Rot. Pari., t. III, p. 339, g 13, \k et
rang, et sur ce à faire ce qu'il jugerait bon. Elles se soumettaient à sa volonté, demandant grâce et protestant qu'elles étaient prêtes elles-mêmes à faire tout ce qui serait pour l'honneur et la sûreté de sa personne royale*.
Le roi agréa leurs excuses, et pour les rassurer sur les dépenses dont on les avait effrayées, il dit qu'il ne leur demanderait ni dixième ni quinzième, et qu'il comptait bien ne mettre jamais à leur charge rien qui concernât sa personne. Mais il voulut avoir satisfaction de l'injure qu'il prétendait avoir reçue, et il trouva sur ce point dans le parlement la plus déplorable complaisance. Dès le lundi 5 février, le parlement fit une loi qui déclarait crime de trahison toute démarche ayant pour objet d'exciter les communes ou toute autre personne à réformer rien de ce qui touche la personne du roi, son gouvernement ou sa prérogative; et le surlendemain, on appliquait cette étrange loi à celui pour qui elle était faite. Th. Haxey était condamné à la peine des traîtres ! Il est vrai que personne ne songeait à le faire mourir. La sentence rendue, l'archevêque de Ganterbury et tous les prélats intervinrent en sa faveur, et le roi hii fit grâce de la vie. Il l'abandonna même, sur la prière des prélats, à la garde de l'Église, tout en disant qu'il le faisait librement, et non par obligation,
1. Rot. Pari, t. III. p. 339, g 16. Le fexte du bill de Th. Haxey est reproduit dans la charte de pardon, ibid., p. 407, appendice, n« 39.
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et trois mois après, il le rétablissait dans la possession de tous ses biens et dans la jouissance de tous ses droits. Mais le fait n'en était pas moins grave, et l'innocuité du dénoûment n'en amoindrissait pas la signification ni la portée. Le jeune roi, déshabitué de l'opposition par huit années d'un gouvernement heureux et accepté, en était venu à prendre pour un outrage et à poursuivre comme un attentat à sa personne, un acte qui était au fond l'exercice mal appliqué, si l'on veut, mais pourtant légitime, du droit essentiel des communes ; et les communes qui peut-être avaient obéi à une pensée de malveillance, mais qui enfin n'avaient point excédé leur rôle, n'avaient songé qu'à faire oublier leur hardiesse par les complaisances les plus serviles, prêtant les mains à la violation des principes les plus sacrés du droit général et de la constitution du pays \
Après un si complet accord sur un tel point, il ne pouvait plus y avoir qu'une entente parfaite sur tout le reste. Le roi renonçait au supplément d'impôt, devenu presque ordinaire, du dixième et du quinzième. On lui vota les autres subsides, la taxe sur le vin et les marchandises pour trois ans, et le droit des laines, au taux antérieur, pour cinq ans. On lui
1. Réponse du roi. Rot. Par/., t. III, p. 339, g 17. — Loi faite pour condamner Uaxey (5 février). Get acte monstrueux nous est constaté par la charte môme de pardon. Rot. Parl.^ t. lil, p. 408, append., no 39, — Condamnation de Uaxey; intercession des évêques, et grâce delà vie (7 février), ibid., p. S'il, K 23; grâce entière (27 mai 1397), ibid.y p. 408.
renouvela rautorisation de modifier ou de suspendre, jusqu'au parlement prochain, sauf le contrôle du parlement, le statut des proviseurs; et de son côté, il confirma les ordonnances contre divers abus : les chevauchées armées, l'extension des livrées (un des articles de la fameuse pétition), la présence des seigneurs parmi les juges dans les assises, les réquisitions de chevaux sous le faux prétexte du service du roi. À cela se joignirent les grâces particulières que l'on avu es : au duc de Lancastre pour ses enfants naturels, et à J. de Beaufort, l'aîné de ces enfants, créé comte de Sommerset; au comte maréchal, l'ancien lord appelant, et à ses victimes les juges exilés enjrlande. Tous les nuages semblaient dissipés; et quand les communes avaient donné au roi un si fort gage de leur soumission, il semblait qu'il pût se rassurer; mais, c'est alors qu'il aurait dû craindre. La servilité du parlement, loin d'être une garantie, lui était au contraire un péril. Elle lui ôtait le frein qui seul eût pu l'empêcher de courir à sa perte (a).