‹ Richard IIChapitre 9 sur 80 · Froissart, ihid.^ IV · texte numérisé non relu

Froissart, ihid.^ IV

eux-mêmes combien leur position devenait dilTicile et fausse. Ils étaient forts des bonnes dispositions du roi en faveur de la paix ; mais ils ne pouvaient prendre sur eux d'en proposer des conditions acceptables, car ils craignaient d'encourir la censure du parlement, s'ils ne réclamaient tout ce qu'ils avaient possédé autrefois^ tenant pour non avenu le règne entier de Charles V. Les Français eussent bien consenti à leur laisser ce qu'ils avaient présentement en Aquitaine et quelque chose au delà, mais ils voulaient Calais abattu. Or, sur cet article, le duc de Lancastre, quelque ami qu'il fût de la paix, ne voulut laisser à Charles VI aucune illusion. Tout en s'abstenant de se prononcer sur le reste, et disant qu'avant d'aller plus loin il en devait référer au roi et au parlement, il déclara qu'il ne parlerait même point de la clause relative à Calais : « car, dit-il, si nous en parlions, nous serions en la haine et indignation de la greigneure (jp\us ^rainde) partie du royaume d'Angleterre. Si (ainsi) nous vaut mieux taire et cesser, que de dire chose où nous puissions recevoir haine ni blâme *. »

(Jn en resta là, en se promettant de travailler de part et d'autre sincèrement à la paix ; et, pour en favoriser la conclusion, on convint que la trêve, qui expirait à l'Assomption, serait prorogée jusqu'à la Saint- Michel de l'année suivante. Au départ, Charles VI

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