‹ Richard III, tragédie en 5 actesChapitre 8 sur 23 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

Le salon du Palais.

Buckingham rencontre lord Stanley.

Buck. Avez-vous vu le duc?

St an. Quel duc, milord?

Buck. Sa grâce le duc de Glocester ; l’avez-vous ni?

I • in. 5 a6 RICHARD III.

Sia/L. Won pas depuis peu.—J’espère qu’il n’y a point de fâcheuses nouvelles?

Buck. Il y en a de plus fâcheuses que le cœur ne peut supporter, que la langue ne peut exprimer; Edouard, le roi, son noble frère, est mort! Stan. C’est un grand malheur eu effet. (.A pari.) A voir votre impatience, je suppose que vous ne croyez pas la nouvelle si mauvaise pour lui .{Haut.) Le roi, milord , s’est-il occupé de nommer un protecteur pour le pays et polir les jeunes princes ?

Buck. Oui, le cluc Richard est chargé de tout.

Slan. (à part.) Encore une mauvaise nouvelle que vous devez craindre de lui annoncer.

Buck. 11 n’épargnera pas le travail, sans doute, pour remplir ce double devoir.

Stan. (à part.) Fasse le ciel qu’il ne soit pas trop diligent! (Haut.) Milord, la duchesse d’York, mère du roi, ne vient-elle pas pour voir son noble fils?

Buck. Oui, milord.—Elle ne s’attend pas à ce qui nous est arrivé !

La duchesse d’Yobk entre.

La Duch. Bonjour, milord; le roi repose—til?

Buck.. Hélas ! madame, il ne repose que trop — Pour toujours !

La Duch. Mort! grand dieu, soutenez-moi !

Buck. Madame, j’ai rempli le triste devoir de recueillir son dernier soupir et de lui fermer les yeux !

La Duch. Encore une nouvelle perte pour mon cœur! Pourquoi, juste ciel ! me laisser toujours la dernière à vivre et à souffrir? Je pleurai d’abord la mort de mon noble époux, qui revivait pour moi dans les traits de ses deux fils; aujourd’hui, ma dernière consolation m’est, ravie. Clarence , ci puis Edouard, me sont enlevés pour toujours, et maintenant, il est impossible que je ne succombe pas à mon chagrin.

Buck. Votre plus jeune fils, le noble Richard,

ACTE II. a 7 tous reste encore. Son amour, j’en suis sAr, partagera les peines île sa mère, et consolera votre vieillesse.

La Duch. Ce serait donc la première fois : jusqu’à présent il ne m’a procuré aucune consolation, à moins que l’humeur grossière et farouche d’un fils puisse être comptée par sa mère comme une source de consolation. Où est la reine, milord?

Buck. Je l’ai laissée au milieu de ses parens ; son affliction est profonde. C’est avec peine que nous lui avons persuadé de quitter le corps du roi. — Madame, la voici.

La Reine entre.

La Reine. Que pouvez-vous, opposer à ma douleur? Vous ne pouvez que me désespérer et me faire pleurer davantage ! Ali ! ma mère aussi, baignée de larmes! Un nouveau chagrin me perce h* cœur, chaque fois que je vois une personne qui aimait mon Edouard ! Oh! ma mère, il est mort î Edouard , mon seigneur, tou fils, notre roi, est mort! Ah! si mes larmes pouvaient entraîner mon ame! alors je le suivrais, digne de partager son « cercueil.

Stan. Madame , vos devoirs d’épouse ont cessé; maintenant lesdevoirsde mère réclament vos soins. Pensez au prince votre fils. — Euvoyez-le chercher sur le champ, et que son couronnement sèche vos larmes. Ensevelissez votre douleur dans le tombeau d’Edouard mort. — Que votre joie renaisse près d'Edouard vivant et monté sur le trône.

La Reine. Hélas! cette idée ne fait qu’augmenter mon affliction. Je pleure sur Édouard mort, je tremble pour Edouard vivant. Un enfant sans défense, une minorité ! On lui donne des hochets pour le distraire, mais point de couronnement! — Non, je ne vois près de lui ni courtisans, ni pareils. Cessez Et où tiendra-t-il sa cour?.... A la tour? Oui— à la tour. (/Zr sortent tous. )

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