INTRIGUES ET COMPLOT DE GLOCESTER
La crise était grave en effet. L'ambition de Glocester n'avait pas été abattue par son échec, et les faveurs mêmes du roi n'avaient fait qu'irriter davan-
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tage sa blessure. Depuis qu'il était rentré au conseil, il ne cessait de témoigner de son humeur altière. Il semblait faire fi d'un honneur qui le réléguait au second rang! « Quand le roi le mandoit, dit Froissart, s'il lui venoit bien à plaisance, il y alloit; mais le plus du temps, il demeuroit. Et quand il venoit devers le roi, c'étoit le dernier venu et le premier départant; sitôt qu'il avoit dit son entente, il ne vouloit pas qu'elle fût brisée mais acceptée; puis, prenoità la fois congé et montoit à cheval, et se départoit. » Richard, qu'on nous dépeint si violent, n'opposait que la douceur à ces brusqueries, faisant tout pour éviter un éclat : « car, en ses paroles, il n'épargnoit point le roi qui s'humilioit toujours envers lui. Et ne savoit ce duc demander chose au roi qu'il ne lui octroyât. » Mais il y avait une chose qu'il ne lui pouvait octroyer, et c'était la seule que Glocester eût à cœur : le pouvoir, la direction suprême; et tout ce qu'il lui donnait de faire en sous-ordre, les missions même les plus importantes, en contrariant souvent ses tendances politiques, n'avaient fait qu'aigrir ses ressentiments*.
Tels étaient, par exemple, les rapports nouveaux que Richard voulait établir entre la France et l'Angleterre, dans Tespoir de fonder sur la bonne amitié et le concert des deux nations le salut de la chrétienté et la paix du monde. Nous avons vu de quelle sorte Glocester s'était comporté dans le cours