‹ Richard IIChapitre 5 sur 80 · Froissart, III · texte numérisé non relu

Froissart, III

gouvernement de l'avoir provoquée, avaient réussi à perdre ses ministres et à le remettre en tutelle, pouvaient encore en usant des mêmes voies, en évoquant le spectre de l'invasion, même contre toute apparence, tenter d'exciter un mouvement où le trône et la personne du roi se trouveraient cette fois compromis.

Malgré cela, Richard s'avança avec la rare fermeté dont il avait donné de si sûrs gages, dans la route où il voyait^ au-dessus des préjugés nationaux, le bien véritable du pays. La trêve qui, pour Glocester, n'eût été qu'une halte dans la guerre, était pour lui comme une première étape vers la paix : et tout dans l'attitude de son gouvernement comme de celui de Charles VI, prouvait qu'on avait posé les armes moins par impuissance de s'attaquer que par désir d'arriver à s'entendre. Les deux pays s'invitaient tour à tour à leurs tournois et à leurs fêtes , et ne songeaient plus à rivaliser que de magnificence dans leurs plaisirs et de courtoisie dans leur hospitalité. Aux fêtes de l'entrée de la reine Isabeau à Paris, avaient succédé les fêtes du carrousel donné par Richard II à Londres, et Froissart aime à raconter avec quels honneurs y furent reçus, avec quel éclat y parurent les chevaliers français*.

Ce fut au lendemain de ces fêtes, quand les esprits semblaient réconciliés, que Richard porta la question de la paix devant le parlement.

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