‹ Richard IIChapitre 38 sur 80 · Mercredi, 30 janvier. Rot. Pari., t. III, p. 360, g · texte numérisé non relu

Mercredi, 30 janvier. Rot. Pari., t. III, p. 360, g

suite contre Glocester, Arundel et Warwick, et qui, n'ayant pas comparu au dernier parlement, avait été ajourné à trois mois, avec cette clause que s'il ne se présentait pas dans ce délai, il serait atteint et convaincu des crimes dont il était accusé, et tenu pour traître. Gomme il ne se présentait point davantage, il fut déclaré que le jugement rendu aurait son plein effet : il se trouva donc définitivement condamné à la peine des traîtres, la confiscation de ses biens remontant au 13 novembre de l'an xi, conformément à la proclamation qui l'avait assigné (mardi 29 janvier*).

11 en était un autre que les communes avaient en leur propre nom mis en jugement à Westminster, et que l'on avait sous la main : c'était J. de Gobham, chevalier. On l'accusait d'avoir pris part au statut de Tan X, aux jugements de l'an xi, et notamment à ceux de Simon de Burley et de James Berners, traînés, pendus et décollés sans l'assentiment et contre la volonté du roi, et quand une partie des lords avaient refusé de siéger en pareil procès. Mandé ce même jour devant l'assemblée, il fut amené par le duc de Surrey; et le duc de Lancastre, par commandement du roi, lui dit de répondre aux accusations qui pesaient sur lui. Pour la commission de l'an x, il déclara qu'il ^''^ "vîiit point pris part, et, s'il avait

1. Le comte de Wiltshire^ fyrocureur du clergé. Rot. Parl.^ t. III, p. 359, § 60. — L'arrêt de Th. Mortimer déclaré définitifs ibid., p. 380. [Placita corome, ^ 9.)

siégé dans le conseil qu'elle avait établi;, il affirma qu'il s'y était refusé d'abord et ne l'avait fait que par commandement du roi; et il l'en prenait à témoin. — « J'étais soumis, dit le roi à un tel gouvernement, que je ne pouvais parler d'autre manière; et vous saviez bien que cette commission avait été faite contre ma volonté. » — J. de Gobham ne le nia point; mais le roi ne niait pas lui-même que Gobham eût agi sur son ordre. Quant à Simon Burley et à James Berners, « il m'avait été déclaré, dit l'accusé, par ceux qui alors étaient maîtres, que telle était la volonté du roi. »

Sans tenir compte de cette excuse, non plus que de l'autre, plus valable assurément, les communes prièrent le roi de le condamner comme atteint et convaincu des deux crimes; et le duc de Lancastre, par délégation du prince et au nom de tous, prononça la sentence. J. de Cobliam devait être traîné sur la claie, pendu, décollé et mis en quartiers, et l'on confisquait tous les biens qu'il avait au 19 novembre de l'an x. Mais le roi lui fit grâce de la vie, et l'envoya à Jersey pour y être détenu jusqu'à la fin de ses jours, avec cette clause, ajoutée déjà à la grâce de Warwick, comme pour efîacer toute trace d'humanité de la grâce même, que si personne n'intercédait pour lui ou s'il tentait de fuir, sa grâce fût tenue pour nulle et son jugement de mort exécuté (mardi 29 janvier)*.

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