‹ Richard IIChapitre 53 sur 80 · CONWAY, FLINT ET CHESTER · texte numérisé non relu

CONWAY, FLINT ET CHESTER

Ce fut en arrivant à Gonway que Richard connut enfin toute l'étendue de son malheur. Salisbury l'accueillit avec larmes; il lui dit ses premiers succès, l'empressement des gens du pays à prendre les armes pour le défendre^ et ses inutiles efforts pour les retenir. Le roi éclata en plaintes. Il s'adressait au ciel, il invoquait son droit, oubliant trop de quelle manière il en avait usé : comme si la bonne intention lui tenait lieu de tout le reste, et qu'on puisse se

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rendre témoignage d'avoir fait justice à chacun, quand on a violé le droit de tout un peuple (a) !

Jl fallait prendre un parti : attaquer était impossible; résister, difficile. Henri, d'ailleurs, avait bien réclamé son droit et celui de la nation; mais, au milieu même de ce soulèvement populaire et des clameurs qui insultaient à Richard ou Texaltaient luimême, il n'avait rien dit qui fût comme une déclaration de guerre à son souverain. Jean de HoUand (Exeter) fut d'avis de députer vers lui pour savoir ce qu'il voulait. On lui devait remontrer que son père avait consenti à son exil; et de quelle honte ne serait-il point couvert si l'on pouvait dire qu'il avait voulu renverser son roi! L'avis fut goûté, et lui-même, -«vec Surrey, son neveu, fut chargé du message \

Chaque jour qui s'écoulait frappait le roi d'un nouveau coup. En quittant les débris de son armée à Milford, il avait cru en trouver une autre à Gonway ; et l'on vient de voir quelle fut sa déception. Abandonné presque seul à Conway, il se proposait d'y appeler ses troupes de Milford, lorsqu'il apprit qu'à leur tour elles s'étaient dispersées. « Hélas! s'écriat-il, ils n'ont pas bien fait leur devoir envers nous, qui leur avons toujours fait du bien : Dieu sera leur juge! » Parole qui, rapportée par un témoin, met hors de doute la vraie conduite de Richard à Milford, et détruit les allégations des chroniques anglaises

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