‹ Richard IIChapitre 31 sur 80 · LE PARLEMENT DE LA XXI« ANNÉE · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT DE LA XXI« ANNÉE

La disparition de Glocester, l'arrestation si brusque de Warwick et d'Arundel avaient jeté la consternation dans leurs familles et dans le pays. Mais la duchesse de Glocester comptait que Lancastre et York n'abandonneraient pas leur frère, et les habitants de

1. Wals , p. 354. L'acte d'appel est donné en tête des procèsverbaux du procès. Rot. Pari., t. III, p. 374, $ 2.

Londres eux-mêmes s'étaient rassurés en voyant l'affaire renvoyée au parlement Ils ne savaient où ils fondaient leurs espérancesM

Le parlement s'étant réuni à Westminster au jour marqué (17 septembre 1397), le chancelier, évêque d'Exeter, prit pour texte ces paroles d'Ézéchiel : « Il n'y aura qu'un seul roi pour tous : Rex unus erit omnibus y )) et son discours reposa tout entier sur les droits du pouvoir royal. Le pays, disait-il, ne peut être bien gouverné que par un roi. Or, pour que le roi gouverne, il faut trois choses : l*' qu'il soit puissant; 2" qu'il soit attentif à la garde et à l'exécution des lois; 3" qu'il soit obéi, ainsi que la loi. Pour que le roi soit puissant, il faut qu'il ait les libertés et les prérogatives qui lui ont été données et qu'il a juré de maintenir au temps oii ila reçu la couronne : en telle sorte que si l'une d'elles a été aliénée sous la foi du serment, la loi tient cette aliénation pour nulle et délie du serment. Les droits de la couronne avaientils été aliénés ou amoindris? Le parlement était convoqué pour s'en enquérir et y porter remède, afin que le pouvoir royal fût rétabli et qu'il y eût, selon le texte de l'Écriture, un roi pour tous : Rex erit unus omnibus. Ce premier point était déjà tout un sermon portant sa conclusion, et aurait pu dispenser l'orateur de développer les deux autres. C'était dire

1. Confiance de la duchesse de Glocester dans les ducs de Lancasire et d'York. Froissait, IV, 61 ;— Parlement du lundi après l'Exoltalion de la Sainte-Croix (17 septembre 1397). Rut. Parl.^ t. III, p. 3^*7.

assez au parlement que le roi ne laisserait pas chômer les lois répressives : et l'évêque citait l'exemple du père qui châtie son enfant; c'était dire comment il entendait que le roi fût respecté et la loi obéie. Mais le discours avait une conclusion plus explicite. Le cliancelier annonçait que le roi, considérant les autres offenses dont le peuple s'était jadis rendu coupable, voulait lui rendre le calme et la sécurité par une amnistie générale, sauf des points qui seraient expliqués; hormis aussi cinquante personnes et ceux qui seraient accusés dans ce parlement*.

Les communes allèrent au-devant de tout ce qu'on voulait. Après avoir fait agréer du roi leur speaker, J. Bussy, et réclamé, selon Tusage, pour l'Église, les prélats et les cités la confirmation de leurs libertés, elles en usèrent, quant à elles, en demandant d'abord que les prélats nommassent un procureur pour les représenter dans le cas où ils ne pourraient siéger en raison de leur caractère, et faire ainsi que leur absence ne pût être invoquée comme invalidant les jugements. Les prélats nommèrent Thomas Percy. Après cela , les communes demandèrent que l'on abolît , comme arraché par la contrainte , le statut de l'an x de Richard (19 novembre 1386), qui avait donné à Glocester, à Ârundel et à plusieurs, commission pour gouverner le royaume; et il fut résolu, du consentement des lords et des communes , qu'on ne

Page 1