‹ Richard III, tragédie en 5 actesChapitre 10 sur 23 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Une chambre.

On voit Lady Anne assise sur un lit.

Lady Quand trouverai-je le repos ? Le ma-

litige a-t-il été institué pour nous punir de nos

fautes'? OU! non: il fut toujours regardé comme

un bienfait pour les âmes vertueuses ! Je le regar- Vlais jadis de même, quoiqu’en ce jour il soit pour moi un fléau. L’amour d’Edouard était doux comme un fruit savoureux : le cruel Glocester l’a fait tomber avant le temps. Que la musique vienne calmer un instant mes sens agités.(On entend La musique dans le lointain. ) Ses effets sont impuissans. Le tombeau seul nie donnera la tranquillité. Mais j je vois s'avancer l’auteur de mes maux.

Glocester entre.

Cio. ( à part. ) Quoi! toujours dans les larmes? Laissons-les couler : elles indiquent une douleur véritable. — Pourquoi ne meurt-elle pas 2 . Il faut qu’elle meure. Mon intérêt ne veut pas qu’elle vive. La belle Elisabeth a captivé mes yeux. Mon cœur est libre : c’est à elle de le remplir. On prétend que les femmes ont le cœur tendre : je crois que c’est une erreur. Je leur ai trouvé le cœur dur : il faut de violons efforts pour les rompre. Je n’ai d'autre moyen que de lui procurer une maladie on le secours du médecin lui devienne indispensable. — Bien, Madame, vous continuez, je le vois , à faire croire au monde que je ne vous aime point. Ce deuil extérieur n’est que l’effet de votre mauvaise volonté : il en est de même de ces larmes rebelles. Je veux que tous soient persuadés de mon amour extrême pour vous.

Lady si. Je voudrais pouvoir accréditer cette idée, mais on ne me croirait pas Ai-je mérité un pareil traitement !

Glo. Sans doute puisque vous ne me plaisez plus, comme autrefois.

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