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toute une histoire. Cette huile, contenue dans une ampoule de pierre renfermée elle-même dans un aigle d'or, Henri, premier duc de Lancastre, l'avait reçue jadis^ pendant ses guerres de France, d'un saint homme qui l'avait découverte par révélation. Le duc la remit loyalement au Prince Noir, et celui-ci la déposa à la Tour, dans un coffre scellé, comptant bien s'en servir à scn sacre; mais le Prince Noir mourut avant son père, et Richard fut sacré sans que le précieux dépôt fût connu de personne. Ce fut seulement en 1399 qu'il retrouva et l'aigle et l'huile sainte, avec une lettre écrite de la propre main de Thomas Becket (aucune garantie n'y manque). Richard, connaissant alors la vertu de cette huile, demanda à l'archevêque de Canterbury de l'en sacrer de nouveau; mais l'archevêque refusa, disant qu'on ne pouvait être oint plus d'une fois. Le roi la garda donc, et il l'avait emportée avec lui en Irlande. Revenu en Angleterre^ et tombé entre les mains de Henri, il l'avait rendue à l'archevêque, disant qu'il voyait bien que la Providence divine l'avait réservée pour un autre ^
Voilà ce qu'on répandait dans le peuple, le jour du sacre, et, pour que nul n'en doutât, on publiait la lettre de saint Thomas de Canterbury. Le Religieux de Saint-Denis, que ses affections ne portent guère à y croire, se fait pourtant scrupule de la rejeter, et