SCENE III
Un bois.
Richmond entre, avec Oxford et Blunt.
Richm. Le soleil fatigué de sa course,*l’a terminée par un coucher brillant, et la trace dorée que son char de feu laisse sur les nuages, annonce un beau jour pour demain. Vous, William Brandon, vous porterez mon étendard. Voici le plan què j’ai tracé de la bataille; j’ai réglé sur de justes proportions le partage de notre petite armée : chacun y
Richard ni 6 6î RICHARD III.
verra son poste et ses fonctions. Milord d’Oxford $ vous, sir Walter Herbert, et vous, sir William brandon, restez avec moi. Le comte de Pembroke commandera son régiment.
Un Officier entre.
L’Ojf. Seigneur, un gentilhomme, qui se noinme Stanley, désire être admis en votre présence.
Rie fini. Par mes plus chères espérances ! mon noble beau-père! — Faites-le entrer. — Mes bons amis laissez- nous un moment.
Lord Stanley entre.
Mon digne pèreî.sur mon âme, la joie de vous voir ici cette nuit surpasse mes espérances! —Quelles nouvelles?
S tan. Je viens te bénir de la part de ta mère, qui ne cesse de demander au ciel le bonheur de Richmond ; la reine aussi a consenti, avec des larmes de joie, à te donner pour épouse sa fille Elisabeth, a laquelle le tyran Richard aspire en secret. En un mot (car chaque instant passé près de toi expose ma vie) fais tes dispositions pour livrer bataille demain de bonne heure; la situation des affaires l’exige; et sois sûr qu’au premier moment où je pourrai me soustraire à certains yeux, je viendrai te secourir dans cette attaque douteuse ; je serais venu déjà depuis longtems; mais la vie île ton jeune frère George (que le féroce Glocester a garde comme otage de ma foi') aurait été aussitôt sacrifiée à sa vengeance. Ailieu ! l’impérieuse nécessité qui me presse, m’empêche île te renouveler ces vœux d’affection que voudraient répéter îles amis après une si longue séparation.
Richm. rfous nous reverrons, milord
Stan. Jusqu’à ce moment, encore une fois Adieu ! Sois ferme et victorieux! (Il sort.)
Richm.Escortez-le jusqu’à son quartier. Allons, milord, demain sera une laborieuse journée. Les heures de la nuit se sont presque tentes écoulées pendant le conseil ; capitaine, éveille* - moi nue heure avant le lever du soleil. Je veux me rendre en personne à chaque tente, et animer de bonne ' heure mes soldats. {Bis sortent.)