ACTE II. a
si vertueux ! Mais il est clans le ciel, où tu n’entreras jamais.
Glo. N’ai-je donc pas bien agi en J’y envoyant? Il était plus fait pour ce séjour que pour la terre.
Lady A. Et toi, il n’est point d’autre séjour qui te convienne que l’enfer.
Glo. Il y aurait encore une autre place.... si vous me permettiez de la nommer.
Lady A* Quelque cachot.
Glo. Votre chambre... à coucher.
Lady A. Que l’insomnie habite la chambre où tu reposes.
Glo. Elle l’habitera, madame, jusqu’à ce que je sois près de vous.
Lady A. Je l’espère.
Glo. Et moi, j’en suis sur. — Mais, charmante Lady Anne, Unissons ce vain débat, et passons à une conversation un peu plus importante. L’auteur delà mort prématurée de ces Plautagenets , Henri et Edouard , n’est-il pas aussi coupable que celui qui en a été l’instrument ?
Lady A. Tu as été à la fois l’auteur et l’instrument maudit.
Glo. Votre beauté seule en fut la cause. Votre beauté ! qui m’obsédait pendant mon sommeil , et qui me ferait entreprendre le meurtre cle toute l’espèce humaine, si je pouvais, à ce prix, reposer seulement une heure à vos côtés.
Lady A. Si je pouvais le croire , je te déclare, assassin , que mes propres mains priveraient mon visage de celte beauté fatale.
Glo. Jamais nies yeux ne souffriraient la destruction de tant d’attraits ; vous ne les flétririez jamais, tant que je serais présent. Comme l’univers est vivifié par le soleil, de même c’est par eux que je vis.— Ce sont eux qui sont ma lumière, ma vjeî
Lady A. Je le voudrais, pour me venger de toi.
Glo. C’est une haine bien contre nature, que de vouloir te venger de l’hoimne qui t’aime.