SCENE IV
La plaine de Bosworth.
Glocestcr entre avec Ratcuffe , Noitroi-it et
Catesby.
Glo. Catesby !
Cat. Seigneur?
Glo. Envoyez nn sergent d’al'mes au quartier de Stanley.—Qu’il lui porte l’ordre île m’amener toute sa troupe avant le lever du soleil, s’il ne veut pas que son lils Georee paye de sa tète un coupable délai.—La visière de mon casque est-elle pins commode qu’elle n’était?—Toute mon armure est-elle dans ma tente?
Cat. Oui, sire, tout est prêt.
Glo. Cher Norfolk, rends-toi à ton poste. Fais une garde vigilante. — Choisis des sentinelles lidelles.
Hor. Comptez sur mot, seigneur.
Glo. Sois aussi matineux que l’alouette, cher Norfolk,
Jfor. Oui, sire. (7/ sort.)
Glo. Que l’on selle mon cheval Surry, pour la bataille de demain. —M’ns-tu préparé de l’encre et du papier?
Cat. Oui, seigneur.
Glo. A une heure après minuit, tu viendras dans, ma tente pour m’aider à revêtir mon armure.— bonsoir mes amis. {Il sort.)
Cat. Il me semble que le roi n’a point cette alacrité d’esprit, celte gaité qui lui sont ordinaires.
I\at. C’est l’effet de la préoccupation. Vous le JOmmm j 1 •> 64 RICHARD III.
trouverez un tout autre homme sur le champ île bataille, lorsque vous le verrez, le casque en tête, prêt a monter son impatient coursier, dont il carrosse les flancs bien nourris pour chercher à le calmer; il sourit et paraît s’entretenir ««aiment avec l’impétueux animal. Bientôt, d’un seul mouvement, il s’élance sur la selle, léger comme l’air, bouillant comme le dieu Mars; sa vue inspire la terreur aux ennemis, à ses soldats le courage.
Cat. Bonsoir à Richmond, en ce cas; j’ai entendu dire que ses soldats sont si peu nombreux, si malades et si affamés par leur marche, que s’il ose nous attaquer, il sautera dans la mer pour calmer sa lièvre.—Allons; il se fait tard. Rendonsnous à nos tentes. Dans peu d’heures, la trompette nous appellera. (Ils sortent.')