Floissart, IV
point d'ailleurs ce qu'il pensait de la France. En fait de paix, il n'en agréait d'autre que la paix imposée aux Français durant la captivité du roi Jean, paix violée par eux, et à laquelle il croyait que Richard devait revenir, s'il ne voulait déshériter la couronne d'Angleterre. Il se montra peu touché de l'argumentation de Robert l'Ermite en faveur de Charles VI, et ne l'était peut-être pas au fond davantage des perspectives de la croisade que Robert faisait briller à ses yeux. En somme , l'Ermite n'en obtint qu'un bon accueil; et reçu de nouveau par Richard, il ne lui dit rien que le prince ne sût déjà des dispositions de son oncle sur ce grave sujet *.
Richard n'en poursuivit pas moins son but, et, presque toutes les semaines, un échange de messages entretenait les sentiments de bonne amitié des deux rois. On anticipa sur le terme prévu. Dès les premiers jours de 1396, les choses étaient assez avancées pour que Richard déclarât ses intentions relativement au mariage. Trois des ambassadeurs qui étaient venus une première fois en France, le comte de Rutland, le comte maréchal et William le Scrop, y furent renvoyés, et au bout de trois semaines toutes les conditions furent arrêtées.
On ne faisait point encore la paix, et l'on a vu ce qui y faisait obstacle. Mais la trêve qui devait finir en 1398, fut prorogée de vingt-huit ans : on remettait