CONCLUSION
Ainsi périt ce jeune roi qui, appelé par la mort prématurée de son père, à recueillir, âgé de onze ans, la succession de son aïeul, avait éveillé dès son avènement toutes les espérances de la nation : comme si son règne devait faire renaître les beaux jours depuis longtemps passés du Prince Noir et d'Edouard 111. Il ne s'était pas montré indigne du sang qui coulait dans ses veines : c'était bien le fils et le petit-fils des vainqueurs de Poitiers et de Grécy qu'on avait retrouvé en cet enfant le jour où, faisant tête à l'émeute, il reprenait, par un coup d'audace, sa capitale à une insurrection triomphante. Mais il était difficile de répondre à tout ce qu'on attendait de lui : comment rendre à l'Angleterre ce qu'elle avait conquis et perdu en France, quand ces conquêtes elle les devait surtout aux fautes des rois de France, et que la royauté française, instruite enfin par ses fautes mêmes, avait reçu de Charles V une direction qui se soutenait encore pendant la minorité de Charles VI, et promettait de réparer ses revers?
A ces difficultés du dehors s'étaient jointes celles
du dedans. Les appuis naturels de Richard, c'étaient ses trois oncles : or les deux premiers détournaient l'Angleterre vers des entreprises particulières qui Taffaiblissaient vis-à-vis de la France; et le troisième profitait de ces échecs et des tentatives d'accommodement qui les devaient suivre, pour soulever l'esprit public contre le roi. Richard, si mal servi par ses oncles, et tenu dans une dépendance de plus en plus étroite par le parlement^ avait été amené à mettre sa confiance en des hommes que sa faveur combla trop^ peut-être, et qu'en élevant elle rendit odieux. C'est dans ses ministres, et dans le plus digne de tous, le comte de Suffolk, Michel de la Pôle, qu'il fut d'abord attaqué ; et l'on sait avec quelle insulte pour la dignité royale, privée de ses attributs et mise en tutelle. On se rappelle comment, fort de son droit, il entreprit de s'en faire une arme pour rétablir sa prérogative, et ne réussit qu'à perdre ses amis les 'plus dévoués, et à retomber absolument sous le joug de Glocester. 11 s'en affranchit pourtant, sans autre appui que lui-même, par un acte de décision qui faisait retrouver dans l'adulte tout ce (|ue l'enfant avait promis. Et alors avait commencé cette période^ de sage administration et de force, que l'on supprime, que l'on abrège au moins dans les histoires, pour se dispenser d'y rendre hommage, pendant laquelle le roi, sans refuser à son règne l'éclat des fêtes, sut travailler à guérir les maux de son pays. Nul remède n'était Bérieusement praticable, s'il ne le tirait de
cette guerre de France, où l'Angleterre s'était vue engagée à sa gloire, sans doute, mais aussi au prix de bien des misères, et qui, comme toute occupation contre nature, devait un jour ou l'autre finir par des revers. Mais c'était toucher à ce qu'il y avait de plus aveugle et de plus vivace dans l'amour-propre national : nulle paix n'était possible sans concession, et toute concession était tenue pour trahison. Ne pouvant faire ces sacrifices, Richard n'avait pas fait la paix; il s'en était tenu aux trêves, les continuant de traité en traité, et les prolongeant jusqu'à un terme que la paix même n'atteint pas d'ordinaire (la trêve de vingt-huit ans). Par là il avait affranchi son pays des maux de la guerre, sans abdiquer aucune de ses prétentions; il avait, en ajournant des débats sans solution possible, ramené les deux peuples à se rapprocher et à s'unir dans l'intérêt de leur suprématie en Europe, et pour le bien de la chrétienté tout entière : et, afin de donner plus de garantie à ces bons rapports, il les avait consacrés par une union de famille. C'en fut assez pour qu'il se vît en butte à toutes les calomnies, à toutes les intrigues, et peutêtre à de nouveaux complots. Il les voulut prévenir et étouffer à jamais par uii coup d'éclat, l'arrestation et le jugement de Glocester et de ses amis : mais il y procéda avec un emportement qui ne trouvait qu'ex citation autour de lui, sans rencontrer nulle part de résistance, pas même dans cette assemblée des trois États, aussi docile maintenant à le servir qu'elle
s'était montrée jadis audacieuse à le dominer. C'est ainsi qu'il entra, par l'adhésion même, et l'on pourrait presque dire par l'abdication du parlement, dans cette voie du despotisme où il devait trouver sa perte. Dès ce moment , Glocester avait beau être ' mort, il devait renaître vTngt autres Glocester : Ri- j chard en trouva un dans sa propre famille, et parmi | ceux qui avaient donné les mains à la chute de son oncle : le comte de Derby, devenu duc de Hereford, fils du duc de Lancastre. La disgrâce qui le frappa à son tour ne fit que le donner pour chef aux mé- ! contents.
On vient d'en voir le résultat. Richard n'avait pas seulement froissé le préjugé populaire, il avait touché aux libertés publiques; il n'avait pas seulement donné prise aux ambitieux, il avait irrité les honnêtes gens; et la nation, déjà fatiguée après un an de despotisme , s'était ralliée à Henri de Lancastre pour y mettre un terme. ^Mais était-ce dans la pensée de renverser le roi? C'est ici que le doute commence; car vainement alléguerait-on la décision du parlement : autant vaudrait dire que le pays voulait un an plus tôt le despotisme, pour la raison que le parlement l'avait établi, soit par ses actes dans le procès de Glocester, soit par l'abandon de ses droits aux commissaires donnés pour conseil à Richard.
Ce sont les fautes de Richard qui ont préparé, mais c'est surtout l'ambition de Henri qui a consommé hi révolution; et la preuve que la nation ne le poussait
point à cela, n'est pas seulerïient dans les assurances qu'il donna à ses premiers adhérents, ou dans la réserve qu'il parut garder jusqu'à la veille de la réunion du parlement à Westminster : elle est dans les faits qui suivirent. A peine Richard est-il tombé, que ses amis se relèvent et provoquent une révolte en faisant croire qu'il est délivré, en produisant, pour entraîner le peuple, un faux Richard! A peine est-il mortpayr< qu'un semblable mouvement se manifeste dans l'opinion publique. Les uns, et ils sont dans le vrai, crient à l'assassinat; les autres refusent d'y croire, mais ils prétendent que Richard vit toujours : et il faut que, pour combattre les imputations des premiers comme les suppositions des seconds, Henri rende à sa victime des honneurs pubUcs. Le corps enterré d'abord sans appareil à Pomfret, fut exhumé pour être amené à Londres et y recevoir les obsèques les plus magni- Cques. Le cortège prit son chemin par les principales villes; il s'arrêtait dans les lieux les plus fréquentés. Il s'arrêta plus de deux heures dans la grande rue de Cheapside, à Londres, où plus de vingt mille personnes, hommes et femmes, vinrent voir le roi défunt qui gisait là, la tête sur un oreiller noir, le visage découvert; et il demeura pendant deux jours ainsi exposé dans l'église de Saint-Paul, avant la cérémonie des funérailles. Gomment ne pas croire, après cela, sinon qu'il était mort sans violence (on avait aussi exposé jadis le corps d'Edouard II), au moins qu'il était mort (a) ?
Cette démonstration pourtant ne suffit pas. On continua de croire Richard en vie. On prétendit que Henri avait produit un faux Richard, et qu'il n'avait recouru à cette exhibition du mort que parce que le vivant lui avait échappé. On disait que, sorti de Pomfret par la connivence de ses gardiens, Richard avait gagné les îles occidentales d'Ecosse. Il y avait été découvert, ou par une dame, belle-sœur de Donald, lord des Iles, sous Thabit de pauvre qu'il avait pris, ou par un fou de ce seigneur parmi les serviteurs de sa cuisine. Il avait été reconnu, présenté à Donald, qui chargea lord Montgommery de le conduire au roi Robert. Il est vrai que le prétendu réfugié niait qu'il fût Richard : mais il ne s'en fit croire de personne. On supposa que le malheur l'avait frappé de démence, ou qu'il se cachait par crainte de trahison. Quoi qu'il pût dire, il fut mené à la cour, logé au château de Stirling, entretenu, servi, et, quand il mourut, dixneuf ans plus tard, enterré avec tous les honneurs dus à un roi d'Angleterre. Et aujourd'hui encore, un des meilleurs historiens de l'Ecosse adopte cette opinion, qu'il prétend justifier par les chroniques du temps, les monuments et les actes olliciels : il trouve, en effet, dans les registres publics la mention, plusieurs fois répétée, de ce que coûtait au trésor le séjour de Richard (a) !
La nouvelle, comme on le peut croire, ne se renferma point en Ecosse, et de l'Ecosse elle arriva lii.ri viU'.'ii ri:Mir<» Km F» Micc, Ic bruit Uc la uiort
de Richard avait suivi de près, devancé même peutêtre l'événement. Dans un acte du 29 janvier relatif à la trêve, Charles VI rappelait qu'elle avait été conclue « vivant lors feu notre très-chier et très-amé fils Richard, naguère roi d'Angleterre (que Dieu assoille) (absolve). » Si Richard n'était pas mort encore, il se mourait (on a vu comment)^ et lïenri laissait volontiers courir le bruit que la chose était faite. Pendant les premiers mois de cette année, les dépêches de Charles VI portent toutes la trace de la même croyance. On n'en fut pas moins prompt à accueillir la nouvelle qu'il était vivant. Creton, qui avait déjà soupçonné quelque supercherie dans la cérémonie de Londres, pousse un cri de triomphe. Il adresse une longue épître à Richard, et il lui cherche des vengeurs, recourant encore au rythme poétique pour entraîner à Faction les princes du sang royal de France. Mais, tout en se livrant à l'espoir, il fallait savoir s'il était fondé; et le roi de France avait un intérêt tout particulier à s'en enquérir : il avait dans Richard non-seulement un allié, mais un gendre. Il envoya donc en Ecosse; et il y envoya l'homme le plus désigné pour une semblable mission, Creton, devenu son valet de chambre, le témoin et l'historien de la chute de Richard. Disons tout de suite que notre gentilhomme ne le retrouva pas comme il l'espérait. On n'a point son rapport ; mais on en a pour témoignage l'appel qu'il adressa vers ce temps-là au duc de Bourgogne pour venger le sang de Richard, et, ce qui n'est pas moins
significatif, le mariage d'Isabelle, veuve du jeune roi, avec le fils du duc d'Orléans : mariage conclu le 6 juin 1404, peu de temps après le retour de Tenvoyé (a).
La France fut donc désabusée, mais non l'Ecosse; et l'Angleterre pas davantage. Dès 1402, le bruit y court que Richard est vivant, qu'il est en Ecosse , qu'il va revenir en force ; et ce bruit prend tant de consistance, que Henri IV, au risque de le propager Ini-même, envoie dans tous les comtés une proclamation où il accuse les Écossais « de ne pas se borner à porter le ravage en Angleterre , mais d'y répandre de fausses nouvelles, comme, par exemple, que Richard vit encore, qu'il va rentrer dans le royaume, enseignes déployées, avec une armée d'Écossais auxiliaires : quand tout le monde, dit la pièce officielle, sait qu'il est mort et mis au tombeau. Le roi donc, considérant qu'ils pourraient bien produire un faux Richard, et, par là, jeter la division dans le pays et amener peut-être la destruction du royaume (quel aveu !), donne ordre anx vicomtes de faire en sorte que personne n'y croie, et d'arrêter les propagateurs de ces mensonges (5 juin 1402). » Plusieurs avaient déjà été pris et mis à mort; entre autres Roger Clarendon, fils naturel du Prince Noir, et neuf frères franciscains; et tant de gens étaient compromis, que le roi, pour éviter que la crainte des poursuites ne les poussât à la révolte, fit publier partout qu'on '■'' 1" • ''-chercherait pas (8 juin). Mais cette
indulgence forcée ne réussit pas mieux que les rigueurs. On disait toujours que Richard allait venir: on ajoutait que Henri, se sentant perdu^ ramassait argent et joyaux, et se disposait à passer en Bretagne pour épouser la duchesse douairière (mariage qui allait se faire en effet), et y vivre avec elle; et ces bruits trouvaient des gens pour les accueillir, les propager^ payant d'ailleurs de leur personne : on s'armait, on se recrutait les uns les autres, on s'en allait en des lieux de rassemblement pour attendre Richard I L'année suivante (1403) le mouvement qu'on pouvait pressentir éclate. Les Percy prennent les armes ; et, sans se soucier de démentir le défi où ils accusent Henri de la mort de Richard, ils répandent parmi les populations le bruit que Richard est revenu, qu'il est dans le Chester. La victoire de Henri n'y fait rien. En 1404, nouvelle rumeur que Richard va venir : W. Série, son chambellan, l'a vu et en rapporte des lettres; le jeune roi a même paru, dit-on (un certain Th. Wardo se faisait passer pour lui) ; et la vieille comtesse d'Oxford met un zèle extrême à lui faire des partisans jusque dans les monastères où l'on avait tant crié contre son despotisme. Série est arrêté, et, avant de subir sa sentence, promené de ville en ville jusqu'à Londres pour démentir ce qu'il avait annoncé. Mais le bruit survit à ses désaveux et à sa mort; et, en 1406, l'orateur des communes demande un statut contre ceux qui disent que Richard est en vie, et que « ce fol qui est en Ecosse est
le roi Richard. •> Vain expédient! En 1407, on répond au statut par des placards affichés dans Londres même, annonçant que Richard va reprendre possession de son royaume. C'est au nom de Richard que le vieux Northumberland avait repris les armes en 1405, et qu'il revenait d'Ecosse, en 1408, pour livrer un dernier combat. Mais quoi ! Richard survit à Henri lui-même. Son nom est prononcé, et paraît avoir été le vrai signe de ralliement dans la révolte du comte de Cambridge contre Henri V, en 1415; et, en 1 41 7, l'héritier du nom de Cobham, John Oldcastle, chef des loUards, au moment où on le va condamner au feu comme hérétique , récuse l'autorité des lords du parlement, en déclarant qu'il ne les peut reconnaître pour juges, tant que vit en Ecosse son seigneur lige le roi Richard !
Ainsi l'ombre de Richard se redressait devant son meurtrier, non pas seulement telle queleremords peut révoquer dans l'âme du coupable ; elle reprenait vie dans l'opinion publique et remuait le pays contre le nouveau roi. Mais, quand il serait parvenu à chasser ce fantôme, les armes dont il avait usé pour arriver à ses fins eussent toujours pu se tourner contre lui. n avait marché contre Richard pour lui demander compte des violences de son gouvernement et de ses relations d'amitié avec la France; dès les commencements de son règne, après la sanglante répression de la révolte, devant les têtes des amis de Richard exposées sur le pont de Londres, il avait promis d'ef
facer les exploits du prince de Galles, et de mourir ou de faire des conquêtes dont il serait parlé dans tout l'univers. Il s'engageait donc à rompre avec la France : or, dès ses premières démarches, on l'avait vu solliciter l'amitié de Charles VI; chercher à se rattacher à lui par de nouveaux liens de famille, en lui demandant pour son fils aîné quelqu'une des princesses de France; répondre aux refus par des lettres pleines de rparques de sollicitude et de témoignages d'affection, et ne se résigner à renvoyer la jeune reine Isahelle, que quand il eut perdu l'espoir de reformer par elle l'union qu'elle étabhssait entre les deux couronnes avant la déposition de Richard II. Il avait accusé le gouvernement intérieur de Richard : et voici qu'au bout de trois ou quatre ans, les deux hommes qui l'ont accueilli les premiers et assuré par tous moyens, bons ou mauvais, son triomphe, le vieux comte de Northumberland , le parjure de Conway, Henri Hotspur, le héros populaire, lui reprochent, dans un défi public, non seulement les violences et les fraudes de son usurpation, savoir : le serment de ne réclamer que son héritage; la couronne arrachée à Richard par la crainte de la mort, et posée sur sa tête aux cris, aux vociférations de la multitude ramassée par ses complices (n'en étaient-ils pas euxmêmes?); enfin, le jeune roi traîtreusement relégué à Pomfret, mis à mort par le supplice le plus cruel : — ils lui reprochent d'avoir violé lui-même toutes les promesses de son couronnement : maintenant les
dixièmes et les quinzièmes qu'il s'était engagé à supprimer; dissipant les ressources de l'État en prodigalités nouvelles au profit d'autres favoris^ et se faisant, par le choix des vicomtes substitué au libre choix des comtés, des cités et des bourgs, un parlement à sa convenance. » Il faut donc que le nouveau roi com batte ses propres partisans. Il lutte contre Henri Hotsj)ur, qui succombe victime de sa bravoure, laissant son oncle, Thomas Percy, aux mains du vainqueur, cest-à-dire aux mains du bourreau (Shrewsbury, 21 juillet 1403). Il lutte contre le vieux Northumberland, qui, éloigné du premier combat par la maladie, épargné pour cette cause et dépouillé en partie de ses charges, nourrit la pensée de la vengeance, et trouve pour l'assouvir des auxiliaires dans les familles des anciens amis de Richard : car la défaite ne les décourage pas. Thomas Mowbray, fils du duc de Norfolk, se jette avec ardeur dans cette guerre déclarée à l'ennemi de son père; Richard le Scrop, archevêque d'York, lils de l'ancien chancelier, y apporte l'autorité de son caractère avec la popularité de son nom; et il reprend dans son manifeste tous les points du déû des Percy, depuis l'intronisation de Henri par surprise, jusqu'à la mort de Richard par le plus lâche des assassinats. Ainsi le procès recommence : la cause gagnée est remise en question; et ce sont de nouvelles perfidies pour triompher et de nouveaux supplices, i.e jeune iMowbray et l'archevêque d'York sont arrêtés par trahison et mis à
mort (1405) : mais le peuple tiendra l'archevêque pour un martyr. Le vieux Northumberland échappe, et pendant deux ans encore, errant le long des Marches dont il était le gardien autrefois, il tient l'Angleterre sous la menace d'une invasion à laquelle il convie FÉcosse et la France, n'épargnant rien qu'il n'ait expié de son propre sang le parjure qu'il a fait (a).
Henri triomphe à la fin; mais s'il garde le pouvoir, ce n'est qu'à la condition d'en céder chaque jour quelque chose aux réclamations des communes : non qu'il ait prétendu renouveler le despotisme des deux dernières années de Richard; mais il s'était engagé à des réformes, et, sur tous les points où l'on avait le plus attaqué Richard, les dépenses de l'hôtel, les emprunts, même sur la sincérité des élections, seule garantie d'un gouvernement libre, le parlement trouvait toujours beaucoup à redire, et finit par faire éclat. Au milieu de ces tiraillements et de ces luttes, ses embarras sont tels, que les circonstances les plus favorables à lui rouvrir la voie des conquêtes, la rivalité d'Orléans et de Bourgogne rendue plus âpre par l'avènement de Jean-Sans-peur, l'assassinat du duc d'Orléans, la réaction des Armagnacs, la guerre civile, et dans cette guerre dénaturée les deux partis lui tendant les mains tour à tour^ ne provoquent de sa part que des tentatives avortées ou des interventions stériles; et au moment où le désordre est le plus grand en France, où il paraît être plus libre
[1400-1413, i.\ MORT DE RICHARD. 3S7
(l'agir, épuisé par ses luttes iatérieures, rongé par les inquiétudes et les soucis, frappé pour ainsi dire coup sur coup par le plus terrible mal , il meurt à l'âge de quarante-six ans , sans avoir rien tenu des promesses qui avaient rendu son avènement populaire. On raconte que dans l'une de ses crises, comme on le croyait mort, et que déjà on lui avait voilé la face, son fils Henri prit la couronne qui était placée sur un coussin auprès de son lit, et l'emporta. Le roi revenant à lui et ne la trouvant plus, voulut savoir qui l'avait enlevée; il fit appeler son fils et lui demanda pourquoi il l'avait prise : « Monseigneur, dit le prince, voici en présence ceux qui m'avaient donné à entendre et affirmé que vous étiez trépassé; et pour ce que je suis votre fils aîné et qu'après vous votre couronne me doit appartenir, je l'avais prise. » Le roi soupira et dit ; « Beau fils, quel droit y avez- V0U8 quand vous savez que je n'y eus jamais droit? — Vous l'avez acquise et gardée par l'épée, dit le jeune Henri, et je la garderai par l'épée. » Le roi demeura quelque temps en silence, puis il reprit : « Or, faites-en comme bon vous semblera, je m'en rapporte à Dieu du surplus, et je le prie qu'il ait merci de moi. » Et peu après, sans ;iioiit,ei' un mot. il rcndil l'âne (a).
Henri V tint parole, et par lui l'Angleterre vit s'accomplir les plus audacieuses promesses de Henri IV. La France lui fut livrée, et à la couronne qu'il tenait de son père s** joignit sur la tète de son (ils celle (ju'il
venait de conquérir. Mais l'éclat de la journée d'Azincourt ne défendra pas mieux le roi doublement couronné, que la gloire de Crécy et de Poitiers n'avait protégé le fils du prince de Galles. Henri VI succombera comme Richard à de si grands souvenirs; comme Richard il sera condamné lorsque, renonçant à des conquêtes dont le temps était passé pour toujours, il voudra par des trêves et par un mariage se rapprocher de la France. Dès ce jour-là, la race d'York qui maintenant rampe aux pieds du vainqueur, sera prête à donner un vengeur à ce roi qu'elle a trahi! — Quant au peuple qui n'est jamais désintéressé en de pareils débats, jeté par ces révolutions dans la plus acharnée des guerres de dynasties, il y laissera, avec le meilleur de son sang, l'esprit de ses institutions, n'en gardant que les formes vides, et il subira deux siècles de despotisme avant de revenir à la liberté.
Page 4, note a.
Parlement de Cambiidge, 9 septembre 1388 (xir année). Le procès-verbal n'en est pas dans les rôles; et Gotton, dans son Abrégé, p. 3i7, se borne à donner les noms des pairs convoqués. Mais indépendamment du statut iSlat. of Healm, t. Il, p. 55, et Kuijihton, p. 2729-2734), il y en a plusieurs traces dans les actes des parlements postérieurs, notamment du suivant. Walsingham en a aussi parlé avec plus de détails et de précision que de o (p. 335; cf. M. Evesh., p. 105.)
Proclamation s. Stat. of Realm, t. II, p. bh. — Mer-
sures pour r nreurs. IbicL^ c. m. Quiconque était
trouvé hors < us lettres scellées du roi, était arrêté
et mis à la ge(51e, jusqu'à ce qu'il eût donné caution de retourner au lieu d'où il venait. Un acte du roi, du 8 mars 1391, ordonne de fabri(jutr des sceaux, conformément au statut de Cambridge (ÏÏo^ Pari., i. III, p. 405. Append.,c. xxxiv.) — Loi de maximum Stut. of Healm, l. II, p. 56, c. iv. — Loi sur les enfants formes aux travaux de la campagne. Ibid.^ c. v. — fxs vag^i^'Of^'''^ "' /''"> ini'tuliiiMtv ff>id,, p. 58, r v ^>\ vn?; —
V exécution confiée aux baillis , etc. Ihid.y c. ix. — Les juges de paix. La loi voulait qu'ils ne fussent pas plus de six par commission. Ils devaient tenir leurs sessions quatre fois par an. {Ibid., c. X.) -
Page 6, note a.
Les livrées des seigneurs. La mesure n'est pas écrite dans le statut. Mais elle avait été réclamée par les communes, et consentie par le roi, comme on le voit par la pétition des communes au parlement suivant. (Rot. Pari., t. III, p. 265, § 27.) — Défense des armes et des jeux. (Stat. of Realm, t. II, p. 57, c. VI.) Les armes devaient être saisies et transportées au cheflieu de canton. — Défense de mal parler des grands officiers^ etc. Ibid., p. 59, c. xi; — Choix des officiers inférieurs, ibid., p. 55, c. ii; — Statut des proviseurs, ibid., p. 60, c. xv.
Nomination de Vévèque d'Ely à l'archevêché d'York, en remplacement de l'ancien archevêque, nommé au èié^e de Saint- André : a Urbanus Ep., servus servorum Dei, Carissimo filio « Ricardo, régi Angliœ illustri, salut, et apost. benedict. — « Gratiœ divinae prsemium et humanœ laudis praeconium acqui- « ritur, si per seculares principes prœlatis, praesertim eccle- « siarum cathedralium regimini prgesidentibus , opporluni a favoris pree^idium et honor debitus impendatur. Ecclesia « Eboracensi ex eo pastoris regimioe destituta, quod nos hodie ff venerabilem fratrem nostrum Alexandrum, Episcopum Sancti « Andreae, tune archiepiscopum Eboracensem, licet absentem, « a vinculo, quo dictce Eboracensi ecclesiœ, cui praîerat, teneba- <r tur, de fratrum noslrorum consilio et apostoliiu potestatis a plenitudine, absolventes, ipsum ad exinde ecclesiam Sancti An- « dreœ tune vacantem duximus transferendum : Nos, etc. 3 non. « april., Pontif. an. xi (3 avril 1388). »(Rymer, t. YII, p. 573.)
Promotion des autres évêques, même date, ibid., p. 574-577; cf. Knighlon, p. 2728. Les autres prélats étaient : l'évêque de Durham transféré à Ely ; Tévêque de Bath, à Durham ; l'évêque de Salisbury à Bath; et Richard le Scrop, fils de l'ancien chancelier, nommé à Ghester. Ils reçurent leur temporel, le 13 septembre. (Rymer, t. YII, p. 605.) L'évêché de Salisbury fut donné à J. de Waltham, garde du sceau privé (voy. Godwin, de Prsesulibus Angliœ, p. 348).
Le statut de Cambridge ordonnait en outre, conformément à une demande déjà faite au précédent parlement, que l'étaple
(les laines fût reportée le f décembre de Middelbourg à Calais (Stat. of Realm, t. II, p. 60, c. xvi), et donnait de nouvelles garanties k l'indemnité des députés, en voulant que les terres sur lesquelles pesait cette contribution, continuassent d'en êtie f^revées, même après avoir été achetées par des seigneurs ou des prélats (ibid., p. 59, c. xii). Les communes avaient aussi renouvelé leur réclamation touchant les fermes des vicomtes, surchargées aux dépens des communes par les divers retranchements faits au ressortdes comiés. {Rot. Parl.,X. III, p. 266, n°3I .) Loi somptuaire. Knii:hton, p. 2729. — Inexécution des lois. Wals., p. 335.
Page 7 , note a.
Subside. Knighton (p. 2729) dit un demi-dixième et un demiquinzième; Walsingham (p. 335) et le moine d'Evesham (p. 105), un dixième et un quinzième. L'archevêque de Ganterbury avait été invité à réunir le clergé de sa province pour voter le subside, dans le temps même que siégeait le parlement 14 septembre) : la convocation est du 28 juillet. (Ry mer, t. YII, p. 593.)
Page 8, note a.
Affaires de Bretagne. Froissart, III, 64-66, 71, 1U3, 105, 108, 110; Relig. de Saint-Denys, VIII, 4-7; IX, 1 ; — Jean de Blois racheté par Clisson. (Voy Dom Morice, Histoire de hretayne, Preuves, t. II, p. 529; cf. Dom Lobineau, t. II, p. 683.) On a des reçus du duc d'Irlande postérieurement à sa fuite d'Angleterre (6 novembre 1388). « Et me fut dit que les 60 000 fr. qu'il avoit reçus pour la rédemption des enfants de Bretagne et spécialement de Jean de Bretagne [de Blois], car (»uy étoit mort, il les trouva tout appareillés deçà la mer. Et encore lui en devoit le connétable do France à payer en trois ans soixante mille. » (Froissart, III, 80.) — Jugement du roi qui termine le différend du duc de Bretagne et de Clisson (20 juillet 1388). D. Morice, Preuves, t. II, p. 552-555.
Le comte d'Arundel. Il avait été fait amiral après le parlement de 1386, et avait remporté divers avantages. (Voy. Knighton, p. 2692 et 2693; Wals., p. 326. Cf. Rymer, t. VII, p. 554, et ci-de8sus, t. I, p. 321.) — Ckdleaude Brest à Arundel, 9 avril 1388. Ryraer, t. VII, p, 579. — Expédition du comte d'Aruiuiel. Froissart, III, 105, 112, 113, 129, 134, Wals., p. 334; M. Evesh., p. 103. Walsingham et le moine d'E-
vesham disent qu'il partit après la Pentecôte, qui fut le 1 7 mai ; Froissart, le 20 mai.
Affaires d'Espagne. Lancastre à Brest, Wals., p. 321; M. Evesh, p. 71; Knighton, p. 2677, 2678; Froissart, III, 23; Relig. de Saint-Denys, VII, 4 et 5. — Lancastre en Espagne. Knighton, 1. 1.; Wals., p. 342; M. Evesh., p. 71 et 118; Froissart, III, 33-35; 38, 40-44; 50, 55-61; 68-70; 82-89, 109, 130, 134, 136. — Traité de Lancastre et du roi de Castille. (Voyez les auteurs cités.) La principale difficulté du traité conclu était l'argent promis à Lancastre. Le roi Jean P"" réunit, à cet effet , les États à Briviesca au commencement de 1 388.
Le roi de Gastille ne croyait point acheter cette paix trop cher : il terminait sa querelle avec l'Angleterre, et se mettait en garde contre un autre péril du côté de la France : car le duc de Berri sollicitait pour lui-même la main de la jeune princesse, qui allait épouser Henri de Gastille ; et le roi de ce pays n'eût pas été en sûreté, si le prince français, gouverneur du Languedoc, s'associait, par ce mariage, aux prétentions de Lancastre. La France, de son côté, pouvait craindre que la dynastie établie par elle en Espagne ne se liât aux intérêts de l'Angleterre ; et Charles VI députa k ce propos Jean de Vienne auprès du roi de Gastille. Mais ce dernier, satisfait d'en finir avec les prétentions des Anglais, n'avait garde de se tourner contre la France. Il donna sur ce point toute assurance à l'envoyé français. (Voy. Froissart, II, 130 et 134.) Les conventions eurent donc leur effet. Au printemps de 1388, la duchesse de Lancastre amena sa fille en Espagne; et les fiançailles de la jeune princesse avec le fils du roi, qui n'avait pas dix ans, furent célébrées à Palencia. — Le jeune Henri fut à cette occasion créé a prince des Asturies, » titre qui dès lors fut affecté à l'héritier du trône de Gastille. Après les fiançailles, la duchesse de Lancastre alla à Montiel, où Pierre le Gruel avait péri : elle y recueillit les restes de son père qu'elle ensevelit à Séville avec de magnifiques funérailles; puis elle vint à Médina del Gampo qui lui avait été donnée par le traité (Froissart, III, 136.).
Le duc de Lancastre était resté en Guyenne. Un acte du 26 mai le fait lieutenant du roi dans cette contrée ; et le l*"" juin, il reçut des pouvoirs pour traiter avec l'Espagne, non plus seulement en son nom, mais au nom du roi d'Angleterre : né-
gociation qui n'aboutit point pour le moment. (Rymer, t. VII, p. 584 et 587.) Lancastre y est encore qualifié de roi de Castille et de Léon, et de même dans un acte relatif aux otages reçus à propos de la convention faite entre lui et Jean détenteur de la Castille, 26 août 1388. (Rymer, t. VII, p. 603.) Ce n'est qu'en 1389 qu'on cesse de lui donner ce titre, auquel lui-même avait renoncé depuis plus d'un an. (Voy. Rymer, t. VII, p. 641.) Quant au roi de Castille, appelé V intrus ^ VinjuMc occupeur et détenteur schismatique du royaume de Castille, dans la publication, faite par le roi d'Angleterre, des bulles du pape en faveur de Lancastre (11 avril 1386), et simplement détenteur de Castille dans l'acte cité plus haut, il n'est plus que V adversaire de Castille dans les actes suivants.
Page 12, note a.
Le duc de Gueldre. Pouvoirs pour traiter avec luif 13 mai 1837; pension de 1000 L, 13 juin; traité^ 10 juillet (Rymer, t. VII, p. 535-538 et 556). — Défi au roi de France, 12 juillet 1387. Froissart, III, 103, et Relig. de Saint-Denys, IX, 106. L'original est aux archives (Trésor des Chartes, J, 522, n"* 16). — Campagne de Gueldre (1388). Froissart, III, 116-118, 126-128; Relig. de Saint-Denys, IX, 6-9; Wals., p. 334. N. Roulland, qui s'était chargé des approvisionnements de l'expédition d'Angleterre, fit de même pour la campagne de Gueldre. Il envoya des agents avec 100 000 écus d'or sur les bords du Rhin pour amasser des vivres (Relig.. de Saint Denys, IX, 7).
IJ Ecosse. Wals., p. 335; M. Evesh., p. 105; Knightou, p. 2734; Froissart, III, 119-125. Walsingham avoue que les pertes des Anglais furent considérables, tout en disant que les Écossais éprouvèrent un dommnge irréparable par la mort des plus puissants d'entre eux. Froissart, qu'il y eut, des Anglais, mille -quarante pris, dix-huit cent soixante tués, et plus de mille blessés; et des Kcossais, cent morts, et deux cents pris. C'est, il le faut dire, la version des Écossais qu'il nous rapporte : « Il me fut dit par la partie des Escots qui furent à la bataille, » etc. (III, 124, vers la fin); et plus haut {ibid.y 121, vers la fin) : « Je chevauchai tout partout le royaume d'Kscosse, et fus bien quinze jours en l'hôtel du comte de Douglas, père de ce comte James dont je parle présentement. » Mais Froissart n'avait pas négligé de consulter aussi les Anglais :
396 LIVRE SEPTIKMK.
« Si fus informé des deux parties, et tout en la saison que la bataille avoit été : et bien se concordoient les uns et les autres. Mais ils me dirent que ce fut une aussi dure besogne et aussi bien combattue que nulle bataille ne put oncques être; et je le crois bien, car Anglois d'un côté et Escots d'autre côté sont très-bonnes gens d'armes; et quand ils se trouvent ou encontrent en parti d'armes, c'est sans s'épargner. »
Et il continue en relevant des traits qui montrent comme la chevalerie savait tempérer, au plus fort des batailles, les rigueurs de la guerre :
« Tant que lances, haches, épées ou dagues, et haleine peuvent durer, ils fièrent et frappent l'un sur l'autre ; et quand ils se sont bien battus et assez combattus, et que l'une partie obtient, ils se glorifient si en leurs armes et sont si réjouis, que sus les champs, ceux qui sont pris et fiancés ils sont rançonnés ; et savez-vous comment? Si très tôt et si courtoisement, que chacun se contente de son compagnon, et que au département ils disent grand merci . Mais en combattant et en faisant armes l'un sur l'autre, il n'y a point de jeu ni d'épargne, ainçois est tout acertes; et bien le montrèrent là, ainsi que je vous dirai avant que je me départe de la besogne; car ce rencontre fut aussi bien démené au droit d'armes que nulle chose pût oncques être. » (III, 121.)
Il reproduit les mêmes observations avec plus de vivacité dans le beau récit qu'il fait de cette bataille :
« Et sachez que cette bataille fut durement bien combattue et vaillamment maintenue; et fut pour les Anglois moult infortunée, car ils étoient trois fois plus de gens que les Escots; mais ce que d'Escots il y avoit, c'étoit toute la fleur de leur royaume; et bien le montrèrent, car ils avoient plus cher à mourir que reculer, par défaut de courage, un arpent de terre ; et sachez que Anglois et Escots, quand ils se trouvent en bataille ensemble, sont dures gens et de longue haleine, et point ne s'épargnent; mais s'entendent de eux mettre à outrance. Ils ne ressemblent pas les Allemands qui font une empeinte, et quand ils voient qu'ils ne peuvent vaincre et entrer en leurs ennemis ils s'en retournent tout à un fait; nennil Anglois et Escots, mais ils sont d'une autre opinion : car en combattant ils s'arrêtent sur le pas, et là fièrent et frappent de haches ou d'autres armures sans eux ébahir, tant que haleine leur dure. Et quand par armes ils se rendent l'un à l'autre, ils font bonne
compagnie sans eux trop travailler de leur finance, mais sont très courtois l'un à l'autre. » {Ibîd., 123.)
Il y a, sur la bataille d'Olterbourne, une ancienne ballade d*un poëte anglais, et par conséquent en l'honneur de l'Angleterre, dans les Reliques of ancient english poetry, publ. par Thomas Percy, évêque de Dromore. (Lond., 1844, t. I, p. 22 et suiv.)
Page 13, note a.
Négociations avec la France. Le duc de Lancastre, nommé lieutenant du roi en Guyenne, comme on l'a vu (26 mai 1388), conclut une trêve séparée pour sa province (27 août 1388. Rymer, t. VII, p. 595). Un acte du 13 août le charge de lever les hommes de son duché contre les Ecossais : mais la lettre est adressée à lui ou à son chancelier (Rymer, t. YII, p. 594), et ne doit point faire croire qu'il fût alors en Angleterre. Les négociations pour une trêve générale recommencent après que Charles YI es! revenu de son expédition de Gueldre : Sauf-conduit aux envoyés de France, 16 novembre 1388; pouvoirs pour traiter avec la France soit d'une trêve, soit de la paix finale, 26 novembre. L'évêque de Durham, W. de Beauchamp, capitaine de Calais, et J . Devereux, sénéchal de l'hôtel, sont les négociateurs désignés. Des pouvoirs leur sont donnés séparément pour traiter avec le comte et les prudhommes de Flandre (même jour). — Garantie aux ambassadeurs français qui doivent venir en Picardie, 5 février 1389; sauf-conduit valable jusqu'au 1" mai (4 mars). (Rymer, t. YII, p. 608, 610, 611, 613 et 614.)
Le roi de France et ses oncles. Le roi, dès son arrivée à Reims, annonça l'intention de gouverner par lui-même. Il prit pour ses principaux conseillers, dès son retour h Paris, Bureau de la Rivière, J. de Noviant et J. de Montaigu. (Relig. de Saint-Denys, IX, 10, li, 14. — Dlf/icullés pour les trêves; nouvelle invasion des Écossais. Wals., p. 336; M. Evesh., p. 107. Le comte de Norlhumberland (H. Percy), Raulf de Nevil, J. de Roos, et Roger de Gliflbrd étaient chargés spécialement de la garde des marches. (Rotuli Scotiie^ t. II, p. 94, 96, etc.) Le 8 mars 1388, la marche orientale fut confiée au comte maréchal U partir du I'"'' juin suivant, en même temps que J. de Roos et R. de Nevil ('tainnl r.onuiiis ;i 1m marche occidentale. {Ihid.y p. 96 )
Page 14, note a.
Déclaration de Richard. Wals., p. 337; M. Evesh., p. 108; Knighton, p. 2735; Otterbourne, p. 177. Walsingham dit que le roi ayant repris les sceaux à l'archevêque d'York, les mit dans son sein, pais sortit, et rentrant peu après, les donna à W. de Wickham, évêque de Winchester. Le Mémorandum de la remise des sceaux prouve que le roi les reprit le 3, et les donna le lendemain seulement à l'évêque de Winchester : l'archevêque de Ganterbury, le duc d'York, le comte de Derby, fils de Lancastre, et le comte de Nortlmmberland figurent parmi les témoins de la cérémonie. (Rymer, t. VII, p. 617.) J. de Holland reçut le gouvernement de Brest pour trois ans, le P*" juin 1389. (Ihid.,^. 622.)
Assentiment général. « Et non erat quis qui régis voluntatem « infringere conaretur, sed omnes Deum glorificaverunt qui sibi a talem regem sapientem futurum providere curavit. » (Knighton, p. 2735.)
L'évêque d'Exeter (Jean de Brentingham), jmis Vévêque de Saint-David (J. Gilbert), trésorier. G-odwin, de Prxsulihus Angliœ, p. 411, note, et p. 489. L'évêque de Saint-David figure comme trésorier dans une séance du conseil du 10 décembre. {Proceedings, 1. 1, p. 17.)
Page 15, note a.
W. de Wickham. Voyez, sur ce personnage important, Anglia Sacra (t. II, p. 318); Fr. G-odwin, de Prœsulihus Angliœ (p. 226-230), et W. Godwin, Life of Chaucer (t. III, p. 128).
Proclamation du roi. <t De avisamento, assensu et consilio a prœlatorum, procerum et inagnatum ejusdem regai nostri, « integrum regimen ac plenam gubernationem regni nostri « prœdicti super personam nostram propriam sumpsimus et « suscepimus. » Il confirme les pardons de l'an xi, et veut qu'aucun ne soit recherché : « Volentes semper quod omnes et « singulae gratise, pardonationes et remissiones in parliamento « nostro apud Westmonasterium, anno regni nostri xr, per nos « factse et concessae, in omnibus suis articulis inviolatae et in- « concussœ permaneant et existant.... Et quod nullus eorum, « cui hujusmodi gratiœ et pardonationes et remissiones factœ « fuerunt,... per nos vel per haeredes nostros futuris temporibus
NOTES. 39y
« impetalur, molesletur in aliquo, vel gravetur. » II ordonne en même temps d'empêcher les rassemblements illicites. (Westminster, 8 mai 1389. Rymer, t. YII, p. 618).
Page 17, note a.
Accusation contre Glocester repoussée. Wals., p. 337.
Démarche du comte de Northumberland au nom de Glocester ^ de Warivick et d'Arundel. « Item fut r[eprésenté par] le counte de Northumberland de par le duc de Gloucester et le counte Darundel comment ils désirent grandement que bon amour unitee et agrée puissent estre establiez parentre le Roy et les seigneurs de son counseil d'une part et les dits duc de Gloucester le counte Darundel et le counte de Warwyk d'autre part. Et que nulle partie eit l'autre en suspicion ou agait. Et aussi comme desirount estre certifie de la volentee du roi et de son counseil. «> (13 septembre 1389. Proceedinys , t. I, p. 12.) Il n'y eut pas de réponse formelle sur l'heure ; mais Glocester et Arundel figurent au conseil le 10 décembre suivant. {Ibid, p. 17.) Warwi'-k n'y est pas nommé. Derby s'y retrouvait déjà le 13 septembre. {Ibid.^ip. 11.)
Le comte maréchal. Sur son commandement de Berwick, voyez ci-après, p. 21 et 401. Un ordre en conseil veut qu'on lui paie « 1000 1. de regard (récompense) pour ses coustages pour le temps qu'il avoit la marche d'Escosse, « 13 septembre 1389 (cf. 22 novembre), et il était ordonné en même temps que l'on traiterait avec lui « sur l'office du capitaine de la ville de Calais. » (ProceedingSj t. I, p. 12 et 14*=). — Mort de Michel de la Pôle. Walsingham prend cette occasion pour épancher sur sa mémoire tout le fiel de sa haine : « Hac œstate (1389) perfidia* a promptuarium, sentina avaritiœ, auriga proditionis, area ma- « litiœ, odii seminator, mendacii fabricator, susurro nequissi- » mus, dolo prœstantissimus, artificiosus detractor, patriaeque « delator, Michael Atte Pôle, quondam comes Southfolchiae, re- « gnique cancellarius, sed nequam consiliarius, coucessit in « fata Parisius, merito perfidum evomens spiritum in terra « peregriua. » (Wals.,p. 339.) Le moine d'Evesham n'a garde de retrancher un seul mot de cette étrange oraison funèbre. (P. 113.)
Alexandre Nevil, ancien archevêque d'York. Voyez Godwin, De Prœsulibus Anglix, p. 688. — Hobert de Vère. 11 s'était
d'abord retiré en Hollande. Invité à quitter Dordrecht, il alla à Utrecht, ville franche : c'est de là qu'il vint en France où l'appelait Charles VI. (Froissart IV, 4.) — Sa mort. Wals., p. '352. — Remise de la deuxième moitié du dixième et du quinzième votés au dernier parlement, 16 mai 1389. Rymer, t. VII, p. 620.
Page 20, note a.
Négociations avec la France. Richard y employa les hommes déjà mis en avant par Glocester : l'évêque de Durham , W. de Beauchamp , capitaine de Calais ; Jean Devereux , sénéchal de l'hôtel, etc. Du côté de la France figurent l'évêque de Bayeux, Waleran, comte de Ligny et de Saint-Pol, Raoul de Rayneval, chambellan du roi, etc. — Sauf-conduit aux envoyés de France prorogé jusqu'au 15 juillet (5 mai 1389. Rymer, t. VII, p. 666). — Pleins pouvoirs aux ambassadeurs, 4 mai. (ibid. p. 638.)
L'Espagne : voyez ci-dessus, p. 394.
VÈcosse. Froissart, III, 138; Wals., p. 337; M. Evesh., p. MO-111. — « Et se sont là tenus (les négociateurs de Leulinghem) plus d'un mois, les uns à Boulogne, les autres à Calais, attendant ambassadeurs du royaume d'Escosse. Et a le roi de France envoyé devers le roi d'Escosse et son conseil pourquoi il prît trêves; car les Anglois ne veulent donner nulles trêves si les Escots ne sont enclos dedans. -» (Froissart, IV, 1 .)
Trêve de Leulinghem, 18 juin 1389; Rymer, t. VII, p. 623 et suiy. (L'original est aux Archives de TEmpire, J, 642, n° 23.) Pour la Guyenne et les pays en deçà de la Loire, la trêve courait du V août 1389 au l*'' août 1392. Aucune ville ou forteresse ne devait être bâtie ou réparée à la distance de sept lieues d'une ville de l'autre partie, sans congé de l'adversaire. {Ibid., p. 627.)
Actes divers relatifs à la trêve : Commissaires nommés pour recevoir le serment du roi d'Éeosse, 3 juillet. (Rymer, t. VII, p. 630.) — Sauf-conduit pour les envoyés écossais, même date. {Ibid., p. 631») — Envoyés français allant en Ecosse, même date. {Ibid.,^. 631, et Rot. Scot., 1. 11,^. 98.) — On cherchait à attirer les Ecossais aux écoles d'Angleterre : on trouve, à la date du 5 octobre 1389, un sauf-conduit à des Écossais qui viennent y étudier. {Rot. Scot., t. II, p. 100). — Ordre pour la proclamation de la trêve, 8 juillet. (Rymer, t. VJI, p. 634.) — Saufconduit aux envoyés français venant en Angleterre pour recevoir
le serment de la trêve, 22 juillet. {Ibid.y p. 635.) — Ratification de la trêve, 10 août. (Ibid., p. 637.) — Commissaires nommés pour la conservation des trêves, Il août. (/6if/., p. 639.) — Serment de Richard pour la trêve devant les envoyés d'Ecosse 27 septembre. (Ibid.y p. 639.) — Commissaires pour remédier aux infractions de la trêve (avec l'Ecosse), 18 décembre 1389. (Ibid., p. 650.) — Le roi de Castille confirme la trêve, 3 septembre. {Ibid.,ip. 644.)
Page 22 , note a.
Mesures de réforme arrêtées en conseil. « Qu'aucun coutumier (receveur) ni contrôleur de coutume ne soit nommé que par le trésorier ; que ceux qui sollicitent des dons mentionnent dans leurs requêtes les faveurs qu'ils ont déjà reçues , sous peine d'en être privés, » etc., 20 août 1389. (Proceedings, t. I, p. 9-11.
Affaires de Rome. A la mort d'Urbain VI, le comte de Northuraberland fit en conseil la motion que le roi ne reconnût pas le nouvel élu, avant d'avoir pu prendre l'avis des seigneurs et des communes ; et ce vœu, appuyé du conseil, fut agréé du roi, 20 novembre 1389. {Froceedings, t. I, p. 14'^.) — Négociations. Le duc de Bretagne offrait d'aider le roi à recouvrer ses châteaux en Guyenne , réclamant de son côté le comté de Richmond. Le roi répondit qu'il ne pouvait songer à recouvrer ces châteaux à cause des trêves; mais que, dès qu'il le pourrait faire sans violer les trêves, il serait prêt à accomphr le désir exprimé par le duc. (Ibid., p. 6.) Au conseil de Reading, 10 décembre 1389, il fut résolu « par cause que la besogne est bien chargeante, » d'attendre, avant de lui donner d'autre suite, la réunion du parlement. (Ibid., p. 17.) De même, à l'égard de la France on ajourna le départ des messagers qui devaient traiter de la paix, afin d'attendre qu'il y eût un plus grand nombre do seigneurs pour en débattre les articles, et que Lancaslre fût revenu en Angleterre (13 septembre, ibid., p. 11).
Le roi et le conseil à propos du comte maréchal. ProcecdingSy t. I, p. 12.
Page 22, note b.
La chambre des lords en 1388 et en 1390. Go sont les mêmes noms, sauf celui de Derby, et celui de Guy de Rrian, pour le-
quel on ne voit pas plus de motif d'exclusion; et quelques noms déplus en 1390. Voy. Gotton's Abridgm., p. 320 et 328.
Le duc de Lancastre. Ordre de retenir des vaisseaux pour le ramener de Guyenne en Angleterre, 11 août 1389. Rymer, t. YII, p, 641. — Invité à revenir. On trouve dans les actes du conseil le rapport du message envoyé à Lancastre, la réponse de Lancastre, et la résolution du conseil pour hâter son retour (28 novembre 1389. Proceedings, t. I, p. 14<=). — Lettre du roi. « Quia multum peroptamus prœsentiam vestram in Regno a nostro obtinere, tum ad consulendum nos super bono régia mine status ejusdem.... » (30 octobre 1389, Rymer, t. VII, p. 648.) Knighton (p. 2677), Walsingham (p. 342) et le moine d'Evesham (p. 118), disent qu'il revint en novembre. Ils le font intervenir comme pacificateur entre le roi et les lords dans le conseil tenu à Reading (décembre). Les actes du conseil constatent la présence de Lancastre, mais ne renferment rien qui justifie le dire de Walsingham et de son copiste. {Proceedings, t. I, p. 18.)
Lettres de protection. Rot. Pari, t. III, p. 265, § 25. Grand nombre de lettres de ce genre avaient été données à des chevaliers qui suivaient ou allaient rejoindre Lancastre en Espagne. (Voy. Rymer, t. VII, p. 490, 499 et 508). La fin de son expédition leur avait permis de rentrer en Angleterre, et peut-être continuaient-ils d'user et d'abuser des lettres qu'ils avaient reçues. Plusieurs aussi, qui recevaient ces lettres pour aller à la guerre, restaient chez eux. Les communes demandaient qu'elles ne fussent valables que pour ceux qui étaient à la solde du roi ou de ses capitaines, à la frontière et dans les pays où se faisait la guerre ; qu'ils n'eussent qu'un mois pour s'y rendre, et que, ce mois expiré, les lettres fussent annulées. — Insignes et livrées. Rot. Pari., t. III, p. 265, § 27, et 3« Statut de la xiir année (12 mai 1390), Stat. of Realm, t. II, p. 74. — Loi des laboureurs, Rot. Pari., t. III, p. 268, § 38; — paysans et artisans à la chasse, ibid., p. 273, § 58. Des plaintes non moins souvent renouvelées avaient rapport aux incursions des gens du pays de Galles dans les comtés voisins. Le roi dit qu'il avait chargé son conseil de se concerter avec les seigneurs de la frontière pour y apporter remède. {Ibid., p. 272, § 57.)
Page 28, note a.
Ordonnances du chancelier ou du conseil. Bot. Pari., t. III, p. 266, § 30. — Évocation au conseil, ibid., p. 267, §33. — Juridiction du sénéchal et du maréchal de rhôtel, ibid., § 34. Le statut de cette année marqua les limites de leur ressort : il s'étendait à 12 milles autour de la résidence du roi (Stat. 13 Richard II, c. ii. Stat of Realm, t. II, p. &2.) — Juridiction du clerc du marché : il avait le droit de briser les fausses mesures et de mettre les déliquants en prison : les communes se plaignaient qu'il se bornât à les mettre à l'amende sans détruire les fausses mesures [Rot. Pari., t. III, p. 267, § 35). — Les sergents d'armes, ibid., p. 265, § 28. — Les juges de paix, ibid.,ip. 269, §40.
Les chartes de pardon, ibid., p. 268, § 36. Gf. Wals., p. 343. — Tarif des amendes selon les personnes. Les archevêques ou ducs, 1000liv.;les évêques ou comtes, 1000 marcs; les abbés, prieurs, barons ou bannerets, 500 marcs ; les clercs, bacheliers ou autres de moindre état, 200 marcs et un an de prison. L'amende atteignait en outre ceux des officiers du palais qui auraient laissé la requête venir jusqu'au roi: le chambellan, 1 000 marcs ; le sous-chambellan, 500 m., et la charte accordée devait être nulle. {Ibid.) Ces chartes servaient trop souvent à sanctionner des conventions qui transformaient la peine du meurtre en compensation pécuniaire, et faisaient revivre l'usage du weregeld. Il parait même que les intercesseurs y trouvaient leur profit. Pour les mieux atteindre, les communes demandaient que nulle charte ne fût reçue par le gardien du sceau privé, sans porter le nom du requérant; que nulle ne vînt au chancelier, sans avoir passé par le gardien du sceau privé.
Page 29, note a.
Réponses du roi. Les voir après chacune des pétitions citées dans la note précédente. Cf. le l" statut de la xiir année de Richard II (16 mai 1390), c. i-viii. Stat of Realm, t. II, p. 61- 65; et 2* statut, c. i, ibid.^ p. 68.
Page 30, note a.
Peines nouvelles réclamées contre les proviseurs. Rot. Pari.,
t. III, p. 266, § 32 ; et aussi contre les porteurs ou exécuteurs des sentences du pape, Ibid., p. 270, § 44. Pour les antécédents de la question, voyez ci-dessus, t. I, p. 413, et aussi Lingard, Hist. d'Angleterre y t. IV, p. 358 et suiv. (de la traduction.) Le collecteur du pape, ibid., § 43.
Page 31 , note a.
Protestation des deux archevêques. Rot. Pari. y t. III, p. 264, §.21. — Lettre du roi à V archevêque de Canterbury contre les taxes nouvelles perçues au profit de Rome, 10 octobre 1389. Rymer, t. VII, p. 644 :
oc Licet vos non lateat qualiter ad conservationem jurium et « consuetudinum regni nostri.... vinculo juramenti sumus a astricti, ac de jure et consuetudine prœdictis impositio aliqua « eidem populo nostro, absque communi consilio et assensu « ejusdem regni, fieri seu levari non debeat ab eodem quovis « modo : supplicante insuper nobis in parliamento nostro, apud « Westm. nuper tento, communitate ejusdem regni contra impoa sitiones clero regni nostri prsedicti per summum Pontificem eo « tempore publicatas et exactas, remedium imponere, etc. »
Un assez grand nombre de pétitions particulières furent accueillies et reçurent réponse en ce parlement. Voy. Rot. Pari, t. III, p. 259-262, § 10-17, et p. 274-276, n°^ 1 et suiv.
Page 31, note h.
Réponses du roi touchant les proviseurs . Voir aux lieux cités dans la note précédente, et le 2^ statut de la xiir année, c. ii, Stat. ofRealm, t. II, p. 69-74. — Lettre du roi au pape. Après un tableau de Tétat déplorable de l'Église d'Angleterre, il rappelle le droit qu'ont le roi de présenter, et les chapitres d'élire : « Modicum omnino aut nullum sortiuntur eifectum ; immo « quod a seculis inauditum est, humanœ artis industria tantum « didicit avaritiœ famulari, ut si forte unicam ecclesiam cathe- « dralem vacare contigerit, sex aut quinque translationes seo: dium episcopalium continue celebrantur, non ut de virtute a sit transitus in virtutem, sed potius ut solvat uberius qui salit a allius, et imago Gœsaris in domum Domini multipliciter sed « tamen abominabiliter transferatur. » Il signale l'abus des provisions et des réserves, la simonie qui pénètre dans l'Eglise.
Il prie le pape d'arrêter ces scandales. La lettre est signée du roi, de ses trois oncles et des principaux barons d'Angleterre. (26 mai 1390, Rymer, t. VII, p. 672-675.)
Page 32, note a.
Prieurés étrangers. Rot. Pari, t. III, p. 262, § 19, et p. 276, n° 12. On voit dans les actesdu conseil, à la date du 20 août 1389, un prieuré donné à Ed. Dalingrugge, conseiller du roi, pour lui tenir lieu d'une pension de 100 m. (Proceedings^ t.I, p. 9.)
Page 33 , note a.
Vétaple des laines. Les communes demandaient qu'elle ne restât plus à Calais que juqu'àla Saint-Michel (29 septembre) : le roi la prorogea jusqu'à la Saint-André (30 novembre). {Rot. Pari, t. III, p, 268, § 37.) Par des lettres patentes du 17 décembre, il déclara que toute marchandise étrangère, arrivant à Calais, serait sous la direction du maire de l'é tapie de la ville. {Francise Rot. 13 R. II, m. 10, dans la collection Bréquigny, t. LXXVIII, ï°. 208.) — Vunitè des poids et mesures. On excepte, d'un commun accord, le comté deLancastre, qui avait des mesures plus grandes. (Rot. Pari., t. III, p. 270, §42.) — Les draps, etc., ibid., p. 271, §47, 49, 53. — Retirer aux cordonniers la faculté de cumuler le métier de tanneur, et réciproquement. Ibid., § 48, et le V statut de la xiii* année, c. ix-xiii. Stat. of Realm, t. II, p. 64, 65. — Le subside des laines. Au parlement de la xi" année (1388), le subside était, par chaque sac de laine ou par 240 toisons (outre le demi-marc d'ancienne coutume) : 43' 4** pour les indigènes, et 46' 8*^ pour les étrangers ; et par last de cuir, outre le marc d'ancienne coutume, 6"' 6* 8*^ pour les premiers, et 8*" pour les autres. Au parlement de la xiir année (1390): 33' 4*^, et 36' 8** pour la laine et les toisons; 5'" et 5™ 1/2 pour les cuirs, outre l'ancienne coutume, comme dans le premier cas. {YoyezRot. Pari., t. III, p. 245, § 16, et p. 262, § 20.) Walsingham dit que les communes votèrent 40' par sac de laine, dont 10 h l'usage du roi, et 30 à garder pour les besoins de la guerre (p. 343). Le procès-verbal du parlement le contredit; l'impôt l'ut moindre, et tout entier réservé à la guerre. Le moine d'Evesham(p. 122) exagère plus encore le chiffre du subside (50 et 60' par sac de laine ; 12'' par livre sur les marchandises).
Page 35, note a.
Lancastre investi du duché de Guyenne, 2 mars 1390. Rot. Pari., t. III, p. 263, § 21 et 22, et Rymer, t. YII, p. 659. Ordre à tous les feudataires d'Aquitaine de lui faire hommage, et aux officiers de lui rendre compte en ce qui regarde l'Aquitaine, même date {Ibid., p. 661). Par des lettres patentes du 23 novembre, le roi déclarait d'ailleurs qu'en donnant à vie le duché de Guyenne à son oncle, il n'avait point entendu porter préjudice à l'union de ce duché avec la couronne (Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n° 12, dans la collection Bréquigny, t. LXXVIII, f° 277.)
Le fils aîné du duc d'York créé comte de Rutland, le même jour que Lancastre recevait le duché de Guyenne, 2 mars. (Rot. Pari., t. III, p. 264, § 23.) Il eut, en outre, la charge d'amiral, de la xvir à la xxi" année de Richard (1393-1397) (ArchœoL, t. XX, p. 24, note.)
Domaine au duc de Glocester. Ce don est rappelé et confirmé au parlement suivant. (Rot. Pari., t. III, p. 274, n^ 1.)
Les amis de l'ancien évcque de Chichester. Ibid.y n'* 2. Cf. p. 244, n° 6, et ci-dessus, t. I, p. 369 et 515.
Garanties contre les libéralités du roi. « Item que nul doun ou graunt que purra tournîr à desencrees du profit du Roi passe saunz avys du consail et Tassent des Ducs de Guyenne et d'Everwyk (York), de Gloucestre et du chancelier ou deux de eux. » (Proceedings, t. I, p. 18 c.) Cette ordonnance, entre autres mesures utiles, défendait qu'aucun sénéchal ou juge fût nommé à vie, pouvoir dont les titulaires abusaient : les communes n'avaient pas cessé de s'en plaindre.
P?ge 36, note a.
Trêves. Elles motivèrent de nouvelles négociations avec l'Ecosse : Sauf-conduit à W. Douglas (20 avril. Rymer, t. YII, p. 678); commissaires pour la réparation des infractions faites à la trêve (28 juin. Ibid., p. 679); confirmation des trêves, (16 juillet. Ibid.,Yi. 683.) — Pouvoirs pour traiter avec la France: proroger les trêves, ou « venir à bonne, final et vraie paix et accord. » (7 avril 1390. Rymer, t. VII, p. 667 et 669.) Les commissaires sont : l'évêque de Durham, le comte de Norlhumberland, J. Devereux, sénéchal de l'hôtel, etc. Des pouvoirs
leur sont donnés en même temps pour traiter avec la Flandre. (Ibid., p. 670.)
Expédition du comte de Derby en Prusse. Wals., p. 343.
Le duc de Bourbon à Tunis. Froissart, IV, 13, 15 et 17 ; Relig. de Saint-Denys, XI, 2 et 3. Le Religieux de Saint-Denys dit que Derby était à la croisade de Tunis. Mais, selon Walsingham et Otterbourne, il devait faire alors la croisade de Prusse. Le religieux paraît confondre Derby, fils aîné de Lancastre, avec Jean de Beaufort, fils naturel du même prince, que Froissart nomme, et nomme seul dans cette expédition.
Les Turcs en Hongrie. En 1389, Amurath mourait vainqueur à la bataille de Gassova, laissant le trône à Bajazet.
Page 38, note a.
Joutes de Saint-Inglevert. « A l'entrée du joli mois de mai. » (Froissart, IV, 6 et 12.) « Donc s'en vinrent le comte de Hostidonne (J. de Holland, comte de Huntingdon), le comte maréchal.... et tous les chevaliers, qui jouté avaient les quatre jours, en une compagnie devers les chevaliers françois, et les remercièient grandement de leurs ébattements et leur dirent : « Tous « chevaliers et écuyers de notre compagnie qui jouter vouloient a ont fait armes. Si prenons congé à vous, car nous retourne- « rons à Calais, et de là en Angleterre. Nous savons assez que « qui voudra jouter à vous et faire armes, il vous trouvera ici oc les trente jours durans, selon la teneur de votre cri. Nous « revenus en Angleterre, nous vous certifions que à tous che- « valiers et écuyers que nous verrons et qui à nous de ces armes « parleront, nous leur dirons et prierons que ils vous viennent « voir. — Grands mercis, répondirent les trois chevaliers, et « ils seront recueillis de bonne volonté et délivrés au droit tt d'armes, ainsi comme vous avez été. Avec tout ce nous vous a remercions grandement de la courtoisie que vous nous avez a faite. » {Ibid.j vers la fin.) Les sauf-conduits donnés par le roi d'Angleterre à cette occasion, sont du 9 et du 13 mars 1389. (Rymer, t. VII, p. 663 et ô65.)
En 1390, des joutes brillanles eurent lieu en Angleterre. Un acte du 25 septembre accorde un sauf-conduit au comle do Saint-Pol pour venir avec deux cents chevaux assister h ces tournois. (Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n" 6. Gollect. Bréquigny, t. LXI, fM4.)
Le chevalier de Varmèe anglaise devant Noyon. « Là eut un chevalier d'Escosse qui fit une grande appertise d'armes ; car il se partit de son conroy, son glaive en son poing, monté sur son coursier, son page derrière lui, et brocha des éperons tout contreval la montagne. Si fut tantôt devant la barrière; et appeloit-on le dit chevalier messire Jean Asneton, hardi homme et courageux malement, et aussi avisé et arrêté en toutes ses appertises, là et ailleurs. Quand il fut devant les barrières de Noyon, il mit pied à terre jus de son coursier, et dit à son page : « Ne te pars point de ci ; » et prit son glaive en ses poings, et s'en vint jusques aux barrières, et se écueillit, et saillit outre par dedans les barrières. Là avoit de bons chevaliers du pays, messire Jean de Roye, messire Lancelot de Lorris, et bien dix ou douze autres, qui furent tous émerveillés qu'il vouloit faire; néanmoins ils le recueillirent moult faiticement. Là dit le chevalier Escot : « Seigneurs, je vous viens « voir: vous ne daignez issir hors de vos barrières, et je y daia gne bien entrer; je veuil éprouver ma chevalerie à la vôtre, « et me conquérez si vous pouvez. » Après ces mots, il jeta et lança grands coups à eux de son glaive, et eux à lui des leurs; et fut en cel état, lui tout seul sur eux, escarmouchant et faisant grands appertises d'armes plus d'une heure, et navra un ou deux des leurs ; et prenoit si grand plaisir à lui là combattre, que il s'entr'oublioit; et le regardoient les gens de la ville et de a porte, et des guérites, à grand'merveille, et lui eussent porté grand dommage du trait si ils eussent voulu: mais nennil, car les chevaliers françois leur avoient défendu. Tant fut en cel état, que son page vint sur son coursier, moult près des barrières, et lui dit tout en haut en son langage : « Monseigneur, « partez-vous, il est heure; car nos gens se partent. » Le chevalier, qui bien l'entendit, s'appareilla sur ce, et lança depuis deux ou trois coups, et quand il eut fait, il prit son glaive et se relança à l'autre lez sans nul dommage ; et tout armé qu'il étoit, il se jeta sur son coursier derrière son page. Quand il fut sus, il dit aux François : « Adieu, adieu, seigneurs, grands mercis. » Si brocha des éperons et fut tantôt à ses compagnons. Laquelle appertise d'armes de monseigneur Jean Asneton fut durement prisée de toutes gens. » (Froissart, I, part, ii, c. 309.)
Page 39, note a.
Renconlre des Français et des Anglais pendant les marches.
«t Et chevauchoient telle fois si près l'iin de l'autre que ils se lussent bien trouvés et rencontrés s'ils voulsissent, et parloienl à la fois l'un à l'autre. Donc il advint que messire Henry de Persy, un des gentils barons d'Angleterre , chevauchoit les champs avec sa route, et messire Guillaume des Bordes et messire Jean de Bueil faisoient une autre, et tenoit chacun son chemin sans point issir du frais. Là dit messire Henry de Persy, qui chevauchoit un blanc coursier, en regardant sur senestre, à monseigneur Aimery de Namur, fils au comte : « H « fait beau voler maintenant ; que ne volez-vous quand vous « avez ailes ? — Sire de Persy, sire de Persy, dit messire Aia mery, qui un petit issit de son conroy en frétillant son cour- « sier, vous dites voir, le vol est beau à nous, et si j'en élois a cru, nous volerions jusques à vous. — Par Dieu, Aimery, je « t'en crois bien. Or, émeus tes compagnons à voler; si y aura « bon gibier. » Ainsi, en bourdant, chevaucha le sire de Persy une espace de temps, cotianl les François; et le plus prochain de lui à qui il parloit, c'étoit Aimery, le bâtard de Namur, un moult frique et gentil chevalier et bon homme d'armes. » (Froissart, I, part, n, c. 368.)
Contraste des Français et des Anglais avec les Espagnols et les Allemands. Ibid.y c. 343. — Sur les Allemands, voir encore ce qu'il en dit, après avoir montré combien les Anglais et les Écossais eux-mêmes sont courtois l'un à l'autre, « ce que les Allemands ne sont pas; car mieux vaudroit un gentil homme être pris des mécréans, tous payens ou Sarrasins, que des Allemands; car Allemands contraignent les gentils hommes en double prison de ceps de fer, de bois, de grésillons et de toutes autres prisons hors de mesure et raison, dont ils meshaignent et atibiblissent les membres d'un homme pour estordre plus grand'finance Au voire dire en moult choses. Allemands sont gens hors de rieulle de raison, et c'est merveille pourquoi nuls conversent avec eux ni qu'on les souflre à armer avec eux, comme François et Anglois, qui font courtoisie, ainsi qu'ils ont toujours fait; ni les autres ne le feroient ni le voudroient faire. » Ibîd., m, 123.
Les Français et les Anglais en Espagne. Wals. p. 342 : <r Nempe mos est utrique genti, AngliiL' scilicet atque (lallia', a licet sibimet in propriis sint infesli regionibus, in remotis «« partibus tanquam fratres sibimet subvenire, et'fidem adin- « vicem inviolabilem observare. »
Page 42, note a.
Parlement de la xiv année (12 novembre 1390). Exposé du chancelier. Rot. Pari., t. III, p. 277, § J . On trouve les instructions secrètes qui avaient été données aux négociateurs (l'évêque de Durham, le comte de Northumberland, J. Devereux, Ed. Dalingrugge, Richard Stury, maître Raymond Guyllam, et maître Richard Rouhal) dans les actes du conseil. (ProceedingSj 1. 1. p. 19-22.) Ils doivent réclamer d'abord l'exécution du traité de Calais (traité de Brétigny du 8 mai, ratifié à Calais après quelques modifications, le 24 octobre 1360; Rymer, t. VI, p. 229). Si les Français s'y refusent, faire porter le débat sur la question de souveraineté et de ressort des pays en litige: point de confiscation de territoire, si ce n'est en cas d'attentat du roi d'Angleterre, duc de Guyenne, contre la personne da roi de France. Si les Français n'abandonnent pas la souveraineté au roi d'Angleterre, mettre au droit qu'ils retiennent les plus grandes restrictions; réclamer « Tentièreté » de la Guyenne; demander que l'hommage prêté pour la Guyenne redevienne ce qu'il était autrefois, sans tenir compte de celui que prêta le roi Edouard, encore mineur et sans l'assentiment du conseil. Le roi d'Angleterre n'a pas l'intention de faire hommage en personne ; aucun service ne sera exigé que des personnes qui tiendront pour ce temps le duché et autres terres. Si le duché est tenu directement par le roi ou par un de ses fils, l'hommage ne se fera que par procureur. Si les Français veulent proroger les trêves de Leulinghem, le roi y consent. Sa volonté formelle est que Calais et les forteresses de Picardie restent sous sa main. Les Français ne seront pas admis à traiter pour l'Ecosse (avril 1390).
Dans les instructions nouvelles données, le 28 avril, aux mêmes ambassadeurs, on leur prescrit en outre de réclamer le Ponthieu et ses dépendances, et l'arriéré de la rançon du roi Jean. On y insiste sur la question de l'hommage. On veut bien, si les Français l'exigent, que ceux d'Ecosse et d'Espagne soient compris avec eux dans la paix; mais à la condition que l'Angleterre assure à ses alliés le même droit; et on désigne particulièrement, comme devant figurer au traité, le roi des Romains, le roi de Portugal, le duc de Gueldre et les Génois.
Vers le même temps, des instructions avaient été données pour réclamer l'exécution de la trêve avec l'Ecosse. {Procee-
dings^ t. I, p. 27-33.) Les pouvoirs des commissaires sont du 28 juin. (Rymer, t. VII, p. 679, et Rot. Scot., t. II, p. 107.) Le T"" décembre, la France, sans rompre pour cela avec l'Angleterre, renouvelait son alliance avec l'Ecosse (Rymer, t. YII, p. 689); et dans le même mois, le conseil d'Angleterre envoyait en Ecosse deux nouveaux commissaires pour assurer l'observation des trêves. (Proceedings, t. I, p. 33; cf. Rot. Scot., t. II, p. 108.)
Page 43, note a.
Déclaration du parlement en faveur de la prérogative royale. Rot. Pari., t. III, p. 279, $\b. — Subsides : 50 s, (pour les indigènes) et 4 m. (pour les étrangers) par sac de laine, et par lot de 240 toisons; 7 m. 1/2 (pour les indigènes) et 8 m. (pour les étrangers) par last de cuir, y compris l'ancienne coutume de 1/2 m. et de 1 m.; 3 s. par tonne de vin, et 12 d. par livre sur les marchandises. (Rot. Pari., t. III, ibid., §. 16.)
Page 44, note a.
Règlements divers. On revint sur l'étaple, qui aurait dii êlre ramenée de Calais en Angleterre le 30 novembre : on en fixa l'époque au lundi après l'Epiphanie pour tout délai. (Rot. Pari , t. III, p. 278, § 6.) Les maires, constables et tous oiiiciers ou ministres de l'étaple, dans le lieu où on l'établirait, devaient prêter serment au roi et à l'étaple. {Ibid.,§ 8.) En outre les communes demandèrent que, dans tout port où il y aurait étaple, on nommât deux coutumiers ou receveurs, étrangers à la ville; et le roi l'accorda, ajoutant que receveur, contrôleur ni peseur ne pourraient avoir la charge à vie, conformément au vœu que les communes avaient déjà exprimé. (Ibid., p. 28 1 , § 27). — Des mesures furent prises pour soutenir le prix des laines (p. 278, g 9), et prévenir les fraudes (p. 281 , g 26). Pour donner plus d'activité au commerce, on promit aux marchandsétraugers même protection qu'aux indigènes, (/^i//. , §25.)
Cuu/irmatiun des statuts relatifs à l'usure {ibid,, § 24); — à l'unité des mesures (§ 28).
Autres rèylcnicnls. Déleuses renouvelées contre les moulins et bâtardeaux interceptant le cours de la navigation ou nuisant au frai du poisson (p. 282, § 34). — Obligation aux marchands qui font des échanges pour la cour de Rome, d'acheter dans
les trois mois des marchandises de l'étaple (laine, plomb, beurre, draps) (p. 278, § 7). — Ordre aux marchands du royaume de ne fréter que des vaisseaux du royaume, pourvu pourtant que les possesseurs de vaisseaux n'exigent qu'un prix raisonnable (p. 278, § 11) : le roi chargea les amiraux de veiller aux coalitions de mariniers, signalées comme tendant à faire hausser leur salaire (p. 283, § 37). La juridiction de ces amiraux était dénoncée elle-même pour ses empiétements : le roi en renvoya l'examen à son conseil (p. 282, § 33). Il confirma les statuts sur les juges de paix (p. 279, § 17), et, tout en maintenant les privilèges du comté de Ghester, promit de faire droit aux plaintes portées contre les brigandages de ses habitants.
Remise d'impôts aux co7ntés du Nord y Rot. Parl.,X. III, p. 280, §22; — exemption pour douze ans à Guernesey, Jersey^ Aurignyy ibid., p. 281, §..30. — Vente des biens confisqués, ibid., § 21. — /. de Northampton (Cf. Wals., p. 288, 308 et 310). Rot. Pari., t. III, p. 282, § 36. — Garantie fut donnée aux ducs d'York et de Glocester, pour la rente de leur duché et le payement des arrérages (p. 278, § 12).
Le comté de Richmond, domaine du duc de Bretagne, avait été. confisqué par jugement, au parlement de la huitième année de Richard (1384), pour le punir d'être revenu à l'alliance de la France ; mais « pour certaines causes au roi et seigneurs bien connues, » on en avait différé l'enregistrement jusqu'à ce jour (on comptait toujours le regagner). La confiscation fut inscrite aux rôles (t. III, p. 279, § 14).
Page 45, note a.
C/iarnbellan de Charles VI envoyé à Richard. Relig. de Saint "Denys, XII, 2 ; — message du roi d'Angleterre. Froissart, IV, 18. Froissart dit que cette députation vint en France vers la Chandeleur (février 1391). C'est un peu trop tôt. Le Religieux de Saint-Denys ne parle du message de Charles VI qu'après Pâques de cette année. Froissart, il est vrai, attribue la première démarche à Richard ; mais le Religieux de Saint-Denys est d'accord avec Walsingham et Otterbourne pour la rapporter à Charles VI : et elle honore celui qui ne craignit pas de la faire. Walsingham met dans la bouche des Français des raisons qui montrent que l'on sentait (et probablement de part et d'autre) combien il était inutile et dommageable pour les deux
pays de continuer la guerre : a Asserebant siquidem Gallici se '< peroptime nosse fore insufficientes ad reguum Angli.e devin- « cendura, et Anglicos nullatenus fore tam fortes ut Franciam a subjugarent, et in lalibus inutilibus expeditionibus utrumque « regnum fore mullipliciter onerandum. » (p. 344).
Sauf-conduit pour négocier avec la France et V Ecosse (1 1 décembre 1390; Rymer, t. YII,p. 691.) — Invitation personnelle au roi d'Angleterre^ acceptée : « Rex autem Angliœ, licet mul- « tis suspectus foret omnis tractatus Francorum, illuc proficisci « decrevit. » (Wals., p. 344.)
Page 46, note a.
Le duc de Bretagne (voyez ci-dessus, t. I, p. 321). a Le duc dessus nommé à bon gré ou à mal gré, du conseil du roi n'accomptoit que un trop petit, et faisoit toujours pourvoir ses villes, ses cités et chasteaux grandement et grossement, et montroit qu'il avoit aussi cher la guerre que la paix. Tout ce que il faisoit étoit bien sçu en France et au conseil du roi; et le tenoient ceux qui prochains étoient du roi pour orgueilleux et présomptueux, et le menaçoient fort. Celui duc de leurs menaces ne faisoit compte, et disoit et promettoit ; et les apparences on en véoit, que il feroit au comte de Penthièvre guerre et à tous ses aidans, et sur forme de juste querelle, et disoit : a Celui comte de Penthièvre, notre cousin, s'écrit et nomme « Jean de Bretagne, aussi bien comme s'il en fût héritier. Nous « voulons bien que il se nomme Jean, car c'est son nom, et « comte de Penthièvre: mais nous voulons que il mette jus les a hermines, et s'escrive Jean de Blois, ou de Chastillon, et nul- « les autres. Et si il ne le fait, nous lui ferons faire, et lui toul- « drons (ôterons) sa terre, car il la tient en foi et hommage de « nous; et aussi k l'héiitage de liretagne il n'a que faire jamais « de penser que il lui retourne, car nous avons fils et fille qui « seront nos héritiers; si se voise pourchasser ailleurs, car à « notre héritage a-t-il failli. » (Froissart, IV, 21; Cf. I). Mo- « rice, Hist. de Bretagne^ t. I, p. 406 etsuiv.)
Sauf-conduit à Lebègue de Vilaine envoyé par Charles VI en Angleterre. Suppl. Uymer, Richard II y t. IV, n" 41 ; Gollect. Bréquigny, t. LXXIX, f" 7. — Divers pouvoirs pour Imiter avec la France. Suppl. Bymer, ibid.y n" 61 ; Coll. Bréquiguy, ibid., f" 15.
Page 48, note a.
Affaires de Rome et d'Italie. Wais., p. 344, 345. Ce que dit Walsingliam des vues de la France sur les domaines du saintsiège en Italie était fondé. Voyez le curieux message de Charles YI à Clément VU, à la date du 24 janvier 1393. (Douet D'Arcq, Pièces inédites du règne de Charles VI ^ t. I, p. 112.)
Contra impétrantes huilas in curia romana : œ Quod omnes et a singulœ personee, ligei nostri, in curia romana existentes, sub a forisfactura vitœ et membrorum, ac omnium aliorum quse nobis a forisfacere poteruut, versus idem regnum nostrum se trahant « et festinent, ita quod sint infra regnum nostrum prœdictum a citra festum sancti Martini in hyeme proximo f uturum , ad « ultimum. » (3 mai 1391. Rymer, t. VU, p. 698.)
Page 51 3 noie a.
Subside. Rot. ParL, t. III, p. 285, § 10. Le demi-dixième et le demi-quinzième étaient spécialement destinés aux frais du roi, s'il allait en France pour faire paix ou trêve ; et s'il n'y allait pas, et que la guerre suivît, on devait le réserver avec le quinzième et le dixième entier pour les dépenses de la guerre. Si le roi y allait de sa personne, le subside entier devait servir, tant aux frais de son expédition, qu'à la défense du royaume. S'il n'y allait pas et qu'il y eût paix ou trêve, le quinzième et le dixième ne devaient point être levés. Le clergé avait été convoqué pour le 1 2 novembre afin de voter sa part dans le subside. (7 octobre 1391. Rymer, t. YII, p. 707.) — Déclaration en faveur de la prérogative royale. Rot. Pari., t. III, p. 28, § 1 3 .
Page 51, note h.
Message de Richard à Charles VI . Froissart, IV, 24. Richard avait envoyé un sauf-conduit pour le comte de Saint-Pol, qui devait venir en Angleterre au nom du roi de France. (12 novembre 1391. Rymer, t. VII, p. 708.) — Le duc de Bretagne à Tours. Froissart, IV, 24; Relig. de Saint-Denys, XII, 5 -, D. Morice, Hist. de Bretagne, 1. 1, p. 409. Le duc de Bretagne, tout en négociant de si mauvaise grâce avec la France, avait renoué des négociations avec l'Angleterre qui persistait à retenir confisqué son comté de Richmond. Dans les instructions
données aux deux commissaires chargés de répondre k ses avances (22 décembre 1391), le roi ne refuse pas de lui rendre le comté de Richmond, et s'engage à ne pas marier, sans sou aveu, ses enfants qu'il propose d'envoyer en Angleterre comme otages. Il y avait un article où Ton promettait de soutenir le duc, en argent et en soldats, contre ses sujets qui pourraient se révolter et lui faire la guerre : mais il fut barré, et une note marginale dit que le roi ne veut pas pour le moment s'engager sur ce point. {ProceedingSy t. I, p. 36-40.)
Page 52 , note a.
Conférences de Tours. Proissart, IV, 24. — Traité de Tours entre le roi et le duc de Bretagne, 26 janvier 1392. D. Morice, Preuves de V Histoire de Bretagne, t. II, p. 585. Le traité de mariage de Jeanne de France, seconde fille de Charles YI, et de Jean de Montfort, fils et héritier du duc de Bretagne, est du même jour {Ibid., p. 590.) Ce mariage fut célébré le 19 septembre 1396. (Voyez ci-après.) — Accord du duc et du comte de Penthièvre, fils de l'ancien prétendant, Charles de Blois : le duc lui cède plusieurs terres; le comte ratifie le traité de Cuérande et fait hommage lige au duc. (Même jour, i6it/., p. 586.) — Traité entre le duc et Ctisson. (Môme jour, ibid.) — Richard à Douvres. Froissart, IV, 27 . Quoique investi du duché de Cuyenne, le duc de Lancastre avait encore reçu de Richard le titre de lieutenant du roi, pour veiller à la Picardie (22 février 1392, Rymer, t. VU, p. 711). Richard l'étabhssait ainsi, avec tousses pouvoirs, sur le théâtre des négociations. Walsingham (p. 347) et Knighton (p. 2739) ne font pas figurer le duc d'York dans la députation. Le dernier nomme seulement son fils, le comte de Rutland.
p. 53, note a«
Entrevue d'Amiois. Froissart, IV, 27; Relig. de Saint- Denys, XII, 7; Wals., p. 347. (Cf. Otterbourne, p. 181.) L'historien anglais confirme ce que dil Froissart de l'éclat de cette réception et de la munificence qu'y montra Charles VI. « Le duc de Lancastre, dit-il, fut reçu comme le plus grand empereur. Depuis son arrivée jusqu'à Amiens, on fournit à ses frais et à l'entretien des mille chevaux de sou escorte, sans que personne de sa suite eut besoin de rien demander, les servi-
leurs du roi leur apportant tout ce qui sembloit leur être né* cessaire. »
P. 56, note a.
Paroles de Charles VI au duc de Lancastre. «Beau neveu, lui disait-il, si paix pouvoit être entre nous et le roi d'Angleterre, nous pourrions ouvrir un passage en Turquie en confortant le roi d'Honguerie et l'empereur de Gonstantinople, auxquels l'Amorat-Baquin (Bajazetj donne assez à faire, et recouvrerions le royaume d'Arménie que les Turcs tiennent. On nous a bien dit que l'Amorat-Baquin est un vaillant homme et de grand emprise ; et sur tels gens qui sout contraires à notre créance et la guerroyent tous les jours, nous devrions incliner au vouloir défendre. Si vous prions, beau neveu, tout acertes , que vous y veuilliez entendre , et promouvoir ce voyage au royaume d'Angleterre, quand vous y viendrez. » (Froissart, IV, 27.)
P. 57, noie a.
Grand conseil de Stanford. « Tandem finito tractatu, dux rea diit Angliam,treugas unius anni reportans, ut per idem tem- Œ pus deliberaret regni Angliœ collecta potestas, utrum expedi- « ret paci finali manus dare, potius quam négocia dubia belli « tractare. Idcirco Stanfordiam accessere vocati non solum ce regni domini , sed et de qualibet civitate quidam , prout ad (c parliamenta soient accedere, deliberaturi de tanlo negolio « qiiod agendum. » (Wals., p. 347; et Otterbourne, p. 181.)
Sentiment de Glocester, Froissart, IV, 20.
Sédition de Londres et châtiment de la ville. Walsingham, p. 347, et Knighton, p. 2740. Ed. Dalingrugge figure parmi les membres du conseil dans les premières années de Richard. (Voy. Proreedings, t. I, p. 6 et suiv.) Knighton ne parle pas du meurtre. Walsingham prend cette occasion pour faire des habitants de Londres un portrait qui n'est guère plus flatteur que celui dont on se souvient : « Erant quippe tune inter omnes « fere nationes gentium elatissimi, arrogantissimi et avarisa simi,... lollardorum sustentatores, religiosorum detractores, « decimarum detentores, et communis vulgi depauperatores. »
(Wals., p. 348). Rymer rapporte à cette année un acte du 1 3 mars, qui transfère la cour du banc commun et celle de l'Échiquier de Londres à York (Rymer, t. YII, p. 713). Walsingham (p. 349) rejette la mesure à l'année suivante, et dit qu'elle lut prise, soit en haine de Londres, soit parce que le chancelier, archevêque d'York, voulait établir les hautes cours de justice au siège de son archevêché. Mais cela ne dura point. L'acte qui suspend les libertés de Londres est du 22 juillet. (Rymer, t. VII, p. 730.) Le 23, le nouveau magistrat, les deux vicomtes et les vingt-quatre aldermen désignés par le roi prêtèrent serment en présence de ses trois oncles. {Ibid. p. 731- 733.) Knighton rapporte la citation du maire de Londres devant le roi, et ce qui s'ensuivit à un grand conseil tenu à Nottingham vers la Saint-Jean. Il ne faut pas prendre cette date à la lettre, si on veut demeurer d'accord avec les actes.
P. 62, note a.
Rentrée du roi à Londres. Wals., p. 349 ; Knighton, p. 2740. — Pardon à la ville. (Les mêmes, ibid.) Richard de Waidstone a célébré par un poëme en distiques latins cette réconciliation du roi et de son peuple. Il y décrit longuement l'appareil de la réception populaire , assez semblable aux entrées royales que l'on vit à Paris au temps de Charles YI, et que Froissart se complaît à raconter : les surprises, les dons faits au roi, les grâces qu'il faisait sur la route, et le pardon qui couronna la fête. (Polit, poems andsongs, t. I, p. 282-300.)
L'acte qui confirme l'amnistie est du 19 septembre 1392. (Rymer, t. YII, p. 735). La quittance des 1000^ payées par la ville au roi est du 28 février suivant {ibid., p. 739).
Des changements importants eurent lieu en cette année dans la situation de quelques-uns des principaux personnages de la cour de Richard. Aubry de Yère, héritier de Robert de Yère, fut mis en possession du comté d'Oxford. Jean Devereux, connétable de la Tour et sénéchal de l'hôtel, étant mort subitement, Thomas Percy, de vice-chambellan, devint sénéchal de l'hôtel; \V. de Beaumont, connétable de la Tour, et William le Scrop, vice-chambellan. Ce seigneur, que les généalogistes rattachent à la branche des Scrop de Masham , mais qui est désigné, ainsi que nous le verrons plus tard, comme fils de Richard le Scrop, ancien chancelier, dans les Rôles du parlement,
ne tardera point à se produire en première ligne. Il avait été sénéchal d'Aquitaine en 1383 {Rot. Vascon., an 6 Rich. II, m. 8. Gollect. Bréquigny, t. XXI, f° 113); en 1386, capitaine de Cherbourg pour trois ans : (Franc. Rot., an 9 Rich. II, m. 5. Gollect. Bréquigny, t. XLI , f" 123); il l'était encore en 1389 (Rymer, t. VII. p. 634), sans qu'il paraisse avoir perdu le titre de sénéchal d'Aquitaine (col! . Bréquigny, t. XXXVIII, f** 49). Il sera plus tard (1398) capitaine du château de Calais et trésorier d'Angleterre (1399). En l'année où nous sommes (1392), il acquit de William de Montaigu, comte de Salisbury, l'île de Man qui faisait une petite souveraineté donnant le titre de roi et le droit de porter couronne royale. « Nempe dominus hujus insulae rex vocatur, cui etiam fas est « corona aurea coronari. » (Wals.,p. 350. Voyez Stow, Ann., p. 308; et sur William leScrop,Dugdale,t.I,p 661 et Archxol., t. XX, p. 46.
Page 62, note a {Us).
Leduc de Gueldre en Angleterre. Walsingham, p. 347. — Richard toujours favorable à la paix. Froissart, IV, 31. — Suite des négociations avec la France : Pouvoirs pour traiter donnés à l'évêque de Saint-David, à W. de Montaigu, comte de Salisbury, à Thomas Percy, etc., 20 juin 1392 (Rymer, t. VII, p. 721); sauf-conduit aux commissaires de France, 22 juin. {Ihid., p. 723); prorogation delà trêve jusqu'à la Saint-Michel de l'année suivante (1393), 15 mai 1392. (Rymer, t. VII, p. 714); confirmation, 20 juillet. {Ibid., p. 729.) Le 22 mai le roi avait donné à W. le Scrop, alors sénéchal d'Aquitaine, et à deux autres des pouvoirs pour traiter avec les comtes d'Armagnac et de Foix. (Ibid., p. 712.)
Par une lettre du 20 août 1392, dont on a une copie aux archives {Trésor des Chartes, J, 644, n° 35^^), Richard fit savoir à Charles VI que Lancastre irait à Leulinghem aux octaves de la Chandeleur pour reprendre les négociations de la paix. Les instructions données par Charles VI pour répondre à ces avances, témoignent de la cordialité qui commençait à s'établir entre les deux rois. (Creil, 13 septembre 1392. Ibid., J, 643, n** 2.)
Page 64, note a.
Parlement de Van xvi (20 janvier 1393). La question de la paix et celle des proviseurs sont encore posées par l'archevêque
d'York, chancelier, parmi les motifs de la convocation, dans son discours d'ouverture. (Rot. Pari., l. III, p. 300, § 1.) — Droit (le modifier temporairement le statut des proviseurs. Ibid., § 8. — Protestation de V archevêque de Canterbury. Ibid., p. 304, § 20. — Subside. Un demi-quinzième et un demidixième à lever à la Saint-Jean, s'il y avait paix ou trêve avec la France et que le roi voulût aller en Irlande ou en Ecosse; un autre demi-quinzième et un demi-dixième à la Toussaint, et un nouveau demi-dixième et demi-quinzième à lever à la Purification de l'année suivante, avec cette clause, qu'on ne le lèverait pas si le roi n'allait pas à la guerre. {Rot. Pari., t. III, p. 301, § 11.) Le parlement avait de plus accordé au roi, pour lui et pour ses héritiers, rois d'Angleterre, le droit de tester librement. {Ibid:, p. 300, § 10.) Il proposa ou adopta encore plusieurs autres mesures que l'on verra plus loin. Il finit le 10 février. {Ibid., p. 308, § 35,)
Page 67, note a.
Lancastre. Opposition de l'Aquitaine à l'acte qui lui conférait le duché et le gouvernement du pays. (Froissart,IV, 41.) Richard le confirme, 7 juillet 1392. (Rymer, t. YII, p. 728.) Selon Otterbourne (p. 182), Henri Percy ayant été envoyé à Bordeaux, les habitants ne le voulurent recevoir que sur son affirmation qu*il venait comme lieutenant, non de Lancastre, mais du roi. — Lancastre, lieutenant du roi en Picardie, 22 février 13U2 {ibid., p^ 711); 22 février 1393 {ibid., p. 737). Ces pouvoirs lui furent encore continués l'année suivante, 10 mars 1394. [Ibid., p. 766).
Opposition de Glocester à la paix. Froissart, IV, 31 ; — Sa popularité. Cf. Wals., p. 345, 346. En 1391, Glocester ayant voulu faire une campagne en Prusse, ce fut grand deuil dans le peuple : on craignait, dit Walsingham, qu'eu son absence il n'arrivât quelque malheur. Mais la tempête l'ayant ramené en Angleterre, la joie fut vive dans le royaume, et Walsingham n'est pas éloigné d'y rapporter le salut de Londres. Les troubles de Londres ayant éclaté peu après, c'est h lui, on se le rappelle, que l'historien renvoie tout le int'rito de la grâce accordée k la cité par Richard.
Page 68, note a.
Nouvelles conférences de Leulinghem. Religieux de Saint- Denys, XIV, 2; Froissart, IV, 35; Wals., p. 350.
En se rapprochant de la France, Richard n'avait garde de délaisser la Rretagne. Ses instructions prescrivaient à Lancastre de faire comprendre le duc de Bretagne dans les trêves, alléguant les raisons de famille et les relations de vasselage (au titre du comté de Richmond) qui ne lui permettaient pas de l'abandonner. Il veut l'y faire admettre, de la même sorte que le roi de France a fait comprendre TEcosse dans les traités antérieurs (février, 1393. Proceedlngs, t. I, p. 45). Le duc de Bretagne, à coup sûr, méritait bien cette protection; et il ne laissait pas que d'avoir des griefs contre les Anglais. Ce comté de Richmond, au titre duquel le roi d'Angleterre se déclarait son seigneur, était toujours confisqué depuis neuf ans et attribué à la reine. Le duc se plaignait encore du tort que lui avait fait la mise en liberté de Jean deBlois (en 1387). De plus, le château de Brest, donné en gage à Richard moyennant une rente de 700 m. st., devait être gardé aux frais du roi; et il rétait : mais les Anglais établis là avaient levé plus de 30 000 fr. de contribution sur le pays d'alentour. La plainte du duc (de la fin de mars au mois de juin, à ce que l'on croit), est rapportée parmi les actes du conseil. {Proceedings, t. I, p. 47-50.)
Sauf- conduit aux ducs de Berri et de Bourgogne et à 600 hommes de leur suite, 22 février et 16 mars 1393; prorogé, 24 mai. (Rymer, t. VII, p. 738, 741.) Des pouvoirs particuliers furent donnés à W. Blount et à deux autres pour négocier avec l'Espagne, 17 avril 1393. (/^irf., p. 743.)
Rôle de Glocester dans les conférences, a Le duc de Lancastre avoit répondu à ce (aux paroles pacifiques de Charles VI) (Voyez ci-dessus, p. 416, noie de lap.56), et dit que tout son pouvoir il en feroit ; et si fit-il vraiment, car par lui et ses remontrances au roi d'Angleterre, son cousin, à son frère, à tous les consaux du pays et du royaume d'Angleterre, ce second parlement fut remis ensemble à Lolinghen, l'honneur d'Angleterre gardée. Son frère le duc de Grlocestre y étoit assez plus froid que lui, et ressoignoit les cavillacions et déceptions des paroles colorées des François; et disoitque les François vouloient toujours lutter les deux bras dessus, et tant que les parties s'en perçurent. Et vint, ce me semble, un écuyer d'honneur françois, nommé
Robert l'Ermite, et étoit du conseil et de la chambre du roi de France, devers le duc de Glocestre ; je ne sais s'il y fut envoyé ou s'il vint de lui-même : mais il dit ainsi au duc de Glocestre, car le dit duc me conta depuis toutes ces paroles en son hôtel à Plausti (Plashey ou Plessis) : « Monseigneur, pour l'amour « de Dieu, ne veuillez point briser les articles de la paix, car a vous véez comme nos seigneurs de France y mettent grand' « diligence; et vous ferez aumône, car la guerre a trop duré; « et quand temps est, et que les deux rois le veulent, tous leurs « sujets et prochains y doivent bien obéir. » — « Robert, Ro- « bert, répondit le duc de Glocestre, je veuil bien à tout ce « adresser; et point n'y suis contraire ni rebelle; mais entre « vous de France avez tant de paroles colorées, lesquelles nous « sont obscures à notre entendement, que, quand vous voulez, <c il est guerre, et quand vous voulez il est paix ; et ainsi nous « avez-vous menés jusques à présent; et ainsi vous détermi- « nerez-vous toujours, tant que vous soyez venus à votre en- « tente. Et si Monseigneur m'en eût cru, et la greigneur partie « de ceux de son royaume qui taillés sont de le servir et aider, « jamais paix n'eût été entre France et Angleterre, sans que « tout nous eût été restitué ce que tollu on nous a, et sans a cause, par caulelles subtiles, ainsi que Dieu sait, et tous « autres qui veulent raison connoître et entendre. Et puisque « Monseigneur s'incline à la paix, de ce avez-vous cause de « parler, c'est raison que nous le veuillions aussi ; et si paix « est, ainsi que les deux rois le désirent, et pourquoi nous « sommes ci assemblés, elle soit bien connue de votre côté, et a elle sera bien tenue du nôtre! » Sur ces paroles se départit le duc de Glocestre de Robert l'Ermite, et prit congé, et vint entre ses gens, et entra en autres paroles. » (Froissart, IV, 35.) Les rois consultés. Froissart, ibid.j et Religieux de Saint- Denys, XIV, 2. Richard paraît avoir eu l'intention de venir lui-même à Calais. Une lettre du 26 juin 1393 ordonne d'y faire prendre des herbages et couper les foins pour le service du roi qui doit s'y rendre. (Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n« 104. Gollect. Jiréquigny, t. LVII, 1« 226.)
Page 70, note a.
La tempête. Relig. de Saint-Denys, XIV, 2.
Pierre de Luna à Uulinfjhem. Froissart, IV, 35; Relig. de
Saint-Denys, XIV, 3. Ge n'est pas que les Anglais eussent un grand zèle pour le pape de Rome. Malgré toutes les plaintes da parlement, et sans doute à cause de cela même, le papeBoniface, dit le Religieux de Saint-Denys, n'avait point chez eux grand profit ou honneur dans la collation des bénéfices ou la levée de ses subsides. Ils n'étaient guère ses fidèles que de nom a (Quamvis regno Anglise in beneficiis conferendis vel « subsidiis colligendis Bonifacius nil commoditatis perciperet a vel honoris, sed sibi obediretur solo verbo). » Mais ils étaient de nom et de fait les adversaires de Clément YII.
P. 71, note a.
Nouveau sauf-conduit aux ducs de Beiri et de Bourgogne, 5 août 1393; Pouvoirs aux ducs de Lancastre et de Glocesîer, 12 septembre, Rymer, t. YII, p. 752, 753.
Brest et Cherbourg. Froissart, IV, 35. — Approvisionnements de Brest, 7 août 1394. Rymer, t. VII, p. 785. C'est toujours J. de Holland, comte de Huntingdon, frère utérin du roi, qui en est gouverneur. — Consentement à la restitution de Cherbourg pour la Saint-Michel^ \" mars 1393. Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n" 93. Collect. Bréquigny t. XXXI, f" 186. — Ordre de restitution de Cherbourg au roi de Navarre, 24 octobre 1393. Rymer, L VII, p. 756 et 759. Cf. Wals., p. 350.
Les traités avec l'Ecosse suivaient toujours, à distance, les traités conclus avec la France. Dans l'été de 1393, Richard en est encore aux négociations pour le prolongement de la trêve jusqu'à la Saint-Michel de l'année suivante (2 7 juin et 22 août). La trêve était finie avant que la prolongation en fut jurée, 26 octobre 1393. (Rymer, t. YII, p. 749, 754, 758.)
P. 72, note a.
Quittance de la somme de 25 000 fr. remboursée par le roi de Navarre, 21 janvier 1394. Rymer, t. VII, p. 764.
Parlement de la xvii" année, 27 janvier 1394. Rot. Pari., t. III, p. 309. — Accusation du comte d'Arundel contre le duc de Lancastre, Ibid., p. 313, § 11. Walsingham (p. 350), présente autrement la dispute. C'est le duc de Lancastre qui accuse Arundel d'avoir armé contre lui dans le comté de Chester.
P. 74, note a.
Double motif de la convocation du parlement. Rot. Pari. y t. III, p. 309, § 1. — Question des libertés de Londres. Ibid.^ p. 324, n" 2. La ville de Londres avait dû payer une amende pour rentrer en grâce auprès du roi et obtenir le rétablissement à Westminster des cours qu'il en avait éloignées. Le clergé, les veuves de Londres se plaignaient qu'on les eût fait contribuer. {Ibid., p. 325, n<* 3 et 4.) Le maire et les aldermen prièrent le roi, par une autre pétition, de confirmer cette mesure {ibid.y n° 5). — Suppression de r élection annuelle des aldermen^ ibid., p. 317, § 25; — responsabilité du maire et des vicomtes et aldermen limitée, ibid., § 26.
p. 76, note a.
Mesures diverses : La libre exportation du blé (Rot. Pari., t. III, p. 320, § 39) ; exportation de l'étain par les ports d'Angleterre (p. 319, § 34). Nous reviendrons, au chapitre suivant, sur d'autres détails de l'administration intérieure de Richard.
Question de la paix. Assentiment des lords ^ Rot. Pari., t. III, p. 315, § 16. — /. Bussy, speaker, ibid., p. 310, § 6. — Assentiment des communes, ibid., p. 315, § 17. Sur la question de l'hommage, Richard avait été au-devant du vœu des communes. Une députation, composée des évêques de Durliam et de plusieurs clercs ou docteurs en droit, avait reçu des pouvoirs pour négocier avec les envoyés de France les modifications à introduire dans les termes où il serait rendu, 16 août 1393. (Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n" i08. Gollect. Bréquigny, t. LXXIX, 1° 37.)
Page 76) note a (bù).
Subside. Rot. Pari., t. III, p. 314, § 12. Durant ce parlement, dit le moine d'Evesham (p. 125), le roi donna un grand banquet dans l'hôtel de l'évêque de Durham, où il réunit les ducs ses oncles, les prélats, les comtes, les barons, et avec la reine beaucoup de nobles dames. Tous les seigneurs invités, qu'ils vinssent ou ne vinssent pas, devaient payer 20 s. par tête. Nous voilà loin de la prodigalité de Richard !
P. 78, note a.
Trêve de LeuUnghem. Froissart, IV, 44. Relig. de Saint-Denys,XV, 1; Wals.,p. 350; Knighton, p. 2741. Froissart donne dans ces négociations un rôle qui semble exagéré à Robert l'Ermite. — Voyez les actes dans Rymer : Pouvoirs pour traiter aux ducs de Lancastre et d'York, 10 mars 1394. Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n° 125. Coll. Bréquigny, t. LXXIX, f* 31. — Sauf-conduit aux ducs de Berri et de Bourgogne, 8 avril 1394, Rymer, t, VII, p. 766. — Traité signé le 27 mai 1394; confirmé par Richard, le 5 juin, ibid., p. 769. Les originaux, et du traité et de la ratification, scellés l'un du sceau de Lancastre, l'autre du sceau de Richard, sont aux Archives, {Trésor des Chartes, carton J, 643, n°* 4 et 5). — Sauf-conduit au vicomte de Melun, envoyé de France (qui doit recevoir le serment de Richard), 23 juin, Rymer, t. VII, p. 779. — Ordre de proclamer les trêves au dehors (on y lit les noms des Etats divers pour lesquels chacun des deux rois entend stipuler) , 28 juin,i5irf., p. 780.
Voici dans son entier la pièce d'Eustache Deschamps, qui exprime si vivement le sentiment national sur Calais :
Antre Beau Raym et le parc de Hedin, Ou moys d'Aoust, qu'om soye les fromens, M'en aloye jouer par un matin; Si vi bergiers et bergieres aux champs, Qui tenoient là leurs parliers moult grans, Tant que Bochiers dist à Margot la broingne , Que l'en aloit au traittié à Bouloigne, Et que François et Anglois feront paix. Elle respont : « Foy que doy Magueloingne, « Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays. »
Lors vint avant Berthelot du Jardin,
Qui respondit : « La paix suis desirans;
a Car je n'ose descouchier le matin,
a Pour les Anglois qui nous sont d'?struisans;
« Mais dire oy, il a passé dix ans,
« Qu'à leur dessoubz quierent toudis aloigne
ce Pour mettre sus leur fait et leur besoigne,
« Et puis courent le règne à grans eslays;
a Maint l'ont veu, et pour ce je tesmoigne,
H Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays. »
Après parla par grant courroux Robin A Berthelot, et lui dist : « Tu te mens, « Car les François et les Anglois enfin « Veulent la paix, il en est dèsor temps; « Trop a duré la guerre et li contens, a Ne je ne voy nul qui ne la ressoigne. » « Certes tout ce ne vault une escaloingne, » Ce lu; respont Henris li contrefais :
«Encorfaulra chascun [prengnej sabroingne; « Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Galays.
« Car l'autre jour oy maistre Martin,
« Qui racontoit le Roy est mendre d'ans,
a Et qu'il estoit une loi en latin
« Qui deffendoit rien vendre des enfans.
tt En Guyenne sont deux mille et cinq cens
a Villes, chasteauls, qu'Anglois veulent qu'on doigne,
a Et grant tas d'or, et que le roi esloingne
a De roy en duc Tommaige qui est fais. »
a Qui fera ce? respon, sote Caroingne!
a Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays. 53
Guichars li bruns, qui fu nez à Seclin,
Dist que cilz faiz est doubleux et pesans;
Voire, et qu'Englèsy pensent mal engin
De retenir ce port qui est constans.
<t Se ce ne fust, bien le fussent rendans;
« Mais ils pensent barat, guerre, et alloingne
a Faire au derrain. Ne le duc de Bourgoigne
a Et de Berry ne feroient jamais
tt Tel paix à eux. Qui voulra? si me perdoingne;
a Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays. »
Envoy.
Princes, là fu Bertrisons, et Hersans, Et Alizons, qui moult orent de sens; Et jugierent, quand li parlers fu fait, Que telle paix seroit orde et meschans; Et concluirent aux bergiers eulx disans : « Paix n'arez jà s'ilz ne rendent Calays. »
{Poésies morales et historiques (TEustache Deschamps j publiées par Grapelet (Paris, 1832) p. 71. La pièce est reproduite clans les Political poems and songs, t. I, p. 300).
p. 80, note a.
Négociations avec l'Ecosse, Pouvoirs pour traiter avec les
Ecossais, 27 août 1394, Rymer, t. VII, p. 786. — Sauf-conduit à leurs envoyés, même date, ibid., p. 787. — Promesse de mariage, même jour, ibid. Les trêves ne furent jurées par le roi d'Ecosse que l'année suivante : Pouvoirs pour recevoir son serment, 13 février et 6 mai 1395, Rymer, t. YII, p. 793 et 800. — Humeur des Écossois. Froissart, IV, 39.
L'Irlande : « Et vous dis pour vous mieux informer de la vérité, que Irlande est un des malaisés pays du monde à guerroyer et à soumettre : car il est formé étrangement et sauvagement de hautes forêts, de grosses yauves (eaux, marais), de crolières (tourbières) et de lieux inhabitables. Et se recueillent Irlandois es bois et forêts; et demeurent en tranchées faites dessous arbres, en haies et en buissons, ainsi comme bêtes sauvages.... Et ne peut nul homme d'armes monté achevai si fort courir, tant soit bien monté, qu'ils ne le atteignent : et saillent de terre sur un cheval et embrassent un homme par derrière, et le tirent jus (à bas) ; car ce sont trop fortes gens de bras ; ou tout en tenant, sur le cheval, ils le lient si fort de bras, que cil qui est tenu d'eux ne se peut défendre. Et ont Irlandois couteaux aigus devant, à large allumelle à deux taillans, à la manière de fer de darde, dont ils occient leur ennemi, et ne tiennent point un homme pour mort jusques à tant qu'ils lui ont coupé la gorge comme à un mouton ; et lui ouvrent le ventre et en prennent le cœur et l'emportent; et disent les aucuns, qui connoissent leur nature, qu'ils le mangent par grand délit. » (Froissart, IV, 42.)
p. 81, note a.
État de VIrlande. Voyez Archœologia, t. XX, p. 16, note b, p. 19, note d; et p. 243 (append., n"' 1), Nous reviendrons sur la chronique française, publiée dans le recueil anglais et à laquelle ces notes se rapportent. — La sauvage Irlande, Froissart, IV, 42. — Mot de J. Davies .-Discoverie ofthe true causes, why Ireland was never subdued, 1747, cité dans la note de YArchseologia.
En 1389 (20 août), J. Stanley avait été nommé gardien d'Irlande pour trois ans {Proceedings, t. I, p. 7). Après lui, le gouvernement fut confié au comte d'Ormond, qui déploya de l'énergie et battit à Kilkenny les Irlandais rebelles; mais il réclamait des subsides, et le parlement anglais murmurait.
Glocester offrit ses services; et il allait partir, quand le roi déclara qu'il prenait l'Irlande sous son gouvernement immédiat. {Liber^ muncrum puhlicorum Hibernisey 1152-1827, préface, t. I, p. 25.)
P. 82, note a.
Subside du parlement. Yoirci-dessvLS, p. 62 et 419. La France, l'Ecosse et l'Irlande sont les trois pays où l'on suppose que le roi peut aller de sa personne. — Préparatifs de Richard. Wals., p. 350. — Mort de la reine, Froissart, IV, 39. Wals., p. 350. Knighton, p. 2744. L'ordre pour sa sépulture est du 10 juin 1394, Rymer, t. YIl, p. 776. — Deuil public : « Haec enim re- « gina, quamvis sine liberis decessit, tamen graciosa et regno a Angliœ, in quantum potuit, proficua tenebatur, unde proceres a et plebei in ejus mortem valde condolebant. » (M. Evesh., p. 126.) — Douleur du roi, ibid. Walsingham (p. 350) dit à propos de la reine : « Gujus exequise quanto celebriores fuerunt « in expensis, tanto notabiliores infamiis : quia rex ipse pol- « luit locum sanguine comitis Arundeliœ in principio officii fu- « neralis. » On ne devine pointée qu'il veut dire par là : on verra que le comte d'Arundel périt d'une manière tragique un peu plus tard. Dans VHypodigma Neustrix, il ajoute à ces paroles une explication : le roi se serait laissé emporter à cet excès de colère , parce que le comte n'avait point assisté à la levée du corps, et à la marche du cortège de Saint-Paul à Westminster, et parce que, venu le dernier, il avait le premier demandé au roi la permission de s'en aller pour affaires urgentes. Ce texte, loin de l'expliquer, contredit l'autre, et n'est justifié par rien. On voit dans les actes que le comte d'Arundel fut envoyé à la Tour et en sortit au bout d'une semaine. (3 et 10 août 1394. Rymer, t. YII, p. 784 et 785.) Gela se rapportet-il à ce que Walsingham raconte des funérailles de la reine ? On ne le peut dire.
A son retour d'Irlande, Richard fit élever pour la reine Anne et pour lui-môme le tombeau où ils figurent couchés l'un près de l'autre sur le lit funèbre, k Westminster. Le contrat pour l'exécution du monument est du 1" avril an xviii (1 395) : il devait être achevé dans les deux ans, à partir de la Saint-Michel suivante. (Rymer, t. VII, p. 795.) Le 24 avril un autre contrat a pour objet l'exécution des deux statues (ibid., p. 797. Voyez le
monument et sa description dans Gough, Mon, of Great Britain, part. II, p. 163-170.)
Proclamation pour le voyage d'Irlande, 1" juillet 1394 : le roi ordonne d'être prêt le 3 août. — Pouvoirs pour tout préparer en Irlande^ 5 juillet. — Ordre à J. Beauchamp, comme connétable de Douvres et gardien des cinq ports, pour les services dus au roi en pareille circonstance, 2 août, Rymer, t. YII, p. 782 et 784. — Le duc d'York lieutenant du roi d'Angleterre pendant V expédition d'Irlande, 29 septembre 1394, ibid.^-p. 789.
Le duc de Lancastre en Aquitaine. Knighton, p. 2741, Otterbourne, p. 183, et Froissart, IV, 38. C'est à tort qu'il lui fait donner à cette date l'investiture du duché. Lancastre était duc de Gruyenne depuis 1389. Mais comme il n'avait pas encore pris possession, et que les mauvaises dispositions de la province étaient connues, le roi, rappelant l'acte de donation et d'investiture, enjoignit par un acte nouveau du 10 septembre 1394 à tous ses sujets d'Aquitaine de le reconnaître pour duc. (Suppl. Rymer, Richard II, t. IV, n" 144. Gollect. Bréquigny, t. LXXIX, f° 63.)
Armes de saint Edouard prises par Richard : « Qui sont à une croix potencée d'or et de gueules, k quatre blancs colombs au champ de Técu ou de la bannière. » (Froissart, IV, 42.)
p. 83, note a.
Richard en Irlande. Froissart, IV, 39 et suiv. Le chroniqueur tient les détails qu'il rapporte, de ceux qui furent de l'expédition : il arriva en Angleterre comme le roi revenait d'Irlande (ibid., 40).
Soumission des principaux chefs irlandais : O'Neal, roi de Meath ou plutôt de l'Ulster; Arthur Mac Morogh, roi de Leinster, qu'on retrouvera dans la seconde campagne de Richard; O'Gonnor, roi de Gonnaught, et un quatrième que Froissart appelle roi d'Arse. (Voy. Froissart, IV, 42, et les notes de Buchon. Cf. Wals., p. 350 et 351, Otlerbourne, p. 184.) Il est parlé nommément de Mac Morogh, d'O'Neal, et des autres en général, dans les lettres de félicitation du conseil au roi (février 1395). « Goment vos rebeaux Mac Morogh et le grand Onel et autres grantz capitaines illoeques le plus fortz de la terre, pur doute de vostre roiale puissance sont venus humblement a vostre obéissance et soy ont sousmys lour
gentz et lour terres en vostre noble disposition en haut et en bas, et jurez destre vos foiaux hges desore en avant. » {Proceedings, 1. 1, p. 57-59.)
P. 88, note a.
Parlement de la xviir année (27 janvier 1395). Rot. Pari, t. III, p. 329. — Discours du chancelier^ ibid. § 1. — Vote du subside, ibid., p. 330, § 6. C'est à tort que l'auteur de V Histoire parlementaire (t. I, p. 221), suivant à la lettre Walsingham (p. 351), applique la réserve des communes au vote de l'impôt en général : il ne s'agit que de l'impôt appliqué aux guerres d'Irlande : « Issint que mesmes ses dits communes.... et le dit royalme d'Angleterre, touchant les guerres d'Irlande, soient auxi franks comme ils furent avant cest présent granl (octroi), forspris la levée d'icelle. » Le clergé avait été spécialement convoqué à la même fin, par un acte du 26 novembre (Rymer, t. YII, p. 792). Le duc d'York obtint en outre, par voie d'emprunt, diverses sommes d'argent de plusieurs prélats (Proceedings, t. I, p. 60).
P. 89, note a.
Projet d'amnistie en Irlande. Le roi lui-même, dans sa lettre au duc d'York et au conseil , fait le tableau de l'état de l'Irlande : «Pour ce ensement quen nostre terre Dirland sont trois maners de gens, cestassavoir Irrois savages, nos ennemis. Irrois rebelx, et Engloizobeissantz(l" février I39b. Proceedings^ t. I, p. 56.)» Il reconnaît avec une remarquable bonne foi les torts de l'administration envers ce malheureux pays : « Semble a nous et a nostre counseil esteant entour de nous que considérez que les ditz Irrois rebelx, se sount par cas rebellez pour griefs et torts a eulx faits d'une part et par defaute que remédie ne lour ad estez fet d'autre part, et que ensement s'ils ne feussent sagement traitez et mis en bon espoir de grâce ils se verroient verisemblablement joindre à nos ennemis. » Il songe donc au pardon : « Mes par taunt que nous ne pensoums fere nulle tiele ne si chargeaunte chose saunz voz counseil et assent, nous avoms pris generalment toutz les ditz Irrois rebelx en nostre proteccioun especiale, a durer tanqa quinzeine de Pasques prochein avenir, aufin qenlreci et adunque ils purront venir ceux de eulx qui vorront monstrer les causes de leur
rebellioun, et par especial qen le mesme temps nous pourrons avoir vos plein conseil et avis, si ladite pardoun soit a estre graiintez ou non. » (Lettre du roi au duc d'York et au conseil, 1" février 1395, Proceedings, 1. 1, p. 56.) — Réponse du Conseil: a II nous souvient bien cornent au temps de vostre darrein parlement tenuz a vostre paleys de Westminster, nous donasmes response a les articles a nous baillées de par vostre roiale magestee par vostre uncle de Glocester: alors toutes choses considérées estoit notre avys qil feusse expédient que procès se ferroit encontre les ditz rebelx, selon ce que nous respondismes a la quinzisme article des articles susditz. Mais desicome il semble a la sage discrecion de vous et de vostre dit conseil esteant entour vostre noble persone, que pour les causes desus expressees tiele grâce seroit à granler par manner come avant est dit, nous, considerantz la variance de temps et confiantz grandement en le sage avys et haute discrecion de vous et de vostre dit conseil qui avez plus de connoissance en celle partie que nous navons, et pur eschuire les périls qui en cas de le contraire purroient avenir a vostre terre susdite, nosons ne ne devions départir de vostre dit avys, einz condescendons à ycelle. Purveu toutes voies que, selonc le sage et haut avys de vous et de vostre dit consail esteant entour vous, tieux et si hautes fins et ranceons soient faites par ceux qui enjoieront la pardon susdite, selon la quantitee de leur forfaiture et trespas, comme ils purront faire sanz outrageouse destruccion de eux, sique des profitz provenantz de mesmes les fins et ranceons et des fées du seal, les grandes charges queux vous y covendra avoir a cause de la sauf garde et governance de vostre dite terre, après vostre départir hors dycele, pourront bonnement estre supportez sanz charger le poeple de votre roialme par celle cause, et que du remenant de mesmes les profitz vous puissiez en partie estre relevez en maintenance de votre roial estât, si bien a lonur et profit de vous come au plaisir et aiese de vostre poeple susdit. Et que convenable temps soit limitez par votre sage discrecion deinz quel les ditz rebelx devient (doivent) pursuire pur leur chartes, sur peine de perdre le benefite dy celle. Escrit à Londres le xix^ jour de marz. » {Proceedings, t. I, p. 62, 63.)
p. 93, note a.
Administration de Richard. — Prise de possession de terres à main armée. Rot. Pari., t. IIÏ, p. 290, § 27 (1391), et le stat. de la xv*^ année de Richard II, c. ii, Stat. of Realm, t. II, p. 78. Cf. le statut de la v^ année, c. vu, ibid., p. 20 ; — Livrée des seigneurs. Rot. Pari., t. III, p. 307, § 31 (1393) ; — Brigandage de ceux de Chester ou de Galles (1391), ibid., p. 295, §47; p. 308, § 34 (1393.) — Malfaiteurs intimidant leurs dénonciateurs, ibid., p. 306, § 26 (1393), et p. 318, § 29 (1394); — garantie contre la délivrance arbitraire des coupables, p. 317, §24 (1394).
Jimdiction des amiraux, ibid., p. 282, § 33 (1390), p. 291, § 30 (1391); de même pour le constable de Douvres, p. 290, § 28 (1391); tribunaux des seigneurs, p. 285, § 9 (1391) ; — agents forestiers, p. 295, § 36 (139IJ, p. 319, § 35 (1394); — clercs dit banc du roi, du commun banc, ou des assises, se faisant procureurs des parties, p. 306, §28 (1393). — Réponses confirmatives du roi. (Voir ces mêmes dispositions dans les statuts de ces années, Stat. of Realm, t. II, p. 76-90).
Liberté individuelle garantie, a Le roy voet que si ascun soit arestuz ou emprisonez encontre la fourme du dite (Grant) Gharlre, qu'il viegne à son respons et que droit luy soit fait. » Rot. Pari., t. III, p. 319, § 37 {I39k); — les juges de paix, p. 290, § 27 (1391); — abus administratif réprimés : marché deSinithfield, 1^.321,$ 45 (1394).
Dégrèvement aux vicomtes. Rot. Pari., t. III, p. 290, § 29 (1391); p. 305, p. 21 (1393); p. 321, § 47 (1394); p. 330, §7 (1395); — flwa; comtés du Nord, p. 281, §22 (1390); p. 295, § 45 (1391); — rnarine : ne fréter que des vaisseaux anglais, à des conditions raisonnables, p. 278, § 11 (1390); p. 296, § 50 (1391); Cf., p. 283, § 37 (1390), et p. 305, § 24 (1393); — libre circulation des rivières, p. 282, § 34 (1390) ; — unité des poids et mesures, p. 281, § 28 (1390); p. 291, § 31
(1391); p. 306, § 25 (1393); — prise de vin remplacée par uîi droit de 2 5. par tonneau, p. 306, § 29 (1393). — Mesures pour soutenir le prix du blé : on en permet l'exportation jusqu'à nouvel ordre, p. 320 § 39 (1394); — pour soutenir le prix des laines, ibid., p. 278, § 9 (1390). — Industrie : draps, etc., p. 29^, § 40 et 43. — Restriction aux libertés des marchands étrangers, sur la demande des communes^ p. 308, § 33 (1391), et Stat. 16 Rich. II (1393), c. i, Stat. of Realm, t. II, p. 81. Comparez sur tous ces points les statuts de la xv% de la xvr et de la xvii* année de Richard II, Stat. of Realm, t. II, p. 78-90.
Page 96, note a.
Demande du parlement que Vétaple soit transférée de Middelbourg à Calais (1388). Rot. Pari., t. III, p. 250, § 41. — Statut de Cambridge pour la translation de Vétaple à Calais, an V décembre suivant (1388). Stat. of Realm, t. II, p. 60.
Parlement du 17 janvier 1390. Demande que l'étaple reste à Calais jusqu'à la Saint-Michel, et soit alors ramenée en Angleterre. Accordé, en reportant le terme de la Saint-Michel (29 septembre) à la Saint-André (30 novembre). {Rot. Pari., t. III, p. 268, § 37.) La trêve conclue diminuait d'ailleurs les périls de cette relégalion du grand marché national au delà de la mer, en donnant toute sécurité aux marchands qui s'y rendaient. Les communes demandaient en outre que l'étaple, ramenée en Angleterre, n'en pût être éloignée désormais sans l'assentiment du parlement, et que nul Anglais ne pût exporter ses laines après l'époque fixée, sous peine de confiscation de la marchandise (ibid.). — Exception prononcée en faveur des worsteds (ibid.,
Parlement du 12 novembre 1390. Il est accordé que l'étaple soit rétablie pour l'Epiphanie (6 janvier 1391) aux lieux marqués par le statut de l'an xxvii d'Edouard III {ibid., p. 278, § 6). L'arrêté figure dans le statut qui suivit le parlement. (Stat. 14 Rich. II, c. t. Stat. of Realm, t. II, p. 76.) Par contre-coup, selon la demande des communes au dernier parlement, il fut défendu aux Anglais de se livrer dès lors à l'exportation des laines, sous peine de la confiscation de la marchandise. {Ibid., c. V, p. 77.) C'est ce qu'à deux reprises avait fait Edouard III, en ramenant l'étaple en Angleterre. Pour y faire venir les étrangers, on croyait nécessaire de ne leur point lais-
ser h. craindre la concurrence des Anglais. L'étaple avait d'ailleurs, dans ceux qui amenaient en Angleterre les marchandises de leur pays, une clientèle nécessaire. Pour maintenir quelque équilibre dans les échanges, il était ordonné que tout étranger qui appoitait des marchandises en Angleterre, emportât, pour la moitié au moins du prix de sa vente, quelqu'une des matières de l'étaple. — Le port de Darmouth fut désigné pour le passage de l'étain. (IbicL, c. vu.) Le c. ix assure toute protection aux marchands étrangers. Le c. x interdit aux receveurs et contrôleurs des ports, d'avoir des vaisseaux et d'en louer : ils eussent fait une trop redoutable concurrence au commerce, et l'on craignait quelque connivence entre eux et les marchands aux dépens du trésor. (Gf. Rot. Pari, t. III, p. 281, § 27.)
Parlement du 3 novembre 1391. Rot. Pari., t. III, p. 285. Au parlement de novembre 1390, on avait réglé l'administration de l'étaple. Chaque lieu d'étaple devait avoir son maire, ses constables, etc. {Rot. Pari., X. III, p. 278, § 10.) En 1391, il fut ordonné que les obligations des marchands fussent passées devant le maire et les constables, conformément au statut d'Edouard III, et l'on régla qu'il y aurait à cette fin, dans chaque étaple, un sceau particulier à la garde du maire. (Stat. 1 5 Rich. II, c. IX, Stat. ofRealm, t. II, p. 81.)
Réclamations contre le privilège de Calais. Au parlement de 1394, il y en eut de très-vives. Le marché de l'étain suivait, d'après les anciens règlements, le marché des laines. (Gf. Stat. 15 Rich. II (1391), c. viii, Stat. of Realm, t. II, p. 81.) Les communes du comté de Gornouailles ayant demandé que ce produit de leurs mines fût vendu dans leurs ports, et non point à Galais, le roi maintint le droit de Galais, voulant d'ailleurs que le conseil accordât des autorisations particulières moyennant le payement du subside. {Rot. Pari., t. III, p. 319, § 34.) Les communes des comtés de Hamp, Wilts, Sommerset, Dorset et Berk, réclamaient une dispense pareille pour leurs laines. Elles représentaient que la qualité inférieure de ces laines soutiendrait difficilement la concurrence, s'il fallait ajouter à leur prix les frais de leur transport à Galais, et elles demandaient que les marchands de Normandie, aussi bien que ceux de Gênes et de Venise, pussent les venir prendre sur la côte méridionale de l'Angleterre, au lieu d'aller à Galais. Mais le roi maintint aussi le droit de Calais. {Ibid., p. 322, §51.)
P. 99, note a.
Le duc de Lancastre et Wicleff. Voyez ci-dessus, t. I, p. 49 et 130. — Le duc prit à la fin pour confesseur le carme Jean de Kyningham, un des principaux adversaires de Wicleff. Kyningham figure comme docteur en théologie au concile de Londres (17 mai 1382), et avec le titre de confesseur du duc de Lancastre au concile de Stanford (28 mai 1392), où Grump fut accusé d'hérésie. (Vo}^ez Fasciculi zizaniorum, p. 286 et 357.)
Les lollards dans lÉglise. Voyez ci-dessus (t. I, p. 130 et 459) le rôle de plusieurs dignitaires de l'Université d'Oxford. — Chapelain du pape prêchant la doctrine de Wicleff. Wals., p. 329. — Prêtres lollards : « Lolardi tantam prœsumpserunt « audaciam, ut eorum presbiteri, more pontificum, novos « crearent presbiteros, asserentes, ut fréquenter supra retuli- « mus, quemlibet sacerdotem tantam consecutum potestatem « ligandi atque solvendi , et cetera ecclesiastica ministrandi,
« quantam ipse papa dat vel dare potest Et qui taliter ordi-
« nati sunt ab hereticis, sibi cuncta licere pu tantes, missas a celebrare , divina tractare et sacramenta conferre minime timuerunt. « (Wals., p. 339, 340.)
Uévêque de Norwich,ibid. On ne signale du reste aucune exécution qu'il ait ordonnée. Walsingham dit que personne ne se pressait d'aller au martyre .
P. 99, note b.
Nouvelles propositions des lollards (1387). Knighton, p. 2707; Otterbourne, p. 185. Le parlement s'en émut lui-même ; et le roi, dit l'historien, invita l'archevêque de Ganterbury et les divers prélats à faire soigneusement leur devoir, chacun dans son diocèse (Ibid., p. 2708.) Suit une commission royale, adressée à plusieurs docteurs, pour l'examen de livres de la secte, en date du 23 mai an xi (1388). {Ibid., p. 2709.)En 1392, W. Gourtney, archevêque de Ganterbury, parcourut plusieurs diocèses et prononça diverses excommunications contre les lollards; plusieurs firent leur soumission.
Conclusions des lollards envoyées au parlement (1394-1395). Fasciculi zizaniorum j p. 360,
A ce mouvement des lollards dans la dernière partie du règne de Richard II, se rapporte un petit poëme, intitulé Com-
plainte du laboureur. {The complaint of Uie Ploughman). Un grand débat est ouvert : d'un côté le pape, les cardinaux, prélats, curés, moines et frères de tout ordre ; de l'autre, des gens pauvres, pâles, les lollards. Où est le mensonge et qui a droit? Un grifton et un pélican plaident la cause de chaque parti. Le pélican parle pour les lollards, et il fait le tableau le plus chargé des excès qu'on reproche aux gens d'église : c'est merveille , s'écrie-t-il, que le parlement et les lords de la terre ne songent pas à tirer le pauvre peuple de leurs mains (p. 324). Quoique le griffon soit là pour défendre l'Église, on comprend que, dans le plan de l'auteur, il n'abuse pas de la parole. Il se fâche : il demande ce qu'on a à dire des chanoines, des moines; il n'ouvre la bouche que pour donner aussitôt la réplique au pélican et fournir un texte à ses déclamations. A la fin, il s'envole, menaçant de revenir pour le mettre en pièces. Mais le pélican s'en va aussi et ramène le phénix, qui chasse et détruit tous les oiseaux de la suite du griffon. Le laboureur a recueilli la dispute ; il raconte la fin du débat, et quant à lui se soumet à l'Église,
To holy church I will me how :
Ech maa to amend him Christ send space !
And for my writing me allow He that is almighty for his grâce.
(Polit, poems and songs, 1. 1, p. 304-346.) On trouve aussi cette pièce à la suite des œuvres de Ghaucer, comme lui ayant été rapportée. {Eîigl. Poet., 1. 1, p. 623-634.)
Mouvements à Londres en 1382. Wals., p. 288. — Démonstrations publiques à Londres pendant V absence du roi (1395). Wals., p. 35 1 . — Appuis des lollards parm i les nobles, ibid. Les mêmes personnages sont déjà signalés au même titre en 1387 par Walsingham (p. 328) et par le moine d'Evesham (p. 82, 83). L'historien et son copiste racontent de Jean de Montaigu, qu'il poussa la haine contre les images, jusqu 'à détruire tous les tableaux d'un domaine dont il avait hérité. — Sous la date du 8 juillet 1395, on trouve dans Rymer deux lettres du roi au chancelier de l'Université d'Oxford, l'une pour écarter les lollards de l'Université, l'autre pour examiner le Trialogus de Wicleff. (Rymer, t. VII, p. 806.)
P. 102, note a.
Pleins pouvoirs h IHrhard pour déroger au statut des provi-
seurs : Parlement de 1391. Rot. Pari., t. III, p. 285, §8; parlement de 1393, îMrf., p. 301, § 8. — Statut deVanxvi (1393), c. V. Stal. ofRealm, t. II, p. 84. — Permission à Vabbé de Beaulieu d'accepter Vèvèchè de Landaff dont il a provision du pape: « Pourvu toutefois que cet accord et assent ne soient traits en exemple ne en consequencie en temps à venir. s> {Rot. Pari., t. III, p. 317, § 22. — Bénéficiaires non résidents (1391), ibid., p. 293, § 38. — Prieurs étrangers (1390), ibid., p. 262, § 19; (1393), ibid,, p, 301, §7. Les communes s'étaient plaintes de l'extension que la propriété ecclésiastique avait prise par diverses voies, et entre autres par le mariage de femmes libres, ayant des terres, avec des serfs de l'Eglise : le roi renvoya à l'application des statuts existants sur ces matières (1394), ibid., p. 319, § 32. Il renvoya aussi à l'usage pour des difficultés touchant la dîme (1393), ibid., p. 307, § 30; (1394), ibld., p. 318, § 30.
Page 104, note a.
Richard et le parlement. Voir ci-dessus, p. 22 et suiv. — Respect pour le principe du vote des impôts. Hallam , L'Europe au moyen dge, t. III, p. 229. — Perception de Vimpôt suspendue dans /e6Zoi/ie. Voyez ci-dessus, p. 76. — L'Angleterre aux débuts du règne et sous le gouvernement de Richard. Voir les actes que nous avons cités. Cf. Hallam, t. III, p. 193. — Déclarations du parlement. Voyez ci-dessus, p. 42, 44 et 50; Rot. Pari., t. III, p. 283 (13f^0); et les votes relatifs au maintien de la prérogative, p. 279, § 15, et p. 286, § 13 (1390, 1391).
Page 104, note h.
Sharon Turner : « The government and the nation continued for eight vyears in a state of mutual dissatisfaction. » {Hist. of Engl., t. II, p. 305.) Voilà tout ce qu'il dit pour l'histoire de l'Angleterre de 1389 à 1397! Pas un mot de plus ni de Tintérieur, ni de l'extérieur : le mariage du roi, cet événement si considérable dans la politique et dans la suite des destinées de Richard, est rappelé en note à la fin de son règne. — Citation de la Chronique de Hardy ng : Turner, t. II, p. 276. Godwin, dans la vie de Ghaucer (t. II, p. 371), cite et entend de même Hardyng ! — On trouve dans l'yintiquarian repertorij (Lond., 1807, 4 vol., in-4''), t. I, p. 78, une note des appro-
visionnements faits pour Richard et pour le duc de Lancastre au palais de l'évêque de Durham k Londres, le 23 septembre an XI, avec le menu d'un repas fort modeste, après tout, si on le compare aux fameux banquets annuels des lords maires : mais le 23 septembre de l'an xi ou 1387, Lancastre était en Espagne. La pièce est fausse, si la date ne l'est pas.
Citation de Gower: Confessio amantis (en anglais), et Vox clamantis (en latin). Turner, t. II, p. 274, 275 et 344. On a d'autres déclamations du même poêle sur la corruption du temps, sur les vices des différents ordres de la société, vers 1396-1397. {Polit, poems and songs, t. I, p. 346 et 356.)
Richard et l'archevêque de Canterhury . (Wals., p. 315, et cidessus, t. I, p. 274; — Richard et Lancastre^ voyez ci-dessus, 1. 1, p. 245.)
P. 107 , note a.
Libéralités du roi envers ses anciens ennemis. C'est toute l'histoire de ces dernières années.
Chaucer; voyez ci-dessus, t. I, p, 485. Richard,' en 1389, avait h peine repris possession du pouvoir, qu'il lui donna encore la place lucrative de clerc des travaux (intendant des bâtimonts, etc.) (Godwin, t. II, p. 486.) Par des lettres patentes du 13 octobre de saxxir année (1398), il lui alloua un tonneau de vin par an. Henri IV confirma la donation l'année suivante, 18 octobre 1399. (Rymer, t. VIII, p. 94). Chaucer n'imita point Grower; il sut s'abstenir de louer le vainqueur comme d'insulter au vaincu.
Gower. Ce que nous en disons est pris de lui-même. Confessio amantis^ ap. English poets (Lond. 1810), t. II, p. 3.
Froissart: « Et avois, de pourvéance, fait escripre, grosser et enluminer et recueilhr tous les traités amoureux et de moralité, que au terme de trente-quatre ans je avois, par la grâce de Dieu et d'amour, faits et compilés; laquelle chose réveilloit grandement mon désir pour aller en Angleterre et voir le roi Richard d'Angleterre, qui fils avoit été au noble et puissant prince de Galles et d'Aquitaine ; car vu ne l'avois depuis qu'il fut tenu sur les fonts en l'église cathédrale de la cité de Bordeaux, car pources jours je y étois.... Lequel roi me reçut joyeusement et doucement; et prit toutes les lettres que je lui baillai, et les ouvrit et légit à grand loisir; et me dit, quand il les eut lues, que je fusse le bien venu, et si j'avois été de l'hôtel du
roi son ayeul et de madame son ayeule, encore étois-je de l'hôtel du roi d'Angleterre.... Pour ce jour je ne lui montrai pas le livre que apporté lui avois, car messire Thomas de Percy me dit que point n'étoit heure, car il étoit trop occupé de grandes hesognes..
« Or avint le dimanche en suivant que tous ces consaux furent départis et retraits à Londres ou ailleurs en leurs lieux, réservés le duc d'Yorch qui demeura de lez le roi et messire Richard Stury, ces deux avec messire Thomas de Percy, remirent mes besognes au roi, et voulut voir le roi le livre que je fui avois apporté. Si le vit en sa chambre, ca/ tout pourvu je l'avois ; et lui mis sus son lit. Il l'ouvrit et regarda dedans et lui plut très-grandement ; et plaire bien lui devoit, car il étoit enluminé, escript et historié, et couvert de vermeil velours à dix clous d'argent dorés d'or, et roses d'or au milieu, et à deux grands fremaulx dorés et richement ouvrés au milieu de rosiers d'or. Donc me demanda le roi de quoi il traitoit, et je lui dis : « D'amours. » De cette réponse fut-il tout réjoui; et regarda dedans le livre en plusieurs lieux, et y legy, car moult bien parloit et lisoit françois ; et puis le fit prendre par un sien chevalier, qui se nommoit messire Richard Gredon, et porter eu ba chambre de retrait, et me fit de plus en plus bonne chère. » (Froissart, IV, 40 et 41.)
La grande salie de Westminster. « That most noble monument of him and indeed of his whole race, the Great Hall al Westminster. » (Gough ISlichols, ap . Archâeol. , X. XXIX , ]). 40. Cf. Antiq. Repert., 1. 1, p. 377). Stow {Ann. p. 318, an. 1397; dit que Richard en ht surtout les frais en faisant acheter aux étrangers bannis de leur pays la permission de rester en Angleterre. Il y a dans Rymer divers actes relatifs à cette construction : dès 1378, passe-ports pour les navires qui doivent apporter des pierres de Gaen. (Suppl. Rymer, Richard II, t. V, n° 116. Coll. Rréquigny, t. LXXYIII, f° 89) ; marché passé avec les maçons pour l'entablement des murailles (18 mars 1395, Rymer, t. VU, p. 794.)
Respect du vote de V impôt. Nous avons cité Hallam, t. 111, p. 239. Il ajoute que si Richard n'eût été renversé, ce droit eût été foulé aux pieds comme tout le reste. Qu'attendre des autres quand le sage Hallam parle ainsi! — Douceur de Richard rap ■ portée à sa tacheté. « Allhoughthe was of no cruel disposition, ^s wanting of courage, » (Hay\yard^ thf nisinry nf Henry the IV,
p. 23.) On reproche aussi à Richard sa roideur vis-à-vis du clergé. {ArchseoL, t. XX, p. 84 et 86.) Qu'aurait-on dit s'il lui avait montré de la complaisance?
Page 112, note a.
Lettre de Charles VI à Richard. Elle est tirée de la Bibl. Gottonienne, D, 111, p. 202 et 203, et a été reproduite dans la collection Bréquigny (t. LXXVIII, P* 271 et 279), et publiée par M. GhampoUion-Figeac. {Lettres deroiSy reines, etc., t. II, p. 255,) sous la date 1390, sans observation. La mention de l'expédition d'Irlande, du retour triomphant de Richard et de la soumission du pays sans combat, s'oppose invinciblement à ce qu'on la laisse rapporter à l'année 1390, date qui d'ailleurs est mal écrite dans le manuscrit primitif, comme on en peut juger par le soin du copiste français à la reproduire telle qu'il la trouve : « l'an de grâce terce [barré] et c'' nonantyme. » Au contraire tout s'accorde avec la date de 1395, et j'en trouve dans l'indication du 15 mai une preuve de plus. Charles dit à Richard qu'il ^^ attend et désire sa venue d'Hibernie à victoire. 3> La pacification de l'Irlande est accomplie : Richard revient, il n'est pas encore revenu. Or cela se rapporte exactement à ce qu'on en pouvait savoir en France au 15 mai. Le retour de Richard à Londres se doit placer en effet entre le 6 et le 20 de ce mois. Le 6 mai, le duc d'York appose encore son nom, comme lieutenant du royaume, au bas d'une institution de commissaires pour l'Ecosse ; le 20 mai, Richard rend luimême une ordonnance datée de Westminster (Rymer, t. VII, p. 800, 801). La lettre ne saurait être rapportée à une année plus reculée ; car alors il aurait été question du mariage de Richard, dont les négociations datent de juillet 1395 : un faussaire n'aurait pas manqué d'y faire allusion. Quant à la lettre de Richard que l'on trouve à la suite dans le même manuscrit et de la même écriture, une écriture du temps (Bibl. Golton., ibid.y p. 203. Goll. Bréquigny, ibid.y {"" 279), nous ne saurions la croire authentique. On ne voit pas pourquoi Richard eût répondu en latin; ce n'est d'ailleurs, comme nous l'avons dit, qu'une paraphrase emphatique et incolore de la lettre de Gharles VI. On peut la voir dans le recueil de M. GhampoUion-Figeac, qui la reproduit sans observation (t. II, p. 258).
Page 113, note a (omise).
La Guyenne et le duc de Lancastre, Froissart, IV, 41, et cidessus, p. 66, 82, 419 et 428). — Proposition du mariage de Richard avec Isabelle, fdle aînée de Charles F/, au conseil(Ibid). Froissart dit qu'elle était fiancée au fils du duc de Bretagne. Il se trompe : c'est Jeanne, seconde fille de Charles YI, née le 24 janvier 1390, qui avait été promise en mariage au fils aîné du duc de Bretagne, à l'époque du traité de Tours. (Voyez ci-dessus, p. 51 et 415.) Isabelle, la fille aînée (nous ne comptons pas une première Jeanne, née en 1388 et morte en 1390), Isabelle, dont il est question ici, avait été fiancée au fils aîné du duc d'Alençon, le 15 décembre 1391. (Voyez le traité de mariage dans les Mss. de Dupuy, t. DGLVII, 1° 252, et dans ceux de Harlay, n° xi, t. III, f** 7.) Elle était née le 9 novembre 1389. (Anselme, Hist. gènéalog. de France ^ t. I, p. 114.)
Page 118, note a.
Actes relatifs au mariage de Richard. Premiers commissaires désignés : l'archevêque de Dublin, l'évêque de Saint-David, les comtes de Rutland et de Nottingham, J. de Beaumont, W. le Scrop. (Leeds, 8 juillet 1395, Bymer, t. VII, p. 802. — Instructions aux commissaires (même date, ibid., p. 804) ; — pouvoirs donnés par Charles VI aux quatre princes français (Orléans, Berri, Bourgogne et Bourbon) pour traiter du mariage (29 octobre 1395, Rymer. t. VII, p. 814) ; — pouvoirs donnés par Richard II au comte de Rutland, au comte maréchal et à W. le Scrop (30 décembre 1395, ibid., p. 816). — Déclaration de la volonté du roi sur son mariage (1" et 6 janvier 1396, ibid.,^. 811 et 812).
Trcm de 28 ans, 9 mars 1396. Rymer, t VII, p. 820- 830. Il reproduit la ratification de Charles VI (11 mars), qui est en Angleterre. L'acte scellé du sceau des trois ambassadeurs anglais (9 mars) et la ratification sous le sceau de Richard (9 mai), sont aux Archives de l'Empire [Trésor des Chartes, cart. J., 643, n"* 15 et 15 6?5.) — « S'il avenoit (que Dieux ne veuille) que par mort ou autrement ledit mariage feust dissolu ou empesché en quelque manière que ce feust néantmoins ces présentes trièves demeureront en leur force et
vertue, ne pour aucun méfait, attemptat, ou entreprise. ... ne seront ces dites trêves, ne pourront estre tenues ou réputées.... pour enfreintes, ne guerre pour ce estre faite d'un*^. partie ou d'autre.... Mais seront réparés ou remis au premier et dû état les dits méfaits.... par les conservateurs et commissaires que Moasire le roi et ses dits alliés feront ordonner. » (Rymer, t. VII, p. 828.)
Le roi de France stipule pour les rois de Castille et Léon ; des Bomains; d'Ecosse; d'Aragon; de Navarre; la duchesse de Brabant; la commune de Gènes; le comte de la Marche d'Ecosse, et pour l'île de Man. — Le roi d*Angleterre, pour le roi des Romains; le roi de Portugal; le duc de Gueldre; Jean des Isles; le duc et la coînmime de Gênes; et W. le Scrop au titre de la seigneurie de Man.
Convention de mariage. (On y relate les pouvoirs indiqués cidessus.) 9 mars 1396; ibid., p. 817. L'original scellé des sceaux du comte de Rutland, du comte maréchal et de William le Scrop, est aux Archives {Trésor des Chartes, cart. J, 643, n° 6); et aussi la ratification de Richard, en date du 9 mai 1396 {ibid., n° 7).
Ratification du traité de mariage par Charles VI, à Paris,
11 mars 1396. (Rymer, t. VII, p. 817.) Les deux actes sont donnés par le Religieux de Saint-Denys, XVI, 15 et 16. — Fiançailles de la petite reine. Relig. de Saint-Denys, XVI, 22 : le dimanche de LœtarCy dit-il (quatrième dimanche de carême,
12 mars 1396).
Page 119, note a.
L'adversaire de France (voir tous les actes antérieurs aux négociations); le parent de France (8 juillet 1395); et le cher père de France(yo\r les actes postérieurs, et aussi le 28 avril 1 396, Rymer, t. VII, p. 802 et 831). Le titre de « parent de France -o est déjà donné à Charles VI dans un sauf-conduit pour ses envoyés, pendant que le roi est encore en Irlande (22 mars 1395; ibid., p. 794). On peut croire que cette ambassade a déjà trait aux affaires qui vont sceller le rapprochement des deux cours. Le roi de France, même après le mariage de Richard II, est encore appelé quelquefois Vadversaire de France, par exemple dans une mission relative à la trêve (3 octobre 1398, Rymer, t. VIII, p. 46) ; mais c'est toujours le cher père de France quand il s'agit de toucher la dot. (Commission donnée à l'évêqiie de Carlisle et au comte de Salisbury pour recevoir un terme
de 100000 francs, et en donner quittance, 19 octobre 1398. Rymer, t. YIII, p. 52.)
Page 120, note a.
Lancastre revente de Guyenne. Froissart, VI, 41; Wals., p. 352; Otterbourne, p. 186. Il se présenta devant le roi, à LaDgley, où Richard célébrait la Noël (1395). — Son mariage avec Catherine de Sivinford. Wals., ibid., Froissart, IV, 50.
— Le duc d'York et le duc de Glocester. Froissart, ibid. — Inquiétudes de Richard communiquées au comte de Saint- Pol. Froissart, ibid.
Page 121, note a.
Mesures préliminaires. Message du vicomte de Melun. Saufconduit qui lui est envoyé, 3 avril 1396. (Rymer, t. VII, p. 831.)
— Engagement des princes anglais, Windsor, l*^"" mai 1396. (Dumont, Corps diplomat., t. II, p. 245.) L'original, scellé de leurs sceaux, est aux Archives, Trésor des Chartes y J., 643, n° 11. Avec les ducs de Lancastre, d'York et de Glocester, oncles du roi; les comtes de Derby et de Rutland, fils, le premier de Lancastre, et le second d'York ; les comtes de Kent et de Huntingdon, frères utérins du roi, il ne faut pas s'étonner de voir le comte de Nottingham (lord maréchal), qui était aussi du sang royal, descendant par sa grand'mère d'Edouard I''^ (voy.t. I, p. 404).
Instructions à W. le Scrop, charï\bellany pour le mariage. Le roi recommande que la reine vienne bientôt ; et que, si la dot n'est pas prête, elle ait au moins la moitié de l'argent et des joyaux, avec sûre obligation pour le payement du reste à la Saint-Michel (15 juin 1396, Rymer, t. VII, p. 834). Ordre est donné à J. de Reaumont, connétable de Douvres et gardien des cinq ports, de rassembler les vaisseaux que le roi a le droit de requérir de ces ports privilégiés, pour son voyage. Ils doivent être à Douvres pour le l'^'" août (18 juin 1396, Rymer, ibid., p. 834) : cela vient en confirmation du premier voyage dont parlent Froissart (IV, 10) et le Religieux de Saint-Denys (XVII, 10). Froissart suppose à tort que les conventions de la trêve furent débattues alors seulement. Il s'agissait des dernières mesures relatives au mariage, comme le montre le Religieux de Saint-Denys. Ce qui fait croire que le voyage du roi, dont il est difficile de douter après le témoignage de Froissart et du Religieux de Saint-Denys, fut de peu de durée, c'est qu'on
ne trouve aucune mesure prise pour le gouvernement du royaume en son absence.
Le duc de Bretagne. Nous avons signalé au traité de Tours (26 janvier 1392) le contrat de mariage de son fils aîné avec la seconde fille du roi (voy. ci-dessus, p. 51 et 415). Le projet de mariage entre sa fille Marie et Henri, fils de Derby, est de 1394. (D. Morice, Hist. de Bret., Preuves, t. II, p. 644.)
Bulle du pape, pour les dispenses relatives au mariage. (27 juillet 1396, Rymer, t. VII, p. 836.) — Nouvel ordre de retenir des vaisseaux pour le voyage du roi (30 août); de préparer des vivres pour le voyage (23 septembre), ibid., p. 839 et 840.
Page 122, note a.
Le duc d'York nommé lieutenant du roi en son absence : pouvoirs qui lui sont conférés , honneurs qui lui doivent être rendus (27 septembre, Rymer, t. VU, p. 841.) Le moine d'Evesham (p. 128) se trompe donc quand il fait rester Richard en France depuis le 7 août jusqu'à la célébration du mariage.
Richard à Calais : Glocester à Saint-Omer* Froissart, IV, 51. L'historien dit qu'on abrégea le temps du parlement, qui se tient d'ordinaire à la Saint-Michel, et que le roi partit au bout de cinq jours. Il n'y eut point de parlement à la Saint- Michel en cette année : les trois derniers s'étaient tenus en janvier. Le Religieux de Saint-Denys dit que Charles VI ne partit qu'après avoir célébré dans cette abbaye la fête du saint (9 octobre); mais déjà Richard était à Calais. (Relig. de Saint- Denys, XVII, 12.) Le conseil fut appelé à délibérer sur la députation du duc de Rourgogne à Richard, et la réception que l'on devait faire au roi d'Angleterre. Il fut décidé qu'il serait reçu comme le roi Jean l'avait été en Angleterre : « Quant à la réception du roy d'Engleterre c'est assavoir comment il sera reçu à l'entrée des villes, il semble qu'on le devra recevoir es villes ou il vendra (viendra) honorablement selon l'ordonnance du roy et de Mons. de Rourgogne, et appartient bien que ainsi soit fait, et sait bien Mons. de Rourgogne comment il se doit faire, et queles honneurs furent faites en Engleterre au roy Jean quand il y fut; et semble aussi que les gens des bonnes villes deveront aler au devant de lui hors des villes, et les processions de l'Eglise jusques a l'entrée des églises. » {Trésor des Charles, cari. J, 644, n" 36. Sur papier.)
Règlement pour l'entrevue. Yoy. la pièce dans la collect. de Brienne, t. XXXVI, f" 35 ; et au f° 37, l'Ordonnance de Richard sur la même matière, Calais, 24 octobre 1396 (an xx), et non 1397 comme le dit par erreur M. Douet D'Arcq en la publiant d'après l'original. {Pièces inédites du règne de Charles VI, t. I, p. 136.) Cf. Wals., p. 353; et Relig. de Saint-Denys, XVII, 12 et 13.
Page 125, note a.
Entrevue. Religieux de Saint-Denys, XVII, 14. Cf. Froissart, IV, 52; Wals., p. 353. — Question du schisme. Il est fait allusion aux conventions prises alors par les deux rois, dans les instructions de Richard à ses ambassadeurs en France. (27 février 1397, Rymer, t. VII, p. 86.)
On a aux Archives l'original de l'acte par lequel Richard s'engage non-seulement à maintenir et à faire observer la trêve par les siens, mais à aider Charles VI contre tous, à régler d'un commun accord les atteintes que la trêve pourrait essuyer, et à tout faire pour arriver à une bonne paix définitive :
tt Richard, par la grâce de Dieu roy d'Angleterre et de France et seigneur d'Irlande, a tous ceux qui ces lettres verront salut.
a Savoir faisons que a l'onneur et révérence de Dieu et de sa benoist miere (mère) et de sainte Eglise, et pour le bien universel de toute la chrestianitc, et pour l'alliance amour et affection quele nous avons et portons au treshaut et très puisant prince nostre très chier et très ame plere (père) de France, et que semblablement tenons de certain qu'il nous porte et auxi aufin que nos subgiz empuissent le mieux et le plus paisiblement et sûrement vivre et servir Dieu desous nostre obéissance : Nous pour les causes susdites et autres innumerables, jurons et promettons par la foi de nostre corps et en parole du roi et par la vraie croix et saints évangiles par nous corporelment touchés, que nous serrons en aide a nostre dit piere counlre tous autres gens da monde, et que nous ne ferrons durans les trieves promises par entre lui et nous nulment armes contre lui ; et avons commandé et voulons que durant le dit terme nul de nos oncles, cest assavoir les ducs de Guyenne et de Lencastre, York, ne Gloucester, ne nul des autres de nostre sanc portant nos armes, ne soient nulment ne en nul lieu armez countre nostre dit f iere, ne countre le dauphin, nostre très chier frère, ne ses autres enfaunts presens et avenir, ne countre ses oncles et les nostres, ne
soun frère, uostre oncle, ne coimtre les autres de son sanc et de ses armes. Et voulons outre et promettons que se aucun attemptat ou autre chose avenist durans les dites trieves, parquoi guerre, débat, courons ou haine pourroit aucunement sourdre, que Dieu deffende : nous ferrons par les nostres de nostre dit sanc duement les amender et redresser par nous et counsail des susdits du sanc de nostre dit piere, aufm que tous soient d'un counsail et d'un avis. Toutefois nous jurons et promettons comme dessus, et semblablement voulons et commandons que les dessus dits de nostre sanc et armes le facent, que nous ferrons nostre loial devoir et entier povoir nonobstans les liens et jeurements susditz, aufm que bonne paix finale ce (se) puisse faire parentre lui et nous, et ce le plus tost que faire le povons bonnement, tous cavalacions, fraudes et excusations faites cessans : les trieves promises parentre nous et les alliances faites avecques les allies d'un coste et d'autre demourans en leur force et vertu, en la fourme et manière que les trieves le portent. Toutes lesquelles choses susdites et chescune par soi de tenir et guarder et faire tenir et guarder nous jurons et promettons CQuime dessus. En tesmoigne de ce nous avons fait mettre nostre privé seal à ces présentes. Donne en nos tentes esteaunts en champ près du molin dAndre (d'Ardre) le xxviii" jour de octobre l'an de nostre règne vinglisme. »
'< Par le roi en son consail enquel les ducs de Guyenne et de Lencastre et de Glocester, et les comtes de Derby, de Rulland, de Huntyndon, mareschall, et de Northumber, feurent presens. » {Trésor des Chartes, carton, J, 644, n° 19.) — La pièce est munie du petit sceau en cire rouge, sur double queue, portant l'exergue : Sigîllum Ricardi régis Francise et Angliœ.
Page 127, note a.
La jeune reine présentée à Richard. Froissart, IV, 52; selon Walsingham (p. 359), elle lui fui amenée le jour que Richard reçut chez lui Charles YI, et le repas commença après son départ. Le Religieux de Saint-Denys (XVII, 14) parle seulement d'une seconde rencontre au pieu central, et d'une autre encore dans la tente du roi de France.
Le duc de Ravière, dont on sait la parenté avec Charles VI, avait offert, en cette année, sa médiation, pour amener h une paix définitive l'Angleterre et la France. Richard accepta ses
offres. (Suppi. Rymer, Richard II, t. II, n" 9. Coll. Bréauigny, t. LXXIX, f° 87.)
Mariage du roi. Froissart, IV, 52. On y lit : le mardi, jour de la Toussaint; c'est mercredi qu'il faut lire : la Saint-Jude, 28 octobre, étant, comme Froissart l'a dit justement, un samedi, la' Toussaint est le mercredi. Le moine d'Evesham (p. 129) dit que le mariage à Calais eut lieu le 10 novembre, et l'entrée de la reine à Londres le 23. C'est une'erreur, au moins quant au mariage : le 1" terme de la dot (300000 fr.) ne devait être payé qu'après la cérémonie; Richard constate qu'elle a eu lieu, dans le reçu qu'il donne de l'argent dès le 4 novembre 1396. (Rymer, t. VII, p. 846.) L'original est aux archives. Trésor des Chartes, J, 643, n» 12. On y trouve aussi une déclaration et un reçu des joyaux et autres objets précieux pour l'ornement de l'hôtel et de la chapelle de la princesse, remis avec elle à Richard, 7 novembre 1386 {ibid., n° 13). Walsingham (p. 353), est peu touché de cette dot; il se plaint que Richard ait dépensé pour ce mariage plus de 300000 marcs.
Fête de Londres. Froissart, IV, 51. — Tempête. Wals., 1. 1., Otterbourne, p. 187. On trouve dans Rymer, à la date du 4 décembre 1396, une proclamation pour assister au couronnement de la reine, t. VII, p. 848. La cérémonie fut célébrée à Westminster par l'archevêque de Ganterbury, la veille de l'Epiphanie (5 janvier 1397). (M. Evesh., p. 129.) Un peu après, « à la demande de sa très-chère épouse Isabelle, » et comme pour la bienvenue de cette enfant, il rendit à Londres toutes ses franchises, 12juin 1397. (Rymer, t. VII, p. 857.)
Page 135, note a.
Glocester. Départ pour la Prusse en 1391. Wals., p. 345, et Otterbourne, p. 180. — Mission dans le comté de Chester, 6 mai 1393, Rymer, t. VII, p. 746. — Mission auprès du 'par-
lementy Rot. Pari., t. III, p. 329, § 1 ; — dans les conférences pour la paix, voyez ci-dessus, p. 67 et 77.
Page 136, note a.
Le comte maréchal, voyez ci-dessus, et Froissart, IV, 42 et 43 ; Rymer, t. YII, p. 844; cf. Dugdale, Baronage, t. I, p. 128. En 1392, à la requête du comte maréchal, capitaine de Calais, le roi accorde au maire de la ville l'honneur de faire porter devant lui l'épée, la pointe droite (22 mars. Rymer, t. VII, p. 713). Un acte du 6 novembre de la même année, nomme le comte maréchal lieutenant du roi en Picardie (Gollect. Bréquigny, t. LVII, f"* 216), titre que l'on trouve aussi donné k la date du 22 février 1392, du 22 février 1393 et du 10 mars 1394 au duc de Lancastre. (Voyez ci-dessus, p. 66 et 419.)
Les comtes d'Arundelet de Warwich, voyez ci-dessus, et Dugdale, Baronage, t. I, p. 319, et p. 236, 237.
V archevêque d'York, chancelier, voyez ci-dessus, p. 48; — primat de Canterbury. Il fut promu au siège de Ganterbury, le 25 septembre 1396, et rendit les sceaux le surlendemain (Douvres, 27 septembre), au moment où le roi allait passer la mer pour son mariage. (Dugdale, Monasticon anglicanum, t. VI, p. 1172, Éd. 1817. Rymer, t. VII, p. 840; cf. Wals.. p. 353.)
Page 136, note h.
Mariage de Lancastre et de Catherine de Swinford, Wals., p. 352, et Froissart, IV, 50. — Indignation des duchesses contre la nouvelle duchesse de Lancastre : « Et puis disoient outre : a Nous lui lairrons (à la reine) toute seule faire les honneurs. «< Nous ne irons et viendrons en nulle place où elle soit, car ce (c nous tourneroit à trop grand blâme, que une telle duchesse, « qui vient de basse lignée et qui a été concubine du duc un « moult long temps, en ses mariages et hors ses mariages, al- « loit ni passoit devant nous. Les cœurs nous crèveroient de « deuil et à bonne cause. » Et cil et celle qui le plus en parloient c'étoit le duc de Glocestre et la duchesse sa femme ; et tenoient le duc de Lancastre à fol et outre-cuidé , quand il avoit pris par mariage sa concubine ; et disoient que jà ne lui feroient honneur de mariage ni de nommer dame ni serour. Le duc d'York s'en passoit assez brièvement, car il étoit le plus rési-
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dent de lez le roi et son frère de Lancastre. Le duc de Glocestre étoit d'une autre matière et ordonnance, car il ne faisoit compte de nully, quoique ce fût le mains-né de tous les frères ; mais il étoit orgueilleux et présomptueux de manière, et en ce s'inclinoit sa nature, et mal concordant à tous les consaux du roi, si ils ne tournoient à son gré. (Froissart, IV, 50.) »
Légitimation des enfants de Lancastre. La bulle du pape, rendue en considération du roi et du duc de Lancastre, fut produite par le chancelier au parlement, et le roi prononça la légitimation. (Rot. Pari, t. III, p. 343, § 28.) — /. de Beau fort, l'aîné des enfants, créé comte de Sommer set, ihid., § 30. Le duc de Glocester fort hostile, on l'a vu, et au mariage de Lancastre et à la légitimation de ses enfants, ne figure point parmi les témoins de cet acte. — Pouvoirs et honneurs nouveaux au comte maréchal, 10 février 1397, ibid.y p. 343, § 33. On y rapporte le texte de la charte. — Dons et faveurs à Glocester. Voyez cidessus, p. 34, etc.
Pcige 138, note a.
Grâce et réhabilitation de Northampton. Bot. Pari., t. III, p. 282, § 36 (parlement de 1390), et p. 292, §34 (1391); de Norhury et de More, ibid., §§ 35 et 36 (1391). — Biens des condamnés vendus. Bot. Pari. t. III, p. 280, § 21 (1390).
Michel de la Pôle mort à Paris (1389). On a vu l'oraison funèbre que lui font Walsingham (p. 339), le moine d'Evesham (p. 113) et Otterbourne (p. 177). — Alexandre Aevil. Voyez ci-dessus, t. I, p. 350, et t. II, p. 16.
Bobert de Yere. On lit dans Walsingham qu'il mourut à Londres (1392) : a In Londonia.... in mentis angustia rerumque « penuria » (p. 349). Mais si l'on se reporte au passage correspondant de son autre histoire (HypodigmaNeustriœ,ip. 546), on trouve la vraie leçon, qui est Louvain : « In Lovania diem « duxit extremum. » Otterbourne copie la grande histoire avec tant de servihté, qu'il dit Londres (p. 181), bien qu'à la page suivante, rappelant la promotion d'Albert de Vère au titre de comte d'Oxford, il l'appelle héritier de Robert de Vère, mort à Louvain (p. 182). Otterbourne ajoute pourtant ce trait à Walsingham, qu'il périt à la chasse, blessé par un sanglier. C'est ce qu'on voit aussi, avec la mention exacte de Louvain, dans la chronique pubhée par Leland. {Coll., t. I, p. 186.) — Ses funérailles. Wals.,p. 352. « Openly shewing, » dit Stow, tradui-
sautWalsingham, « his love tothedead carcasse, which he bare him when he was alive » (p. 312). Au parlement de 1393, Richard transmit le comté d'Oxford à son oncle et héritier Aubry de Vère. (Rot. Pari., t. III, p. 303, § 15.) H ht aussi accorder grâce à Jean de Lancastre, chevalier, qui était resté avec Robert de Vère au delà de la mer, tant qu'il vécut. {Ibid., § 16.) Les juges relégués en IrUXnde : leur grâce demandée {I39k). Bot, Pari., t. III, p. 316, § 18: « Les communes.... disoient qu'ils furent bien contents,... sauvant l'Estatut eut fait, et lour consciences pur le serement, et qu'ils n'encourgent la peine dudit estatut en temps a venir. » — Leur grâce accordée (1397), ibid., p. 346, §41, et le statut de l'an xx, c.Yi. Stat. of Realm, t. II, p. 94. Cf. Walsing., p. 353, et Stow, p. 315.
Page 139, note a.
Parlement de la xx" année (22 janvier 1397). — Uévêque d'Ëxeter, chancelier. Les sceaux, rendus par Thomas Arundel, le 27 septembre, au départ du roi pour la France, ne furent donnés à l'évêque d'Exeter qu'après le mariage du roi et son retour, le 29 novembre (Rymer, t. VII, p. 840). — Discours du chancelier. Rot, Pari., t. III, p. 337, § 1. — /. Bussy, speaker (23 janvier), ibid., p. 338, § 7. — Conférence des grands officiers avec les communes (24 janvier), ibld., §.8. — Excuses et déclaration des communes vis-à-vis du roi (25 janvier), ibid., § 9.
Page 140, note a.
Exposé du roi. Ce morceau exprime d'une manière trop nette sur un point capital toute la politique de Richard, pour que nous résistions à l'envie de le reproduire textuellement : « A quoy le Roy respondi mesmes par son bouche propre en plein Parlement, et dist as Communes, Qu'ils ne se deussentesmervailler de le dit promesse ; et leur exposa benignement certeins causes qui lui moerent (murent) à la promesse del ditViage. Primeremenl, le Roy considérant coment devant cesheures ont este très grandes meschiefs et destructions de guerres intolérables entre les deux Roialmes d'Engleterre et de France, et pensant sur ce, que le greindre bienfait que ascun homme purra faire a autre pur luy obliger et eslre pluis tenuz a lui, si en est pur luy eider et relever en son meschief et nécessite. Par
quoy al bone entention pur peisêr (apaiser) et cesser les guerres du Roialme, et sauver les meschiefs qui vindrent par la guerre à êon Roialme et à son Poeple, et aussi afyn que tiel grau t bienfait et promesse durront (donneront) de reson moult occasion de pees, quiète et salvation a son Roialme et ses liges d'Engle terre, et pur exciter son dit piere (père) de France a la greindre affection de luy et de son Roialme et ses gentz en temps a venir, il fist la dite promesse. La secundo cause est, pur ce que son dit piere est cosin à nostre Sr le Roy, et ore son piere par ceste alliance, il est le pluis tenuz de luy faire plesance et relèvement en sa nécessite. La tierce cause est, partant que son dit piere de France et luy mesmes, qui sont tenuz deux les plus suffisantz et vaillantz Princes Gristiens ; et partant s'ils puissent avoir conissance de quelconque Roy, Prince, ou autre persone qui que soit, qui par tiranye vorra surmontier et destruire le Poeple Gristien en quelconques parties, ils sont de droit tenuz, a la révérence de Dieu, a destruire tiel tirant et destruour, et de restorer et recoverer tielx oppressez et desolatz a leur estât. » (25 janvier 1397.) Rot. Pari., t. III, p. 338, §10.
Page 146, note a.
Vote du subside. Rot. Pari., t. III, p. 340, § 18. Pour remédier à la diminution du numéraire, il fut ordonné aux marchands d'apporter une once pesant d'or de marque étrangère à la Tour de Londres, par chaque sac de laine, demi-last de cuir ou par lot de 240 toisons (ce sont les quantités équivalentes devant l'impôt), sinon de payer un supplément de taxe de 13 s. 4 d. (l marc) par chacune de ces quantités. {Ibld.j$ 19.)
Autorisation de modifier le statut des proviseurs. Ibid., § 21. Les deux archevêques de Ganterbury et d'York firent suivre ce vote d'une protestation que, si le statut était modifié contrairement aux droits de la cour de Rome ou en dérogation à la liberté de l'Église, ils y refusaient leur assentiment. {Ibid., § 22.) Défense fut faite, à la requête des religieux mendiants, qu'aucun d'eux allât sans autorisation prendre sur le continent ses grades en théologie. {Ibid., § 25.)
Ordonnances renouvelées contre les chevauchées armées. Rot. Pari., t. III, p. 345, § 37. — Abus des livrées. Ibid., § 38. — Présence des seigneurs dans les assises. Ibid., § 39. — Réquisition de chevaux. Ibid., § 40. Gf. Stat. of Realm, t. II,
p. 92. Le même statut renouvelait la loi d'Edouard III , pour assurer toutes libertés aux marchands étrangers que la tempête aurait forcés de relâcher dans tel ou tel port d'Angleterre. {Ibid., § 5, et Rot. Pari., t. III, p. 345, § 40.) Les communes se plaignirent aussi de l'abus des asiles : mais le roi se refusa à faire aucune loi spéciale, et dit que l'on jugerait les cas particuliers. {Rot. Pari., t. III, p. 345, § 36.)
Page 151, note a.
Démarche de Glocester auprès de Roger M or limer, Froissart, IV, 56. Turner (t. II, p. 307) rapprochant de ce récit la déclaration de Glocester sur son projet de suspendre le roi en 1387, pense que la conférence avec Mortimer doit se rapporter à cette époque : le jeune comte, né en 1374, n'aurait eu alors que 13 ans. — Intrigues de Glocester auprès des habitants de Londres. Froissart, ibid.
Page 153, note a.
Dèputaîion de Londres vers le roi. Froissart, IV, 56. — Rétablissement des coutumes de Londres, 12 janvier 1397. Rymer, t. VII, p. 857. Quatre jours auparavant, le maire étant mort, Richard en nommait un autre, mais en témoignant que ce n'était que jusqu'au jour de la prochaine élection. {Ibid., p. 856.)
Page 164, note a.
Instructions aux ambassadeurs envoyés en France (comte maréchal, Rutland et W. le Scrop), 27 février 1397. (Rymer, t. VII, p. 850.) — Restitution de Brest, le 6 mars 1397. Le conseil était réuni pour trois choses : le comté de Richmond, l'île de Ré et le château de Rrest. Pour l'île de Ré, on devait écrire au roi de France ; pour le comté de Richmond, le conseil crut qu'il devait en référer au parlement. Quant au château de Brest, l'engagement était si précis, qu'il se borna à prescrire des précautions pour la restitution de l'argent avant la remise de la place. La place devait être rendue trois semaines après l'argent reçu. {Proceedings, t. I, p. 64 et 66.) — Instructions à J. Drax, chargé de reprendre de J. de HoUand et de livrer le château (7 avril, ibid., p. 67). L'ordre à l'un et à
l'autre est du 28 mars. (Rymer, t. YII, p. 852 et 853.) La remise de la place eut lieu le 12 juin. (D. Morice, Histoire de Bretagne^ t. I, p. 425; et Preuves, t. II, p. 678.) La restitution du comté de Rictimond au duc de Bretagne, restitution promise à l'époque du mariage, selon le religieux de Saint- Denys, se fit attendre (D. Morice, t. I, p. 425) : elle ne paraît pas avoir eu lieu avant le P"" mai 1398, époque où le roi lui donna quittance générale. (Rymer, t. VIII, p. 38.) Elle est rappelée ainsi que la quittance dans un autre acte du 24 décembre suivant. {Ibid.j p. 64.)
Page 155, note a.
Chron. manuscrite, B. imp., fonds fr., 3884 {olim 8448), f" 110. Nous reviendrons plus tard sur cette chronique, dont l'auteur paraît être un témoin des derniers événements du règne de Richard. Il en existe à la Bibliothèque impériale plusieurs manuscrits qui offrent des variantes. M. Buchon à la suite de Froissart (t. XV, 2" supplément) , en a publié un qui ne paraît pas le meilleur.
Page 161, note a.
Conjuration de Glocester, d'Arundel et de l'archevêque de Canterbury. Relig. de Saint-Denys, XVII, 20. La chronique du ms. 3884 renchérit sur ce récit. L'abbé de Saint-Alban a une vision; il mande le prieur de Westminster : ils ont fait le même rêve : Richard perdra l'Angleterre. Ils s'adressent au duc de Glocester, filleul du premier, et Glocester leur dit « qu'on y mettra bien brief bon remède. » Il invite l'abbé et le prieur h se rendre dans quinze jours à Arundel, et y invite aussi le comte de Derby, le comte maréchal et l'archevêque de Canterbury. Warwick survient pendant le dîner. Ils se jurent le secret. Le lendemain, l'archevêque de Canterbury chante la messe et y donne la communion aux conjurés, Glocester, Derby, Arundel, W^arwick et comte maréchal. Après la messe , ils conviennent d'emprisonner Richard, Lancastre et York, et de pendre les ministres; et, quand chacun s'est retiré, le comte maréchal va tout dire au roi. (Buchon, p. 7-8.) L'invraisemblance est choquante dans les détails comme dans la date de la scène, qui est placée vers le mois d'août 1396, c'est-à-dire avant le mariage de Richard et la restitution de Brest.
Page 162, note a.
Arrestation de Glocester. Froissart, IV, 57; Hist. Groyl. contin., ap. Rer. Angl. Script, veteres, 1. 1, p. 493; Wals., p. 354. La chronique éditée par Leland (t, I, p. 384) dit que le roi arrêta Glocester de sa propre main, et que le duc, lui demandant grâce de la vie, le roi lui répondit : « Je vous ferai la grâce que vous avez faite à Simon Burley, quand la reine s'est agenouillée pour lui devant vous. » Cette chronique a peu de valeur. — On trouve dans les actes du conseil {Proceedings, t. I, p. 93) une réponse présumée de Glocester à certaines questions qu'on lui aurait envoyées par écrit, un peu avant son arrestation, en juillet 1397, Les questions ont peu d'importance. Il dit qu'il est prêt à se rendre au lieu et jour que le roi lui voudra assigner, pourvu que ce ne soit pas à Londres. Il dit de ceux de Londres qu'il les a « oy souvent bel parler et petit faire. » Ce ne sont pas les sentiments ordinaires de Glocester envers eux.
Page 163, note a.
Arrestation de Warwick et d'Arundel. Froissart, IV, 61 ; Wals., p. 354; Otterbourne, p. 190; M. Evesh., p. 130. Otterbourne dit que, le 10 juillet, le roi avait invité à un grand festin Glocester, Arundel et Warwick. Glocester s'excuse sur sa santé, Arundel s'abstient par défiance; Warwick vient et est arrêté. La même nuit, pourtant, Arundel se rend au château, sur la parole donnée à son frère le primat, qu'il ne lui serait point fait de mal. Il est arrêté, et c'est le matin seulement que le roi va se saisir de Glocester. Le moine d'Evesham fait aussi l'arrestation de Warwick et d'Arundel antérieure à celle de Glocester. Le récit de Froissart offre pourtant plus de vraisemblance, et il est confirmé, en ce qui touche Glocester, par celui de Gower dans sa Chronique tripartite. Le roi arrête le Cygne (Glocester), puis le Cheval (Arundel), puis l'Ours (Warwick). {Polit, poems^ t. I, p. 427.) Le moine d'Evesham a plusieurs erreurs chronologiques assez graves pour cette année. Il place, par exemple, l'élévation de Thomas Arundel au siège de Canterbury après l'arrestation de Glocester.
Proclamation sur l'arrestation de Glocester : « Sunt quam- « plures credentes nos arestationem praedictam pro eo quod « praedicti dux et comités Arundellae et Warw. nuper quasdam
kbk LIVRE NEUVIEME.
« congrégation es et eqnitationes infra regnnm nostrum Angliœ « fecerunt fecisse, metuentesque sibi ex hac causa impetitionem a et dampnum posse evenire. » Il ordonne de faire proclamer que l'arrestation a eu lieu, tant de l'assentiment des susdits que de ses oncles de Lancastre et d'York et de son cousin de Derby. Ils ont été arrêtés : « Pro hujusmodi extorsionibus et oppres- « sionibus,... quœ in proximo parliamento nostro plenius erunt « declaratœ, et non pro congregationibus et equitationibus hu- « jusmodi; et quod intentio nostra non fuit, nec est,quod aliquis « de familia prsedictorum ducis Gloucestriae ac comitum Arun- «« deilœ et Warw., seu illorum qui in comitiva sua, tempore « congregationis et equitationis prœdictarum fu[erunt], ea occa- M sione molestetur aliqualiter seu gravetur. » (15 juillet 1397, Rymer, t. YIII, p. 7.)
Adhérents du roi dans V arrestation de Glocester. Jean de Montaigu était devenu héritier du comté de Salisbury par la mort de son oncle, le 3 juin 1397. Il avait figuré déjà dans les guerres de France. Il était, en 1370, de l'expédition qui enleva dans son château la mère du duc de Bourbon. (Froissart, I, ii, 299.) — Thomas le Despenser, avait été sous la tutelle du duc d'York, qui lui donna sa fille en mariage. (Dugdale, t. I, p. 397.) — J. de Beaufort, comte de Sommerset, fils naturel de Lancastre, venait d'épouser la fille de J. de Holland, comte de Huntiiigdon.
Ordre d'arrêter ceux qui tenteraient quelque chose en faveur de Glocester, 28 juillet 1397, Rymer, t. YIII, p. 7 ; — Hommes de Chester dans la garde du roi. Wals., p. 354. — Convocation des gens de sa livrée, 20 août. Rymer, t. VIII, p. 13. (Sur les insignes de Richard et le grand nombre de personnes à qui il les faisait porter, voyez Gough Nichols dans YArchœol.,t. XXIX, p. 39.) Le roi permet au duc de Lancastre de réunir trois cents hommes d'armes pour venir, de son côté, à Westminster (28 août, Rymer, t. YIII, p. 14).
Page 167 , note a.
J. Bussy, orateur (i8 septembre). Rot. Pari,, t. III, p. 348, § 8. « Yir eruditissimus et ambitiosissimus. >> (Otterbourne, p. 191.) Walsingham lui associe Grreen et Bagot dans la conduite du procès. — Th. Percy, nommé procureur du clergé (même jour, Ibid.., § 9).
Le moine d'Evesham (p. 133) place k tort cette nomination après la mise en accusation d^Arundel. Il fait entrer dans son récit plusieurs traits que les procès -verbaux contredisent. Il avait été décidé, dit-il, que les lords spirituels ratifieraient les procès par leur consentement. Ils se retirent fort tristes. Déjà le peuple s'était ému de leur retraite. Les archers de Ghester, accourant et croyant qu'il y avait querelle dans le palais, bandaient leurs arcs et tiraient leurs flèches pour effrayer ceux qui s'y trouvaient, quand le roi les apaisa par sa présence. Le lendemain, on révoque le statut relatif aux prélats ; mais on leur enjoint, sous peine de perdre leur temporel, de nommer un procureur, ce qu'ils font.
Révocation du statut de la dixième année (le texte en est rappelé en cet endroit) ; Rot. Pari., t. III, p. 349, § II.
Page 167, note h.
Rappel de la prise d'armes de Haringhay, et révocation du pardon que s'étaient fait accorder Glocester et ses complices. Rot. Pari., t. III, p. 350, § 12. — Révocation de la charte de pardon spécialement accordée au comte d'Arundel, le 30 avril 1394, Ihi'L, § 13. C'est peut-être le pardon qui lui avait été accordé pour l'accusation portée par lui contre Lancastre au parlement du 27 janvier 1394, acte dont le roi l'avait contraint a faire immédiatement ses excuses. {Rot. Pari., t. III, p. 313,