véniel talpa
iledicta.
« iiiwiLia cddet super eam.
Terra revertetur ad asinum.
Voy. sur les prédictions de Merlin, Archœol., t. XX, p. 259 app., n» IV.
et dans la chambre de l'abbé, que le complot se forma. Jean de Holland, comte de Huntingdon, et Thomas comte de Kent, le comte de Salisbury et le sire Despenser, l'évêque de Carlisle et le chapelain Maudelein, qui avait une ressemblance frappante avec Richard, le médecin Pol et Thomas Blount en furent les principaux complices. Au premier rang, il faut encore nommer le fils du duc d'York, le comte de Rutland, qui, malgré l'éclat de sa défection, marqué par le sang de Glocester à toutes les haines du parti vainqueur, se trouvait par là rejeté vers ceux dont il s'était séparé un des premiers. C'était pour les perdre encore, et cette fois sans remède (a).
La fête de Noël était proche. Le roi la devait célébrer au château de Windsor. Les conjurés convinrent de donner des joutes au voisinage, à Kingston, dans la quinzaine de la solennité, à la fête de l'Epiphanie. Sahsbury et Kent publiaient qu'ils soutiendraient la lutte contre tout venant. Un si brillant tournoi attirait naturellement un grand concours d'hommes d'armes. Les amis de Richard devaient y venir en nombre, profiter de la sécurité générale pour se porter rapidement sur Windsor, occuper le palais, faire main-basse sur le roi et sur ses enfants, puis proclamer Richard ; et, pour mieux dissimuler leur dessein, ils vinrent à Windsor faire leur cour au roi avec les autres au renouvellement de l'année (1400).
A cette occasion la chronique anonyme rapporte une chose qui, si l'on y pouvait croire, aurait dû
singulièrement aiguillonner leur ardeur, elles dégager de leurs derniers scrupules. Elle dit qu'après le dîner où le roi les avait réunis, l'archevêque de Canterbury, le duc d'York, les comtes de Norlhumberland, de Westmoreland, de Warwick et d'Arundel supplièrent le roi de mettre Richard à mort, alléguant qu'ils en avaient sa parole. Henri s'y refusa; mais son refus était gros de menaces : il promettait que si quelque armée se levait pour le roi captif, Richard mourrait le premier. La scène est peu probable, il le faut dire. Ni le duc d'York, ni le comte de Northumberland lui-même (la suite le fera voir) n'ont pu jouer le rôle qu'on leur y prête; et le fait qu'elle présuppose est lui-même fort douteux : Henri à cet égard n'avait, selon toute apparence, donné aucune parole. Mais quel était le fond de ses pensées? Le mystère de Tenlèvement de Richard, le secret oij on le gardait, tout excitait les craintes ; et la complaisance avec laquelle les lords et les communes avaient souscrit à tous les actes du nouveau roi, n'était pas propre à les dissiper. Les conjurés n'avaient donc pas besoin du stimulant que lefîr suppose le chroniqueur, pour croire que, s'ils ne se hâtaient, la vie de Richard était en péril. Ils furent d'autant plus résolus à commencer leur mouvement par Henri lui-même. Ils prirent congé de lui comme pour se préparer à la fête, et s'en allèrent, chacun dans son pays, pour revenir en force comme ils s'y étaient engagés'.
1. La Noël à Windsor. Ghron. anon., f« 152, et Buchon, p. 38.
Lorsque Jean de Holland, comte de Huntingdon; quitta sa femme, sœur du roi Henri, à la vue de tant de gens armés elle eut un sinistre pressentiment et ne put retenir ses larmes. « Madame, lui dit-il, pleurez-vous? et pourquoi? Vous faisiez si grand' chère quand le roi mon très-cher seigneur et moi vînmes en déplaisance de votre frère! Quand votre frère fut couronné, et que monsieur mon frère fut déposé de la couronne, laquelle il avoit portée vaillamment par vingt-deux ans, il eut grand deuil alors, et vous, madame, faisiez grande fête. Pourquoi pleurez-vous maintenant ? » La dame était si émue qu'elle ne savait parler. Mais ce départ, en si nombreuse compagnie, ne semblait point mener à une fête; elle craignait pour son frère, elle craignait pour son mari. Le duc eut peur de lui avoir fait de la peine. Il la baisa elle et ses deux filles, disant : « Je me recommande à vous, priez Dieu pour moi \ »
J. de Holland, Kent etSalisbury amenaient environ huit mille archers et trois cents lances. Hs voulaient être sûrs que Rutland ne serait pas moins exact au jour dit : car un pareil armement n'aurait pu bien longtemps cacher son objet. Ils lui écrivirent. Rutland craignait-il déjà d'être allé trop avant, et voulait-il racheter ce commencement de trahison envers le roi en lui livrant ses complices ? Plusieurs le disent : un autre récit enlève au moins à sa perfidie la circon-