SU
Page 174, note a.
Condamnation du comte d'Arundel. Rot. Pari., t. III, p. 377. Il fut déclaré que les biens donnés en fief au comte d'Arundel, à Vusage d' autrui, ne seraient pas compris dans la confiscation. — A la session de Shrewsbury, on ordonna que ceux qui auraient la charte de pardon accordée au comte d'Arundel et révoquée en parlement, la rapportassent avant la micarême, sous peine de confiscation de tous leurs biens (31 janvier 1398. Rot. Pari., t. III, p. 368, § 70.)
Page 174, note h.
Exécution du cmnte d'Arundel, le jour de la seritence (21 septembre). Rot. Pari., l. III, p. 377. Pour les détails, voyez
Walsingham, p. 354. WalsiDgham et Froissart (IV, 61) font intervenir dans l'exécution le comte maréchal, gendre du comte d'Arundel ; mais le comte était alors à Calais, comme le prouvent les actes officiels produits dans ce parlement même. Cette erreur, constatée en ce qui le touche, pourrait même faire douter de ce que dit Walsingham des comtes de Huntingdon et de Kent. L'acte officiel ne parle que du lieutenant du maréchal d'Angleterre, le sire de Morley. (Rot. Parl.^ t. III, p. 377.)
Page 175, note a.
Ordre au comte maréchal cV envoyer Glocester. Rot Pari., t. III, p. 377, et Rymer, t. YIII, p. 15. — Réponse du comte maréchal. Rot. Pari., p. 378. Ces pièces sont données textuellement. On pourrait se demander si la réponse du comte maréchal a été envoyée le 24 ou reçue le 24 : « Le lundi le xxiV jour de novembre, le dit capitaine retourna son brief en le dit parlement en la manière qu'ensuit. » On doit croire que la lettre a été reçue et produite au parlement le 24. Le procèsverbal date les faits du jour où ils se passent au parlement. On ne dut perdre de temps en cette affaire ni k Londres ni à Calais. Rien n'empêche que le messager du roi, parti de Londres le 21, n'ait rapporté la réponse assez tôt pour qu'elle ait été produite au parlement dès le 24. On a même eu le temps de faire périr Glocester dans l'intervalle, si Ton suppose comme tout semble le faire croire, que l'ordre de le mettre à mort accompagnait l'ordre menteur de l'envoyer devant le parlement. Walsingham, en parlant de l'arrêt d'exil du comte maréchal l'année suivante (16 septembre 1398), dit qu'il eut lieu, jour pour jour, douze mois après la mort de Glocester (p. 356). Il ne serait peut-être pas bien sûr de prendre cette indication à la lettre, pour un fait qui demeura entouré de mystère. Ainsi il y en a qui en fixent l'époque au samedi après la Saint-Barthélémy (Dugdale, t. II, p. 172), qui fut le 25 août: mais on a la déclaration écrite par Glocester en date du 8 septembre.
Condamnation posthume de Glocester. Rot. Pari., t. III, p. 378.
Commission de W. Rickhill (17 août 1397). Rymer, t. VIII, p. 13. — déclaration de Glocester, du 8 septembre ^ produite
le 25 (en anglais). Rot. Pari., t. III, p. 378. C'est en l'an xi de Richard (1387-1388) que le roi, selon l'accusation qui fut plus tard portée contre lui, avait, en présence des ducs de Lancastre et d'York, juré, dans la chapelle du château de Langley, de pardonner à son oncle. (Voyez l'acte d'accusation contre Richard, art. 49. Rot. Pari., t. III, p. 421.) Richard, il ne faut pas l'oublier, était alors en la puissance de Glocester. Notons encore que Glocester, dans sa déclaration, parle d'un serment qu'il aurait prêté à Richard ; et l'acte d'accusation de Richard, d'un serment prêté par le roi en faveur de Glocester. — Voici un trait qui prouve ce qu'il faut penser d'Otterbourne à son tour : à l'en croire, Rickhill aurait rapporté la déclaration de Glocester dans un tout autre sens que ne le voulait le duc : « Factumque post quod ipse renunciaret verba ducis, sed in alia sententia quam dux intenderet, nec esset conveniens testificalio ejus. » Or nous avons la déclaration textuelle du prince : et Rickhill se conduisit avec tant de droiture dans cette affaire, qu'au jour des représailles il fut impossible de le faire condamner.
Page 181, note a.
Mort de Glocester. Témoignage de Froissart : « Ainsi que je fus informé, sur le point du dîner et que les tables étoient mises au chastel de Calais, ainsi qu'il devoit laver ses mains, quatre hommes à ce ordonnés issirent d'une chambre, et lui jetèrent une touaille au col, et l'estraignirent tellement, les uns d'un lez et les autres deux d'autre, qu'ils l'abattirent à terre; et là l'étranglèrent d'une touaille, et lui cloirrent les yeux, et tout mort, ils l'apportèrent sur un lit et le dévêtirent et déchaussèrent tout mort; et le couchèrent entre deux linceuils, et mirent son chef sur un oreiller, et le couvrirent de manteaux fourrés ; et puis issirent en la chambre, et vinrent en la salle tous pourvus de ce qu'ils dévoient dire et faire, en disant tels paroles : que une défaute de maladie de popolésie étoit prise au duc de Glocester, en lavant ses mains, et que à grand peine on l'avoit porté coucher. On tint ces paroles en public au chastel et en la ville ; et bien le crurent les aucuns, et les autres non. » (Froissart, IV, 61.)
Témoignage de Walsingham : « Interea (quia non videbatur tutum Régi, ut dux Glouverniœ responsis astaret) propter favorera populi qui ei nimis afficiebatur, rex jussit comiti mare-
scallo ut eum occulte occideret : qui, missis iniquitatis ministris, fecit eum sufFocari superjectis culcitris et lectis pluma refertis super os ejus. » (P. 355. Cf. M. Evesh., p. 161 .)
Le continuateur de la chronique de Groyland, qui rapporte aussi cette mort à l'ordre du roi et au conseil du comte maréchal, alors gouverneur de Calais, ajoute : a Custodes prsedicti Ducis improvisi cameram ejus dormientis nocte intraverunt, et vincientes eum manus ac pedes, inter duo pulvinaria magna suppressum eorumque pedibus diutius conculcatum miserrime suffocabant. » (Hist. Croyl. contin., t. I, p. 493). Otterbourne (p. 193) dit que le comte maréchal différait, et que, pressé par les menaces du roi, il le fit venir au milieu de la nuit, comme pour le rembarquer pour l'Angleterre; puis on le mena dans une hôtellerie où il fut étouffé par des valets. Cela a quelque rapport avec le témoignage qui va suivre.
Déposition de J. Halle (parlement de la première année de Henri IV, 1399). Rot. Pari., t. III, p. 452.
Page 182, note a.
Procès sommaire de J. Halle, Rot. Pari., t. III, p. 452. On verra dans quelles circonstances on le fit, quand nous parlerons du parlement de la première année de Henri IV, où Richard fut jugé. De tous ceux que J. Halle nomma comme acteurs ou témoins dans le drame de Calais, un seul, W. Série, fut arrêté quelques années après, comme il revenait d'Ecosse, cherchant à propager le bruit que Richard était vivant. Il se reconnut, dit-on, coupable de la mort de Clocester : mais sa tentative en faveur de Richard le désignait déjà au supplice. On s'occupa moins d'avoir des aveux sur le meurtre de Clocester que des déclarations contre la prétendue existence de Richard. C'est pour cela qu'on le promena de ville en ville avant de le livrer au bourreau. (Voy. Walsingham, p. 371; Leland, Coll., t. I, p. 390, et dans le présent volume, p. 322.)
Page 182 , note b.
Condamnation de Thomas Arundel, archevêque de Canterhury. Rot. Pari., t. III, p. 351, § 16. La condamnation est prononcée, selon l'usage, au nom du roi, des lords et des procureurs du clergé. Le moine d'Evesham (p. 134) prétend que
l'archevêque voulait se présenter devant les lords au jour fixé, mais que le roi l'en fit détourner par Tévêque de Garlisle. Walsingham (p. 354) dit que l'archevêque de Ganterbury s'étant éloigné du parlement par le conseil du roi qu'on lui croyait tout dévoué, et sur la promesse qu'on ne ferait rien à son préjudice en son absence, fut condamné, quoique absent, à l'exil. Cette imputation ne s'accorde pas avec les actes officiels.
Translation de Th. Arundel au siège de Saint-André. Elle est rappelée dans l'acte qui institue Roger de Walden à sa place (Il janvier 1398. Rymer, t. VIII, p. 31.) Le pape ne se montrait pas disposé à destituer l'archevêque, qui avait eu recours à lui ; ou du moins, en lui retirant son siège, il lui eût voulu trouver des compensations dans le royaume. Le roi lui écrit de la manière la plus pressante et presque sur le ton de la menace : l'archevêque est un traître; le rétablir dans le royaume c'est se déclarer pour les ennemis du roi, c'est rompre avec lui : « Thomas, proditionis non expers, nostrae regiœ majestati insidias fabricavit.... Quum jam intelleximus eumdem Thomam ad vestrse sanctitatis praesentiam evocatum, et talibus consolatoriis sermonibus ipsum, ut dicitur, animastis, quod ad eadem bénéficia vel majora, infra nostrum regnum, vel saltem in partibus nostrse ditioni subditis, se crédit verisimiliter promoveri,.. vita comité nullatenus tolerabimus, etsi totus mundus ad hoc quomodolibet consentiret. Novimus etiam hune hominem ad medullas. Novimus ejus animum impatientem pacis cujuslibet.... Prsevideat igitur sancli apostolatus vestri discretio ne hac in parte taie praejudicium.... inferatur, per quod inter sacerdolium et regnum scandalorum materia valeat exoriri.... Ut cnim piano, non ficto sermone loquamur, amicus autem benevolus esse non poterit, qui notoriis inimicis dextras exhibet sive confert. Alibi namque, si vobis placuerit, satis sibi providere poteris, dum tamen nostro manum non intinxerit in catino (Hœc ex contin. Polychron., circa ann. D. 1397). Wilkins, Conc. M. Britanniœ, t. III, p. 232
Condamnation de Warwick, et grâce de la vie. Bot. Pari, y t. III, p. 379, § 8. Cf. Wals., p. 355, et le Ms. 3884, f° 115. La confiscation, pour lui comme pour Glocester, remonte au 13 novembre an xi (1387), date de la prise d'armes de Harin-
ghay-Park. Pour le comte d'Arundel, on l'avait fait remonter au 19 novembre an x (1386), date de la commission pour la réforme du gouvernement.
Page 184, note a.
Thomas Mortimer. Il n'est point de la famille des Mortimer, comtes de la Marche. (Voyez Dugdale, Baronage, t. I, p. 138 et suiv.) — Nouvelle assignation; elle doit être du 23 septembre, puisque le délai de trois mois part « du 24 septembre prochain en suivant. » {Rot. Pari., t. III, p. 380, § 9; cf. ibid., p. 351, § 19); l'ordre adressé à Roger Mortimer est du 24 septembre. (Rymer, t. YIII, p. 16.)
Page 187, note a.
déclaration en faveur de plusieurs membres du conseil de 1386. Rot. Pari., t. III, p. 353, § 26. Voir l'amnistie publiée, suivant cette décision, en faveur du vénérable R.leScrop (29 novembre 1397, Rymer, t. VIII, p. 26-29): c'est toute l'histoire en résumé des événements dont il s'agit. — Déclaration en faveur de Derby et du comte maréchal. Rot. Pari., t. III, p. 363, § 27. Hallam n'hésite pas à regarder Henri de Lancastre comme un des complices du procès de Glocester (t. III, p. 221). — Force de statut aux ordonnances et aux jugements rendus. Rot. Pari, t. III, p. 354, § 32.
Page 188, note a.
Promotion des lords en dignité. Rot. Pari., t. III, p. 355, § 35. Marguerite, fille et héritière de Thomas Brotherton, et dont la fille porta l'office de maréchal aux Mowbray, Marguerite Maréchal, comme on l'appelait, comtesse de Norfolk, gi'and'mère de Thomas de Mowbray, comte de Nottingham et maintenant duc de Norfolk, fut élevée, dans la même promotion, au rang de duchesse de Norfolk.
Les députés des communes. « Non electi per communitatem, « ut mos exigit, sed per regiam voluntatem. » (Otterb., p. 191.)
Page 189, note a.
Ajournement du parlement. Rot. Pari, t. III, p. 355, § 36. — Serment, etc. Ibid., § 37-43. Le roi écrivit à l'archevêque
d'York pour l'inviter à publier les excommunications prononcées par les prélats en parlement. Il lui demande, eu même temps, de prier pour l'âme de Thomas, duc de Glocester, profitant de cette occasion pour lui parler des crimes qu'il a, dit-il, avoués, avant sa mort. (6 octobre 1397. Rymer, t. YIII, p. 19.) L'envoi de ces lettres aux deux archevêques avait été décidé en conseil. (ProceedingSj t. I, p. 76.) Le 14 octobre, le roi donna ordre au duc de Norfolk ( comte maréchal ) de remettre le corps de Glocester à son clerc R. Maudelein, chargé de le rendre à Alianor , veuve du défunt. Le 18, ordre à Maudelein de remettre le corps à la duchesse de Glocester, afin qu'elle l'ensevelisse à Westminster (Rymer. t. YIII, p. 21); le 31, dans une lettre à la duchesse, il lui ordonne de le transporter, non à Westminster, mais au prieuré de Bermondesey. (Ibid., p. 24.) Bien qu'il eût été ordonné de saisir tous les domaines de Glocester, une réserve fut faite en faveur de la duchesse : elle s'élevait à 198 Hv. (23 décembre 1397, Ibid., p. 30.) La duchesse avait d'ailleurs ses biens personnels.
Page 191, noie a.
Si Richard n'a fait qu ajourner sa propre vengeance? Hallam le croit, et y voit une preuve de sa dissimulation. « Richard, dit-il, ne pouvait pardonner à ceux qui avaient pris part aux événements de 1388. Il n'avait fait que dissimuler sa haine. » (t. III, p. 214.) La dissimulation serait grande, en effet. Mais comment la concilier avec ce qu'il dit de l'emportement de Richard? A cette incroyable conclusion de Hallam, opposons ce raisonnement de Lingard, qui paraît bien plus sensé :
« Le concours des princes du sang fournit de fortes présomptions pour croire qu'il avait existé quelque chose de bien criminel et de bien dangereux dans la conduite de Glocester. Ses neveux, les comtes de Sommerset et de Rutland, étaient deux de ses accusateurs; ses frères, les ducs de Lancastre et d'York, se réunirent pour le condamner; et le premier même prononça contre lui la sentence de trahison. Peut-on supposer qu'ils se fussent unis ainsi pour déshonorer et punir leur propre sang, s'ils n'eussent été entraînés par d'autres motifs que le ressentiment du roi relatif à une offense commise et pardonnée dix ans auparavant? {Hist. d'Angleterre, t. IV, p. 393.)
Page 196, note a.
La consultation de Nottingham soumise au parlement et aux juges, Rot. Pari., t. III, p. 357, § 47; approuvée, ibid.,\). 358. — Annulation des actes de V Admirable Parlement. Ibid. Pour mieux abolir la mémoire de ces procès, une proclamation du roi ordonna que toutes les pièces qui les concernaient, en quelques mains qu'elles se trouvassent, fussent rapportées à la chancellerie. (25 mars 1399, Rymer, t. VIII, p. 71.)
•^ Page 198, note a.
Réserve relativement aux biens, faite par le roi dans le jugement de réhabilitation des Despenser. Rot. Pari., t. III, p. 367, § 66. — Renonciation du comte de Glocester (Th. le Despenser), jeudi, 31 janvier. Ibid., p. 368, § 71. On voit par le paragraphe suivant (72) que tous les princes et plusieurs grands seigneurs y étaient intéressés.
Alice Perers, la fameuse maîtresse d'Edouard III dans ses dernières années, vint aussi, en ces jours de réhabilitation générale, réclamer la restitution des biens qui lui avaient été pris par confiscation l'an r*" de Richardll (1377). Le parlement accueillit sa requête et la renvoya à la décision du roi. {Ibid., p. 367, § 68.)
Page 202, note a.
Confirmation des jugements; — proposition de J. Bussy ; avis des gens de loi; — serment prêté. Rot. Pari., t. III, p. 359, §51. Hallam a signalé la présence des procureurs du clergé (les prélats siégeant d'ailleurs individuellement) comme un fait rare dont il ne voit nul autre exemple qu'à l'avènement de Henri IV (t. III, p. 3U5). Dans ces deux circonstances toutes révolutionnaires, on voulait que le clergé fût lié, non-seulement par ses lords, mais par ses propres représentants.
Frojet du roi d'obtenir sentence du pape. Ibid., $ 52. — Consultation et assentiment du peuple. « Et puis après proclamation feust fait en audience de tout le peuple pour savoir s'ils vorroient consentir a ceste manere de seuretee. A quel ils reponderent, adresceants en haut leurs maines dextres et criants ove hautes voices qu'il lour plest bien et qu'ils sont a ceo pleinement assentuz. » {Rot. Parl.^ t. III, p. 360, § 51.) Walsinghamdit que le projet fut exécuté, et les lettres du pape publiées dans Londres à la croix de Saint-Paul, et en d'autres lieux principaux du royaume (p. 356). Ge fut un des griefs imputés plus tard au roi. (Voyez Rot. Pari., t. III, p. 419, § 27.)
Page 204, note a.
Surrey chargé des fonctions de maréchal; Dorset, amiral (jeudi, 31 janvier). « Item, l'office de mareschal est commys a duc de Surrey. Item, l'office de Tadmirall est commys a markys de Dorset. Mes nostre seignour le roy fist déclaration que combien que cest fait n'appartient au parlement mes a lui mesme pour faire ses officers quant il plerra, y pleust a luy qu'il soit conus a toutz l'Estates de parlement.» {Rot. Pari., t. III, p. 368, § 73.) Gomment le duc de Surrey obtient-il le titre de maréchal, qui appartenait à la famille de Th.Mowbray, comte de Nottingham, duc de Norfolk, et qui venait tout récemment de lui être confirmé, pour lui et pour sa race ? La délégation n'en est que provisoire, et doit avoir pour cause un fait qui s'était passé la veille, et dont il sera parlé tout à l'heure. (Voyez ci-après p. 206 et 464.)
Commission pour remplacer le parlement en son absence. 31 janvier, Rot. Pari, t. III, p. 368, § 74.
Page 205, note a.
Vote du subside des laines, pour la vie du roi. On y ajoutait une surtaxe de 6' 8*^ par sac pour les étrangers. En votant ce subside pour la vie du roi, le parlement stipulait que cela ne devait pas faire exemple pour ses successeurs! {Rot. Pari., t, III, p. 368, § 75.) La surtaxe levée sur les étrangers devait, jusqu'à trois ou quatre mille marcs, servira indemniser ceux qui avaient été pillés à l'affaire de Redecot-bridge (le combat où les lords défirent le duc d'Irlande en 1387). Elle devait servir aussi à
indemniser les nouveaux lords appelants , à l'exemple des anciens. Ces exemples ne se perdent pas. {Ibid., p. 369, § 76.)
Amnistie demandée et ajournée (mardi, 29 janvier) Rot. Pari., t.III,p.359-,§49:— ^ccorrfé?'e(jeudi, 31). Ibid., p. 369, §§ 77 et 78. Le roi en exceptait les meurtriers, larrons et ravisseurs de femmes, et ceux qui avaient conspiré contre sa vie, et ne rétendait à ceux qui avaient pris part à l'aôaire de Haringhay, Fan XI de son règne, qu'à la condition qu'ils vinssent, avant la Saint- Jean-Baptiste, demander une charte de pardon. Otterbourne dit qu'il exceptait de l'amnistie cinquante personnes dont il refusait de dire les noms, afin d'y pouvoir comprendre qui il voulait (p. 195.) Il n'est plus question ici de cette réserve dans les rôles.
Page 207 , note a.
Derby et Nottingham. Hallam (t. III, p. 221) n'hésite pas à ranger le premier aussi bien que le second parmi les complices de la chute de Glocester. — Déclaration de Derby au roi à Haywood. Voyez Rot. Pari., t. III, p. 360, § 53, et p. 382 {Placita coronœ, § 11.) Les deux procès-verbaux sont à peu près identiques. Une chronique donnée par Leland, chronique souvent mal renseignée d'ailleurs, dit que Norfolk fit sa confidence à Derby sous le sceau de la confession ; que Derby le dit à son père, et Lancastre au roi. (Leland. Collect., 1. 1, p. 384.) D'après la déclaration de Derby lui-même, le roi n'avait tout au plus qu'une connaissance vague de propos injurieux non définis. Derby reste donc responsable des détails précis qu'il donne dans son accusation. Froissart (IV, 63) intervertit les rôles et fait de Norfolk le dénonciateur. Il est contredit par les actes officiels.
Page 208, note a.
Cédule de Derby. Rot. Pari., t. III, p. 360, § 53. Turner trouve cette dénonciation fort naturelle : « Car, dit-il, ou la révélation du comte maréchal était vraie, et les projets du roi ainsi découverts devenaient impossibles ; ou elle était fausse, et la perfidie de cette confidence méritait qu'on la dénonçât (t. II, p. 314). Mais si le fait révélé était vrai, Derby commençait par perdre celui qui, en le lui révélant, l'avait sauvé, lui et son père. — Thomas, comte de Lancastre, dont il est parlé dans cette pièce, est ce petit-fils de Henri III qui prit part aux trou-
j)les du règne d'Edouard II, et fut mis à mort l'an xv de ce roi (1322). (Voy. Wals., p. 116).
Page 210, note a.
Amnistie accordée au duc de Hereford, 25 janvier 1398. Rymer, t. VIII, p. 32. — Pardon Im'plorè et accordé en parle- 7nent, 31 janvier, Rot. Pari., t. III, p. 367, § 67. — Absence de Norfolk. On lui reproche dans la sentence qui le frappa d'exil, qu'ayant figuré parmi les lords appelants contre Glocester, et reçu des terres eu récompense, néanmoins « il failla de venir au jour de la attermination de dit appel, sans mander juste et leisible (loisible, licite) excusation. » (Rot. Pari., t. III, p. 383, col. 2.) Dans la première session, au procès de Glocester, il était à Calais ; et ce n'était que trop pour le service du roi qu'il ne put se trouver à Westminster; mais il ne vint pas davantage à la session de Shrewsbury.
Proclamation qui assigne Norfolk, 4 février 1398. Rymer, t. YIII, p, 32. Comparution à Oswaldstree (23 février). — Conseil de Bristol (19 mars). — Débats à Windsor (28 et 29 avril). — Ajournement pour la bataille au 1 6 septembre à Coventry. {Rot. Pari., t. III, p. 383.) La version du ms. 3884 sur tous ces points laisse beaucoup à désirer. (Voy. f° 116-1 19).
Ou trouve dans Rymer, à la date du 6 février 1398, une lettre du roi aU gouverneur du château de Windsor, qui lui ordonne de recevoir les ducs de Hereford et^ de Norfolk, ou l'un d'eux, de celui qui les amènera (t. VIII, p. 35). — Ordre de tenir sous bonne garde Thomas, duc de Norfolk, dans la maison nommée Garderobe, 23 avril 1398 {ibid. p. 36).
Page 212, note a.
Dispositions diverses des seigneurs de France. Froissart, IV, 63. — Message de Charles YI pour empêcher le combat. Il nous est connu par les instructions que Charles VI donna à son envoyé Nicolas Paynel, instructions dont une copie du temps est aux Archives, {Trésor des Chartes. J, 644, n° 3).
Page 217, note a.
Journée du 16 septembre. Ms 3884, f" 121. Hall, Chron.,
Il — 30
p. 4, cité par Turner, t. II, p. 315; Froissart, IV, 64, Wals., p. 356. Il est très-bref sur ces derniers événements, et de même lemoined'Evesham(p. 146)etOtterbourne(p. 195). Sur la forme de ces combats judiciaires, voyez un traité du temps, Modus faciendi duellum coram rege, BibL, imp., ms. 6049, f°' 21-24. Sentence contre les deux rivaux. Rot. Pari. t. III. p. 383, cf. Froissart, IV, 64. Les fonctions de maréchal avaient été, on l'a vu, conférées au duc de Surrey, dès le lendemain du jour où Norfolk avait été dénoncé devant le parlement de Shrewsbury. Cet office lui fut donné pour toute la durée de la vie de Norfolk, par une ordonnance rendue le lendemain de ce jugement, 17 septembre 1398, (Rymer, t. VIII., p. 44).
Page 219, note a.
Départ de Norfolk, Froissart, IV, 65. On lui permet de partir du port qu'il voudra, entre le port d'Orwell et Scarborough; s'il est repoussé par la tempête, on pourra l'accueillir (3 octobre 1398,Rymer, t. VIII, p. 47). — Permission d'emmener les gens de sa suite avec 1000 livres pour ses dépenses, ses meubles, de l'argenterie, etc., même date {ibid. p. 47, 48); étoffes à emporter à l'usage du duc de Norfolk, 14 octobre, {ibid., p. 51). — Lettres de procuration [attornamentum] kses fondés de pouvoir, 15 octobre. (Jbid., p. 51.) Les habitants de Lewestoft annoncent au roi et au conseil que le samedi après la Saint-Edouard (19 octobre), le duc de Norfolk s'est présenté pour s'embarquer avec une suite de trente personnes, et qu'il est parti. {Rot. Pari., t. III, p. 384, § 12). — Départ du duc de Hereford. Froissart, IV, 65. — Permission d'entrer dans Calais avec douze personnes et d'y demeurer un mois (3 octobre 1398. Rymer, t. VIII, p. 48). — Lettres de procuration à ses fondés de pouvoir, (8 octobre ibid., p. 49, 50).
Page 221 , note a.
Décision du comité sur la valeur de ses actes. Rot. Pari. t. III, p. 371, § 8. — Formule de serment. Ibid., p. 372, § 86. —Le même jour, le comité avait eu à délibérer sur une réclamation faite au dernier parlement par des marchands, contre l'ordonnance qui les forçait d'apporter à Calais une once d'or de marque étrangère par sac de laine. Le duc de Bourgogne défendait
qu'on exportât la monnaie de Flandre : le roi dit qu'il écrirait au duc de Bourgogne. {Ibid., p. 369, § 80.) Une autre pétitioii des communes représentait que la permission d'acheter les marchandises partout ailleurs ruinait l'étapJe de Calais. Le roi maintint le privilège de Calais pour les grosses marchandises, c'est-à-dire la laine, l'étain, le plomb, révoquant les dispenses qui avaient été accordées. (Ibid., p. 370, § 82.)
Page 224, note a.
Députation du pape. Wals., p. 356. Le roi se bornait à permettre, par des autorisations particulières, d'accepter des bénéfices du pape. (Voir un acte de ce genre, 6 février 1398, Rymer, t. VIII, p. 34.) Quant au fond du débat, « on finit, dit Lingard, par abolir entièrement les provisions en faveur des étrangers, à l'exception des cardinaux ; et pour les indigènes, elles ne furent généralement accordées qu'à des personnes qui avaient obtenu préalablement la licence royale. » (Histoire d'Angleterre, t. IV, p. 367.) C'était à peu près déjà comme nos concordats.
Parmi ces nominations directes d'évêques en remplacement d'évêques transférés ailleurs, il en était une qui devait plaire au duc de Lancastre : celle de son fils Henri de Beaufort au siège de Lincoln. Il devint plus tard évêque de Winchester et cardinal : c'est celui qui a joué un si grand rôle sous Henri V, et surtout sous Henri VI.
Question du schisme. Froissart, III, 67. — Lettre de Richard au chancelier et aux membres de V Université d'Oxford pour leur communiquer les propositions du roi de France et de VUniversite de Paris et en prewlre leur avis, 20 novembre 1398. Rymer, t. VIII, p. 62.
Page 226, note a.
Emprunts de Richard. Le roi avait déjà recouru à ces moyens avant le parlement de 1397. On trouve une longue liste de reconnaissances de cette sorte, le 10 août 1397. (Rymer, t. VIII, p. 9-12.)
Ces nouveaux emprunts, selon Walsingham, ne furent pas remboursés. Faut-il s'en prendre au roi, ou à sa chute et à la pohtique de son successeur? Walsingham, comme on le pense bien, ne l'impute qu'à Richard. Cette sorte d'exaction n'avait
été du resle que trop fréquente déjà, au temps où le conseil, sorti du parlement, gouvernait au nom du roi mineur. On l'a vu par les plaintes inscrites aux pétitions des communes en ]379. (Voyez ci-dessus, t. I, p. 32.)
Exactions. Wals., p. 357; et Hypodigma Neustriœ, p. 553; ]M. Evesh., p. 147, et Otterbourne, p. 195 et 199. Aucun acte autre que l'acte d'accusation, si plein lui-même de calomnies, ne justifie l'assertion de Walsingham et de ses copistes : car il faut^ selon toute vraisemblance, voir des déclarations faites en vue de l'amnistie, dans ces pièces (Raggemale) par lesquelles diverses personnes se reconnaissaient coupables de divers crimes de trahison envers Richard (ou bien s'obligeaient à observer les actes de Westminster et les ordonnances ou jugements de Goventry), pièces que le condamné de Goventry, devenu roi, fit brûler dès le commencement de son règne, 30 novembre 1399. iRymer, t. YIII, p. 109.)
Taxation des amendes : « Que nuUui soit présent en counsail a la taxation des fins affaire par les personnes exemptz, forspris les chancelier, trésorier, gardien du prive seel, Mons. Jehan Bussy, Mons. Henri Grene, et Mons.Will. Bagot. » Cette décision du conseil suivit de près la mort de Glocester (septembre ou octobre 1397). {Proceedings, t. I, p. 76.)
Page 227, note a.
Ecosse. Des actes nombreux sont consacrés aux négociations avec l'Ecosse dans les années 1398 et 1399, et aboutissent à la confirmation des trêves. — Trêve, 16 mars 1398 (en français). Rymer, t. YIII, p. 35. — Sauf- conduit pour les envoyés cVÉcosse, 29 mai. Ibid., p. 39. — Conventions pour la trêvBj 26 octobre. Ibid,^ p. 54. — Règlements relatifs à la trêve, 6 novembre. Ibid., p. 58. — Commission pour traiter de la paix, 22 mars 1399. Ibid., p. 69. — Pouvoirs des commissaires, 23 mars. Ibid, — Instructions aux ambassadeurs, 4 avril. Ibid., p. 72.
France. Les bons rapports continuent : les termes de la dot sont régubèrement payés, 6 novembre 1397, 19 octobre 1398. (Rymer, t. VIII, p. 25 et 53.) — Commissaires noynmès pour régler les difficultés ou transiger sur les infractions, 13 octobre 1398 et 5 avril 1399. Ibid., p. 46 et 73.— En 1398 (25 avril),
Rupert de Bavière vient faire hommage à Richard {Ibid., p. 37).
Irlande. Mort de Roger, comte de la Marche» Wals., p. 356. Otterhourne, p. 197. La liste des domaines qu'il laissait à sa mort remplit vingt-deux colonnes dans le Calendar. Inquis. post mortem, (t. III, p. 321-342.) — Expédition d'Irlande : armement maritime. Ordre du 7 février 1399. (Rymer, Donat, Ms. V, 107 et 108, cité dans VArchœoL, t. XX, p. 21.) Plusieurs actes relatifs à l'expédition •d'Irlande marquent les premiers mois de cette année : Ordre du roi à tous les hommes de sa livrée et de sa solde de venir le joindre à Londres le mercredi de la semaine de Pâques (2 avril), 23 mars 1399; Lettres de protection aux chevaliers qui doivent V accompagner (30 avril). Rymer, t. VIII, p. 70 et 78.
Réquisitions et exactions. Wals., p. 356, et Hjjpodigma Neustrise, p. 553; Otterhourne, p. 197 et 199, et Tardcle 22 de l'accusation de Richard : c'est aux couvents que Richard avait demandé des chevaux; d'où on l'accusa d'avoir attenté aux libertés de l'Éghse anglicane. {Rot. Pari., t. III, p. 420, §39.)
Page 230, note a.
Les lettres patentes délivrées à Derby après son jugement, dé^ clarèes contraires à la loi et annulées, 22 mars 1399. Rot. Pari., t. III, p. 372, § 87. — Révocation semblable des lettres accordées au duc de Norfolk. Ibid., § 88. — Serment des prélats et des lords : les noms de chacun sont inscrits au procèsverhal. Les prélats sont les archevêques de Ganterhury (Roger de Walden) et d'York (Richard le Scrop); les évêques de Londres (Rob. Braybrook), de Winchester (W. de Wickham), d'Ély (J. Fordham), de Norwich (H. Spenser) ; l'évêque d'Exeter (Edm. Stafford), chancelier; les évêques de Rochester(W. de Boltlesham), de Hereford (J. Trevenant), de Salisbury (R. Melford), de Lincoln (Henri de Beaufort, fils de Jean de Gand, duc de Lancastre); de Saint-Asaph (J. Trevaur), de Saint- David (Guide Mohun), de Ghester (J. Burghill), de Winchester (Rob. Reade), de Landaif (Th. Peverel), les abbés de Westminster et de Saint-Edmond. Les seigneurs sont : les diK-.s d'York, d'Aumarle (comte de Rullaud), d'Exeter (J. de Rolland); le marquis de Dorset (J. de Beaufort); les comtes de Stafford, de Salisbury (J. de Montaigu), de Northumberland
(Henri Percy, le père), de Glocester (Despenser), de Westmoreland (Nevil), de Worcester (Th. Percy), le comte de Wiltshire (W. le Scrop) alors trésorier, le comte de Suffolk (Michel de la Po!e, fils de l'ancien chancelier); les sires de Grrey, de Ruthyn, de Ferrers de Groby, de Lovell, de Gamoys; M*". J. Bussy, M^ H. Green, M'. J. Riissel, Robert Teye. {Rot. Pari., t. III, p. 373, § 89.) — Serment du peuple présent par main levée : « Quele chose feust faite et assentuz par tout le poeple esteantz en présence du Roy. {IbicL, § 90.)
Condamnation de Robert Plesington, mort. Ibid., p. 384, § 13; — rfe Henri Bowet. Ibid., p. 384, § 14.
Page 234, note a.
Refroidissement à Végard de Richard. Tournoi donné devant la reine. Froissart, IV, 69. Le moine d'Evesham (p. 148) parle pourtant d'un tournoi très-nombreux à la Noël de 1398.
Opposition ouverte des Percy, ibid. Froissart dit qu'ils furent condamnés, ibid.^ 70; mais les actes n'en gardent aucun vestige. On trouve encore à la date du 26 novembre 1398, des lettres du roi qui nomment Henri Percy, fils du comte de Northumberland, gardien de la marche orientale d'Ecosse, nomination confirmée le 16 janvier de l'année suivante. (Rot. Scot., t. II, p. 145 et 146.) Condamnés ou menacés, les deux seigneurs, au dire de Froissart (ibid.) y écrivirent au roi d'Ecosse pour se ménager un asile auprès de lui.
Bruits répandus en Angleterre. Froissart, ibid. Le chroniqueur dit que le roi avait envoyé à Calais le comte de Huntingdon (J. de Holland, duc d'Exeter) : c'est W. le Scrop qui, par un acte du 24 février 1398, reçut pour quinze ans la garde du château de Calais. (Suppl. Rymer, Richard II, t. V, n" 76. Coll. Bréquigny, t. LXXIX, f** 244.) On ne trouve aucun acte qui ait donné au comte de Huntingdon autorité dans Calais, et il y en a un à la dalo du 26 novembre, qui lui donne la garde de la marche occidendaie d'Ecosse. {Rot. Scot., 1. il, p. 145.) Dans le cours des deux années précédentes, en même temps que la garde de la marche orientale est maintenue à Henri Percy, tils de iSorthumberland, on voit la marche occidentale confiée alternativement au duc d'Exeter et au duc d'Aumarie; au premier, le 15 septembre 1396, le 16 lévrier lc97 et le 26 n<3vembre 1398; au second, le 10 février 1398 elle 16 mars 1399,
Page 235, note a.
L'archevêque de Canterbury près de Derby. Froissart, IV, 71. Froissart croit que larchevêque de Canterbury tint sa mission des mécontents ; et il le fait partir de Londres, ce qui est manifestement une erreur.
Henri de Lancastre. Froissart, IV, 72. L'historien dit que Henri de Lancastre alla par la Bretagne, et raconte même sa conférence avec le duc; le récit du Religieux de Saint-Denys (XX, 8) qui le fait passer par Boulogne, quoique moins circonstancié est plus vraisemblable; et il est d'accord avec Otterbourne, (p. 202.) Ni W^alsingham (p. 358 et 554), ni le moine d'Evesham (p. 149) ne marquent le chemin qu'il prit.
Traité de Henri de Lancastre avec le duc d^Orléans. Paris, 17 juin 1399. Dumont. Corps diplom.y t. II, p. 271, et Douet d'Arcq, Pièces inédites, t. I, p. 157.
Page 239, note a.
Départ du roi pour f Irlande. Voyez ci-après, livre XI, p. 239. — Walsingham (p. 358) nomme l'évêque de Londres au lieu de l'évêque de Saint-David, parmi ceux qui accompagnèrent le roi.
L'évêque de Carlisle, un des prélats qui l'accompagnent, était, en la 18^ année de Richard, docteur à Oxford. 11 fut nommé à l'évêché de Carlisle, malgré le chapitre, lors de la translation de l'évêque de ce siège au siège de Chichester (1397.) On ne voit point, quoi qu'en dise Stow {Annal., p. 316), qu'il ait pris aucune part au procès de Glocester et d'Arundel. Il ne figure dans aucune des listes de ceux qui jurèrent le maintien de ces actes. Il n'en fut pas moins attaché au roi, comme on le verra par la suite. Plusieurs missions lui furent confiées en 1397 et en 1398. (Rymer, t. VII, p. 858, et t. VIII, p. 52.)
Les chapelains Maudelein et Ferriby dans la suite du roi, Rymer, t. VIII, p. 78, 79. (On y trouve aussi un certain nombre de ménestrels : on nomme du reste des ménestrels avec des trompettes parmi les troupes en campagne). — Maudelein avait reçu par la faveur du roi une prébende dans l'église de Derby, diocèse de Lichiield (1390). (Rymer, t. VII, p. 684.)
C'est h lui que fut confié la triste mission de ramener le corps de Glocester à sa veuve. {IblcL, t. YIII, p. 21 et 24. Voyez cidessus, p. 461.)Ferrihy avait été employé avecBussy et Green, comme commissaires de la trêve avec l'Ecosse. {Rot. Scot, t. II, p. 143 etsuiv. ; cité dans VArchœoL, t. XX, p. 91, note.) On le voit, à la date du 27 mai 1398, chargé par le roi de faire un rapport au conseil. {Proceedings^ t. I, p. 80.)
Testament de Richard i\^d.sn\ 1398). Rymer, t. YIII, p. 75- 78. Son inquiétude sur le maintien des actes de sa xxi^ et de sa xxii^ année, perce dans les dispositions de son testament. Il léguait ses joyaux à son successeur, à la condilion qu'il les confirmât : sinon, il voulait qu'ils appartinssent aux ducs de Surrey, d'Aumarle et d'Exeter, et à W. le Scrop, comte de Wiltshire. On lui en fait un crime dans l'article 31 de l'accusation dirigée contre lui.
Adieux de Richard à la petite reine, Ms. 3884 (Ambassades), f"' 123-125.
Page 242, noie a.
Chronique de Creton. Voyez ce que nous en avons dit en traitant des sources de l'histoire de Richard II, t. I, p. 390. L'auteur témoigne lui-même de l'attention qu'il a])portaità ce qui se passait autour de lui dans la pensée d'en faire l'histoire :
En cel estât avec eulx clievauchoie, Et tous leurs faiz assez je rogardoie
A la fin tele Qu'en aucun temps j'en sceusse nouvelle Dire, et comment la traison mortelle Bien tost après sensuy moult cruelle,
Com vous orrez.
(ArchœoL, t. XX, p. 300, et Buclion, p. 329.) Son récit a dû être fait avant la bataille de Shi-ewsbury (21 juillet 1403 1: car
on n'y trouve aucune allusion à la mort de Thomas Percy, qui n'eût pas manqué d'y être relevée. L'éditeur anglais constate que, sans cette chronique et celle du ms. des Ambassades que nous avons déjà citée, l'histoire des derniers temps de Richard II serait mal connue, vu les erreurs de Froissart et la sécheresse des chroniqueurs nationaux. On pourrait excepter Hardyng. Mais Hardyng (très-bref d'ailleurs), attaché aux Percy, n'a souvent raconté que d'après le dire de cette famille, et n'échappe point au soupçon de partialité qui pèse sur les autres. (Voyez ArchœoL, t. XX, p. 239-241.) Quant à la Chronique tripartite de Gower qui se rapporte à ces événements, dans sa Z" partie, les faits ont de la peine à trouver place parmi les déclamations et les injures dont elle abonde. En fait d'histoire, tout ce qu'on y recueille, c'est que le roi alla en Irlande, qu'il revint dans le pays de Galles et qu'il fut pris ; et, si l'on veut savoir que penser des jugements de l'auteur, voici un trait qui en donne la mesure. Il dit que c'est en prévoyant le retour de Henri de Lancastre, et par peur, que Richard s'en alla en Irlande :
Tune rex Ricardus lepus est et non leopardus. Ouem timorastrinxit, alibi sua robora finxit; Hic ducis adventum prœscivit ab ore scientum, Quo celer exivit et Hibernica régna petivit.
(Gower, Chron. trip., part. m. Polit, poems, t. I, p. 443.)
Il y a dans le recueil des Political poems and songs, un poëme anglais sur la Déposition de Richard, écrit au moment même de sa chute et avant sa mort, à ce qu'il semble. On y voit l'arrivée de Henri, le grand mouvement qui se déclare en sa faveur; et, sous forme allégorique, ou plutôt par manière de jeux de mots, la mort des trois ministres, Bussy, Green et le Scrop. Les fds de l'Aigle (Henri) ont battu les buissons {bushes, Bussy), ramassé du gibier sur le gazon {green^ Green), dispersé les lambeaux (?) {aile the schroff and shroup, W. le Scrop.) L'Aigle venu par l'Est trouve le nid de la perdrix abandonné : les petits lui disent comme ils ont souffert depuis vingt-deux ans, et s'attachent à lui. Les partisans du Cygne (Glocester), gémissant de l'avoir perdu, suivent le Faucon (Henri est tout k la fois le faucon et l'aigle); ils déplorent encore le coup qui a frappé le Cheval (Arundel). L'Ours (Warwick) est rendu k la liberté. Ils se réunissent dans une prairie et maudissent le ma-
réchal (Thomas Mowbray). Puis Fauteur, laissant l'allégorie, revient à Richard ; et la fin comme le commencement est une diatribe contre son mauvais gouvernement, ses exactions, ses injustices, etc. (Polit, poems and songs, t. I, p. 368-417.) L'éditeur a fait précéder ce petit poëme d'une pièce en vers latins, rimes à l'hémistiche, et où les règles de la quantité ne sont guère mieux observées que celles de la grammaire. C'est une invocation contre les ministres de Richard et un appel au duc de Lancastre. Si les ministres du roi n'ont pas encore été livrés au supplice, ils n'en sont pas loin :
Et fac tractari falsos.et decapitari.
Scrope, Bagge, Ver, Dumus tormentorum parât humus.
Dumus estBussy {bush^ buisson). Ver doit tenir lieu de Grreen. Nous ne prétendons pas que Tauteur ait cherché son jeu de mots dans le français {green, vert); mais on ne voit pas trop par quelle réminiscence il se reporterait à l'ancien favori, Robert de Vère, mort depuis longtemps. Il fait aussi allusion aux rapports si détestés du roi avec la France :
Gallica per artes nostras vult perdere gentes.
Il est si confiant dans le succès, qu'on peut croire l'affaire déjà bien engagée quand il écrit :
Aquila duxaustro salvabit nos alabastro:
* lUius csetum praestet Christus fore lœtum.
{Politicat. poems, t. I, p. 366-^68.)
Page 244, note a.
État de VIrlande. Voyez ci-dessus, p. 79, elArcficeoL, t. XX, p. 16-19, note. — Forces du roi. Froissart dit qu'il avait 2000 lances et 10 000 archers. La Chronique anonyme (Ms. des Ambassades) lui donne à son retour d'Irlande 32 000 hommes.
Arrivée du roi en Irlande. Les divers chroniqueurs s'accordent assez bien. Le roi est parti (de Londres sans doute) vers la Pentecôte, selon Walsiugham (p. 357) ; immédiatement après la Pentecôte, selon le moine d'Evesham (p. 148) : (la Pentecôte fut le 18 mai); et Greton dit qu'on resta dix jours à Milford.
attendant le vent favorable. On voit, en effet, par divers actes, qu'à partir du 15 mai, le roi est aux environs du lieu d'embarquement : à Haverford, à Milford même, ou à Pembroke ; il y a desactesdatésde Milford du 27 et du 28.11 dut partir le jeudi, 29. {Rotuli liUer. claus. Introd. gén., t. I, p. 15. Cf. Ryraer, t. VIII, p. 82.) Avant deux jours on aperçoit les tours de Waterford. On y débarque le samedi, comme le dit Holinshed, (Hîstory of Ireland, p. 65), le 31 mai, et non le V^ juin, comme il le porte par une erreur ou de date ou de jour. (Voyez Creton, dans les SuppL de Froissart, t. XIV, p. 325, 326.) On y reste six jours, et quatorze à Kilkenny. La veille de la Saint- Jean , le roi entre en campagne {ibid., p. 332-339). Il est moins facile d'accepter la chronologie de Greton pour le reste. L'armée, s'étant avancée dans le pays, reste onze jours sans trouver à renouveler ses provisions. Le roi retournait à Dublin, quand Mac-Morogh lui fait des propositions de paix. On lui envoie le comte de Glocester : mais l'accord ne peut se conclure. Le roi reprend donc la route de Dublin, où le duc d'Aumarle (Rutland) arrive au bout de quinze jours ; ce qui mène vers la fin de juillet. Greton dit ensuite qu'on fut environ six semaines sans recevoir nouvelles certaines d'Angleterre. Ge n'est pas Rutland qui apporte la nouvelle du débarquement de Henri de Lancastre ; et d'autre part on ne peut compter ces six semaines à partir de son arrivée, car cela rejetterait au moins à la fin d'août. Or, Richard dès le 20, comme on le verra plus loin, était déjà aux mains de son rival.
Page 245, note a {omise).
Débarquement de Henri de Lancastre. Ms. 3884, f*» 125, verso. Wals.,p. 358, et M. Evesh.,p. 151, 152; Otterbourne, p. 203; Gontin. Groyland, p. 494. G'esl Walsingham (p. 358) qui en marque la date à la Saint-Martin d'été (juillet). Le moine d'Evesham la fixe à la Saint-Jean (p. 151). Un peu auparavant (p. 149), il avait dit que vers la Saint- Jean Richard apprit l'arrivée de Henri de Lancastre. Il faut évidemment rapporter cette date à l'arrivée du prince en Angleterre, et non à la nouvelle qu'on en reçut en Irlande. Froissari n'indique pas mieux l'itméraire de Henri en Angleterre, que sa rouie à travers la France. De Bretagne il le fait aller à Plymouth; de Plymoulh à Londres, et de Londres à Bristol (IV, 73).
Page 248, note a.
But avoué de l'entreprise de Henri. « Ad petendum hœredi- 9 tatem suam.... Qui omnes uno voto statuerunt in primis « persequiRegis malos consiliarios antedictos. » (Wals.,p. 358.] — Ténwignage des Percy dans leur manifeste: « Quando tu posi « exilium tuum Angliam intrasti, apud Doncastre tu jurastil « nobis supra sacra Evaugelia corporaliter per te tacta et oscu-- « lata juxta clamare regnum, seu regium statum, nisi solum- « modo hœredilatem tuam propriam et hsereditatem uxoris « tuœ in Anglia, et quod Ricardus dominus nosler rex ad tune « regnaret ad terminum vitœ suœ, gubernatusper honum consi- « lium dominorum spiritualium et teinporalium. » (Extrait d'un Ms. de la chronique de Hardyng, publié dans VArchœol., t. XYI, p. 140.) C'est sans doute de ce témoignage que s'appuie Hardyng, lorsqu'il dit, en son propre nom, dans sa chronique :
a There swore the duke upon the sacrament So claime no more, but his mothers héritage, His fathers landes and his wifes in good entent; And to laye downe bothe taxe and tallage, Whiles he might live, but if the baronage And ail the states, somonned in parliament, Thought it nedefull and therto whole assent.
He swore also, the Kyng in gouvernaunce
To be put by good and hole provision,
And Chesshyre men, for theyr mi>governance,
To voye out of his house of evvill condicion,
And officers of good disposicion
To rule his house, Hke his estate royall.
Thus was his othe there made in spécial. »
(Hardyng, Chron., ch. 195, f" 196.) Mais quelle que soii la partialité de ces documents, on peut dire que, sur ce point spécial, il sont conformes au témoignage précédemment cité de Walsingham.
Progrès de Henri. Wals., p. 358; M. Evesh., p. 151-152. Sur la marche de Henri, de Pomfret à Rerkley, par les comtés de Derby, Nottingham, Warwick et Glocester, voyez ArchœoL, t. XX, p. 54 et 62, notes. Il ne nous paraît pas probable, qnoi qu'en dise l'auteur, revenant à Froissart, qu'il soit allé dès Jorn à Londres,
Page 250, note a.
\V. le Scrop à Douvres. Relig. de Saint-Denys, XX, 8. — Préparatifs du duc d'York, Ms. 3884, f° 128, 129. Le ms. publié par Buchon (p. 23) porte 40 000 archers au lieu de 60 000. Nul assurément ne les compta. — Mouvements du duc d'York^ cf. Wals., p. 358. M. Evesh., p. 152 ; Oiterbourne, p. 203.— Accord du duc d'York et de Henri de Lancastre. Ms. 3884, f° 128, 129; Wals., p. 358; M. Evesh., p. 152; Otterbourne, p. 204. Greton s'abstient de parler de cet événement, dont il n'a pas été le témoin.
Le chic d'York dans Shakespeare. Shakespeare dans une scène précédente (II, 2), a peint le trouble du duc d'York en apprenant le débarquement et la marche de Henri. Le prétendant arrive :
Mon noble oncle !... (il met un genou en terre).
York. C'est ton cœur, et non ton genou qui doit fléchir. Je ne vois là qu'un respect hypocrite et trompeur.
BoLiNGBROKB (Henri). Mon gracieux oncle!...
York. Bah! bahl il n'y a pas de grâce ni d'oncle qui tienne. Je ne suis pas l'oncle d'un traître; et le mot grâce dans une bouche sacrilège est un mot profané. Comment, malgré l'arrêt qui te bannit, ton pied a-t-il osé toucher la poussière du sol d'Angleterre? Comment, foulant le sein pai-sible de la patrie, as-tu osé venir si loin, effrayant nos villages consternés par l'appareil de la guerre et des démonstrations hostiles que je méprise? Est-ce l'absence du souverain légitime qui t'a enhardi à venir? Jeune insensé, le roi est présent, et dans mon cœur loyal son autorité réside. Si j'avais en ce moment la vigueur de la jeunesse, comme le jour où le brave de Gand, ton père, et moi, nous dégageâmes le prince Noir, ce jeune Mars terrestre, des rangs de plusieurs milliers de Français, oh! comme ce bras, aujourd'hui paralysé par l'âge, aurait bientôt puni ton audace et châtié ton offense !
BoLiNGBROKE. Mou gracieux oncle, faites-moi connaître ma faute. Quelle est sa nature et en quoi consiste-t-elle?
York. Elle est de la nature la plus grave : c'est une rébellion au premier chef, une trahison détestable. Tu es banni, et voilà que tu viens, avant que le temps de ton exil soit expiré, porter les armes contre ton souverain!
Bolingbroke. Ce fut Hereford qui fut banni en ma personne; c'est Lancastre qui revient maintenant. Mon noble oncle, je supplie Votre Altesse d'examiner mes torts d'un œil impartial. Vous êtes mon père; car il me semble voir revivre en vous le vénérable de Gand. Eh bien donc, ô mon père! souffrirez-vous qu'injustement condamné, je ne sois qu'un malheureux errant et vagabond? qu'on m'arrache violemment mes droits et mes titres souverains pour les donner à des parvenus indigents? Pourquoi suis-je né? Si mon cousin est roi d'Angleterre, eu vertu du même titre je suis duc de Lancastre. Vous ave/ un fils, Auraale, mon noble parent. Si
vous étiez mort le premier , et qu'il eût été opprimé comme moi, dans soi oncle de Gand il eût trouvé un père qui eût épousé sa querelle et l'eût soutenu jusqu'au bout. On me défend de revendiquer ici mon patrimoine;] et pourtant j'y suis autorisé par mes lettres patentes. Les biens de moril père ont été saisis et vendus, et le prix en est employé en dépenses sans! utilité. Que vouliez-vous que je fisse? Je suis un sujet, et je réclame le bénéfice de la loi. On me refuse des procureurs; je suis donc obligé de venir en personne décliner mes titres à l'héritage de mes pères.
NoRTHUMBERLAND. Le noble duc a été trop indignement traité.
Ross. Il est de l'intérêt de Votre Altesse que justice lui soit rendue.
WiLLOiiGHBY. Des hommes de rien sont enrichis de ses dépouilles.
York. Lords d'Angleterre, écoutez-moi : J'ai ressenti les injures de mon neveu, et j'ai employé tous mes efforts pour lui faire rendre justice; mais venir ainsi, les armes à la main, se faire à lui-même justice, et poursuivre un but légitime par des moyens coupables, cela ne se doit pas; et vous qui le soutenez en ceci, vous faites de la révolte, et vous êtes tous des rebelles.
NoKTHUMBERLAND. Le noble duc a juré qu'il vient seulement réclamer ce qui lui appartient : c'est son droit, et ce droit, nous avons solennellement juré de l'appuyer; et qu'il dise à jamais adieu au bonheur, celui qui enfreindra ce serment!
York. Allons, je vois quelle sera l'issue de cette prise d'armes. Je ne puis y remédier, je l'avoue : car les moyens qui m'ont été laissés sont trop faibles; mais si j'en avais le pouvoir, j'en jure par celui qui m'a donné la vie, je vous ferais tous arrêter et vous obligerais d'implorer la clémence du roi. Mais puisque je n'en ai pas la force, sachez que mon intention est de rester neutre. Sur ce, adieu,... à moins pourtant qu'il ne vous plaise d'entrer dans le château et de vous y reposer cette nuit.
BoLiNGBROKE. Mou oncle, nous acceptons votre offre; mais il faut que Votre Altesse consente à nous accompagner au château de Bristol, occupé, dit-on, par Bushy, Bagot et leurs complices, ces chenilles de l'État, dont je veux purger le pays, et que j'ai juré de détruire.
York. Il est possible que j'aille avec vous.... Toutefois, je veux y réfléchir; car j'hésite à enfreindre les lois de mon pays. Vous n'êtes pour moi ni des amis, ni des ennemis. Toutefois, soyez les bienvenus. Le mal est sans remède ; je n'y veux plus songer. (Ils s'éloignent.)
Avant cet accord, le marquis de Dorset (J. de Beaufort), frère légitimé de Henri, était venu se joindre à sa cause. Northumberland et Henri Percy voulaient, dit- on, le tuer : mais H. de Lancastre intervint, disant qu'il avait toujours été son ami; et il montra les lettres qu'il en avait reçues en France. (Ms. 3884, f°129.)
Page 251, note a.
H, de Lancastre agissant comme drjà maître. M. Evesh., p. 152. A Berkley, il fît arrêter l'évêque de Norwich, sir W. Elmham et Burleigh, chevaliers, Laurent Drew et J. Golofre,
écuyers, attachés à la maison du roi. (Jbid., p. 153, et Archwol.^ t. XX. p. 65, note.)
Parg 251, note a (bù).
Affaire de Bristol. Ms. 3884, f" 129; Religieux de Saint- Denys, xx, 8; Wals., p. 358, M. Evesh., p. 153; Otterbourne, p. 205; Gontin. Groyl., p. 494; Hardyng, p. 195; Gower, Chron. trlparî. (Polit. Poems, t. I, p. 444) :
Ense repercussi pereunt Scrop, Greueque, Bussy, etc.
Nous avons cité la pièce de vers latins sur l'arrivée de Henri ; une autre, en vers anglais, épuise toutes les manières de jouer sur les noms, et (on le peut dire) avec les têtes des conseillers de Richard, Bussy, Green, le Scrop et même Bagot, qui du reste échappa. (Voy. Polit, poems and Songs, 1. 1. p. 363-366.)
Il y a beaucoup d'obscurité sur les premiers actes de cette lutte. Les chroniqueurs français qui ont raconté cette histoire sont en Irlande. Le Religieux de Saint-Denys plus loin encore, et les chroniqueurs anglais ne paraissent pas plus sûrement informés. Walsingham dit que les conseillers de Richard fuirent à Bristol; le Religieux de Saint-Denys, qu'ils y furent envoyés; et le Ms. 3884, qu'ils n'occupèrent que la ville : le capitaine du château ayant déclaré qu'il le tenait pour Henri. Le Religieux de Saint-Denys ajoute que Bristol était déjà pris, et les ministres aux mains de Henri, quand York fit son accord; les autres, que l'accord d'York précéda, et que la ville se rendit à la sommation de ce prince.
Page 252, note a.
Le vieux duc de Lancastre invoqué contre son fils. Il avait, comme sénéchal d'Angleterre, pris part à sa condamnation, autant qu'on en peut juger par le manifeste que l'archevêque d'York lança plus tard en se révoltant contre le même Henri : « Per sententiam domini régis Ricardi , domini Johannis, ducis « Lancastriœ, patris sui, populorumque (sic) dominorum tem- « poralium et regni procerum voluntatem, et consensum suum, « saltem verbo-tenus ab eisdem dominis expressatum, juratus c< denonredeundo vel remeando in regnum Anglise, priusquam « gratiam regiam obtinuisset ethabuisset. » (Angl. sacra, P. II, « p. 363.) — Le jeune Henri fait chevalier par Richard. Gre-
ton, p. 328. — Conversation du roi el du prince. OUerboiirne, p. 205, 206, cité dans VArchœoL,i. XX, p. 31.)
Page 2.Ô4, note a {omise).
Départ de Salisbury, emmenant le poète Creton (p. 345). Il était poëte lui-même. Christine de Pisan l'appelle « gracieux chevalier aimant dictiez et lui-même gracieux dicteur. » Il élevait avec ses propres enfants le fils de celte femme célèbre. Henri, après la mort de Salisbury, voulait retenir le jeune homme près de lui, et invita sa mère à venir elle-même. Elle déclina cette offre. {Archœol.,i. XX, p. 72, note.)
Marche de Lancastre. M. Evesh., p. 154, et ArchœoL, t. XX, p. 63, note. — Les hommes de Chester. Voyez ci-dessus, p. 215, et Rymer, t. VIII, p. 14; M. Evesh., p. 133; Wals., p. 354. — Familiarité de Richard avec eux. « In tantam fami- « liaritatem domino régi annectebantur, ut eidem in materna •« lingua confabularentur. » (Suit un trait dans ce dialecte.) (Ghron. de Kenilsworth, citée dans VArchœoLj t. XX, p. 63, note.) — Le comté de Chester érigé en principauté, et réservé exclusivement, comme la principauté de Galles, aufds aîné du roi. (25 septembre 1397) Rot. Pari., t. III, p. 354, et stat. 21 Richard II, c. ix; Stat. of the Realm, t. II, p. 100. — Dépulation des gens de Chester à Shrewsbury ; entrée de Henri à Chester.U. Èvesh., p. 154.
Page 255, note a.
Salisbury à Comvay. Creton, p. 345-350. Le poëte saisit cette occasion pour rendre hommage à tous les mérites de Salisbury :
Grand mal m'en fist certes.... Car je l'aimay Parfaitement, pource que de cuer vray Amoit François;
Et si estoit humble, doux et courtois, En tous ses fais, et de chacun la vois A voit d'estre loyal en tous endrois, Et bien preudoms;
Moult largement donnoit, et de preulx dons; Hardi estoit, et fier comme lions; Et si faisoit balades et chançons.
Rondeaux et lais,
Très-bien et bel; si n'estoit-i] qu"boras lais. Non obstant ce, estoïent tous ses fais Si gracieux que je croy que jamais De son pays
N'istra homme où Dieux ait tant de biens mis Comme en celui : son ame en paradis Puist estre mise avec les sains tous dis, Car laidement
L'ont fait mourir depuis à grant tourment Comme martyr....
(Buchon, t. XIV, p. 350, 351.)
Page 257, note a.
Retour de Richard. Ms, 3884, f" 133, et Relig. de Saint- Denys, XX, 9. Le moine d'Evesham (p. 149) dit qu'il débarqua près du château de Herstool vers la Saint-Jacques (25 juillet), qui est le temps où il fixe aussi l'accord de Henri et d'York (p. 152); la Chronique anonyme (Ms. 3884, f° 133 recto), le -13 août. C'est entre ces deux dates que le jour doit être cherché. Creton, sans fixer d'époque précise, marque des intervalles dans la suite des événements ; mais, dans cette seconde partie comme dans la première, on est forcé de les réduire pour renfermer l'histoire dans la période dont les deux termes nous sont fixés par les actes : 29 mai, jour où Richard est encore à Milford, prêt à partir pour l'Irlande; 20 août, jour où il est entre les mains de Henri.
Il y a un acte qui semble témoigner de la présence du roi à Wallingford à la date du 3 août : c'est la nomination de Pierre de Gourtenai aux fonctions de capitaine de Calais (Rymer, t. YIII, p. 83). Il n'est pas possible d'admettre que Richard fût en ce lieu à cette date. Faut-il lire « Milford? » ou faut-il supposer que Henri, ayant déjà rallié à lui le duc d'York, lieutenant du roi en son absence, ait nommé le capitaine de Calais au nom de Richard, comme si Richard lui-même était présent : teste rege et per ipsum regem? Tout ce que l'on peut dire, c'est que Pierre de Courtenai ne lui était point désagréable : car il le nomma, en son propre nom, capitaine de Calais pour six ans dès son avènement au trône le 2 novembre 1399. (Rymer, suppl. Henri /K, t. I, n° 31 ; Coll. Rréquigny, t. LXXIX, f" 260.)
On peut être étonné des difficultés que Richard trouva pour
son retour. Comment la flotte qui l'avait amené en Irlande n'a-t-elle pas suffi à le ramener en Angleterre? Elle avait ét(' laissée à Waterford, et probablement, selon l'usage, la plupart des vaisseaux, pris par réquisition, avaient été renvoyés après le débarquement. Il fallut donc en recruter d'autres. (Voy. ArchseoL, t. XX, p. 56, note.) — Bichard renonce à la lutte. Wals., p. 358, et M. Evesh., p. 150. Le moine d'Evesham est
-fort peu touché de cette scène qu'il raconte. Il en prend occasion d'injurier Richard : a Sed tu, Domine rex, quid jam factu- « ruses?... Ubi suntjam consiliarii, imo falsi deceptores tui?... « Ubi sunt nunc divitiee illse pro quibus congregandis tuum pocc pulum per regnum Angliae ultra modum vexasti? » (P. 151.) A en croire cette version, le sénéchal Thomas Percy n'eut pas même le secret de sa retraite. L'ayant apprise le matin, il rassembla les troupes, brisa devant elles le bâton de commandement, et les renvoya chacun chez soi. On verra plus loin si le départ de Richard était vraiment un abandon de son armée.
—Le même auteur dit à tort que le duc de Surrey s'en alla avec Rutland et Th. Percy rejoindre Henri de Lancastre. Otterbourne, contrairement à Walsingham, qu'il copie d'ordinaire, et au moine d'Evesham, dit que Richard se proposait de combattre; mais c'est pour ajouter que, craintif comme il était, il ne l'osa, et en remit le soin à Thomas Percy pour fuir luimême : « Sed quia meticulosus erat et timidus, etc.» (P. 206.)-
Page 260, note o.
Richard part pour Conway. Greton, p. 352. Le moine d'Evesham dit qu'il vint à Flint, d'où il fut mené à Conway (p. 154);
^-Walsingham, qu'il vint à Convvay, d'où il fut mené à Flint. Le Religieux de Saint-Denys suit le même ordre que Walsingham.
Le continuateur de Croyland et Froissart font aller tout d'abord Richard à Flint; mais c'est là qu'ils placent son entrevue avec Lancastre, et c'est de là qu'ils le font partir avec lui : en sorte que l'on peut dire qu'ils confirment la tradition de Walsin-'
__gham. On peut donc croire qu'il y a une transposition dans le texte du moine d'Evesham. — Si l'évêque de Lincoln, Henri de Beaufort, partit de Milford avec Richard, il ne paraît point être allé avec lui jusqu'à Conway, ou du moins il n'y resta guère. On cesse de le voir. Il reparaîtra à la cour de Henri son frère, et plus encore à celle du fils et du petit-fils de Henri, comme
évêque de Winchester, et cardinal d'Angleterre. L'éveque de Saint -David, le comte de Glocester, ne se retrouvent pas davantage à Gonway. Parmi ceux qui accompagnèrent Richard, ou compte encore les Gallois Owen Glendowr et Gwillin ap Tiidor. (Voy. ArchœoL, t. XX, p. 147, note.)
L armée dispersée. Selon le Ms. 3884, f° 133, d'accord avec le moine d'Evesham et Otterbourne, ce fut non Rutland, mais Th. Percy qui licencia l'armée. — Pillage du trésor par les soldats, et spoliation des soldats par les Gallois, Greton, p. 358; Wals., p. 358; M. Evesh., p. 150. Une partie fut recouvrée par Henri de Lancastre (4 nov. 1400, et 4 nov. 1402. Rymer, t. VIII, p. 162 et 281). —Rutland et Th. Percy auprès de Henri de Lancastre. Greton, p. 361,
Page 261 , note a.
Richard à Conway. Greton, p. 361.
Mon compagnon et moi fûmes droit là,
Car vrayement Nous ne fûmes que seize seulement , A compter tout, nobles et autre gent.
(P. 366.) — Plaintes de Richard, p. 355, 356.
Page 262, note a.
Le roi apprend la dispersion de l'armée de Milford. Greton, p. 368. — Le roi à Beaumaris. Ibid., p. 370; — à Caernarvon. Ihid.; — retour à Conway, p. 371; — ses plaintes ^ p. 371-373:
Ainsi disoit le roy Richart souvent, En soupirant de cuer piteusement,
Tant que par m'ame, Plus de cent fois en getay mainte larme.
Dans ces jours d'angoisse, sa pensée se reportait sur la petite reine :
« Las I Ysabel, droite fille de France, Vous soûliez estre ma joye et m'esperance,
Et mon confort.
Or Yoy-je bien que par le grant effort
De fortune, qui a maint homme mort, M'estuet de vous eslongier a grant tort;
Parquoy j'endure Au cuer souvent une douleur si dure....
Et si voy bien qu'il n'est nul qui se faigne De me faire desplaisir et engaigne.
Elas! chacun me mort ou me dehaigne :
Or en soit Dieux Loué qui est là sus en ses saints cieulx. »
Page 263, note a.
Exeter et Surrey auprès de Henri, Greton, p. 374-378. Selon la Chronique anonyme, Henri, après avoir conversé h part avec le duc d'Exeter, lui dit en le quittant : « Vous ne retournerez point devers monsieur le Roy jusques à temps que j'aurois nouvelles du comte de Northombelland, lequel j'envoie par devers lui pour nous mettre à accord. — Je ne l'ai pas rencontré. » Le comte allait partir, et on verra à quelle fin (Ms. 3884, f" 132 verso, et f"" 133). L'auteur parle comme Creton des insignes de Henri imposées à Jean de Holland. Les insignes des Lancastres étaient l'Antilope et la Rose rouge, la Queue de Renard^ f^-^?^» le Cygne d'argent, au col et à la chaîne d'or. Henri portait l'Antilope et le Cygne, brodés sur velours vert et bleu, dans son harnais, quand il entra en lice contre le duc de Norfolk à Coventry. {ArcIicToL, t. XX, p. 106, note.)
Page 265, note a.
Embûches dressées par Northumherland . Greton, p. 386. — Norîhumberland devant Richard. Ibid., p. 388-392. Cf. Ms. 3884, et Relig. de Saint-Denys, XX, 9 : il dit que Henri avait employé la force pour contraindre le duc d'Exeter à signer ces lettres. — On a vu comment le titre de sénéchal d'Angleterre était venu héréditairement à Jean de Gand. (Voy. ci-dessus, t. I, p. 403.) Henri pour le reprendre n'avait pas attendu que Richard le lui rendit : on le voit par un acte de lui, du 10 août, 23 R. II (1399), cité dans Madox, Formul. anglic, p. 327. Devenu roi, il conféra cet office à Thomas, son second fils, et lit Thomas Percy lieutenant-sénéchal pendant la minorité du jeune prince. (Voy. Archœol.j t. XX, p. 133, note.)
Page 268, note a.
Serment de Northumherland, Greton, p. 395, 396, et Ms. 3884, 1° 135; cf. Relig. de Saint-Denys, XX, 9. Hardyng parlant de l'entrevue (ch. cxcv, f" 196), supprime, comme on pouvait s'y attendre, tout ce qui pourrait paraître trahison. On a tenté d'effacer ou de diminuer au moins l'odieux de ce parjure, en disant que Northumberland ne croyait pas travailler à la déposition de Richard. Henri, en effet, comme on l'a vu, n'avait pas encore dévoilé ses desseins ; et on pouvait croire qu'il ne voulait pas autre chose que ce qu'avait fait Glocester en la XP année du roi : prendre le gouvernement avec l'appui du parlement, sacrifier les ministres (il n'avait pas attendu le parlement pour le faire à l'égard des plus compromis), mais respecter le roi; et plus tard les Percy protestèrent qu'ils n'avaient jamais voulu autre chose (voy. Hardyng, ch. cxcv, f" 195, et les observations consignées dans la note de VArchœoL, qui le cite, t. XX, p. 183-187). Mais le vieux comte savait bien que Henri voulait s'emparer de la personne de Richard, pour le traiter désormais en prisonnier plutôt qu'en roi; et l'embuscade que lui-même avait dressée suffit pour prouver son parjure.
Page 269, note a.
Invitation à partir :
Car je sçay bien que le duc grant envie A de savoir si la paix est bastie.
(Creton, p. 397.)
Guet-apens où tombe le roi. Greton, p. 398, 399 :
Là furent tous en amère doubtance.
J'eusse voulu bien alors estre en France,
dit naïvement notre poëte. La Ghronique anonyme (Ms. 3884, f"* 136 et 137) nous a donné les derniers traits de cette scène. Gf. Relig. de Saint-Denys, XX, 9.
Page 271, note a.
La nouvelle portée à Cliesler. Greton, p. 404. Selon le Ms. 3884, Northumberland la porta lui-même, et ce même soir. —
Départ de Henri de Lancastre pour Flint, Greton, p. 404. — Pourquoi Creton laisse les vers pour la prose (ibid.) :
Or vous vueil dire, sans plus rime quérir, Du roy la prinse, et pour mieulx accomplir Les paroles qu'ilz dirent au venir
Eulx deux ensemble; Car retenues les ay bien, ce me semble; Si les diray en prose; car il semble Aucunes fois quon adjouste ou assemble
Trop de langaige A la matière de quoy on fait ouvrage.
Or vueille Dieux, qui nous fait à s'image, Pugnir tous ceulx qui firent tel oultrage.
En adoptant, pour raconter ces faits, le style de Thistoire, il ne renonce pas au droit de les flétrir.
Page 273, note a.
Henri à Flint, 19 août. Greton (p. 405), la Chronique anonyme (f° 1 40) et le Religieux de Saint-Denys (XX, 9) disent le mardi, 22 août; mais le mardi était le 19. Le Religieux de Saint-Denys (XX, 19) dit simplement le 22 août; Otlerbourne (p. 208), le 20; et le moine d'Evesham (p. 155), le mardi après VAssomption. G'est à ce jour du mardi, et par suite à la date du
19 août, qu'il convient de s'arrêter ; car l'acte publié par Henri le 20, au nom du roi, prouve, comme nous l'avons dit, que Richard était alors dans ses mains. Walsingham (p. 358) dit le
20 août, quarante-sept jours après le débarquement de Lancastre, qu'il a placé le jour de la Saint-Martin d'été (4 juillet). — Le roi sur les murs du château de Flint. Greton, p. 406, 407. — Entrevue avec V archevêque de Canterbury, ibid., p. 408; Ms. 3884, 1° 140. Gf. Religieux de Saint-Denys, XX, 9.
Page 274, note a.
Northurnberland va rejoindre Henri. Greton, p. 409. La Chronique anonyme, après avoir dit que le comte avait rejoint Henri dès la veille, parle ici de l'archevêque de Canterbury, f" 140 verso. — Richard et ses compagnons de captivité, ibid.
Page 275, note a.
Entrevue de Henri et de Richard. Greton, p. 411; Ghronanon., Ms. 3884, f" 141 : « Le roy resta en fjuise d'un pr(''-
tre. » Cf. Relig. de Saint-Denys, XX, 9. Il convient, pour celte entrevue, de s'attacher, préférablement à tout autre, au récit de Greton. Il donne les paroles des deux princes comme textuelles : « Et sachiez de certain que ce sont les propres paroles qu'ilz dirent eulx deux ensemble, sans y rien prendre ne ad-
-^jouster. Car je les oy et entendi assez biçn; et si les me recorda le conte de Salsebery (Salisbury) en françois et un autre ancien chevalier qui estoit des conseilliers du duc Henry » (p. 412). Comparez d'ailleurs la Chronique anonyme, Ms. 3884, f° 141, et le Rehgieux de Saint-Denys (XX, 9): « Ego cilius a quam sperabatis adveni ut juvem vos ad regendum nobile ce regnum Angliae, quod diu maie rexistis. » Ad hœc verba rex adhuc animum retinens regium, cum dixisset: a Dilectissime co- « gnate, Deus det vobis gratiam ut de cetero melius regnum a regatis quam fecerim ! )^ Le moine d'Evesham qui, pour ces derniers événements,
\supplée avantageusement aux lacunes ou aux réticences de
•^Valsingham, après l'avoir si longtemps copié, rend compte de l'entrevue à peu près de la même sorte : seulement il modère le langage de Henri, Le duc dit au roi dans ce récit : « Reve- « rende Domine, mi Rex, causa adventus mei est ad praesens, « salva reverentia vestra, corpus meum, terras meas et htXTeoc ditatem meam, licencia vestra regia, rehabere. » Et le roi lui répond : « In hoc enim, care mi cognate, paratus sum ut omnia « vestra, sine contradictione aliqua, in pace rehabere valeatis » (p. 155) C'est une réfutation suffisante de ce que dit Walsingham. (p. 358), d'après les actes dont nous aurons plus tard àestimer la valeur, que le roi exprima à l'archevêque de Canterbury, à Northumberland et à Arundel, l'intention d'abdiquer, si on lui garantissait un traitement honorable, et toute sûreté pour huit personnes qu'il nommerait. (Cf. Otterbourne, p. 208). On a là une preuve de plus que Henri, tout en agissant en maître, ne se portait pas ouvertement comme prétendant à la couronne, et que ce que le peuple en général avait appuyé, c'é-
.^'tait un changement de gouvernement et non de dynastie ; une réforme, violente sans doute, comme celle de 1386 et 1387, mais non une révolution.
Page 276, note a.
Attitude de Henri vis-à-vis des amis deBic/iard; départ pour
Chester. Greton, p. 413, Ms. 3884, i« 141, et Buchon, Variantes, p. 77. Ou il y a une faute dans le Ms., ou Greton, disant de deux chevaux qu'ils ne valaient pas 40 fr., parle d'autre chose que de francs d'or, car 40 fr. d'or sont une somme importante. La seconde chronique estime les six chevaux de l'escorte, 30 fr. — Gette manière de mettre un homme sur un mauvais cheval, était une sorte de dégradation que l'on infligeait aux condamnés, quand on ne les traînait point sur la claie. Il est dit de l'archevêque d'York (Richard le Scrop), quand on le mena au supplice après la révolte de 1405 : « Adductus est super a equum valoris 40 denariorum sine sella ; et gratias agens dixit, « quod nunquam placuit mihi melius equus quam iste place cet. » (Angl. Sacr.yV. II, p. 370. Voy. ArchœoL, t. XX, p. 172.)
Le récit que Froissart fait de l'entrevue, bien qu'il doive céder la place au tableau retracé par un témoin , méritera néanmoins toujours d'être lu pour la vérité des caractères. Richard k Flint, selon la version du chroniqueur , n'est pas encore dans les mains de Henri. Il s'agit de l'enlever, « car il faut que Richard de Bordeaux soit pris mort ou vif, et tous les traîtres qui l'ont conseillé, et amené à Londres et mis à la Tour; » et c'est Henri lui-même qui s'en charge. Nous renvoyons à ces belles pages (IV, 75).
L'auteur a mis dans son tableau un trait qui convient h l'esprit de ce temps-là.
a Entretant, dit-il, qu'on selloit et appareilloit les chevaux, le roi Richard et le comte (Henri de Lancastre) devisoient l'un à l'autre de paroles, et étoient moult fort regardés d'aucuns Lcndriens qui là étoient; et avint une chose dont je fus informé que je vous dirai. Le roi Richard avoit un lévrier, lequel on nommoit Math, très-beau lévrier outre mesure; et ne vouloit ce chien connoître nul homme fors le roi; et quand le roi devoit chevaucher, cil qui l'avoit en garde le laissoit aller, et ce lévrier venoit tantôt devers le roi festoyer et lui mettoit ses deux pieds sur les épaules. Et adonc advint que le roi et le comte Derby parlant ensemble en-mi la place de la cour du dit chastel et leurs chevaux tous sellés, car tantôt ils dévoient monter, ce lévrier nommé Math, qui contumier étoit de faire au roi ce qui dit est, laissa le roi et s'en vint au duc de Lancastre, et lui fit toutes les contenances telles que endevant il faisoit au roi, et lui assist les deux pieds sur le col, et le commença grande-
ment à conjouir. Le duc de Lancastre, qui point ne connoissoit le lévrier, demanda au roi : « Et que veut ce lévrier faire? — « Cousin, ce dit le roi, ce vous est grand' signifiance et à moi a petite. — Gomment, dit le duc, l'entendez-vous? — Je l'ena tends, dit le roi, le lévrier vous festoie et recueille aujoura d'hui comme roi d'Angleterre que vous serez, et j'en serai « déposé; et le lévrier en a connoissance naturelle; si le tenez « de-lez vous, car il vous suivra et il m'éloignera. » Le duc de Lancastre entendit bien celle parole et conjouit le lévrier, lequel oncques depuis ne voult suivre Richard de Bordeaux, mais le duc de Lancastre ; et ce virent et sçurent plus de trente mille. »
Au lien du lévrier, c'est le cheval de Richard qui fournit à Shakespeare un trait de même sorte. C'est au jour du couronnement de Henri. Un valet décrit la scène au roi prisonnier :
oh! combien j'avais le cœur gros quand j'ai vu passer dans les rues de Londres le cortège du couronnement ; quand j'ai vu Bolingbroke monté sur voire beau cheval barbe, celui-là même que vous aviez tant de fois monté, celui que j'avais dressé avec tant de soinl
Richard. Il montait mon cheval barbe! Dis-moi, mon ami, comment se gouvernait-il sous lui?
Le groom. Avec tant de fierté, qu'on eût dit qu'il dédaignait la terre.
Richard. Il était donc bien fier de porter Bolingbroke ! Ce cheval a mangé du pain dans ma main royale. Il était tout orgueilleux de se sentir caresser par elle. IN'aurait-il pas dû broncher? n'aurait-il pas dû s'abattre, puisque tôt ou tard doit venir la chute de l'orgueil, et rompre le cou à l'orgueilleux qui avait usurpé sur lui la place de son maître?... Je te demande pardon,, mon cheval! Pourquoi te blàmerais-je? N'as-tu pas été créé pour obéir à l'homme et le porter? Moi, je n'étais pas né cheval; et cependant je porte mon fardeau comme une bête de somme, pressé par le fouet et l'aiguillon de l'impatient Bolingbroke.
{Richard //, act. V, se. iv.)
Page 277, note a.
Richard mené à Chester. Greton, p. 413; Chron. anon., Ms. 3884, f** 141 verso, et Ruchon, Variantes^ p. 7 7. — P?'o-' phètie de Merlin. « Un ancien chevalier qui estoit des conseillers du duc Henri me dist en chevauchant à Cestre, que la prise du roy et la destruccion avoient Merlin et Rède prophétisée dès leur vivant; et que se j'estoie en son chastel il le me monstreroit en la forme et manière comme je l'avoie vue advenir, disant ainsi : Il ara un roy en Albie, lequel régnera
l'espace de xx à xxu ans eu grant hcnneur et en granl puissance, et sera allé et adjoint avecques ceiilx de Gaule, lequel roy sera deffait es parties du nort en une place triangle. » [La Chronique anonyme (Ms. 3884, f** 143, ou Buchon, Variantes, p. 78) donne ainsi cette prédiction : « En l'an mille quatre cent moins ung, ou chastel triangle sera trahi ung roy après ce qu'il aura régné puissamment vingt-deux ans. »] « Ainsi me dist le chevalier qu'il estoit escript en un sien livre : la place triangle, il approprioit à la ville de Cornuay; et de ce avoit-il très-bonne raison; car je vous say bien à dire qu'elle est en triangle, comme si elle eût esté ainsi compassée par une vraie et juste mesure. En la dicte ville de Cornuay fut le roy assez deffait, car le comte de Northumberland le tira hors, comme vous avez oy devant, par le traictié qu'il list à lui ; et depuis n'ot nulle puissance. Ainsi tenoit le dit chevalier ceste prophétie vraie, et y adjoustoitgrant foi et créance; car ils sont de telle nature en leur pays, que en prophécies, en fantosmes et sorceries croient très parfaitement, et en usent très volontiers : maiz il mest advis que ce n'est pas bien fait; ains est grant fault de créance. ^ (Creton, p. 412.) Sur ces prophéties de Merlin, et notamment sur celles qu'on appliquait à Richard II et aux révolutions suivantes, \oyezYArcliœol.j t. XX, p. 250 et suiv., append. n° 4.
La tête de Perkin a Legh sur la porte de Ckester. M. Evesh., p. 154. — Richard au château de Chester, etc. Creton, p. 414, et Ms. 3884, f° 142 recto, ou Buchon, Variantes, p. 77.
Le (ils de Glocester. Creton, ibid. Richard avait laissé le jeune duc avec le fils de Henri dans le château de Trim. Il faut que Henri n'ait point perdu de temps à se faire renvoyer son hls et le fils de son oncle. Le moine d'Evesham, qui en parle (p. 154), dit que le jeune duc de Glocester périt en mer; d'autres, à Beaumaris, dans l'île d'Anglesey, à son retour : Creton prouve qu'il n'en fut rien ; mais il n'y survécut guère: sa mort, causée par une maladie pestilentielle, entraîna, dit-on, celle de sa mère, qui mourut le 3 octobre suivant. (Dugdale, Baron. y t. II, p. 172, et Archœol., t. XX, p. 174.)
Page 278, note a.
Richard enfermé dans la tour de Chester. Creton, p. 414; Ghron. anon., Ms. 3884, f" 142, et Buchon, Variantes, p. 77.
— Jénico, Creton, p. 406; Chron. anon., Ms. 3884, [° 142 recto, ou Buchon, Variantes, p. 77. Henri se le rappela pourtant, non pour le punir, mais pour s'attacher un serviteur aussi dévoué. Dès le mois de décembre 1399, il figure comme un des commissaires chargés de traiter avec les Écossais (Rymer, t. YIII, p. 113): éloignement qui peut-être l'em-, pécha de prendre part à la grande conjuration en faveur de Richard; et il fut investi de plusieurs commandements en Irlande, tant sous Henri IV que sous Henri Y. (Voyez Archxol., t. XX, p. 92, note.)
Page 280, note a.
Richard seul au château. Chron. anon., Ms. 3884, f° 142, recto, ou Buchon, Variantes^ p. 77. — Convocation du parlement pour le 30 septembre à Westminster. Gotton, Abridgmenty p. 382. Elle porte la date du 29 août, mais comme il s'y joint la mention : teste rege apud Cestriam, il est clair que c'est une faute d'impression, et qu'il faut lire xix au lieu de xxix.
Ordre aux vicomtes au nom du roi. « Rex vicecomiti.... Gum, « ut accepimus, diversi ligei nostri regni nostri Angliœ se in « diversis conventiculis congregaverint et pênes prœsentiam ca- « rissimi consanguinei nostri Henrici, ducis Lancastriœ, qui jam a idem regnum nostrum pro regimine et gubernatione ejus- « dem ac diversis defectibus, in eodem regno existentibus, « emendandis aliisque de causis est ingressus, venerint, ac M eidem ligei nostri, colore ejusdem congregationis, et contra a intentionem praefati consanguinei nostri, quosdam hgeorum a nostrorum vi et armis verberaverint , etc. Tibi, de avisaoc mento venerabilis Patris Thom. Arch. Gantuarensis, ac prae- « fati consanguinei, nec non Henrici, comitis Northumbriae, et « Kadulphi, comitis Westmerlandiœ , cœterorumque magna- « tum, etc., prœcipimus, etc. Teste rege apud Gestriam, 20aug. » (Rymer, t. VIII, p. 84.)
Page 281 , note a.
Départ de Chester. Nous adoptons pour le séjour à Ghester le temps marqué par nos chroniques françaises : « Le duc Henri demoura trois jours à Gestre.... et partit de la ville de Gestre le quatrième jour après la prise (Greton, p. 414, 415), » tout en corrigeant le chiffre de la Chronique anonyme, qui, ayant
marqué au 22 août la prise du roi, fixe au 25 le départ (Ms. 3884, f° 143 recto, ou Buchon, Variantes, p. 77). Le moine d'Evesham (p. 156), qui donne exactement l'itinéraire, et dit vrai en marquant au 24 août le séjour du cortège à Lichtfîeld, abrège à tort le séjour de Ghester pour compter un jour par chaque ville qu'il énumère, y compris Ghester et Leicester, qui sont ici le même lieu. (Yoy. Archœol., t. XX, p. 177.)
Incursions des Gallois. Greton, p. 416; Ghron. anon., Ms. 3884, f° 143 recto, ouBuchon, VarianteSy p. 78. — Ordre publié au nom du roi : « De intendendo circa custodiam pacis. « Teste rege apud Lychfeld, 24 aug. 1399. >5 (Rymer, t. YIII, p. 85.) — Tentative d'évasion. Greton, p. 415, et la Ghron. anon., 1. 1.
Page 282, note a.
Députation de Londres à Henri. Greton, p. 415; Ghron. anon., Ms. 3884, f° 143 recto, ou Buchon, Variantes, p. 78. — Le peuple de Londres : a Gonsidérez que c'est de peuple, quand il s'émeut et élève, et a puissance contre son seigneur, et par espécial en Angleterre; là n'y a nul remède, car c'est le plus périlleux peuple commun qui soit au monde et le plus outrageux et le plus orgueilleux. Et de tous ceux d'Angleterre les Londriens sont chefs. Et à voire dire, ils sont moult puissans de mise et de gens; car ils se trouvent bien du clos de Londres vingt-quatre mille hommes armés de pied en cap de toutes pièces, et bien trente mille archers. G'est grand'force, car ils sont durs, forts, hardis et hauts. Et tant plus voient de sang épandu, tant plus sont-ils crueux et moins ébahis. » (Froissart, IV, 76.)
Suite du voyage. M. Evesh., p. 156 : « Nec in his diebus « permittebatur rex mutare vestes suas, sed semper in uno « eodemque indumento per omnes villas praedictas simpliciter « equitabat. » G'est pour le moine, non pas une occasion de s'attendrir sur tant d'infortunes , mais de rappeler les robes somptueuses dont Richard se couvrait jadis : une robe, entre autres, brodée de perles et de pierres précieuses', qui avait coûté 30 000 m.; et il s'écrie dévotement : « 0 bon Jésus, votre tunique sans coulure dont il est parlé dans l'Évangile, avait-elle cette valeur! » (Ibid.) Otterbourne ose dire que Lancastre lui fit rendre les honneurs royaux sur toute la route : « Dux ipse «» Lancastriœ qui regem conducebat a Gestria usque London
« fecit processiones solemnes régi occurrere , in cunctis locis « ubi religiosi erant, impendens illi honores regios, prout solece bant sibi in dignitate regia exhibere » (p. 209). Il est difficile de mentir plus impudemment à l'histoire.
Page 284, note a.
Entrée triomphale de Henri à Londres. Greton, p. 417 ; Chron. anon., 1. 1.; M. Evesh., p. 156. C'est le dernier trait que notre gentilhomme rapporte comme témoin. Il avait hâte de se soustraire à la vue de ces choses, « lesquelles, dit-il, me fai- « soient moult de mal et de douleur au cœur. » Il lui tardait de quitter ce pays. Il alla donc avec son compagnon trouver le duc; ils en obtinrent un sauf-conduit, et, sans plus différer, ils gagnèrent Douvres, Calais et la France, (Creton, p. 418.)
Richard mené à la Tour. Chron. anon., Ms. 3884, f° 144, et Buchon, Variantes, p. 79. — Qu'on nous permette de citer encore sur l'entrée de Richard à Londres cette belle scène de Shakespeare :
La duchesse d'York. Milord, vous m'avez promis d'achever le récit de l'entrée de vos deux cousins dans Londres, ce récit que vous aviez commencé, et que vos pleurs vous ont forcé d'interrompre.
York. Où eu élais-je?
La duchesse. A ce douloureux moment, milord, où du haut des fenêtres des mains insolentes jetaient de la poussière et des immondices sur la tête du roi Richard.
York. Comme je vous le disais, le duc, le superbe Bolingbroke, monté sur un coursier ardent et fougueux qui semblait savoir quel maître ambitieux il portait, s'avançait à pas lents et majestueux pendant que toutes les voix criaient : a Dieu te garde, Bolingbroke! » On eût dit que les fenêtres parlaient, tant était pressée la foule des visages jeunes et vieux qui dardaient leurs avides et ardents regards sur le visage de Bolingbroke; on eût dit que toutes les murailles, chargées de personnages comme une tapisserie, criaient à la fois : « Dieu te conserve! sois le bienvenu, Bolingbroke! » Et lui, saluant à droite et à gauche, la têie découverte qu'il inclinait plus bas que le cou de son orgueilleux coursier, il leur répétait : « Je vous remercie, mes compatriotes, » et ce disant, il continuait sa marche.
La duchesse. Hélas! et le malheureux Richard, quelle était alors son attitude?
York. De même qu'au théâtre lorsqu'un acteur favori vient de quitter la scène, les spectateurs ne portent sur celui qui lui succède que des regards distraits et trouvent son babil insipide; de môme, et avec plus de mépris encore, les yeux du peuple s'arrêtaient sur Richard. Nul ne lui criait : tt Dieu vous garde! » Nulle bouche joyeuse n'accueillait son retour; mais la poussière tombait sur sa tête sacrée, et lui la secouait avec une dou-
leur si résignée! Sur son visage luttaient les pleurs el le sourire, témoignages de sa douleur et de sa patience. Ah! si Dieu, pour quelque grand dessein, n'avait endurci le cœur des hommes, ils n'eussent pu rester insensibles, et les cœurs les plus barbares se fussent ouverts à la pitié.... Mais dans ces événements, la main du ciel est visible; soumettons-nous avec calme à sa volonté suprême. Nous sommes maintenant les sujets de Bolingbroke; il a reçu nos serments, et je me dévoue pour jamais à son autorité et à sa gloire.
Le duc d'York tient bien tout ce qu'il avait promis !
Page 290, note a.
Troupes licenciées. Les Percy, le comte de Northumberland et son fils Henri Hotspur déclarèrent plus tard qu'après l'entrée triomphale de Henri à Londres, ils avaient renvoyé leurs troupes, ne doutant pas que le prince ne fût fidèle à son serment de ne point toucher h la couronne. (Hardyng, ch. cxcvi, f° 196 verso.) — Chevalières des comtés choisis pa?' les agents de Henri: a Tu subdole et contra legem Angliœ tuis fautoribus scripsisti « quamplures in quolibet comitatu Angliœ ad eligendum taies « mihtes pro quolibet parliamento qui tibi placuerint. » (Manifeste des Percy. Archseol., t. XVI, p. 142.) Le grief s'applique à tous les parlements de ce règne.
Scène de la Tour de Londres. (Ghrou. anon., Ms. 3884, fo« 144 verso, 145 et 146, etBuchon, Suppl. de Froissart, t. XV, p. 27.) — La petite reine. A l'arrivée de Henri, le duc d'York, pour la mettre en sûreté, l'avait envoyée à Wallingford, sous la garde des principaux conseillers de Richard : W. le Scrop, Bussy, Green et Bagot, qui bientôt furent appelés à d'autres soins. (12 juillet 1399, Rymer, t. VHI, p. 83.) Henri la tira de là pour la garder à Sunning. (Wals., p. 362, et Otterbourne, p. 225.)
Procès-verbal de rabdication de Richard:
« Mémorandum. Le lundi, fête de la Saint-Michel, Tan xxiii
de Richard, des lords spirituels et temporels et autres notables, savoir : Richard le Scrop, archevêque d'York, l'évèque de Hereford, les comtes de Northumberland et de Westmoreland, le prieur de Ganterbury, l'abbé de Westminster, etc., se sont rendus auprès du roi Richard dans la Tour de Londres, vers neuf heures, où lecture fut faite au roi, par le comte de Nor thumberland, comment le roi, étant autrefois dans sa pleine liberté, à Gonw^ay, avait déclaré à Thomas, archevêque de Ganterbury, et au comte de Northumberland qu'il voulait renoncer à la couronne d'Angleterre et de France à cause de son insuffisance qu'il avouait.... Le roi répondit devant ces seigneurs cidessus nommés qu'il voulait accomplir ce qu'il avait promis ; il exprima cependant le désir d'avoir un entretien avec Henri, duc de Lan castre, et le dit à l'archevêque avant de remplir sa promesse, et il demanda une copie de l'abdication qu'il devait faire pour en délibérer. Gette copie lui ayant été remise, lesdits seigneurs revinrent k leurs hôtels.
« Le même jour, après diner, le roi, insistant beaucoup pour voir le duc de Lancastre, le duc vint avec lesdits seigneurs et l'archevêque de Ganterbury le trouver à la Tour.... Après que le roi eut conféré quelque temps à part avec le duc de Lancastre et l'archevêque, vultu hilari hic incle inter eos exhibilo prout circumstantibus videbatur, le roi s'approchant des autres, leur dit pubhquement qu'il était prêt à faire son abdication comme il l'avait promis; et aussitôt, bien qu'il eût pu faire lire l'acte par un autre, comme on le lui disait, pour éviter la fatigue, le roi, tenant la cédule à la main, de bonne grâce à ce qu'il parut, et d'un air gai, gratanter, ut apparuit, ac hilari vuUu, dit qu'il voulait lire lui-même, et la lut distinctement; puis il délia ses hommes liges de leur serment, abdiqua, jura et signa l'acte de sa propre main. » {Rot, ParL, t. III, p. 416, §§ 10, II et 12.) Les actes de l'abdication et de la déposition de Richard II sont aussi donnés à la suite deKuightou, p. 2743 et suiv.
Page 295, note a.
Moyens d'intimidation employés pour obtenir rabdication de Richard. Froissart ne parle pas de la scène de Bristol, mais ce ne sont pas les mêmes personnages qu'il fait mourir à Londres : il les nomme « sire Bernard Rrokas, sire Maggelais (Mar- -clois?),J. Derby, receveur de Lincoln, et lord Stelle, maître de
l'hôtel. Aucune de ces personnes ne figure dans l'histoire avec l'importance que cette scène leur supposerait. — Déclaration du comte de Nort/mmberland. a Tu ipsum dominum tuum et re- « gem nostrum imprisonasti infra turrim London., quousque « resignaverat metu mortis régna Anglise et Franciae. » {Manifeste des Percy, tiré d'un Ms. de Hardyng, Arcfiœol., t. XVI, p. 141.)
Page 301, note a.
Première séance du parlement convoqué au nom de Richard IL Rot. Pari, t. III, p. 417, § 14. Cf. Greton, p. 424 et suiv.; Stow, Chron, p. 323. Le fragment du Ms. Bodl., 2376, donné dans VArchxol., t. XX, p. 276, rapporte que Henri nomma en même temps le comte de Northumberland, connétable, le comte de Westmoreland, maréchal, J. Série, chancelier, J. Norbery, trésorier, et H. Clifford, garde du sceau privé. Ces nominations y paraissent être rapportées au jour de la déposition de Richard. On sait par les actes que Henri Percy, comte de Northumberland, avait été nommé connétable , et Raulf de Nevil, comte de Westmoreland, maréchal, en récompense de leurs services, le 13 septembre, au nom du roi, qui était alors Richard, mais en fait par Henri. (Rymer, t. YIII, p. 89.) Par ses premiers actes, Henri nomma Henri Percy, fils du comte de Northumberland, gardien de la marche orientale d'Kcosse et de Berwick, et le comte lui-même, gardien de la marche occidentale et de Garlisle. (Rot. Scotise, t. II, p. 151 et 152.)
Page 302, note a.
Le parlement du 30 octobre, qui ne dura que le temps de jouer cette scène , n'a pas son procès-verbal officiel dans la suite des actes. On se borna à insérer dans le procès-verbal du parlement suivant, composé d'ailleurs des mêmes personnes, et réuni, au nom de Henri, quelques jours aj rès (lundi, 6 octobre), ce qui touchait la déposition de Richard et l'élection de son successeur. {Rot. Pari., t. III, p. 416 et suiv.) Mais ce parlement d'un jour, le dernier de Richard, le parlement de sa xxiir année, n'en est pas moins un parlement régulier ; et, si court qu'il dût être, il s'était pourtant rassemblé en la forme ordinaire. Il avait dû s'ouvrir par un discours du chancelier ou d'un haut prélat, et l'on peut regarder comme historique celui
dont Creton fait mention, quoique, pour cette dernière partie, il ne parle plus en témoin. C'est à ce titre que nous l'avons remis en sa place dans le compte rendu de la séance. Le Religieux de Saiut-Denys, qui le cite également, le rapporte de même à la séance où Henri fut élu (XX, 1 1). C'est aussi ce qu'a fait l'annaliste Stow (Chron., p. 323;.
V abdication présentée et acceptée. Rot. Pari., t. III, p. 417, §§ 15 et 16. Le silence du procès-verbal prouve surabondamment ici que Richard ne fut point amené en public, comme le dit Froissart et comme le montre Shakespeare. Cf. Creton, p. 428 ; Wals., p. 359 ; M. Evesh., p. 157 : « Dicto rege Ricardo « absente et inturrim.... existente. »
Hallam approuve cette révolution. II en prend même occasion de répéter contre le jeune roi ces injures qu'il aurait mieux fait de laisser aux écrivains du parti vainqueur. (T. III, p. 223.)
Page 303, note a.
Acte d'accusation contre Richard. Rot. Pari., t. III, p. 417- 422, §§ 18-50; et Knighton, p. 274o-2756. Nous prenons à ce dernier texte les numéros des articles. Avec ceux que nous avons cités dans le récit, l'acte en comprenait plusieurs encore :
« Il a méprisé toute loi; dit que la loi c'était ce qui sortait de sa bouche ; obtenu du parlement une déclaration qu'il était aussi libre qu'aucun de ses prédécesseurs, afin d'en tirer le droit de faire tout à sa guise ; contraint les vicomtes d'obéir à ses ordres, à ses lettres même, ne fussent-elles scellées que de son petit cachet , et de dénoncer les baillis qui se permettraient de mal parler de lui (29) ; forcé les juges à répondre selon sa volonté (23); opéré des confiscations arbitraires, des arrestations suivies de renvoi, non devant les juges, mais à la cour du comte maréchal, où l'accusé n'avait d'autre moyen de soutenir son innocence que de donner un gage de bataille, fût-il vieux et infirme en présence d'adversaires jeunes et robustes (27). On lui reprochait encore des empiétements sur la juridiction de l'Église et, par là, la violation de ses libertés, contrairement à ce qu'il avait juré en recevant la couronne; une variabilité de caractère, une habitude de contradiction qui était un scandale pour le pays et au dehors; enfin, pour clore dignement cette liste, la perfidie dont il usa dans l'affaire de l'archevêque de
Ganterbury, l'éloignant du parlement pour qu'on le pût condamner sans l'entendre ; captant sa confiance pour se taire livrer des joyaux qu'il s'appropria; et promettant de le rappeler immédiatement de son exil, quand au contraire, dès son départ, il écrivit à Rome pour faire donner son évêché à un autre (33). »
Page 305, note a.
Discours de Vévèque de Garlisle. Ghron. anon., Ms. 3884, fo» 147 verso et 148, et Buchon, p. 32. Il y a des doutes trèssérieux sur la réalité de ce discours dont les Rôles ne parlent pas; mais c'est à tort que Kennet, dans sa troisième lettre à î'évêque de Garlisle sur le prélat dont il est ici question , le - — suppose inventé par Hall. Il est dans un document contemporain, car tel est évidemment le caractère de la Chronique anonyme; c'est à ce titre, et sous toute réserve, que nous l'avons cité au seul lieu, à ce qu'il nous semble, où il puisse trouver
—sa place : car il doit précéder l'élection de Henri. Néanmoins, si la date n'en est fausse, il résulte des registres de Richard le Scrop, archevêque d'York de 1397 à 1403, que le 19 octobre
__révêque de Garlisle prêta serment de fidélité à l'archevêque d'York son métropolitain, dans la chapelle de l'hôtel de l'archevêque. Il n'était donc pas prisonnier alors, et il le fut depuis :
__un ordre du 30 octobre enjoint à l'abbé de Saint- Alban délivrer I'évêque de Garlisle pour qu'il comparaisse devant le roi. (Voyez les fragments de ce registre cités dans la troisième lettre de Kennet, et reproduits par Buchon, Supplém. à Froissarty
. t. XV, p. XI de la préface à la Chronique anonyme sur Richard II. Voyez la discussion de cette difficulté, Arcliœol., t. XX, p. 199.)
Page 305, note h.
Déposition de Richard. Rot. Pari., t. III, p. 422, §§ 51-53, etKnighton, p. 2757. Gf. VV^als.,p. 360, et M.Evesh.,p, 159. Voici un peu en abrégé la sentence :
a InDeinomine, Amen. Nous, Jean, évêquede Saint-Asaph, Thomas, etc., désignés parles pairs et les lords spirituels et temporels d'Angleterre et les communes du royaume, comme commissaires spéciaux, siégeant en tribunal, attendu les parjures, actes de cruauté et crimes dudit Richard, commis pendant son règne, et publiquement articulés, faits qui sont notoires; vu aussi la confession dudit Richard, qui se reconnaît insuffisant, etc.,
ayant délibéré au nom et par l'autorité qui nous est déléguée, nous déclarons Richard inhabile, insuffisant et tout à fait indigne, et nous prononçons qu'il soit dépouillé de toute dignité et honneur royal, faisant défense expresse à tout archevêque, etc., et homme lige quelconque, d'obéir désormais h Richard comme à leur roi et seigneur. {Rot. Pari., t. III, p. 422, §52, etKnighton, p. 2757.)
Page 305, note c.
Revendication de la couronne par Henri. « In the name of Fadir, Son, and Holy G-ost, I, Henry of Lancastr' chalenge yis Rewme of Yngland, and the Gorone with ail y* membres and appurtenances, als I y* am disendit be right lyne of the Blod comyng fro the gude lorde Kyng Henry therde, and thorghe yat ryght yat God of his grâce hath sent me, with helpe of my Kyn and of my Frondes to recever it : the whiche Rewme was in poynt to be undone for défaut of Grovernance and uudoyng of the gode Lawes. » {Rot. Pari., t. III, p. 422, § 53.)
Élection de Henri. Rot. Pari., t. III, p. 422, § 54.
Les deux arche vasques le pas Revindrent par devers le roy, Qui estoit en très bel arroy ; Et l'ont droit par les bras mené Au siège royal, qui paré Estoit richement près de là.
Le roy devant s'agenouilla.
Et fist dedans ses croisons.
Puis il s'adressa aux prélats et aux seigneurs en latin et en anglais; et nul n'y contredisant, il s'assit sur le trône :
Las! le roy Richart desaisiz En fu là pour toute sa vie :
Tant avoient sur ly envie !
Maiz se Dieu plaist , ainsi feront De cellui qu'imposé y ont.
Il demeura, dit le chroniqueur, longtemps assis en silence : car pendant ce temps chacun était
En oroyson , Priant par grant devocion
Pour la bonne prospérité Gouvernement, paix et santé Du roy nouvel qu'ils orent fait.
(Biichon, l.XIV, p. 433, 434.)
Page 308, note a.
Banquet à Westminster. Le texte des Rôles porte : « Et in « alba aula prœdicta Commun' regni, proceribus ac generosis « illuc in multitudine maxima congregatis eodem die cele- « bravil. » (T. III, p. 423, § 57.) Celui de Knighton : « Et in « alba aula praedicta convivium regni proceribus.... congregatis a eodem die celebravit. » (P. 2760.) Cette seconde leçon nous paraît préférable. Dans l'autre les communes sont, il est vrai, de la fête : mais on ne dit pas de quelle fête : et il faut un régime à celebravit, un objet à la réunion. C'est d'ailleurs ce que dit Walsingham, qui ici copie les actes : « Recessit ad al- « bam aulara, ubi eo die convivium solemne celebravit. » (P. 360.)
Page 309, note a.
Signification faite à Richard. Retrait d* hommage. Le texte est en anglais, précédé de ce titre, en français, dans le Mémo ~ randum qui est en latin : « Les paroles que W. Thirnyng parla à monsire Richard, nadgairs Roy d'Engleterre , a la Toure de Loundres en sa chambre, le mesquerdy prochein après la fest de Seint-Michell TArchaungell, s'ensuent. «Après lui avoir rendu compte des événements accomplis depuis son abdication, savoir : la réunion du parlement, la lecture et l'acceptation de son abdication, les articles déposés contre lui sur des faits notoires (ot dont, à ce titre-là, sans doute, on se dispense de lui donner connaissance) ; enfin, le jugement des trois États du royaume, qui le déclare indigne et incapable de régner, il ajoute : « And we, procuratours to ail thés states and poeple forsayd, os we be charged by hem, and by hir autorité gyffen us, and in lier name, zeld zowe uppe for ail the states and poeple forsayd, homage liège and feaute and ail ligeance and ail other bondes, charges and services that longe ther to. And that non of ail thés states and poeple fro this tyme forward ne bere zowe feyth, ne do zowe obeisance os to thar Kyng. » La réponse de Richard est reproduite dans la même langue :« And
he ansvvered and seyd, That he loked not ther after; Bot he sayde that after ail this, he hoped that is Gosyn wolde be goode Lord to hym. » (Rot. ParL.t. III, p. 424, §§ 59 et 60.) Les paroles de Richard dans l'abrégé de Gotton fp. 390j sonc suivies de cette réflexion : « Who throughly marketh this tragedy, shall not read the same without tears, and who well noteth the sequell, shall see new Lords, new Laws and for new bloud-shed fresh revenge to ensue (Éd. de 1657.)
Page 309 , note a {his) .
Ouverture du parlement de la 1" année de Henri IV, 6 octobre 1399. Rot. Pari., t. III, p. 416. Ge sont absolument les mêmes membres qu'à l'assemblée tenue la semaine précédente. (Voyez les deux listes des pairs. Gotton's Abridgnient, p. 382 et 383.) — Discours du chancelier. Ibid., §§ 3-5.
Page 312, note a.
Chevaliers nommés par Henri. Proissart, lY, 78; Ghron. anon., Ms. 3884, f" 119, etBuchon,p. 34; Otterbourne, p. 221. Il fit chevalier son fils Henri, au mépris de l'investiture que le jeune prince avait déjà reçue de Richard. Toutefois on fait une distinction : Richard l'ayant fait chevalier banneret, Henri le fit chevalier du bain. (Voy. Archœol.^ t. XX, p. 206, note.)
Henri se rend à Westminster : « Et se départit le duc de Lancastre celui dimanche après dîner du chastel de Londres pour venir à Westmoustier; et étoit en pur le chef; et avoit en son col la devise du roi de France ; et étoit accompagné du Prince son fils, de six ducs, six comtes, dix- huit barons, et la somme toute de huit à neuf cents chevaliers en sa compagnie. Et avoit adonc vêtu le roi un court jacque d'un drap d'or à la façon d'Allemagne; et étoit monté sur un blanc coursier; et avoit le bleu gertier en la seneslre jambe. Et vint ledit duc tout parmi la ville de Londres et grand nombre de seigneurs, vêtus leurs gens chacune de sa livrée et devise,... en convoyant ledit duc jusques à Westmoustier. Et furent le nombre de six raille chevaux. Et furent les rues, ledit jour, là où ledit dur passa, couvertes et parées en plusieurs manières de paremens ; et eut celui jour, et autre après, neuf brocherons de fontaine
en Cep (Cheapside) à Londres, courans par plusieurs conduits, blanc vin et vermeil. » (Froissart, IV, 78.)
Cérémonie du sacre. Voir le Mémorandum dans Rymer, t. VIII, p. 90; Greton, p. 438; Chron. anon., Ms. 3884, f° 149 verso, et Buclion, p. 35; Froissart, IV, 78; et Extrait du Ms. Bodl. 2376, î°' ccYub et suiv., publié dans VArchœoL, t. XX, p. 275.
Henri avait nommé son jeune fils Thomas sénéchal. C'est Thomas Percy, vu l'âge du prince, qui en devait remplir les fonctions. {Memor. ap. Rymer, t. VIII, p. 90.)
Couronnement. Les ducs qui soutenaient la couronne, étaient, selon Greton, les ducs d'York, de Surrey,
« Oui ne le fit pas de cœur vrai , »
d'Aumarle et de Glocester. Il doit y avoir erreur sur ce dernier. Ce jeune duc de Glocester était mort, non dans la traversée d'Irlande, comme le disent plusieurs chroniqueurs (et, nous l'avons dit plus haut, p. 490, on peut encore admettre, selon la Chronique anonyme, qu'il ait été chargé avec Arundel de veiller sur Richard, au retour de Ghester); il était mort d'une maladie pestilentielle , fort peu de temps après son retour à Londres : sa mère mourut le 3 octobre, et l'on dit qu'elle mourut de la douleur que sa pei'te lui causa :
Interea transit moriens, nec in orbe remansit Humfredus dictus, redit iile Deo benediclus; Defuncto nato, cito post de fine beato Mater transivit nati dum funera scivit.
(Gower, Chron. Trip., p. 447.)
Voyez aussi Wals., Hypod. Neuslriae, p. 555; Otterbourne, p. 224; Dugdale, t. II, p. 1 72 : il cite l'inscription du tombeau de la duchesse. Le monument est donné, avec son inscription, dans Gough, Monum. of Greal Brltain., t. II, p. 159.
Festin du sacre. Greton, p. 439; Chron. anon.. Aïs. 3884, f*» 150, etBuchon, p. 35; Extrait du Ms. Bodl. 2376 dans VArchœol , t. XX, p. 376. — Le chevalier Di/mock. Greton, p. 441 ; Froissai'l, IV, 78. (Voir sur cette famille et sur cette charge hi note de YArchœoL, l. XX, p. 209, et le procès- verbal du couronneiuent de Richard II, Bibl. irap., Ms. 6049, f*» 5.)
Page 316, note a.
Les prophéties de Merlin ne manquèrent pas de suppléments en pareille circonstance. L'une de ces prédictions, qui ne laissa point d'avoir de l'influence sur l'esprit de Henri, portait : « Suer perveniet filius Aquilse (Lancastre).... et Asinum (Richard) « cum pedibus plumbeis accipiet in Occidentali.... Ipsum prœ- « datorem in regem exaltabunt et conqueret Jheru (Jérusa- « lem). » On ne doutait pas qu'un si pieux roi ne reconquît la Terre Sainte. (Voy. ArchœoL, t. XX, p. 257.) Un ermite éleva une chapelle à Ravenspur, où Henri avait débarqué. Cet ermite devait avoir plus d'une chose sur la conscience : Henri lui accorda grâce entière de ses fautes, dans la charte qui lui concéda l'emplacement de la chapelle pour lui et pour les ermites, ses successeurs. (1" octobre 1399. Rymer, t. VIII, p. 89.)
Page 317, note a.
Réunion du parlement après le sacre, mardi, 14 octobre 1399. Rot. Pari. y t. III, p. 62. Les communes élurent pour orateur J. Cheyne qui fit la protestation ordinaire, mais qui le lendemain s'excusa sur son â^e et ses infirmités, et fut remplacé par J. Doreward (ibid., §§ 62-64). — Subside des laines: 50 s. par sac pour les indigènes, 60 s. pour les étrangers. Quant au dixième et au quinzième votés k Richard pour l'année précédente, on les maintint au nouveau roi pour ce qui était à percevoir encore, comme pour ce qui était perçu. Mais on supprima le demi-dixième et le demi-quinzième dont le payement avait dû commencer à la dernière fête de saint Michel. (îbid., p. 425, § 65.)
Abolition du parlement de la xxr année. Les communes se réservèrent de reprendre, par voie de pétition, les actes utiles qui auraient pu être faits par cette assemblée {ibid., § 66). — Confirmation du parlement de Van xi, sauf à remettre en délibération les mesures qui ne paraîtraient point profitables, ibid., § 67 ; — réhabilitation de condamnés, ibid., § 68. — Avis du roi sur les deux parlements de Van xi et de Van xxi, et sa déclaration, ibid., p. 426, §70. Cf. sur tous ces actes, Wals.,p. 361. — Abolition du jugement rendu en Van xx de Richard contre Thomas Haxey, ibid., p. 430, § 70. Richard, on s'en souvient, lui avait déjà fait grâce entière. L'abolition des actes du parle-
ment de la xxr année faisait revivre les jugements qu'il avait abolis. Henri en répara les effets à l'égard de Michel de la Pôle, fils de l'ancien chancelier, comte de Suffolk, et lui rendit tons les honneurs de son rang, 15 novembre 1399. (Rot. Pari. y t. III, p. 668, n° 2, append.)
Page 318, note a.
Il y a sur la suite des actes de ce parlement d'assez grandes difficultés. Le procès-verbal, selon Tusage, comprend deux parties : les actes communs (placita parliamenti) et les actes judiciaires (p^aci7a coronx). Les premiers ont leur date; elle manque aux autres : de manière qu'il est assez difficile de dire comment ils doivent se rapporter à la série des jours. Ajoutez que cette dernière partie est fort incomplète et que plusieurs points importants de la procédure ou du débat ne sont rappelés qu'incidemment dans la sentence. Heureusement une chronique sur le couronnement de Henri IV et sur les actes qui suivirent (Ms. Bodl. 2376), chronique publiée en appendice au tome XX de Y Archœologia à la suite du poëme de Greton (p. 275-281, n° vi), nous fournit plusieurs des dates qui manquent au rapport officiel. La concordance exacte qu'elle présente avec ce dernier texte pour celles qui y sont données, permei d'accepter les autres en toute sécurité. Quelques points restent pourtant douteux : nous les signalerons dans les notes qui vont suivre.
Cette chronique elle-même offre dans le manuscrit des lacunes qu'il nous paraît possible de combler avec Holinshed : car cet auteur la reproduit presque littéralement sur tous les poiuis qui nous restent d'elle, et Ton est en droit de conclure qu'il continue de la suivre dans les passages intermédiaires qui ont péri. Ainsi la Chronique s'arrête aux cinq articles relevés par les communes : c'est Holinshed qui en garde h délail, comme c'est lui qui reproduit la première scène où fi[>,ure Bagot. La Chronique ne reprend qu'à la fin pour dire, comme Holinshed, que Bagot n'eut rien à répondre au fait qui lui était allégu;'. Quel fait? Celui évidemment dont parle en cet endroit Holinshed. Nous y reviendrons ci -après.
Page 3"21 , note a.
Témoignage de Bagot. Getle partie du récit, (|ue nous dérobe
la lacune du manuscrit cité, nous est rendue par Holinshed (t. II, p. 511). Le procès-verbal ne dit pas un mot de la déclaration de Bagot, mais son silence ne la doit point faire révoquer en doute : car les actes du parlement de la seconde année de Henri IV (1400-1401) constatent qu'il avait comparu devant l'assemblée précédente, sous le poids des accusations les plus graves, et qu'il aVait fait agréer en sa faveur un acte d'amnistie. (Rot. Pari. y t. m, p. 458, § 24.)
Page 324, note a.
Mission de deux lords pour interroger J. Halle. Ghron. Ms. BodL, ibid. La Chronique (ainsi que Holinshed) dit que les deux lords eurent ordre de l'interroger après diner (16 octobre) ; la confession de J. Halle dans les actes du parlement est datée du 17. {Rot. Pari., t. III, p. 452, § 11.) — Comparution de Bagot et deJ. Halle, Ghron. Ms. BodL, ibid.
Lecture de la déposition deJ. Halle. Ghron. Ms. BodL, ibid. CL Rot. Pari., t. III, p. 452, $ II. — Défi de Fitz-Walter. Ghron. Ms. BodL, ibid.
Réplique du duc de Surrey , etc. Ghron. Ms. BodL, ibid. Toute cette querelle a été mise en scène par Shakespeare. (Rich. II, act IV, se. I.) Fitz-Walter, qui se défend d'avoir voté dans le procès de Glocester, figure au moins parmi les lords convoqués à ce parlement. (Gotlon's Abridgni., p. 366.) — Dé/i d'Aumarle au duc de Norfolk absent. Ghron. Ms. BodL {Ardueol., t. XX, p. 279). Thomas Mowbray, comte maréchal, duc de Norfolk, était mort le lundi avant la Saint-Michel (22 septenibrej. La liste des domaines qu'il laissait en mourant occupe dix colonnes dans le Calend. Inquis. post mortem , t. III, p. 266-270.
Page 325, note a.
Bagot ramené enprison. Ghron. Ms. BodL {Archseol., t. XX, p. 279). — Sa mise en liberté, Rot. Pari, t. III, p. 458, § 24. Selon la Chronique de Kenilsworth, il se retira à Packington, où il mourut sept ans plus tard (voy. Archdeol., t. XX, p. 278, note). Le comte de Rutland et le lord Fitz-Walter firent leur paix devant le roi à ce même parlement de 1401 (15 mars). Rot. Pari., t. III, p. 459, § 32.
Condamnation et exécution de J. Halle. Rot. Pari., t. III,
p. 452, §§ 11-16, etChron. Ms. BodL, p. 279; Otterbourne, p. 222. La Chronique donne la date du jugement le samedi (18 octobre), et le procès-verbal constate qu'il fut exécuté le même jour. On ne voit pas sur quel fondement Gotton, dans son abrégé (p. 401), fixe ce jour au mardi, 28 novembre (le 28 novembre 1399 est un vendredi: il faudrait au moins lire le mardi, 18 novembre).
Page 334, note a.
Accusation et défense des seigneurs. Placita coronse : Rot. Pari., t. III, p. 449. La Chronique manuscrite de la bibl. Bodleienne ne donne les excuses qu'en résumé et en bloc. (ArchœoLy t. XX, p. 281.) Voir aussi le résumé de la procédure dans le jugement prononcé en anglais par W. Thirnyng, président du commun banc {Rot. Pari., t. III, p. 451, § 9). — Le duc d'Aumarle, ibid., p. 449, §§ 2 et 3; — le duc de Surrey , ibid.j p. 450, § 4; — le duc d'Exeter, ibid., § 5; — le marquis de Dorset, ibid., § 6; — le comte de Salisbury, ibid., § 7 ; — le comte de Glocester, ibid., § 8.
Morley et Salisbury. Ms. Bodl. dans VArchœoL, t. XX, p. 281. Le chroniqueur anonyme (Ms. 3884, f" 149 recto, et Buchon, p. 33) prend lord Morley dont il est question dans l'exposé de W. Thirnyng (Roi. Pari., t. III, p. 451, § 9), pour Thomas Mowbray, duc de Norfolk, comte maréchal. — Sentence. Rot, Pari., t. III, p. 451, § 9. C'est l'exposé de W. Thirnyng qui nous marque ici, quoique d'une manière un peu vague, la succession des jours en disant qu'après les débats (ils eurent lieu, selon la chronique citée, le 29 octobre) la délibération des lords eut lieu un matin « on the morning, » et la consultation des prélats un autre matin et un vendredi « on the morne that is to wyten on the friday. » Ce vendredi doit répondre au 31 octobre. Notons néanmoins que la Chronique dont le manuscrit finit au 3 novembre, ne mentionne pas le prononcé du jugement, et que Holinshed qui la suit, mais qui résume ici très-rapidement les faits, parle des pétitions des communes avant de rien dire de là décision prise touchant les accusateurs de Glocesler.
Page 338, note a.
Statut des proviseurs. « Que nostre dit Seignor le Roy par assent et advys de tieux sages et dignes personnes queux lui
plerra appeller pur conseiller en la matire, purra faire tiele soeffrance, ordonnance et modération touchant ledit Estatut.... et mesme l'Estatut casser, repeller, irriter et de tout annuller selonc sa haute discrétion et selon ceo que luy semblera a l'honor de Dieu et mieulx expédient pur l'onor et profit de son Roïal Estât, de son dit roialme et de son people. » {Rot. Pari. y t. III, p. 428, § 85.) — « Que le roi soit en aussi grande liberté royale comme ses prédécesseurs. » {RoL Parl.y t. III, p. 434, S 108.)
Page 340, note a.
Pétitions des communes. Suppression des actes de despotisme, etc. Rot. Pari , t. III, p. 433-437, §§ 101, 104, 109- 113. — Juges de Nottingham, p. 442, § 145; — la duchesse d'Irlande, ibid., p. 432, § 95; — le comte d'Oxford, p. 441, § 140 La duchesse d'Irlande, petite-fille d'Edouard III (Wals., p. 328), était cousine de Henri; la comtesse d'Oxford était sa nièce. Voyez Dugdale, Baron., t. I, p. 195. — Confirmation des amnisties, Rot. Pari., t. III, p. 441, § 139; — confirmation des aliénations de biens confisqués, ibid., p. 445, g 156;
— défense aux grands officiers d'accepter des présents, ibid., p. 433, § 99; — juges faisant observer la loi, ibid., § 97; — juges de la paix, ibid., p. 444, § 151. — Enquête sur les finances, ibid., p. 439, §§ 127-129. — Privilèges de Londres, ibid., p. 443, § 146. — Marché de Smith field, ibid., p. 439, § 123. Il s'agit du prélèvement d'une bête sur trois, déjà interdit par une ordonnance de la vingt et unième année de Richard.
Page 341, note a.
Réponses du roi. Voir à la suite des demandes indiquées dans la note précédente. — Abolition de la clause touchant les actes du parlement de Van xi Rot. Pari., t. III, p. 442, § 143;
— les crimes de trahison renvoyés à la justice ordinaire, ibid,, § \kk. — Suppression des livrées, ibid., p. 428, .^ 84; — assises en Vabsence du coroner, ibid., p. 429, § 89. — UEtaple, ibid., p. 429, § 87 ; — blancs seings, ibid., p. 432, § 93; — confirmation des pardons, ibid, § 94.
Conditions de V amnistie. « Le roi le voet : issint que ceux qui voillent avoir bénéfice de ce^ste pardon, pursuent lour Chartres en especial par entre cy et la feste de Tous-Seintz pro-
chein a venir. » (Ibid.^ p. 445, § 157.) — Sommes dues à Richard, ibid.,]). 439, § 124. — Sommes dues par Richard, ibid., p. 437, § 116, p. 438, § 117. Pour les maîtres delà garde de Ghester, le roi dit qu'il se fera rembourser en services, ibid.^ J5 127. — Dommages causés par Richard : réparations à l'archevêque de Canlerbury; au comte d'Arundel, ibid., p. 434- 436, §§ 109-112; — dommages causés par Varmie du roi, ibid., p. 433, § 101. — Bons excessifs a réduire, ibid., § 98. Le décret qui abolit le jugement rendu en la vingt et unième année de Richard contre l'archevêque de Ganterbury et lui restitue son temporel, est du 2 1 octobre 1399. (Rymer, t. YIII, p. 96.)
Page 343, note a.
Confirmation en parlement du jugement sommaire de Bristol. Rot. Pari., t. III, p. 453, § 17; cf. Wals., p. 362. Dugdale distingue deux familles du nom de Scrop : Scrop of Bolton et Scrop of Masham, et il leur donne pour représentants au temps de Richard II : à la preuiière, Richard le Scrop, chancelier en 1372, en 1378 et en 1382, qui eut pour fils Roger, Etienne et Richard (archevêque d'York); à la deuxième, Henri le Scrop, qui mourut Tan xv de Richard II, laissant deux fils : Etienne, lieutenant d'Irlande sous Henri IV, et William, comte de Wiltshire. {Baronage, t. I, p. 654, 655, et p. 657-659.) Ge William n'aurait donc aucune parenté, du moins bien prochaine, avec Richard le Scrop. Dans les actes du parlement, Richard paraît pourtant comme son père. Il s'agit de la confirmation du jugement sommaire de William le Scrop, de Henri Green et de J. Bussy, mis à mort à Bristol : le procèsverbal ajoute : « A quel temps monsieur Richard le Scrop soy leva et ove graunte humilité et chière plorant pria au Roy que rien que serroit fait en le dit Parlement ne tourneroit en disherilison de dit Bichart ne de ses enfaunlz. Dequel Richard y fuist demandé, si les ditz pursuite, arreste et juggementz avaunt dit, et quaunt que fuist fait come desuis est dit, furent bones ou noun? Et le dit Richard disoit, qu'il ne vorroit ne ne saveroit dire mes que le pursuite, areste et juggements avaunt ditz, et quaunt que fuist fait, come desuis est dit, furent bones et profitables pur le Roy et le Roialme; et que son fitz fuist un de eux et de ceo il fuist trop dolent, etc. {Rot. Pari., t. III, p. 453, § 17.) Je signale cette difficulté aux généalogistes, et fais remar-
xuTi-:s.
qiier en même temps que dans le Catal. and success. ofKings de Brooke, catalogue sommaire d'ailleurs et qui n'indique point ses sources, W. le Scrop est dit fils de Richard le Scrop, contrairement h Dugdale. (Catal., p. 353.)
Page 347, note a.
Si r Angleterre était pour un changement de dynastie. Voyez ci-dessus, p. 248, et h l'appui, p. 476, les protestations contenues dans le défi desPercyen 1403: Extrait d'un ms.de la Chronique de Hardyng, ap. ArchœoL, t. XVI, p. 140, 141. — La petite reine. Voir ci-dessus, p. 494. — Mauvais traitements qu'elle subit. Relig. de Saint-Denys, XX, 7. Le Religieux de Saint- Denys les rapporte aux conseillers de Richard dès le départ du roi pour l'Irlande : ce qui est contre toute vraisemblance. — Honneurs aux gens du duc de Berri et du duc d'Orléans au repas du sacre. Chron. anon. Ms. 3884, f° 150, et Buchon, p. 35.
Page 348, note a.
Messages de Henri au pape, au roi de France ^ aux princes d'Espagne, d'Allemagne. Wals., p. 362. — Dispositions de Bordeaux envers Richard et envers la France. Froissart, IV, 79. Henri nomma Gruallard de Durfort sénéchal d'Aquitaine (23 décembre 1399), et fit diverses autres nominations pour s'assurer du pays (24 décembre). (Rymer, t. VIII, p. 118.) Il accorda aussi diverses faveurs : exemption du droit de P 1/2 sur les vins que les bourgeois de Libourne chargeront au port de la ville, 26 mars 1400. {Rot. Vascon., an. 1 Henri IV, m. 6. Coll. Bréquigny, t. XXXI, f" 222); 100 1. st. sur la dîme des vins, accordées pour la réparation des murs de la ville {ihid., m. 12. Coll. Bréquigny, t. XXX, f° 236) ; confirmation des privilèges des marchands d'Aquitaine, 8 mai 1400. {Rot. Vascon.,^Ti. 2
{sic) Henri IV, m. 16 et 17. Coll. Bréquigny, t. LXXIX, f" 120.) A la date du 2 novembre 1399, le nouveau roi vidime et confirme la jouissance de deux échoppes, situées sous les murs du château de Bordeaux, avec un revenu de 20 1., et une pension viagère de 10 m., accordées par Richard II à une femme qui Favait soigné dans son enfance. (Rymer, Suppl. Henri IV, t. I, n° 40. Coll. Bréquigny, t. LXXIX, f° 110.)
Impression que la chute de Richard fait en France. Greton, reprenant en vers et sur un mode nouveau le fil de son récit, le fait précéder d'une ballade où il épanche toute son indignation :
0 tu, Henry, qui as en gouvernance
Pour le présent la terre et le païs
Du roy Richart, qui tant ot de puissance,
Le quel lu as hors bouté et demis,
Et tous ses biens appropriez et mis
A toy, qui es mirouer de traïsons;
Or scet chacun c'onques mais trahis homs
Si faulcement ne fu, comme tu as
Trahi ton roy. Celer ne le peus pas.
Jugier l'as fait par jugement infâme.
Tu en perdras en la fin corps et ame.
Car faulcement, sans mander deffiance,
En larrecin , toy estant fourbanis ,
Luy as emblé sa terre : grant vaillance
N'est pas à toy , certes ce m'est advis;
Veu qu'il estoit hors sur ses ennemis
En Yrelande, où maints durs horions
Receut d'Yrlois, qui sont fiers comme lions.
Ton fils ains né y fist chevalier : las!
Le gueredon à lui rendre oublias :
C'est grand péché : tout le monde t'en blasme.
Tu en perdras en la fin corps et ame.
Car à ly n'as tenu foy n'aliance , Comme juré l'avoïes et promis, Quand faintement, et en nom d'asseurance, Northomberlant par toy lui fu tramis , En promettant sur le corps Dieu, qu'amis Tu lui seroies, et que c'estoit raisons. Ainsi le roy, ains qu'il en feust saisons, De ses chasteaulx vuida, et hault et bas, Vers toy s'en vint très humblement, hélas! Honteusement l'emmenas à diffame.
Tu en perdras en la fin corps et ame.
Princes et roys, chevaliers et barons, Françoiz, Flamens, Alemans et Bretons
Deveroient courre sur toy plus que le pas; Car tu as fait le plus orrible cas Conques fist homs : c'est pour toy laide famé. Tu en perdras en la fin corps et ame.
(Buchon, t. XIV, p. 419.)
Page 350, note a.
Les députés de France en Angleterre. Religieux de Saint- Denys, XX, 14. On trouve dans Rymer, t. YIII, p. 98, le sauf-conduit accordé à Tévêque de Meaux, à Jean de Hanghest, sire de Heugueville, et à un huissier d'armes, « envoyés par nostre très cher cousin de France » (la parenté, on le voit, n'est pas répudiée) à la date du 31 octobre 1399.
Présentation des envoyés français à la petite reine, Froissart, IV, 80. — Instructions aux envoyés de Henri. ^< Inter gloriosas « Reipublicae curas et Regalium solicitudinum fructus uberes, a œstimamus prœcipuum aliorum principum et regum sublime mium sibi copulare prœsidia, ac cum talibus ligarum, afii- « nitatum et amicitiarum specialium inire fœdera, per quos o: principatus hinc inde, amoris indissolubilis nexu conjuncti, œ insurgentibus ex adverso resistere, et ab omni oppressionis ce clade, coadunatis viribus, poterunt mutuo se tueri. Quod « dum infra mentis nostrœ prœcordia diligentius tractaremus, « cum carissimo consanguineo nostro Franciae, nedum hujus- « modi amoris fœdera stringere, sed affinitatem et parentelam a contrahere, ligasque firmas spéciales et perpétuas prœ ceteris, « optabamus inire.... » En conséquence, il donne pouvoirs à l'évêque de Durham et à Thomas (Percy), comte de Worcester, pour traiter de mariage : a Inter Henricum primogenitum « filium nostrum, principem Walliœ, et fratres et sorores suos, « et libères ipsius consanguinei nostri Franciae aut patruorum « et avunculorum suorum prsedictorum. » (29 novembre 1399, Rymer, t. YIII, p. 108.) Dans les instructions relatives aux trêves, le roi de France est encore le cousin de France {con^ sanguineus)y même date; le roid'Écosse, Vadversaire d'Ecosse, 10 décembre 1399. (Rymer, t. VIII, p. 113.)
Richard enlevé de la Tour. Chron. anon., Ms. 3884, f° 150 verso, et Buchon, p. 36. Otterbourne en fixe le jour au 29 oc-
tobre (p. 223). Le Religieux de Saint-Denys dit à tort que Kichard demeura dans la Tour jusqu'en janvier (XX, 11). — Translation de châieau en château. Le continuateur de la chronique de Groyland nomme Leeds et Pomfret (t. I, p. 494); Hardyng mentione Leeds, Pykering, Knavesbourg et Pomfret (ch. cxcix, f° 198). Voy. Archseol.^ t. XX, p. 305, note.
Page 352, note a.
Complot. Greton, p. 442; Ghron. anon., Ms. 3884, f" 151, et Buchon, p. 37. Widmore (flist. of Westm. abb. ad an. 1399) proteste que le complot n'eut pas lieu chez l'abbé. Voyez Godwin, Life of Chaucer, c. lut, t. II, p. 551. L'acte de rémission de l'évêque de Carlisle parle de complots qui se tramèrent à Londres, en l'église de Saint-Paul, dans la paroisse de Tous-les- Saints et autres lieux, depuis la Saint-Nicolas (6 décembre) jusqu'à la Girconcision. (Rymer, t. YIII, p. 165.)
Page 356 , note a.
La conspiration découverte. Ghron. anon., Ms. 3884, f** 153 verso, et Buchon, p. 42; Religieux de Saint-Denys, XX, 16. Greton (p. 445) est de ceux qui donnent à Rutland l'initiative de la trahison. Une chronique de médiocre valeur, recueillie par Leland {Colkct., t. I, p. 385), dit que le complot fut révélé à un soldat de Henri, par une courtisane qui le tenait d'un soldat des conjurés. — Teniative sur Windsor, le lundi b janvier. Les mêmes historiens, et l'acte de rémission de l'évêque de Garlisle, 28 novembre 1400, Rymer, t. YIII, p. 165. — Le roi à Londres. Ghron. anon., ibid. ; Wals., p. 362; M. Evesh., p. 165; Otterbourne, p. 225. Shakespeare n'a pas manqué de reproduire une scène qui achève de peindre Je duc d'York :
Entre Aumale,
La duchesse. Voici mon fils Aumale.
York. Il était Aumale autrefois; mais son attachement à Richard lai a fait perdre ce titre. Il faut désormais, madame, que vous l'appeliez Rutland. Je me suis, devant le parlement, rendu caution de sa fidélité et de son féal et inaltérable dévouement au nouveau roi.
La duchesse. Soyez le bienvenu, mon fils. Où sont maintenant les violettes qui émaillent le verdoyant giron du printemps qui vient d'éclore ?
AuMALE. Madame, je l'ignore, et je ne m'en inquiète guère. Dieu sait que je n'ambitionne pas le moins du monde l'honneur d'en faire partie.
York. Conduis-toi avec prudence dans cette saison nouvelle, si tu ne veux être moissonné avant d'avoir mûri. Quelles nouvelles d'Oxford? Les joutes et les fêtes continuent-elles?
AuMALE. Oui, milord, autant que je sache.
York. Tu y seras sans doute ?
AuMALE. A moins que Dieu ne s'y oppose, c'est mon intention.
York. Quel est ce papier caché dans ton sein? Eh quoi! tu pâlis? Laisse-moi voir cet écrit.
AuMALE. Milord, ce n'est rien.
York. Dès lors, il n'y a pas d'inconvénient à ce que je le voie. Laissemoi voir cet écrit.
AuMALE. Je supplie Votre Altesse de m'excuser; c'est une affaire de peu d'importance; j'ai des motifs pour la tenir secrète.
York. Et moi, monsieur, j'ai des motifs pour désirer la connaître. Je crains, je crains!
La duchesse. Que craignez-vous? C'est un billet qu'il aura souscrit, pour paraître dans les joutes en costume élégant.
York. Un billet souscrit par lui-même à son profit, n'est-ce pas? Gomment aurait-il sur lui un billet souscrit au profil d'un autre? Ma femme, vous êtes une sotte. — Mon fils, je veux voir cet écrit.
AuMALE. Excusez-moi, je vous prie; je ne puis vous le montrer.
York. Je le veux; laisse-moi le voir, te dis-je. {Il lui arrache le papier et en lit le contenu.) Trahison! abominable trahison! — Scélérat! traître! misérable 1
La duchesse. Qu'ya-t-il, milord?
York. Holà! quelqu'un! {Entre un domestique.)
York, continuant. Qu'on selle mon cheval! Miséricorde divine! quelle trahison est-ce là?
La duchesse. De quoi s'agit-ii, milord?
York. Qu'on me donne mes bottes! qu'on selle mon cheval ! — Sur mon honneur, sur ma vie, sur ma parole, je veux dénoncer le scélérat. {Le domestique sort.)
La duchesse. Qu'y a-t-il?
York. Taisez-vous, femme insensée.
La duchesse. Je ne veux pas me taire. — De quoi s'agit-il, mon fils?
AuMALE. Soyez tranquille, ma bonne mère; il n'y va que de ma vie.
La duchesse. Il y va de ta vie! {Rentre le domestique, apportant les bottes d'York.)
York. Donne-moi mes bottes; je vais trouver le roi.
La duchesse, montrant le domestique. Frappe-le, A.umale. Mon pauvro enfant, tu es tout interdit. — (Au domestique.) Sors d'ici, scélérat; ne reparais plus devant moi.
York. Donne-moi mes bottes, te dis-je.
La duchesse. York, que veux-tu faire? Pourquoi ne pas tenir cachée la faute de ton enfant! Avons-nous d'autres fils que celui-là? pouvons-nous espérer d'en avoir d'autres? L'âge n'a-t-il pas tari ma fécondité? Veux-tu enlever à ma vieillesse mon fils unique et me dépouiller de l'heureux titie de mère? Ne te ressemble-t-il pas? n'est-il pas à toi?
York. Femme extravagante, veux-tu tenir secrète cette conspiration
ténébreuse? Ils sont douze qui se «oni muli ellement engagés au pied des autels, et par leur signature , à tuer le roi à Oxford.
La duchesse. I! n'en fera rien; nous le garderons ici; dès lors, il n'est pour rien dans ce complot.
York. Arrière! fename insensée! fùt-il vingt fois mon fils, je le dénoncerais.
La duchesse. S'il t'avait coûté les mêmes douleurs qu'à moi, tu serais moins inflexible. Mais maintenant je lis dans ta pensée. Tu as des doutes sur ma fidélité conjugale; tu le soupçonnes d'être un bâtard, et non ton fils. Mon cher York, mon époux bien-aimé, bannis de telles pensées. Jamais fils ne ressemblera plus à son père; il n'a rien de moi ni de ma famille, et cependant je l'aime.
York. Laissez-moi partir, femme entêtée. (Il sort.)
La duchesse. Aumale, suis-le; monte son cheval; pars à franc étrier; arrive avant lai auprès du roi; implore ton pardon avant qu'il t'accuse; je te suivrai de près. Toute vieille que je suis, j'ai la certitude d'égaler York en célérité. Je me jetterai à genoux, et ne me relèverai pas que Bolingbroke ne t'ait pardonné. Allons, pars. {Ils sortent.)
Aumale devance son père à Windsor, et entre à pas précipités. Où. est le roi?
Bolingbroke (Henri). Mon cousin, que signifient ce désordre et ces yeux égarés?
Aumale. Dieu garde Votre Majesté! je la supplie de m'accorder un moment d'entretien particulier.
Bolingbroke. Retirez-vous, et laissez-nous seuls. (Percy et les Lords sortent.)
Bolingbroke, continuant. Que me veut maintenant mon cousin?
Aumale, mettant un genou en terre. Je veux que mes genoux prennent racine en terre, que ma langue soit clouée à mon palais, si je me relève ou parie avant que vous m'ayez pardonné.
Bolingbroke. La faute est-elle commise, ou n'est-elle qu'en projet? Dans ce dernier cas, quelque odieuse qu'elle puisse être, pour obtenir ton affection dans l'avenir, je te pardonne.
Aumale. Permettez alors que je ferme la porte à clef, afin que nul ne vienne nous interrompre jusqu'à ce que je vous aie tout révélé.
Bolingbroke. Comme tu voudras. {Aumale ferme la porte à clef.)
York, de l'extérieur. Sire, soyez sur vos gardes; veillez sur vous, vous avez un traître avec vous.
Bolingbroke, mettant Vépée à la main. Scélérat, je vais m'assurer de toi.
Aumale. Retenez votre main vengeresse, vous n'avez rien à craindre.
York, de Vextérieur. Ouvrez la porte, roi insensé et trop confiant! Faut-il que, par dévouement, je vous fas^e entendre en face un langage coupable? Ouvrez la porte, ou je la brise. {Bolingbroke ouvre la porte.)
Entre York.
Boungbroke. Qu'y a-t il mon oncle? Parlez; reprenez haleine; ditesmoi où est le péril, afin que je me prépare à le repousser.
York. Lisez cet écrit, et vous connaîtrez la trahison que la précipitation que j'ai mise à venir m'empêche de vous expliquer.
AuMALE. Rappele/-vûus, en lisant, la i'roiues.se que vous m'avez faite. Je me repens; ne lisez point mon nom sur ce papier; mon cœur n'est point complice de ma main.
York. Il l'était, scélérat, avant qu'elle eût apposé ta signature. Roi, j'ai surpris ce papier dans le sein du traître, et Ten ai arraché. Le repentir est fils de la crainte et non de l'affection. Oubliez toute pitié pour lui, de peur que la piiié ne soit un serpent qui vous percera le cœur. (Shakesp., Richard II, act. V, se. m, traduction de M. Benjamin Laroche.)
Page 356, note h.
Ordre d'arrestation et appel aux armes, 5 janvier 1400. Rymer, t. VIII, p. 120. — Armement à Londres. Ghron. anon., f° 154, verso, et Buchon, p. 42 — Les conjurés à Sunning. Wals., p. 363; Otterbourne, p. 225. Une lettre datée du lendemain, 6 janvier, ordonne au gouverneur de Calais d'arrêter les comtes de Kent et de Huntingdon, s'ils viennent en Picardie. (Ibid.)
Page 358, note a.
Trahison de Rutland. Ghron. anon. Ms. 3884, f"^ 155, et Buchon, p. 47. Selon le Religieux de Saint -Denys (XX, 16), Rutland ne parla point du nombre des soldats de Henri, et c'est lui qui donna aux conjurés le conseil d'aller recruter des troupes dans le pays de Galles : mais à peine avait-on fait quatre lieues, qu'on tomba dans l'avant-garde de Henri. Rutland s'y précipte. — Défense du passage de la Tamise, Religieux de Sâint-Denys, ibid.\ cf. Ghron. anon.; ap. Buchon, p. 45. Les deux auteurs ont, pour tout le récit de cette conjuration, d'étroits rapports. Dans le Ms. 3884, f° 156, il est dit que le comte de Kent défendit trois jours cette position. Le texte de Buchon supprime ces trois jours, et avec toute raison. Les deux textes et le Religieux de Saint-Denys font aller les conjurés à Oxford avant de gagner Girencester. Ils font figurer Jean de Holland (ancien duc d'Exeter) dans cette campagne. Walsingham (p. 363) le fait rester à Londres, attendant l'issue de Tentreprise. Jean de Holland n'était pas le moins ardent des conjurés. Quand on admettrait qu'il ne soit point allé avec les autres à Windsor, il n'est pas probable que, le coup manqué, il se soit retiré à Londres. S'il était resté à Londres, on s'expliquerait moins comment son arrestation, ordonnée le 5, n'aurait point été opérée avant le 10. (Rymer, t. VIII, p. 120 et 121). Mais il est possible, contrairement à l'assertion
de nos deux chroniqueurs et du Religieux de Saint-Denys, qu'il ne soit pas allé à Girencester. Henri, qui le nomme parmi les chefs de la révolte dans une ordonnance relative aux suites de cette rébellion (24 février 1400, Rymer, t. VIII, p. 125), ne mentionne que les comtes de Kent et de Salisbury, dans deux autres décrets où il s'agit particulièrement de l'affaire de Girencester (ibid,, p. 130 et 150). Il se peut donc qu'il ait été ailleurs pour propager la révolte. L'ordonnance même de Henri, en date du 24 février, prouve que le mouvement s'était étendu k divers comtés et jusques au comté de Ghester.
Marche des conjurés vers Cirencesîer. Walsingham et Otterbourne après lui, disent que passant par Sunning ils s'y rendirent par Wallingford et Adingdon. Dans la lettre de rémissiou de l'évêque de Garlisle, on nomme, comme lieux marqués par la révolte, Brampton, Wantage etFavingdon. (Rymer, t. VIII, p. 165.) Froissart mentionne Golnbrook, Brentford, Saint- Alban et Berkhamsted. Nos deux chroniqueurs disent qu'après le passage de la Tamise, ils se rallièrent à Oxford. (Voy, Archœol.y t. XX, p. 214, note.)
Page 359, note a.
Affaire de Girencester. Ghron. anon., f° 156 verso, et 157, et Buchon, p. 46; Greton, p. 447; V^als., p. 363. Gontin. GroyL, t. I, p. 495. Hardyng, ch. cxcix, f" 198, b.) Les femmes se signalèrent comme les hommes dans ce soulèvement contre les conjurés. Le roi, en récompense, abandonna aux habitants tout le bagage qu'ils avaient laissé dans leur ville, et y joignit diverses gratifications. (28 février et 15 juillet 1400. Rymer, t. VIII, p. 130, 150 et 151. Gf. ArchœoL, t. XX, p. 215.)
Mort des comtes de Kent et de Salisbury. Ghron. anon., ibid. Rehgieux de Saint -Denys, XX, 16. Selon Walsingham (p. 363), les deux comtes s'étaient rendus, et ne furent mis à mort que quand les habitants virent leurs maisons livrées aux flammes. Le continuateur de la chronique de Groyland est heureux de noter que le comte de Kent fut décapité l'anniversaire du jour où il avait envahi son abbaye. (T. I, p. 495.) Greton se trompe en faisant périr alors Jean de Holland, ancien duc d'Exeter; Walsingham ayant supposé (à tort, selon nous) qu'il n'avait pas quitté Londres, dit qu'il s'enfuit dans le comté d'Essex. G'est aussi là que le fait aller la chronique ano-
nyme (Buchon, p. 49). A quelques pages plus loin (Ms. 3884, f° 155, et Buchon, p. 56), on lit qu'arrivé en Ecosse, il fut arrêté. Il n'est pas douteux que c'est Essex encore qu'il faut lire; c'est un lapsus de l'auteur, et non pas une simple faute de copiste : on lit Ecosse dans tous les manuscrits et même dans le Religieux de Saint-Denys (XX, 16).
Page 360, note a.
Supplice de Th. Blount et de Benoit Sely. Ghron. anon., f° 160, et Buchon, p. 50-52. Religieux de Saint-Denys, XX, 16. Cf. l'acte de rémission de l'évêque de Garlisle, Rymer, t. VIII, p. 165.
Page 362, note a.
Les têtes des suppliciés portées à Londres. Ghron. anon. Ms. 3884, f" 160, et Buchon, p. 52. Religieux de Saint-Denys, XX, 16. Dans le manuscrit 3884, on lit le mercredi 16 janvier: le 16 janvier était un vendredi. D'autres textes et le Religieux de Saint-Denys disent le 16 janvier, sans donner le jour de la semaine.
Entrée de Henri IV. Ms. 3884, fM61. La tête du comte de Kent demeura exposée sur le pont de Londres jusqu'au 2 mars. Sa veuve obtint alors un ordre aux shériffs de la lui remettre. (Dugdale, Baronage, t. II, p. 77.) — Henri craignait la main de la France dans ce complot. A la date du 14 janvier 1400, il enjoint aux gardes du port de Londres de ne laisser passer aucun sujet du roi de France. (Suppl. Rymer, Henri IV, t. I, n*» 96. Goll. Bréquigny, t. LXXIX, f'' 119.)
Page 363, note a.
Arrestation et supplice de Jean de Holland comte de Huntingdon. (Ghron. anon., Ms. 3884, f° 165-166, et Buchon, p. 56-60.) Le château du Plessis est indiqué par Walsingham (p. 363). Selon cet historien, après avoir tenté de nouveau de fuir par mer, repoussé par les vents, il s'était réfugié dans la maison d'un ami où il fut arrêté ; on le mena dans la ville de Ghelmesford, puis au Plessis comme en un lieu plus sûr, et on l'exécuta à la place même où Glocester avait été arrêté, le jour de Saint -Maur (15 janvier). La chronique donnée
par Leland {Coll., t. I, p. 697) dit aussi qu'il fut pris en Essex et décapité au Plessis : « J. Holand dux Exoniae captus in « veste simplicis apud Putwel in Essex et apud Pleshery decollatus. » Le moine d'Evesham y joint cette particularité remarquable, que ce fut par ordre de la comtesse de Hereford : circonstance qui relie le récit de notre chroniqueur anonyme à celui des deux autres, et le confirme singulièrement : « Et non « multo post dominus Johannes Holont (HoUand), comesHuna tingdon, frater régis Ricardiex parte matris, apud Plaschet in « Estsexia per comitissam Herefordiœ captus et decollatus est. " Il est à regretter qu'il ait renoncé à en raconter les circonstances, de peur, dit-il, d'ennuyer le lecteur. « Gujus captionis a modumadprœsensocculto, proptert8ediumlectorum(p.l68). » Hardyng enfin est d'accord avec le moine d'Evesham sur le lieu de la mort de J. de Holland et sur le rôle de la comtesse :
a Therle also of Huntingdon ded flee And brought unto the countess of estate Of Hereforde then; who had hyru forlh algate To Plashye, where she made men hym hede Without counseyll of any lorde or rede. «
(Hardyng's Ghron., ch. cxcix, f" 198, a.) Selon Otterbourne (p. 227), la comtesse dut livrer le prisonnier aux paysans, qui voulurent le faire périr au lieu même où Glocester avait été arrêté.
Il y a pourtant une pièce qui semble invalider ces traditions. C'est une lettre du roi en date du 10 janvier, qui ordonne au gouverneur de la Tour de Londres d'y recevoir le comte de Huntingdon des mains de celui qui le lui amènera. (Rymer, t. VIII, p. 121.) Cet ordre fut-il exécuté, ou bien a-t-il été donné par le roi quand il sut que le comte était au pouvoir de la comtesse de Hereford, et ne doutait pas qu'il ne lui lût livré? Devant l'accord d'historiens si divers qui font mourir le comte de Huntington au Plessis, nous avons incliné vers cette dernière conjecture. M. Webb croit que le comte fut réellement détenu à la Tour, que ce fut là qu'il fut décapité, et que si sa tête, après avoir été exposée sur le pont de Londres, fut ensuite portée au Plessis, oîi on l'inhuma, ce fut pour l'exemple. (Arch^oL,t.XXf p. Sl,note. Cî. Litt. claus.,Sin. 1 Henri IV, p. i, m. 16, et Dugdale, Baron., t. II, p. 80.) — Sur cette comtesse Jeanne, sœur du comte d'Arundel, femme d'Humphrey de
Bohun, comte de Hereford, et belle-mère tout à la fois du duc de Glocester et du roi Henri IV, qui avaient épousé ses filles Alienor et Marie, voyez Dugdale, t. I. p. 187 et 318.
Page 364 , note a.
Th. le Despenser. M. Evesh., p. 166, 167. Cf. Wals., p 363. Ces condamnations sommaires furent ratifiées au parlement suivant, et en une seule fois. Les comtes de Kent, de Huntingdon et de Salisbury, Despenser et Lumley, y furent déclarés traîtres, et leurs biens confisqués. (15 mars 1401, Rot. Pari., t. III, p. 459, § 30.) Rutland et Sommerset y furent, au contraire, le même jour, pleinement réhabilités en récompense de leurs services. (IbicL, p. 460, § 33.) Rutland fut même, vers ce temps-là, désigné dans le conseil pour aller en {Guyenne. Proceed., t. I, p. 119.)
Page 366, note a.
Arrestation de R. de Walden, etc. Ghron. anon., ibid., et Buchon, p. 62. L'ordre de recevoir k la Tour Thomas, évèque de Garlisle, et Roger Walden, clerc (c'est ainsi qu'on désigne l'ancien primat), est du 10 janvier 1400. (Rymer, t. YIII, p. 121.) — Condamnation de V évèque de Carlisle. Wals., p. 363; Otterbourne, p. 228. — Exécution de la sentence pour les autres. Ghron. anon., ibid. Ferriby est joint à Maudelein dans cette exécution par le moine d'Eveham (p. 168), Otterbourne (p. 228),Hardyng, ch. cxcix, f 198 6, et une chronique de Leland (t. I, p. 697). On trouve de plus, parmi les actes encore inédits, un ordre du shérifl" de Kent pour le recouvrement des effets des conspirateurs nommés R. Maudelein, clerc, et W. Ferriby, clerc, décédés. (Rymer, Donat. mss. Brit. Mus. I, 14 596, p. i50, cité dans ÏArchœoL, t. XX, p. 9L) Cet accord de témoignages paraît concluant. Il faut donc renoncer à voir le même personnage dans un maître W. Ferriby, qui accompagne, comme chanceUer, le prince de Galles dans son expédition contre les Gallois rebelles. (Lettre de Henri IV au conseil, 10 juillet 1403 Proceedings, t. I, p. 206.)
Waldeu devint un peu après évèque de Londres. (Godwin, de Prœsulibus Aiigliss, p. 186.) L'évêque de Garlisle, dépouillé de son siège pour être transféré à celui de Samos, in partibus
infideliurn (le nouvel évêque de Carlisle, son successeur, prit possession dès le 15 novembre 1399, Rymer, t. YIII, p. 106 fut confiné d'abord dans l'abbaye de Westminster (23 juin 1400, ibid., p. 150), et amnistié le 28 novembre suivant (ibid., p. 165). Il se retira ensuite à Oxford, obtint une prébende dans l'église d'York, et, par la faveur du roi, un vicariat dans le diocèse de Salisbury. On voit du reste que cette faveur ne lui rendit pas l'équivalent de ce qu'il avait sacrifié, et rien n'autorise à croire qu'il ait jamais répudié le souvenir de celui dont il avait si noblement soutenu la cause. (Voyez la troisième lettre du docteur Kennet, citée dans YArchœoL, t. XX, p. 86- 88, note c.) Selon une note ajoutée à sa vie dans Godwin, il aurait reçu, le 3 août, la cure de Todenham, dans le comté de Glocester, où il mourut, et fut remplacé le 13 janvier 1409, par Robert Ely. (Godwin, de Prœsid.j p. 767, n. p).
Extension des massacres populaires. — Répression : « Pour cause que commissions sont faites parmy le roialme d'enquere entre autres de tous ceux qui furent., a celle treson.., chescun veisin par malice purra accuser son veisin come ils font de jour en autre dont grande trouble pourra sourder par tout le roialme a très grand péril dicellui : il semble chose expédient.. que, certeines personnes principaulx a excepter, selonc la boue et graciouse discrecion du Roy, pardon gênerai soit grantez et ottroiez a tout le peuple du roialme....
« Item, considère coment les comunes du roiaume a cause de la destruccion des contes de Kent, de Sarum et de Huntyndon et du sire le Despenser et autres traitours a ce Roy, sont devenux si fiers qu'ils n'eschuent de destruire volentrivement pluseurs des liges du Roy sans aucun processe de la loy en manaceant de faire semblablement en temps avenir.... En caz qu'ils pourront estre asteintz, qu'ils soient puniz par la loy en essample des autres. Qar l'en suppose que les justices en lour sessions ne pourront faire aucun redresse en celle partie pour destourbance et fiertee des communes queux ne sont de bone voloir d'estre desouz estroit governance » (février 1400; Proceed., t. I, p. 107, 108). — Le conseil demandait en outre que les juges de paix et les vicomtes eussent commission pour réprimer les soulèvements; qu'on mît à leur disposition des gens qui fussent à la solde du roi, et que, pour en faire les frais, le roi retînt tous les biens confisqués. (Ibid., p. 109.) On exceptait de l'amnistie le comté de Ghester et ceux que le roi
rit B m ^H
désignerait avant le l" mars (Ibid.) Pour la garde du roi, on leva des écuyers et des archers qui devaient, à tour de rôle, faire le guet auprès de sa personne. Ordre était donné de veiller à ce que les vivres qui leur étaient fournis fussent régulièrement payés. (Ibid., p. 110.)
Ordonnance du roi contre les exécutions popidaires : « Gum « diversae congregationes et insurrectiones contra nos et coro- « nam nostram tam per Thomam nuper comitem Kantiae, quam « Johannem nuper comitem Huntyngdoniae, Johannem nuper a comitem Sarum, et Thomam Despenser, chivaler, ac alios « proditores et rebelles nostros, quam per subditos nostros in ce comitatu Gestriœet aliis de regno nostro Aiiglice.. factœ fue- « runt; ac pro eo quod quidam de communitate dicti Regni « nostri quamplura pericula... multipliciter formidantes, quos- « dam proditorum.... absque auctorilate.... et absque processu a legis..., decollarifecerunt.. » — Défense, sous peine de trahison, de continuer ces exécutions sommaires. (24 février 1400. Rymer, t. VIII, p. 125.)
Page 3(59, note a.
Mort de Richard. Lettre des Percy; manifeste de l* archevêque d'York; voir la note suivante. — Ouverture du cercueil de Richard à Westmi72ster. Voyez Archœol.,t. VI, p. 315 ; et, sur cet important débat, l'opinion de M. Webb, qui croit que Richard mourut de mort violente (Archœol.j t. XX, app. vu, p. 282), cslle de M. Th. Amyot, qui la combat dans deux lettres i\ M. Ellis {ibid., p. 424 et suiv.), et celle de M. Tytler, qui prétend les départager, en soutenant que Richard n'était pas mort. {Hist. ofScotland, t. III, p. 325-386.) Nous y reviendrons ci-après.
Page/^Ô, note a.
Témoignage de Walsingham. « Richardus (quondam rex An- « gliœ) cum audissethaec infortunia, mente consternatus, semet- « ipsum exstinxit inedia voluntaria (ut fertur) clausitque diem <t extremum apud castriim de Pontefracto, die sancti Valentini » (p. 363). — Autres témoignages. M. Evesham, p. 169; Otterbourne, p. 228, 229; Gont. Groyl, t. I, p. 495.
Lettre de défi des Percy : « Tu ipsum dominum nostrum re- « gem et tuum proditorie in Castro tuo de Pountefreite, sine
« coiisensu suo seu judicio dominorum legni, per quindeciin ~i dies et tôt nocles, quod horrendum est inler Ghristianos au- « diri, famé, scitu [sili ?] et frigore inlerfici fecisti et murdro « periri.» {Archœol., t. XVI, p. 141.)
Manifeste de V Archevêque d'York : « Ad castrum de Pomfret « eumdeduxerunt...ubibreviter,utvulgariterdicitur,qiiindecim^ a dies et totidem noctes in famé, siti et frigore vexaverunt et « cmcifixerunt et tandem morte turpissima, adhuc regno nostro a Angliœ penitus inaudita, sed gralia divina diutius non celauda, M interemerunt et occiderunt. » {Anglia Sacra, t. II, p. 365.) Opinion de Hardijîig, ch. ce, f" 199 a. L'auteur, dit M. Amyot, ne dit pas si sa mort fut volontaire ou forcée. {Archœol. j t. XX, p. 432.) L'expression forhungered he ivas me parait assez forte pour que le sens n'en soit pas douteux.
Page 371, note a.
Témoignage du moine d'Evesham. M. Evesham, p. 169. L'éditeur ne signale aucune trace d'interpolation dans ses ma- ~ nuscrits. C'est évidemment dans le même sens que Gaxton (en 1480), avant de recueillir la tradition du meurtre à main armée, avait entendu que Richard était mort de faim quand il dit : a And than anondyed king Richard in the castle of Pounlfred, in the North Contre. In ther he was enfamyned unto the dethe by his kepar, for he was kept ther four or five dayes from mêle or drynke. And so he made his ende in this worlde, yet moche peple in Englo'd and in other landes sayd that he was alive, many yere after his death. » (Caxton, cité dans la première lettre de M. Amyot. Archœol. , t. XX, p. 426.) Nous sommes étonné que M. Amyot n'ait pas relevé le sens de ce passage qu'il cite, non plus que celui du texte du moine d'Evesham, qu'à la vérité il ne cite pas.
Page 374, note a.
Richard mort de faim au bout de quatre ou cinq jours. Gontin. Groyl., t. I, p. 495 (l'auteur est pour la mort volontaire) et Chron. de Godstow, citée par Hearne, Ropefs Life of Jflore : « Tandem a cibo etpotu per quatuor vel quinque dits « restr ictus j famis inedia exspiravit, » (p. ^37, et Archœol., t. XX, p. 432, n. u). On lit la même chose dans une autre
; chronique (Harlei. ms. 4323, p. 68), citée par M. Webb, ArchœoL, t. XX, p. 282, n. e. Ces textes ne peuvent guère se ranger du côté de ceux qui croient à la mort volontaire.
Richard mort de faim en quinze jours et quinze nuits. — Manifeste de V archevêque d'York, cité ci-dessus. M. Webb rapporte l'exemple de David, prince d'Ecosse, mis à mort vers le même temps (Pâques 1401), à peu près de la même façon. (Scoticronicon. L. XV, ex. Archxol., t. XX, p. 285, n.k.)
Aux arguments de ceux qui veulent protéger la mémoire de Henri IV, M. Webb oppose une observation très-forte. Henri fut, dans un temps fort rapproché de la mort de Richard, accusé de l'avoir fait mourir. Les deux Percy, l'archevêque d'York, dans leurs proclamations , le duc d'Orléans, dans une lettre
' ^de défi (Monstrelet, I, 9), lui jetèrent successivement cette accusation à la face. Il avait un moyen de défense non sans réplique, mais naturel : c'était, comme pour la mort de Glo-
^__cester, de faire une enquête; si on n'en fit pas, c'est qu'on n'espérait guère qu'elle pût tourner à son honneur. (V oyez Archœol. y t. XX, app. n° VII, p. 382.) Le vieil historien Hayward, se demandant si Henri a ordonné la mort de Richard, ne regarde^ pas comme douteux qu'il l'ait désirée et qu'il y ait consenti. (Life of Henri IV, p. 282.)
Date de la monde Richard. Elle est donnée par Walsingham, p. 363, et par le moined'Evesham, p. 169. Il y a une pièce qui pourrait faire croire qu'elle arriva plus tôt, et montre au moins qu'on y crut plus tôt en France : c'est un acte de Charles VI relatif à la trêve avec l'Angleterre, et daté de Paris, 29 janvier 1 399 (1400). Il commence ainsi: « Gomme l'an de grâce MGGGXGVI, vivant lors feu nostre très chier et très amé fils Richard, naguères roy d'Angleterre.» (Rymer, t. VHI, p. 124), Le 29 janvier, Richard était donc mort ou réputé mort en France. S. Harris Nicolas, dans la préface de son importante édition des Actes du conseil privé, exprime au contraire l'opinion que Richard n'était pas mort le 14 février, parce que, dans un conseil tenu en ce mois, on fut d'avis, « qu'en cas que Richard, naguère roi, soit encore vivant, il soit mis en sûreté agréable aux seigneurs du royaume; et, s'il soit allé de vie à trépasse ment, qu'adonc soit-il montré ouvertement au peuple, afin qu'ils en puissent avoir connaissance. » {Proceed., t. I, p. m). Il me semble qu'on n'eût pas émis ce doute dans le conseil : Richard est-il mort? si l'on n'avait eu des raisons de croire
^qu'il n'était plus en vie. Du. reste, le jour de ce conseil n pas donné ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il fut postérieur au 2 février et antérieur au 1" mars, ou même au 24 février, date d'une ordonnance rendue sur sa demande. L'avis du conseil prépare ici encore la mesure que Henri exécuta en faisant
-exhumer le corps de Richard pour le faire porter à Saint- Paul.
Page 378, noie a.
Funérailles de Richard , sans honneur à Pomfret. Ghron. anon. Ms. 3884, f° 164, et Buchon, p. 55 : « Et la fut-il eusevely comme un povre homme. » — Le corps exhumé et promené par les villes d'Angleterre jusqu'à Londres (12 mars), ibid.j f° 368, et Buchon, p. 64; Froissart, IV, 82. « Corpus « ostensum fuit, ea pars saltem corporis per quod cognosci po- « tarât, faciès scilicet ab ima parte frontis usque ad guttur. » (Otterbourne, p. 229.) Le roi Henri assista aux 'funérailles, et après la cérémonie il fit porter le corps au château de Langley, d'où plus tard Henri V le fit ramener à Westminster. A Langley toute démonstration était finie ; le corps fut enterré/ sans assistance, et Walsingham se plaint qu'on n'ait pas même servi le repas d'usage aux officiants : « Perfeceruntque supremum « officium Episcopus Gestrensis, abbas sancti Albani, et abbas « de Waltham, sine magnalum prœsentia, sine populaii turba^ « nec erat qui eos invitaret ad prandium. » (Wals., p. 363.^ Cf. Hardyng, ch. ce, fM99 :
But then the Kyng hym faste to Langley sent There in the frères to be buryed secrètement.
A propos de cette exposition même de Richard, Greton, revenant sur sa chute, signale avec beaucoup de sens l'amitié du jeune roi pour la France parmi les causes qui Font perdu. « Si c'était lui, dit-il :
Prié-je de vray cuer à Dieu,
Qui est miséricors et pieu,
Qu'il vueille es sains cieulx avoir l'âme
De ly, car il haioit tout blasme
Et tout vice, par mon advis,
NoQcques en ly riens je ne vis
Fors foy catholique et justice :
Si ly fi-je sept mois serviça ~
l'est H
' an I
De ce que je le povoy servir, Pour aucunement deservir Les biens que il m'avoit promis.
Et je crois qu'il ne fu demis Ne trahy, fors tant seulement Pour ce qu'il aimoit loyaument Le roy de France, son beau père, De vray amour et singulière, Autant qu'omme qui fut en vie.
Ce fu la racine et Penvie; Nonobstant qu'ilz l'y miret sus Qu'il avoit fait mourir les ducs Ses oncles, par son fol oultrage, Et qu'il n'estoit prudent ne sage Pour le royaume gouverner.
D'autres choses assez conter ""Vous pourroie que chascun dit; Mais, certes, je vous cuide avoir dit Le vray, comme je puis entendre :
Et si je dévoie l'ame rendre Si demouroy-je en ceste colle; Car comme gent mauvaise et folle, Héent Françoiz mortellement.
S'ils osoïent monslrer comment.
(Buchon, t. XIV, p. 452-453.)
Page 479, note a.
Richard en Ecosse. Voyez Tytler, Hist. of Scotlmid (1829), t. III, p. 94, et l'appendice, p. 326-386. Nous y empruntons les textes curieux qui suivent. — Comment il fut découvert : par la belle-sœur du lord des îles. Winton^s Chron.y t. II, p. 387-389; — par un fou : Fordun a Groodal (continué par Bower), t. II, p. 427 : ^ Isto modo rex Ricardus fuit regno Œ privatus, et perpetuis carceribus, cito deficiendus, deputalus ; a sed subtiliter abinde ereptus, et ad insulas Scotiœ trans- << vectus, et in coquina Dovenaldi, domini Insularum, a quo- « dam fatuo qui in curia régis Ricardi, dum floreret, educatiis « fuerat, cognitus et repertus, et a dicto domino Insularum ad « Regem Scotiae Robertum Tertium per Dominum de Monte- « Gomorry transmissus, cum quo, dum rex Scotiœ vixerat, re- « verenter, ut decuit, procuratus, et post mortem régis Duci ^c Albauiae, gubernatori Scotiœ, praesentatus ; cum quo regifice « quoad statum honoratus, tandem in Castro de Strivelyn mor- « tuus, et in ecclesia fratrum ejusdem ad aquilonare al taris « cornu tumulatus. » — « Hic Ricardus fuit filius Edwardi,
« principis Wallise, filii Eduardi Windesor, qui rexit annis « viginli duobus; mortuiis sine liberis. d
Une chronique d'Ecosse écrite, à ce que suppose M. Tytler, "après Fordun et avant la continuation de Bower, rapporte que lorsque le vieux comte de Northumberland se réfugia en Ecosse, Richard refusa de le voir (p. 337). Elle dit aussi qu'il mourut à Sterling, à la fête de sainte Lucie [1419] , et fut enterré au nord du grand autel des Frères-Prêcheurs : et elle donne cette épitaphe en vers fort incorrects :
« Angliae Ricardus jacet hic rex ipse sepultus.
Loncaste quem dux dejecit arte mota [mala?J. Prodicione potens, sceptro potitur iniquo.
Supplicium luit hune ipsius omne genus.
Ricardum inferis hune Scotia sustulit annis
Qui eaustro [castro] Striveling vite [vitae] peregit iler. Anno milleno quatereeno quoque deno Et nono Christi régis finis fuit iste. »
(Exlr. ex Chronicis Scotiœ, f" 263, verso.)
Documents officiels. En 1408 : « Et mémorandum quod « dictus dominus gubernator regni non peciit neque recepit ad a presens aliquam allocationem pro expensis suis factis super « Ricardum regem Angliœ ; et Nuncios {sic) Francise vel Wallise « diversis vicibus infra regnum veulent : circa quos multa expo- « suit, ut est notum. » {Rotuli Compotorum, vol. iii, p. 18.) — En 1414 : a Et mémorandum quod dominus dux gubernator M regni non recepit allocationem aliquam pro expensis régis « Ricardi, a tempore obitus bone memorie Domini régis fra- « tris sui uUimo defuncti. » {Ihid., p. 69.) Même formule en 1415. Enfin, en 1417 : « Et mémorandum quod dominus guet bernator non recepit allocationem pro expensis et oneribus « quas sustinuit pro custodia régis Ricardi Anglie, a tempore « obitus bone memorie quondam domini régis fratris sui, jam a per undecim annos. Quas expensas annuatim domini audi- « tores compolorum estimant ad minus fuisse in quolibet anno j< centum marcas. Quse summa se exlendit pro annis prseteritis « ad vii*" xxiii lib., vi sh., viii d., quse summa debetur domino « duci. » (Ibid.) Voyez Tytler, Hist. of Scotland, t. III, p. 327-339.
M. Tytler demande s'il ne serait pas extravagant de supposer que la cour d'Ecosse eût fait pendant plus de onze ans de pareilles dépenses pour un pauvre fou (p. 340)? La cour d'Ecosse
était capable de bien des choses pour tenir en échec la cour d'Angleterre. M. Tytler consacre le reste de sa dissertation à combattre les raisons qui ont fait croire que Richard était mort ,à Pomfret; et Walter Scott les a accueillies dans son histoire (t. I, p. 249, 250, du Cabinet Cyclopœdla de Lardner) . Mais ces raisons ne peuvent lutter contre les témoignages que l'on a vus plus haut et que M. Amyot a repris, pour combattre l'opinion de Tytler, dans une dissertation spéciale {Archœol.^ t. XXIII, p. 277-293); et elles cèdent aux arguments décisifs que Ton trouvera rapportés dans la note suivante.
Page 381, note a.
Croyance à la mort de Richard en France. Nous avons cité la pièce où Charles VI en parle comme déjà mort le 29 janvier 1400. (Voyez ci-dessus, p. 523; l'original est aux Archives, carton J, 644, n° 24.) On retrouve les mêmes expressions ou de semblables dans d'autres lettres des mois suivants, qui sont au même dépôt, 4 mars 1399 (1400), (J, 644, n« 24'), et 26 mars {ibid., n° 25) : « Gome l'en nous a rapporté nostre très cher et très amé filz le roy Richart d'Engleterre est allé de vie à trespassement, » etc. Richard est encore tenu pour mort dans les pouvoirs donnés aux commissaires français pour réclamer la restitution de la reine Isabelle (26 mai et août); dans l'avis du conseil sur les propositions des Anglais à ce sujet (22 juillet) ; dans les instructions des ambassadeurs envoyés au roi d'Ecosse pour lui rendre compte des négociations engagées avec l'Angleterre, et lui donner l'assurance que les dispositions de la France à l'égard de l'Ecosse sont toujours les mômes, et qu'on ne conclura rien sans elle (août 1400). {Trésor des Chartes^ J, 645, n°« 6, 12 et J, 922). Ces dernières pièces ont été publiées par M. Douet d'Arcq, Pièces inédites^ t. I, p. 171, '182 et 185-193).
Dès ce temps-là néanmoins, et à la suite même des honneurs funèbres rendus à Richard pour prouver qu'il était mort, le bruit avait couru en France qu'on avait exposé un faux Richard; et Greton s'en fait l'interprète. Il commence par rapporter ce qu'on voulait accréditer en Angleterre, que Richard s'était laissé mourir de faim : et cela le préparait à l'incrédulité :
Après, le roy de ces nouvelles Qui ne furent bonnes ne belles,
En son cuer print de courroux tant Que depuis celle heure en avant Oncques ne menga ne ne but, Ains convint que la mort receut, Comme ils dient ; maiz vrayement Je ne le croy pas ensement; Car aucuns dient pour certain Qu'il est encore vif et sain, Enfermé dedans leur prison :
C'est pour eulx grant mesprison.
Non obstant, que tout en apert, Firent eulx porter descouvert Un homme mort parmi la ville De Londres, ce ne fu pas gui lie, A telle honneur et à tel feste Que pour roy mort doit estre faite, En disant que c'estoit le corps Du roy Richart qui estoit mors.
Là faisoit due'l le duc Henry
Par semblance
Mais certainement, pas ne croy Que ce fust le roy ancien ; Ains croy que c'estoit Madelien, Son chappellain, qui de visage, De grandeur, de long, de corsage Le resembloit si justement, Que chascun cuidoit fermement Que ce fust le bon roy Richard.
(Buchon, t. XIV, p. 450-452.)
Ces vers sont postérieurs au retour d'Isabelle (3 août 1401), et ils sont antérieurs à un voyage que Creton fit en Ecosse, par ordre de Charles VI, pour s'enquérir si vraiment Richard y était, comme on en faisait courir le bruit. Ce voyage décisif sur celte étrange question nous est connu par un texte que M. Dillon a publié dans une lettre à M. Amyot à propos de ce débat. C'est un ordre de Charles VI « à Pierre des Essarts, prévôt de Paris et souverain gouverneur des finances, etc., » qu'il fasse payer « a nostre amé varlet de chambre Jehan Creton, la somme de 200 fr.... pour et en recompensation d'un voyaige que par nostre commandement et ordonnance il fit pieça au pays d'Escoce, pour savoir et enquérir la vérité de nostre très cher et très amé fils le roy Richart d'Angleterre, que Ion disoit estre en vie audit pays d'Escoce.... » Paris, 29 juillet 1410; lettre suivie du reçu de Creton, en date du 7 août suivant.
Ce voyage se fit-il seulement alors ? M. Dillon montre très-bien par le texte même et de la lettre et du reçu, qu'il
avait eu lieu depuis longtemps (pièça), et que Grêlon n\n avait pas obtenu alors la récompense : « Pour lequel voyaige faire nous ne feismes aucune chose pour lors ni depuis audit Greton bailler. » Il trouve dans les documents nouveaux provenant de Greton lui-même, des indices qui en marquent plus précisément la date. Je veux parler d'une épître de Greton à Richard dont l'existence vient de lui être affirmée, d'une ballade à l'adresse des seigneurs du sang de France pour les appeler au secours de ce prince , et enfin d'une autre épître adressée au duc de Bourgogne, qu'il appelle à venger son sang répandu. Ces pièces que M. Dillon donne dans sa seconde lettre (Archœol.j t. XXVIII, p. 87 et suiv.), comme tirées d'un manuscrit de la Bibl. Imp., qu'il ne cite pas, sont dans le ms. 275, fonds Saint-Victor, comme nous l'apprenons par une citation partielle du même recueil (t. XX, p. 189) : mais ce manuscrit ne se retrouve plus.
Dans son épître à Richard, Greton lui exprime sa joie de la nouvelle qu'il vient d'apprendre : il maudit l'usurpateur et il revient sur plusieurs des traits qu'il a donnés dans son récit, faisant allusion à son livre même. Il prie Richard de se manifester par des ordres; il Tinvite à revenir en France, où il trouvera la jeune reine que le lierre (larron) de Lancastre a retenue, « par l'espace de 22 mois sans la vouloir rendre..» Tu la retrouveras, ajoute-t-il, aussi chaste et aussi entière qu'elle étoit partie, et tu partis d'elle, à Windesore pour aller en ton voyage d'Irlande.... Et si tu ne peux venir par deçà et qu'aulcun empesche ton passage, au moins, sire, qu'il te plaise mander l'éteusion de ton courage et tu trouveras la plus grant partie des nobles du sang de France, tes vrays amis, el qui ne te fauldront jusques à la mort. Et certes, continue-t il, si tu ne viens bien brief par deçà, j'iray a toi en quelque lieu que tu soyes. »
La ballade est un appel chaleureux à la guerre en faveur de Richard :
0 vous, seigneurs de sang royal de France,
Mettez la main aux armes vistement,
Et vous avez certaine cognoissance
Du roy qui tant a souffert de tourment
Par faulx Anglois qui traîtreusement
Lui ont tollu la domination,
Et puis de mort fait condampnation.
Mais Dieu qui est le vray juge es sains cieulx Lui a sauvé la vie. Main et tart Chascun le dit par tout, jeunes et vieulx, C'est d'Albion le noble Roy Richart.
Il y a trois autres stances pareilles avec la finale en six vers, et toutes se terminant par ces mots :
C'est d'Albion le noble roy Richart.
L'épître au duc de Bourgogne, qui paraît suivre la ballade, dans le manuscrit, sans aucune adresse, exalte la puissance de ce duc, désigné par son frère comme garde du royaume, recherché des princes chrétiens « mesmement des Bretons lesquels singulièrement et seulement a toy veulent bailler toute leur seignorie et garde et governement. » Il l'engage à mettre fin au schisme, et ensuite à venger Richard : « Après mon très redoubté seigneur, veuillez que vengeance ou punicion soit iaitte du noble sang du bon catholique le roy Richart, lequel a esté espandu tant villainment, tant traictreusement, que certes c'est molt miséricordieuse et piteuse chose à oyr la fin de ces jours, lesquels par la vray et loyal amour quil avoit par deçà ont esté finis avant que son aage cleust estre accomplie. Hélas, si tu sauries bien les tristes complainctes et les piteux regrets qu'il faisoit à tous les seigneurs du sang de France.... et espécialement à toy et à M^'" de Saint-Pol quand il étoit fuitif es Gales.... certes tu ferois assembler.... de batailles pour passer en leur isle. » Les Anglais ne pourraient lui résister : « car depuis le temps de leur rébellion ils n'ont eu gaires que fortunes de desconfitures, » etc.
L'épître à Richard est, comme M. Dillon l'a montré, et comme cela ressort des passages que nous en avons reproduits, postérieure au retour d'Isabelle (3 août 1401), et antérieure à son second mariage avec Charles, comte d'Angoulême, fils du ~~duc de Berri (29 juin 1406), on peut même dire antérieure aux conventions qui en furent arrêtées dès le 6 juin 1404. (Coll. Brienne, t. XXXVI, f°^ 103, 104.) L'épître au duc de Bourgogne est environ du temps où les Bretons, de l'agrément de leur ancienne duchesse (veuve de Jean IV), qui épousait Henri IV, roi d'Angleterre, décernèrent le gouvernement de leur pays, pendant la minorité de Jean V, au duc de Bourgogne. (19 octobre 1402. Voyez D. Morice, t. I, p. 432.) C'est donc
avec toute raison que M. Dillon place le voyage de Greton en Ecosse, et les deux épîtres, l'une qui précède, et l'autre qui suit nécessairement ce voyage, en 1402, ou au plus tard en 1403. Vers la fin de 1401, il semble qu'on soit au moins dans le doute sur la mort de Richard à la cour de France. Dans les instructions des ambassadeurs qui doivent conférer avec les Anglais à Leulinghem sur la trêve et les points en litige, à la date du 29 novembre 1401, on ne dit plus, comme en 1400, « feu le roi Richard; » c'est simplement « le roi Richard. » (Douet D'Arcq, Pièces inédites, t. I, p. 215.)
Page 383, note a (omise).
Proclamation de Henri contre les inventeurs de fausses nouvelles : « Unde regni nostri destructio versimiliter evenire poterit. » (5 juin 1402. Rymer, t. YIIl, p. 261). — Proclamation pour rassurer ceux qui ont pu les propager, 8 juin, ibid., p. 262. — Supplice de Roger Clarendon et de neuf Franciscains , (vers la Pentecôte, 14 mai 1402), Otterbourne, p. 234. — Enrôlements en faveur de Richard. L'histoire nous en est racontée jusqu'aux moindres détails par le roi lui-même dans les lettres de pardon qu'il accorde à Jean Bernard, de OiTely, coupable de cette équipée, qui a mérité sa grâce pour avoir dénoncé et vaincu en champ clos celui qui l'y avait entraîné. (21 juin 1402, Rymer, t. VIII, p. 262, 263.)
Révolte des Percy. Voyez la note suivante, et sur le bruit que -Richard est vivant, Otterbourne, -p. 241, et d'autres textes cités dans XArchxoL, t. XX, p. 220, note q. Henri lui-même dénonce la manœuvre au conseil en lui faisant connaître la révolte de Hotspur : <c Henri Percy qui s'est levé contre nous et nostre regalie, nous n'appelle fors Henri de Lancastre, et fait aussi diverses proclamations parmy le comté de Gestre, que le roy Richard est encore en vie, à l'entente d'exciter nostre peuple de lever avec luy en afforcement de son faux propos. » (Lettre du roi au conseil, 17 juillet 1403. Proceed.^X. I, p. 208.) — —W. Série, Th. Warde et la comtesse d'Oxford. (20 mars 1404, Rymer, t. VIII, p. 353; Wals., p. 370; cf. Archœol., t. Xx' p. 426, note c. — Statut demandé par les communes. Elles veulent envelopper dans la même proscription et les lollards et quiconque «prêche, publie ou mainteyne notoirement que Richard nadgaires roy, qui mort est, seroit en pleine vie, ou
(|ue celui fool qu'est en Escoce et qui ascuns de vos enemys d'Escoce, desirantz division estre en vostre roiaume, fauxement prétendent d'estre le roy Richard qui mort est. » {Rot. Pari., t. in, p. 584, § 62.) — Le statut de la vu* année de Henri IV (1406), c. ii, confirma le droit héréditaire à la couronne dans sa famille, droit sans cesse mis en question par ces révoltes. {Stat, of Realm^ t. II, p. 151.)
Placards et affiches dans Londres. Wals., p. 371. — Le comte de Northumberland, Wals., p. 377. Dans une lettre datée de juin 1405, il invitait le duc d'Orléans à lui venir en aide, en disant : « J'ai intention et ferme propos de sustener le droit querelle de mon soverein seigneur le roi Richard s*il est vif, et si mort est de venger sa mort. » (Lettre produite en son procès au parlement du 19 juin 1406. Rot. Pari., t. III, p. 605, § 9, cf. ArchseoL, t. XX, p. 220, note q.) La dernière tentative, où il périt, est de 1408. (Wals., p. 377.)
Conspiration du comte de Cambridge, en 1415. Le nom de Richard y est mêlé à celui d'Edmond Mortimer, l'héritier légitime. Voyez la confession du comte dans Rymer, t. IX, p. 300, et le procès dans les Rot. Pari., t. IV, p. 65 : « Quod Ricar- « dus comes Gantebrigg et Thomas Gray de Heton.... se invi- <r cem confederaverunt quod ipsi, aggregatis sibi quampluri- « busaliis,... Edmundum comitem Marchiœ, sine licencia dicti « domini régis, ad partes Walliœ ducerent, et ipsum superiori- « tatem regni Anglise, in casu quod dominus Ricardus nuper « rex Anglise secundus post conquestum defunctus exstitisset, fl Ruscipere procurarent;... et quod iidem comes Gantebrigg et « Thomas Gray sciverunt certos ligeos dicti Domini Régis « nunc, qui quemdam Thomam de Trumpyngton de Scotia « ideotam in simiUtudinem praedicti nuper Régis Ricardi, et * H. Percy et plures aliôs de Scotia, in magna multitudine, « ad ipsum dominum regem nunc in campis debellandum ad- « ducerent. » {Rot. Pari., X. IV, p. 65.) Le comte de Gambridge était frère de Rutland, devenu duc d'York, qui périt en cette année même à la bataille d'Azincourt.
Le parlement récusé par J. Oldcastle (Gobham) : « Se non « habere judicem in ter eos, vivente ligeo domino suo in regno « Scotise rege Ricardo. « (Wals., p. 400.) Le procès-verbal du parlement garde le silence sur ce point. (14 décembre 1417, Rot., Par/., t. IV, p. 107, 108.) Tytler, dans l'appendice joint au t. III de son Histoire d'Ecosse, a très-habilement tiré parti
de tous ces textes, et il montre fort bien, sinon que Richard vivait en Ecosse, comme il veut l'établir, au moins que durant tout le règne de Henri IV et une partie du règne de Henri V, il y avait en Angleterre des gens pour le dire, et beaucoup d'autres pour le croire. C'est bien un signe des dispositions du pays; et un historien, fort peu favorable à Richard H, le reconnaît : a Le peuple, dit Hayward, mobile comme il est, se déclara pour la restauration de Richard. {Life of Henri IV, p. 270.)
Page 386, note a.
Engagements de Henri vis-à-vis du peuple. Ghron. an on. Ms. 3884, f°.162, — Relations avec la France. Le roi veut se mettre en garde contre les armements de la France, 26 janvier 1400 (Rymer, t. VIII, p. 123) : car les lettres des ambassadeurs envoyés en France, présagent plus la guerre que la paix. Ils n'ont pu obtenir de sauf-conduit; le héraut a été retenu : de plus, les Écossais ont rompu la trêve. Il se fait donc accorder par les seigneurs spirituels et temporels une aide qui le dispense de rappeler si tôt le parlement (9 février 1400. Proceedings, t. I, p. 102-106, et Rymer, t. VIIl, p. 125). Mais en même temps il renouvelle les pouvoirs de ses ambassadeurs pour traiter et de mariage et de trêve (19 février, Rymer, t. VIII, p. 128) ; il nomme des commissaires pour recevoir le serment du roi de France , au sujet de la trêve convenue, (10 mars, ibid., p. 132); pour lever toutes les ambiguités qu'il peut y avoir dans la trêve de vingt-huit ans, (même date.) Il s'engage à observer la trêve conclue par « son très-cher cousin le roi Richard. » (18 mai, ibid., p. 142.) La confirmation des trêves fut notifiée à l'Ecosse, qui n'attendait qu'un signal pour recommencer la guerre (24 mai IkOO, ibid.j p. 144). Henri s'était fait donner par le parlement l'autorisation de porter la guerre lui-même dans ce pays. (10 novembre 1399, Rot. Parl.ji, III, p. 427, § 80); et dans le cours de l'année, il prit plusieurs autres mesures défensives. (Voy. Proceedings, t. I, p. 114, 123 et 124.)
Lettres de Henri IV à Charles VI . « Henri,... à nostre très cher et très amé cousin de France par mesme la grâce salut et dileccion. Pur ce que nous desirons bien assavoir sovent certenes novelles de vostre bon estât et parfaite santé, prions à Messire tendrement de cuer fju'il vous vuillQ loudi/: ottroyer, etc, t
(Nottingham, 24 juin 1400. Lettre originale aux Archives, Trésor des chartes j cart. J, 644, n*> 35; voyez encore deux autres lettres du 22 août et du 30 septembre, ibid., n" 35* et 35^)
Les négociations au sujet de la jeune reine sont nombreuses et compliquées. On a vu la pensée de Henri de renouer l'alliance par un mariage (novembre 1399), et les premières négociations entamées à ce sujet (voyez la note précédente). Le roi de France s'y refusant, il fallut songer à rendre la princesse. Mais comment? Le conseil, saisi de la question, avait tout d'abord été d'avis, P que le roi est tenu « de la faire rendre et restituer avec ses joyaux et bons meubles après que l'obligation soit montrée et notifiée au roi en cas que on n'en puisse, faire mitigalion par voie de mariage ou autrement ; 2° que le douaire n'est pas dû par cause qu'elle n'est de l'âge de douze ans.» (mars l kOO, Proceed., t. I, p. 118.) En conséquence, commission est donnée à l'évêque de Durham et au comte de Worcester (Th. Percy) pour s'entendre sur la remise « de nostre très chère parente Isabelle, reine d'Angleterre, » et la restitution de ses joyaux, (18 mai 1400, Rymer, t. YIII, p. 143.) Autre acte pour la remise de la reine (19 juillet, ibid.j p. 152); pour son passage en France (14 octobre, ibid., p. 162.) Ce retour n'était pas encore si prochain : on trouve, à la date du 12 novembre, des questions posées à l'université d'Oxford sur la restitution d'Isabelle, sur la compensation des sommes reçues par l'Angleterre pour sa dot et de celles qui étaient dues au roi {ibid.^ p. 164); puis de nouvelles commissions aux mêmes ambassadeurs pour la trêve, la remise d'Isabelle et la réclamation des sommes dues par Jean, roi de France, (l*"" avril 1401, ibid., p. 187.)
La vraie cause de ces retards, c'était la question de la dot. La jeune princesse avait eu pour dot-800 000 francs, dont 300 000, payables au jour du mariage, et le reste, par 100 000 francs, d'année en année, jusqu'à l'entier acquittement de la somme ; et les termes en avaient été régulièrement payés tant que Richard fut sur le trône, comme on le peut voir par ses quittances aux Archives (carton J, 643, n° 12; 644, n" 22). Quant au douaire, on l'avait fixé k 20 000 nobles d'AngL terre de revenu; il était acquis à la jeune reine dès la solemnisation du mariage, et elle en devait jouir, même en France, même en temps de guerre, tant qu'elle ne serait pas remariée,
si Richard la laissait veuve après l'âge de douze ans. Le douaire n'était donc pas en question , Isabelle n'ayant que dix ans à la mort de Richard; mais il y avait des stipulations particulières touchant la dot. Il était dit que si Richard mourait sans enfant, les derniers 500 000 francs de la dot ou ce qui en aurait été payé à cette époque, seraient rendus à la jeune reine. De plus, on prévoyait le cas où le mariage conclu serait refusé par elle ou rompu par le roi , quand elle aurait atteint l'âge de douze ans. Dans le premier cas, les 800 000 francs restaient acquis au roi d'Angleterre ; dans le second, ils devaient être rendus à la princesse française (Rymer, t. YII, p. 818-819). La restitution stipulée soit en cas de rupture, soit au moins en cas de mort sans enfant, ne pouvait donc être contestée. Mais Henri prolongeait le débat , tâchant de gagner la douzième année de la jeune reine (elle était née le 9 novembre 1389), dans l'espoir peut-être qu'elle accepterait alors la combinaison dont il s'était flatté et qu'en épousant le nouveau prince de Galles, elle laisserait la dot à l'Angleterre. Aussi les inquiétudes de Charles YI étaient-elles très-vives : il craignait qu'on n'abusât de la simplicité de la pauvre enfant. Les ambassadeurs qu'il envoie en Angleterre ont ordre de la voir, et de lui faire dire au moins, s'ils ne la peuvent voir eux-mêmes, par des gens sûrs a que le Roy et la Roy ne lui mandent et le requièrent, sur tant comme elle les aime et les double à courroucier, et sur toute l'obéissance en quoy elle leur est tenue comme à père et mère, que elle ne die, ne face aucune chose par quoy elle soit obhgée par parole ne par fait, par mariage, ne autrement à quelque personne que ce soit, par quoy elle ne puist et doie retourner devers eûlx, franche et desliée de tous liens et obligacions de mariage et autres quelconques (6 septembre 1400, Trésor des Chartes, Jj 645, n° 11, et Douet D'Arcq, Pièces inédites y t. I, p. 194.
La convention fut enfin signée à Leulinghem le 27 mai 1401, (Rymer, t. VIII, p. 194). Pour ne pas subordonner le retour de la jeune princesse à la solution des dernières difficultés sur sa dot et ses joyaux, Charles VI donnait quittance et promettait que sa fille en ferait autant quand elle aurait douze ans, sous la réserve d'une réclamation de 200 000 fr. (les deux termes de 100 000 fr. payés en 1397 et en 1398). Il s'engageait à ce même titre pour sa fille, quoique mineure de douze ans, et promettait qu'elle renouvellerait sa renoncia-
tion quand elle aurait atteint cet âge. (3 juin, ibid., p. 198.) Henri alors donna un sauf-conduit pour cinq cents personnes (21 juin 1401, ibid., p. 196), et, de son côté, régla en conseil le cortège qu'on voulait faire à la jeune reine : cortège nombreux, et composé des plus grandes dames et des plus grands seigneurs. On ne voulait épargner aucune pompe, dans l'espoir de regagner par là le roi de France. {Proceedings, t. I, p. 132, 136-142, 145, et ibid., préf., p. xxxvi et xxxviii; cf. Rymer, 21 et 22 juin, t. VIII, p. 203 et 204.)
Ce ne fut pourtant que dans les derniers jours de juillet que l'événement s'accomplit. Le l**" août, Isabelle, revenue sur la terre de France, fit le serment de renonciation convenu (ibid.y p. 217 et 218), et le 3 août fut signé à Leulinghem l'acte double de sa restitution {ibid., p. 219, et Archives, Trésor des Chartes, cart. J, 645, n*> 24). Quant aux 200 000 fr. d'or réservés, lorsque la question fut reprise, l'Angleterre répondit par ses réclamations sur ce qu'on lui devait encore de la rançon du roi Jean (21 juillet 1403, Rymer, t. YIII, p. 315. Cf. 23 avril, même année. Rymer, Suppl. Henri IV, t. II, n*» 48, Gollect. Bréquigny, t. LXXIX, f" 141). On retrouve les originaux de presque tous les actes donnés en France ou reçus des Anglais à l'occasion de ces négociations, aux Archives, Trésor des Chartes, carton J, 644 et 645.
Isabelle fut remise par Thomas Percy, comte de Worcester, au comte de Saint-Pol. La jeune reine, dit Greton, à qui nous empruntons ce dernier récit, prenant congé des dames et des seigneurs d'Angleterre, leur distribua des joyaux. On doutait si fort que les Anglais en vinssent à cette restitution si naturelle, que, pour leur ôter tout moyen de reculer au dernier moment, le duc de Bourgogne se tenait au voisinage en embuscade avec le comte de Nevers, son fils aîné, son fils Antoine (duc de Brabant), le duc de Bourbon, et 500 lances.
La jeune reine, qui allait avoir douze ans k son retour, fut, lorsqu'il devint impossible de garder un -doute sur la mort de Richard, accordée à son cousin Charles d'Angoulême, fils du duc d'Orléans (4 juin 1404) : mariage qui fut célébré à Compiègne le 29 juin 1406. L'infortunée princesse mourut en couches trois ans après, avant d'avoir accompli sa vingtième année (13 septembre 1409. Vovez Anselme, Hist. généal., t. I, p. 114).
Greton, qui finit son récit au retour d'Isabelle, y joint pour
conclusion une invocation k Dieu, qui est en même temps un appel aux vengeances de la France :
Qu'il vueille brief prendre vengeance Des grans maulx et desconnuissance, De l'oultrage et injuste fait, Que les mauvais Engloiz ont fait A leur Roy et à leur royne.
Maiz q'ie ce soit en brief termine; Car je vous jure, à dire voir, Que je le désire moult voir, Pour le mal que j'ay veu entre eulx • Et se chascun savoit leur veulx Et comment ilz béent Franchoiz, Je cuide fermement, ainchoiz Que trois mois fussent acomplis , €'on verroit maint vaissel empli De garnison et de vitaille Pour eulx aler faire bataille, Car ce sont très mauvaises gens Et de bien faire negligeiis.
Si on trouve qu'il a mal parlé des Anglais, il proteste qu'il ne les a point diffamés :
Je n'ay dit deulx qu'ilz n'aient fait; yeu que sept mois entiers leur fait
Vy, et chevauchay avecque eulx, .
Par plusieurs contrées et lieux -HEn Yrlande et en Engleterre.
C'est le comte de Salisbury qui, lorsqu'il fut pris avec le roi Richard, l'a prié de faire ce récit des événements, s'il pouvait retourner en France. Il l'a fait pour accomplir sa promesse :
Et aussi pour ce que je sçay De certain c'en neust peu savoir De la prise du roy le voir.
Et comment il fu faulsement Par Iraitlie et par p|y;^j3pient Atraiz hors de ses forts chastiaulx, Qui sont en Galles bons et biaulx, Du conte de Northomberlant, Comme j'ay dit ycy devant.
(Buchon, t. XIV, p. 464-466.)
Les imprécations de Grêlon eurent de l'écho en France. Aux négociations pour le retour de la jeune reine, succédèrent bien-
-tôt, dès 1402, les défis du duc d'Orléans, rancien allié de Henri de Lancastre, qu'il accuse d'avoir fait périr le roi Richard. Les ambassadeurs chargés des pouvoirs pour les trêves, reçurent des instructions sur cette querelle. (Voyez les défis dans Monstrelet, I, 9; t. I, p. 33 et suiv. de la Coll. Buchon, et les autres pièces en manuscrit dans la collection de Brienne, t. XXXIV, f°^ 229-267.) Charles VI reprit la querelle en son nom dans une lettre adressée aux Anglais contre Henri, qu'il signale comme le meurtrier de Richard (2 octobre 1406, ibid., f° 227) : et l'année suivante (3 juillet 1407), on voit encore Henri demander pour son fils la main de Marie, fille du roi de France! (Coll. Brienne, t. XXXVI, ï" 105. Voy. ArchœoL, t. XXVIII, p. 83.)
Révoltes contre Henri IV. Avant la révolte des Percy, avait éclaté celle des Gallois sous Owen Glendowr. (1400 et suiv., Wals., p. 364 et suiv.) Henri Percy l'avait combattue avant de chercher à s'en appuyer. (Voir ses lettres au conseil, avril et juin IkQl.Proceed.^ t. I, p. 148-152. Voyez aussi dans Rymer plusieurs actes qui les concernent, t. VIII, p. 159, 160, 163, 182 ; et dans les Rôles du Parlement, t. III, p. 454, §§ 3 et 16, et 476, §§ 101-107, parlement de 1401.) En 1402, Owen Glendowr avait pris Edmond Mortimer, qui ensuite épousa sa fille. (Wals., Hypod., p. 557; cf. Proceed., t, I, p. 185.) Il ne faut pas, comme Shakespeare, le confondre avec son neveu Edmond Mortimer, comte de la Marche, l'héritier légitime de Richard II, qui n'avait encore que onze ans à l'époque de la bataille de Shrewsbury. {Archœol , t. XXIII, p. 292.) C'est sur ce jeune prince et sur son frère que le roi Henri IV et le conseil veillaient avec une sollicitude si intéressée. (Voyez les précautions prises pour les garder (1405), dans les Proceedings, 1. 1, p. 58 et 104-106.) En 1403, Henri, fils aîné du roi, reçut la mission d'aller reconquérir le pays dont il était dit prince. (Rymer, t. VIII, p. 292.) La révolte se continua avec le secours de la France. (Wals., p. 374.) Les Anglais, tenus en échec par l'insaisissable Glendowr, ne savaient rapporter ses succès qu'à la magie. (Hardyng, Chron., et Sh. Turner, t. II, p. 354-356.)
Révolte des Percy. Voir la lettre pleine d'aigreur où le comte de Northumberland, montrant au roi le péril où il le laisse avec ses troupes faute d'argent, lui rappelle ce qui lui est dû depuis le commencement du règne (26 juin 1403, Proceed., t. I, p. 204); elle ne précède que de quelques jours l'insur-
reclion. Le roi était en route pour le rejoindre vers la marche d'Ecosse, lorsqu'il apprit la révolte de Henri Hotspur et de Thomas Percy. Il l'annonce au conseil par une lettre du 17 juillet. (Proceed., t. I, p. 208.) — Lettre de défi (juillet 1403); manifeste de Varchevcque d'York (1405). ArcliœoL, t. XVI, p. 140, et Anglia sacra^ t. II, p. 362. Nous en avons donné ci-dessus plusieurs extraits.
Exactions de Henri. « Décimas et quinto-decimas, et alias « impositiones et tallagia tam cleri quam communitatis Angliae « et mercatorum, metu majestatis regiœ tuœ. (Manifeste des Percy, ArchœoL, t. XVI, p. 141.) Le manifeste de l'archevêque renouvelle toutes les assertions du défi. Sur les Percy, voyez Wals., p. 367-374; Hardyng, ch. cciiiet cciv, f"* 201, 202; Otterbourne, p. 239 et suiv.; et surtout les Rot. Part., t. III, p. 522, § 3 ; p. 524, § 7 ; p. 538, § 56, et le procès par contumace du comte de Northumberland (19 juin 1406), p. 604- 607. Voyez aussi Lingard, t. IV, p. 455, et Turner, t. II, p. 357-360, qui ont résumé avec soin les auteurs originaux. On peut joindre aux documents qu'ils n'ont pu consulter plusieurs pièces publiées depuis par S. Nicolas Harris dans les Actes du conseil privé. {Proceed., t. I, p. 211, 213, etc.)
Thomas Mowbray, fils du comte maréchal, avait commencé par se rallier comme les autres à la cause de Henri IV. Dans les premiers jours du règne, étant alors âgé de quatorze ans, il demande au roi qu'il lui assigne une rente sur les seigneuries de l'héritage de son père, a et que plese a vostre hautesse luy assigner a demourer avesque la royne ou il ad demeurez avant ces heures, pur apprendre honur et gentillesse pour le melx servir et plesaunce faire a vostre hautesse a temps avenir. » Par une décision du 4 décembre 1399, le conseil, où figure entre autres le duc d'Exeter (Jean de HoUand), lui alloue 350 marcs par an pour lui, et 100 marcs pour son plus jeune frère. {Proceed., t. I, p. 99-100.)
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Gouvernement de Henri. Les emprunts qu'on avait tant reprochés à Richard, c'est par quoi Henri débute : il emprunte pour ne pas rappeler si tôt le parlement, et en donnant aux prêteurs l'assurance que cela leur sera déduit à la première contribution. (9 février 1400, Proceed., t. I, p. 102.) Leconseil
bkO LIVRE TREIZIEME.
a perpétuellement à s'occuper de finances. Le règne se continue et finit comme il a commencé, par des emprunts. (Ibid., p. 64-66, et 343-347.) Sur l'état misérable du royaume au temps de Henri IV, voyez la préface des Actes du conseil privé. (Proceed., t. I, p. 60.)
Opposition des communes. Leurs plaintes ne tardent point à corroborer les griefs allégués par les Percy : corruption des élections, régime de l'hôtel, influence abusive des gens de cour. Pour la corruption des élections par exemple : «< Considérez noun due élection des chivalers des countees pur le parlement queux ascun foitz sount faitz d'affection des viscontz et autrement encontre la forme des briefs as ditz viscontz directz et graund esclaundre de countees. » (Bot Parl.^ t. III, p. 601, § 139.) Voyez surtout les trente et un articles imposés, en quelque sorte, à Henri IV par le parlement en sa viir année. (Novembre et décembre 1406, ibid.j p. 585, §§67-91, et Proceed., 1. 1, p. 296 et suiv.)
Henri IV mourant. Monstrelet, I, 108. On se rappellera le roi Richard mené à Londres sur un mauvais cheval par Henri de Lancastre, quand plus tard le dernier des Lancastres, Henri VI, placé, les jambes liées, sur un cheval, sera mené par le comte de Warwick, à travers les rues de Londres, jusqu'à la Tour.