à durer que deux ans, se guerroient, et sont eux et leurs gens en haine? Ce sont choses qui sont moult à considérer. » Le duc d'Orléans et le duc de Berri, médiocres politiques, étaient de ce sentiment. Mais le roi et le duc de Bourgogne croyaient à bon droit que l'alliance mènerait plus sûrement à la paix : et ils résolurent de tout faire pour aller au-devant des vœux de Richard, en écartant les obstacles qui pourraient se rencontrer dans son pays \

On se rappelle ce personnage qui a déjà paru aux conférences de Leulinghem, et remplit l'office de messager entre les deux rois, se disant envoyé de Dieu pour réconcilier l'Angleterre et la France : Robert l'Ermite. On le renvoya à Richard, en lui donnant mission de voir aussi le duc de Glocester dont on connaissait trop bien les sentiments : mais Glocester ne croyait pas à des visions qui le contrecarraient, a II étoit dur et haut contre la paix. » Il avait déjà conversé avec l'Ermite; il le reçut encore poliment, déclinant toute influence dans la question , et disant qu'il avait deux frères aînés à qui il appartenait mieux de parler en cette affaire. Il ne dissimulait

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