liot. Par/., t. III, p
Le lord sénéchal, au nom du roi, de l'avis des lords temporels et du procureur du clergé, prononça donc la sentence. Le comte d'Arundel était déclaré traître, et condamné à être traîné sur la claie, pendu, décapité et mis en quartiers, et ses biens confisqués. On reportait l'effet de la sentence au 19 novembre de l'an X, époque du fameux statut de réforme : ce qui annulait, non les acquisitions (le fisc y eût perdu), mais les aliénations qu'il eût pu faire postérieurement à cette époque. Le roi crut se montrer généreux en bornant la peine à la décapitation, et en restreignant l'interprétation de l'arrêt sur les biens confisqués (a).
Le comte d'Arundel entendit son jugement sans pâlir, et montra la même fermeté quand il eut à subir la sentence. On avait, dit-on, choisi pour présider à l'exécution les comtes de Huntingdon et de Kent, ce dernier, neveu du condamné! « Vraiment, leur dit-il, vous auriez bien fait de vous soustraire à cette besogne; mais un jour viendra où vos infortunes ne causeront pas moins d'étonnement que les miennes. » Il pardonna au bourreau, lui recommanda de ne le point manquer, et, tâtant du doigt le tranchant du glaive : « Il est bien aiguisé, dit-il, fais vite ce que tu as à faire. » Un seul coup fit tomber sa tête (21 septembre 1 397) (a).
Cette fermeté du patient et cette iniquité du supplice firent dans le peuple une profonde impression. Le comte, sans doute, n'était pas un saint, mais on
[1397J GLOGESTER. 175
vit en lui un martyr. On divsait que, dans la tombe, sa tête, injustement coupée, s'était réunie à son corps. Le roi lui même, poursuivi par le remords, fut ému de ce bruit. Il fit ouvrir le cercueil \
Le même jour qu'Arundel était jugé et mis à mort (21 septembre) , le roi expédia l'ordre au comte maréchal, gouverneur de Calais, d'envoyer Glocester pour qu'il répondît aux articles dirigés contre lui ; mais le comte maréchal répondit (24 septembre) que cela n'était plus possible, que Glocester était mort. Comment était-il mort? L'événement était assez subit, et, de sa nature, assez suspect pour donner lieu à une enquête. Nul ne s'y arrêta. Bien plus, cette mort n'arrêta rien. Les lords appelants demandèrent que le duc fût déclaré traître et ses biens confisqués, et les communes les appuyèrent. Les lords temporels et Th. Percy, le fondé de pouvoirs du clergé, leur donnèrent toute satisfaction. Avec l'assentiment du roi, ils déclarèrent Glocester coupable, et confisqués tous les biens qu'il avait le 13 novembre de l'an xi (1387) (date de la prise d'armes de Haringhay-Park), ou qu'il avait acquis depuis. On ne touchait point à sa dépouille mortelle; mais on le poursuivait dans ses enfants. Défense leur était faite de porter les armes d'Angleterre, et ils étaient déclarés inhabiles à succéder à la couronne (a).
La précipitation à rendre cet arrêt fut telle, que le