‹ Richard IIChapitre 8 sur 80 · Froissart, IV · texte numérisé non relu

Froissart, IV

Tout cela faisait aux Anglais un régime fort acceptable sans doute ; mais quand on en vint aux conditions de la paix, il était plus diflicile de s'entendre. Les Français demandaient, sinon qu'on leur rendît, au moins qu'on détruisît Calais, de telle sorte que nul n'y pût habiter par la suite. Les Anglais ne pouvaient traiter sur ces bases : « Car vous devez savoir, dit Froissart, que Calais est la ville au monde que la communauté d'Angleterre aime le mieux : car tant comme ils seront seigneurs de Calais, ils disent ainsi qu'ils portent les clefs du royaume de France à leur ceinture. » C'était bien aussi pour cela que la France insistait : on n'a que faire des clefs, si on ne veut entrer dans la maison ; mais on ne raisonne point en pareille matière. Heureusement si on s'entendait mal, on ne se querellait pas. Après chaque séance on se quittait bons amis, avec l'espoir de mieux conduire le lendemain la besogne. Le roi de France, le duc d'Orléans, les ducs de Berri, de Bourgogne, de Bourbon, se succédaient pour offrir à leurs hôtes de grands dîners ; et tout ce que les Anglais pouvaient demander de plus, en fait de vivres ou d'autres choses, leur était immédiatement donné : il y avait des clercs désignés par le roi pour en prendre note et renvoyer les fournisseurs à la Chambre aux deniers^

Il fallait pourtant que cette conférence eût une fin ; et ceux qui y tenaient la place de Richard sentaient

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