‹ Richard IIChapitre 68 sur 80 · Mardi 18 novembre. Rot Pari, t. III, p. 430-432, S · texte numérisé non relu

Mardi 18 novembre. Rot Pari, t. III, p. 430-432, S

la loi, sans excepter personne que ceux qui avaient combattu le bien du royaume; et il bornait l'exception aux trois suppliciés. Sur quoi, les lords temporels interrogés déclarèrent que le jugement était bon. Mais le roi rassura ceux qui tenaient des fiefs de ces seigneurs; et il voulut particulièrement consoler R. le Scrop. Il lui dit qu'il ne revendiquait aucune des terres appartenant à lui ou à ses enfants vivants, qu'il le tenait et avait toujours tenu pour loyal chevalier; et pour finir par une déclaration plus générale, il dit que le statut « que nul ne forfasse (perde ses biens par confiscation) après sa mort, » gardait toute sa force. Et les communes le remercièrent, rendant grâces à Dieu « qui leur avait envoyé tel roi et gouverneur (a) I »

Ce sentiment n'était pourtant pas général; et les anciens amis de Richard, au moins, avaient plus d'une raison d'y faire leurs réserves. Le procès qu'on ieur avait suscité, la violence du débat, et, quelle qu'ait été la modération de la sentence, cette dégradation partielle qu'ils avaient subie de la part de celui même qu'ils avaient proclamé, tout leur disait en quel rang ils devaient être à la cour nouvelle parmi les seigneurs : et le peuple de Londres ne leur montrait pas plus de sympathie. Il avait éclaté en murmures contre le roi lui-même et contre les lords, en apprenant que l'enquête provoquée par les communes sur les accusateurs de Glocester avait eu, pour toute conclusion, une sim[)le dimiiintion de titres, qui ne

les faisait guère déchoir, les ramenant à leur ancien état. Les amis de Richard n'avaient donc plus de soutien que Henri lui-même : et dans cette disposition des esprits^ ils pouvaient craindre que le nouveau roi ne finît par être entraîné. Ainsi ils étaient amenés à reporter leurs espérances sur celui qui était toujours l'objet de leurs regrets. Si quelquesuns, en effet, comme Rutland et Thomas Percy, avaient couru au-devant de la fortune de Henri de Lancastre, les autres n'avaient fait que la subir et la suivre. C'est en vaincus qu'ils étaient entrés dans Londres derrière lui; c'est la douleur dans l'âme qu'ils avaient assisté aux scènes de la déposition de Richard et du couronnement de son rival. Or la situation de ce dernier était loin d'être telle qu'on dût rejeter comme une folie toute pensée de rien entreprendre contre sa fortune \ Ils résolurent de le tenter.

1. Murmures du peuple contre la modération de la sentence des lord$ appelants. Wals., p. 362.

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